lundi 16 avril 2018

L'islamisation rampante de la Tunisie se poursuit avec l'aval de Nidaa Toune

Jusqu'où va le populisme des Frères musulmans nahdhaouis ?
Ils se sont attaqués au malékisme et ses pratiques pour les remplacer par le wahhabisme et ses pratiques ... en instrumentalisant la religion !

Ils se sont attaqués aux femmes pour les obliger à porter leur étendard en s'enveloppant dedans et le porter tel un voile ... voilà qu'ils courtisent les femmes "en cheveux" et les inscrivent sur leurs listes électorales !

Ils se sont attaqués à l'image de Bourguiba dans l'espoir de l'effacer de la mémoire collective des tunisiens. 

Mais devant l'échec, ils se sont mis à flatter sa mémoire et à s'en revendiquer pour les plus culottés d'entre eux .... pour séduire les bourguibistes, majoritaire dans le pays !

Ils se sont attaqués aux juifs en saccageant leurs synagogues et leurs cimetières .... voilà qu'ils les courtisent et intègrent l'un d'eux sur leurs listes électorales !
Ils se sont attaqués aux homosexuels que "leurs policiers" et "leurs juges" pourchassaient et emprisonnaient ... voilà qu'ils les courtisent en prenant un homosexuel sur leurs listes électorales !
Ils se sont attaqués aux soufisme et à ses saints encrés dans la culture tunisienne, au point de saccager et brûler leurs mausolées .... et voilà qu'ils les honorent et organisent même des fêtes pour rendre hommage à Sidi bou Saïd, dont ils avaient brûlé le mausolée !
Et pour ce faire, ils recourent à ce qu'ils interdisaient jusque-là à savoir la musique et à la danse ... pourtant interdits dans le wahhabisme !!
Et pour passer la pilule de la supercherie auprès des habitants de Sidi Bou, que mieux que de faire appel à un "baldi" * de chez eux pour berner les "baldis" de la banlieue chic de Tunis .... à savoir le caméléon Mourou !! 
Où s'arrêteront-ils ? 
Les Tunisiens tomberont-ils dans leurs pièges ? Il leur suffirait de voir la dictature s'installer de jour en jour en Turquie, avec le Frère musulman Erdogan modèle pour Ghannouchi !
R.B
* Baldi : gens de la ville, plutôt aisés.

Résultat de recherche d'images pour "ikhlas latif photo"
Ikhlas Latif

Une islamisation rampante menace les libertés

Un metteur en scène agressé, un DJ britannique condamné par contumace à un an de prison, des appels à la fermeture de débits d’alcool… L’image de la Tunisie tolérante, ouverte et progressiste relèvera bientôt du mythe, dénonce cette chroniqueuse tunisienne.

Il fallait frapper fort. Il y avait urgence. C’est que ça ne pouvait pas attendre, l’affaire est gravissime car il en allait de la sécurité nationale. Chose due, chose faite : la justice tunisienne n’a pas failli et a prononcé son verdict sans délai. Le dangereux criminel qui a porté atteinte aux sentiments des Tunisiens, se voit condamné par contumace à un an de prison. Délivrance ! Justice est enfin rendue, l’honneur est sauf et la religion est protégée.
C’est bel et bien le verdict surréaliste rendu [le 6 avril] par un tribunal tunisien à l’encontre du DJ britannique qui a mixé, dans une discothèque [à Hammamet, dans le cadre du festival de musique Orbit Festival, du 31 mars au 1er avril], l’appel à la prière. 
L’artiste est accusé d’outrage public à la pudeur, d’atteinte aux bonnes mœurs et à la morale publique. Comme la cabale menée sur les réseaux sociaux, le harcèlement et les menaces de mort à l’encontre du DJ ne suffisaient pas, le gouverneur, un nidaiste [du parti au pouvoir Nidaa Tounès] notoire, s’est vu investi de la noble mission de défendre la foi bafouée.

Interdits au nom de la religion

En à peine quelques jours, notre justice, pourtant si indolente d’habitude, s’est empressée de réparer l’offense. Maintenant, il ne reste plus à nos autorités qu’à contacter Interpol et à lancer un avis de recherche international contre le vil criminel. Lorsqu’il s’agit de protéger le sacré contre les “profanateurs”, de préserver la moralité contre les dépravés, la machine se met en marche rapidement pour condamner le coupable. On jette au trou des jeunes par centaines pour avoir fumé un joint, on pratique un test anal sur des homosexuels qui n’ont rien demandé d’autre que de vivre leur vie comme tout un chacun. Les autres affaires de terrorisme, de viol ou de meurtre .... peuvent attendre !
Et qu’en est-il de la liberté de création artistique ? Une notion obscure dans nos contrées, frappées par un vent d’inquisition de plus en plus persistant, frappées par les interdits au nom de la morale, du respect d’une identité crispée, frappées par les interdits au nom de la religion. Si les autorités s’érigent en protectrices du sacré, si les autorités jouent aux inquisiteurs et interviennent pour censurer ou suspendre une œuvre artistique, pour fermer un débit d’alcool légal, pour farfouiller dans l’anatomie d’un citoyen .... quelle est la différence avec une théocratie ?
Pourquoi s’étonner alors si des voyous cassent la gueule au metteur en scène d’une pièce de théâtre [Nejib Khalfallah] jugée blasphématoire [notamment à cause de son titre, qui reprend une partie d’un verset coranique, “Alhakom Al-takathor”, littéralement “Vous êtes distraits par la procréation”, le titre en français étant “Fausse couche”] ou s’ils s’attaquent à un bar-restaurant ?
Le message que renvoient les autorités n’est-il pas dangereux et n’ouvre-t-il pas la porte à tous les dépassements au nom de la foi et des bonnes mœurs ? Faudrait-il qu’un syndicat des imams [proche du parti islamiste Ennahdha], avec à sa tête un obscurantiste nommé Ridha Jaouadi, fasse la loi ?
D’ailleurs, l’affaire du DJ a été une aubaine pour cette bande de rétrogrades, qui a exigé, dès l’annonce du verdict, la fermeture immédiate de toutes les discothèques et de tous les bars en Tunisie. Ce qu’ils veulent c'est un tourisme en conformité avec la charia. Fêtards et touristes n’ont qu’à s’y résigner, ils n’ont qu’à fréquenter les mosquées pour éviter les lieux de dépravations.
Serait-il exclu que ce syndicat ait un jour gain de cause ? Jeudi 6 avril a été la journée des premières. Outre la condamnation du DJ, la justice a décidé de retirer deux exercices du manuel de grammaire de la 9e année, sur la base d’une plainte déposée par ces pieux imams. Ces deux exercices porteraient atteinte au Coran et contiendraient des reproductions faussées de certains versets selon les plaignants.
Fallait-il que la justice s’en mêle ? Le tribunal a jugé bon de supprimer les exercices incriminés, le syndicat des imams a réussi son coup en révisant un livre scolaire. Bientôt, on pourra déposer plainte contre une partie du programme de philosophie jugé impie, ou demander la suppression d’un auteur qualifié de mécréant du programme de littérature, ou peut-être interdire l’enseignement de la théorie de l’évolution, celle du Big-Bang ou le chapitre sur la reproduction humaine… Qui sait !

Le mal qui ronge ce pays

Un sit-in pour la fermeture d’un bar-restaurant à Jerba; des manifestations pour fermer un point de vente d’alcool à El Jem [ville de l’est du pays]; des imams appelant à la fermeture de tous les bars; une thèse de doctorat prétendant que la terre est plate, s’appuyant sur des arguments religieux; un artiste tabassé à cause du titre de sa pièce de théâtre; un DJ qui se retrouve condamné à un an de prison pour avoir mixé un appel à la prière dans une discothèque; deux exercices supprimés des manuels de grammaire pour atteinte au Coran; encore des imams appelant à la fermeture, cette fois, de toutes les boîtes de nuit…
C’est une série d’événements sans liens en apparence, mais qui révèle le mal qui ronge ce pays. Cette image de la Tunisie tolérante, ouverte et progressiste s’approchera bientôt du mythe. Face à une islamisation rampante et pernicieuse de la société, face au danger que cela représente, les autorités laissent faire. 
Cela ne se passe pas sous la troïka [coalition au pouvoir de 2012 à 2014] menée par les islamistes, mais sous un gouvernement d’union nationale [au pouvoir depuis janvier 2015] censé être mené par [Nidaa Tounes] un parti moderniste…


mardi 3 avril 2018

La tour de l'horloge de Venise : viste guidée

2-2018-03-21-195


Visite guidée de la tour de l'horloge de la place Saint Marc à Venise par 

BB : La fée des animaux

Descartes avait théorisé l'animal-machine, insensible bête de somme .... dommage que les philosophes du siècle des Lumières soient passés à côté de l'animal !
R.B
Résultat de recherche d'images pour "brigitte bardot et les animaux"
A quand des droits de l'homme pour ... les animaux ? 




Et si Brigitte Bardot avait inventé l’antispécisme ?

A 83 ans, la mythique actrice du "Mépris" raconte son engagement aux côtés des animaux dans "Larmes de combat". Et, après avoir été beaucoup raillée, apparaît comme une pionnière.

Un livre de Brigitte Bardot sur les animaux ? Les ricaneurs ricanent, mais tout est normal. Il est d’usage depuis des années de se moquer d’elle et de sa maison de pêcheurs tropézienne transformée en arche de Noé, puis de rappeler, cette fois à juste titre peut-être, son soutien à Marine Le Pen (récemment, c’était à Jean-Luc Mélenchon : tout dépend du discours sur la question animale) et les déclarations publiques calamiteuses qui l’ont menée plusieurs fois au prétoire avec son chignon à fleurs pour incitation à la haine raciale.
Pour autant, être froissé par ses manières n’interdit pas d’avoir de l’estime pour des combats menés sous la bannière de l’éthique animale avec une exceptionnelle persévérance, laquelle sera peut-être au siècle prochain saluée par des philosophes de premier plan. Qu’on nous autorise aussi à penser que ces accès de fièvre misanthrope drainent un chagrin existentiel profond qui ne date pas d’hier. Quoi qu’il en soit, l’impossible BB arrive en librairie.
« Larmes de combat » est le récit de quarante-cinq ans d’un engagement ininterrompu auprès des animaux, au nom de la Fondation qui porte son nom et à laquelle Brigitte Bardot donne chaque jour de sa vie. Réveillée à 9 heures dans cette Madrague mythique où des touristes du monde entier continuent d’affluer, elle quitte le grand lit où chiens et chats s’étirent à l’unisson pour téléphoner à ses troupes parisiennes selon un rituel immuable.
Que la personnalité française la plus connue au monde après De Gaulle (qu’elle aimait beaucoup et réciproquement) ait choisi en 1973 de descendre du firmament pour consacrer jours et nuits à la création d’une structure qui permettrait de défendre les lapins martyrisés de l’industrie cosmétique ou de sauver l’hippopotame en dépression dans un camion du cirque Zavatta, lui a valu tous les sarcasmes. Sans doute la petite misogynie ordinaire de ces années-là et les envies mauvaises provoquées par sa beauté souveraine n’ont-elles rien arrangé. Au printemps 1987, elle s’est installée chaque matin sur un marché de Saint-Tropez pour vendre à la criée les dernières reliques de sa vie princière.

BB validée par la science

Tout ce qu’elle possédait de valeur fut mis aux enchères à la Maison de la Chimie à Paris – sa guitare, les bijoux de Gunter Sachs, la robe de son mariage avec Vadim, l’argenterie, les meubles. Mais le plus frappant dans ce récit plein de retours en arrière, quand la femme créée par Dieu rêvait déjà de grands espaces et d’oiseaux marins, c’est de constater à quel point ses préoccupations sont d’une scintillante modernité.

La dame a aujourd’hui 83 ans. En une étonnante convergence des luttes, toutes ses idées rejoignent celles des « antispécistes ». Pour ceux qui ne savent encore rien de ce groupe minoritaire mais fort, les antispécistes plaident pour que soit reconnues la continuité entre l’espèce humaine et les espèces animales, ainsi que l’universalité des émotions primaires – la peur, la tristesse, la honte, la surprise, le dégoût, la capacité à ressentir la douleur, les besoins sociaux, la joie. A ce titre, ils estiment que des garanties minimales doivent être accordées à tous les individus et qu’on doit penser le monde de façon à ce que veaux, vaches, cochons  puissent vivre dans un cadre compatible avec les besoins de leur espèce. (Contrairement à ce qu’on pense, les cochons sont très attachants : ils sont curieux et sociables (1), leur  intelligence est supérieure à celle du chien et ils sont tout aussi apprivoisables. Ils répondent à leur prénom.) 

Brigitte Bardot aura donc fait pendant quarante-cinq ans de l’antispécisme sans le savoir car, au fond, jamais elle n’a dit autre chose: 

L’amour que je souhaite porter aux êtres vulnérables ne tient pas compte des différences entre les espèces. La compassion n’a pas de frontières et ce n’est pas les ‘‘humaniser’’ que de dire que les animaux sauvages, domestiques, marins, ont des besoins vitaux; la vie est sacrée, il est impératif de tout faire pour la préserver, la respecter, la protéger, dans tous les domaines et d’ailleurs, j’utilise le même langage quand je parle de tout représentant d’une espèce. Pour moi, les cris de douleur dans les laboratoires d’expérimentation ne sont pas des ‘‘vocalisations’’ comme on peut le lire dans certains compte rendus scientifiques.»

Après avoir été longtemps méprisé, son discours-de-bonne-femme sur l’émotivité des bêtes a été peu à peu validé par la science. Ethologue, spécialistes de biologie évolutionniste ou neuroscientifiques sont unanimes. Les animaux sont dotés d’intelligence et de sensibilité. Ils ont les mêmes systèmes chimiques et neurobiologiques que les hommes. La détresse d’un chien qui a couru en vain après la voiture sur une bretelle d’autoroute (au début, il pense que c’est un jeu) ou d’une brebis qui cherche en vain son agneau est bien réelle – ce n’est pas de l’anthropomorphisme. La souffrance d’un animal saigné à vif n’est même pas imaginable. Ce sont des faits. Le procès en sensiblerie s’éteint.

Le jour du bébé phoque

Tout a basculé dans la vie de Brigitte Bardot en 1977, le jour où fut prise la photo célèbre, sur la banquise, avec un bébé phoque. Les blanchons sont des proies faciles car lorsque les mères partent pêcher, ils restent seuls dans la glace, emmitouflés dans leur belle fourrure blanche. Ce que l’actrice n’a pas supporté alors, ce sont les bataillons de chasseurs qui venaient déloger ces petites choses ravissantes et endormies avec un croc de boucher pour les traîner sur la neige, les matraquer avant de les dépecer, la plupart du temps vivantes. Elle a connu l’un des grands désespoirs de sa vie face à la détresse des mères phoques qui demeuraient plusieurs jours, tremblantes, à côté de leur petit décharné et sanguinolent, chacune s’épuisant en vain à vouloir l’allaiter et le réchauffer contre elles. 

Ce spectacle l’a dévastée. On a tourné en dérision sa douleur, ses protestations, son dégoût. Elle a continué de plus belle, encouragée par une certaine Marguerite Yourcenar qui lui avait écrit une lettre pour lui dire sa joie d’observer chez une même personne autant de bonté que de beauté. Marguerite Yourcenar, première femme à être admise à l’Académie française, végétarienne devant l’Eternel, qui un soir de tempête, alors qu’elle était invitée à dîner par Gaston Defferre à la mairie de Marseille, pria son chauffeur de faire un détour par Saint-Tropez. Brigitte Bardot se souvient du coup de sonnette dans la nuit, de Marguerite sous la pluie.

De cette année-là, de son voyage sur la côte ouest du Canada pour tenter de convaincre un aréopage d’hommes politiques placides de faire cesser le massacre des bébés phoques, datent la fêlure et le repli sur soi à venir d’un esprit définitivement blessé par l’invraisemblable cruauté humaine. Dans «Larmes de combat», elle écrit que sur la banquise, le nez dans la fourrure d’un petit animal vulnérable et confiant destiné à finir on ne sait où en Occident sur les épaules de Cruella, elle a scellé le pacte avec elle-même : mettre sa célébrité désormais, «dans ce court passage qu’est la vie», au service des animaux. Se battre pour qu’on ne les considère plus comme une vulgaire ressource dans ce monde «d’industrialisation forcenée» mais qu’on les considère tout court. Elle a 42 ans alors et sent une gravité nouvelle. La sensation de ne plus être ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Et Dieu, que le cinéma lui semble futile, et si ridicule toute «l’hystérie» autour d’elle.

"Antispéciste de corps et d’âme"

Heureusement, il y a Valéry Giscard d’Estaing, à l’évidence hypnotisé, pour interdire immédiatement l’importation des peaux de blanchon en France. L’année suivante, BB est au conseil de l’Europe, à batailler de nouveau. Le combat a duré trente ans. Le 5 mai 2009, un règlement européen a interdit l’importation et le commerce de tout produit à base de phoque.

On découvre aussi dans ce récit que, cinquante ans avant les caméras cachées de L124, Brigitte Bardot s’est inquiétée du sort des moutons et des veaux dans les usines à viande. Son ami, Jean-Paul Steiger, fondateur  du Club des Jeunes Amis des Animaux, s’était fait recruter dans un abattoir. Il fut hanté par les images d’animaux suspendus vivants, agonisant lentement, la gorge tranchée comme dans le film de Franju. Le premier combat de l’actrice fut d’obtenir l’obligation d’étourdissement préalable des bêtes avant la mise à mort. En 1962, dans «Cinq colonnes à la Une», face à un Pierre Desgraupes plutôt hermétique, elle montra à l’antenne un pistolet électrique et la possibilité pour les bêtes d’«une sorte d’anesthésie» avant la décapitation. Le décret fut publié en avril 1964. Une lanceuse d’alerte, dirait-on aujourd’hui.

Notre siècle est avec elle. Depuis dix ans, de plus en plus d’auteurs remarquables publient des essais qui vont dans le sens de ses engagements. Il y a eu Marc Bekoff et son beau travail sur  «les Emotions des animaux» (2007), Jonathan Safran Foer et sa question embarrassante: «Faut-il manger les animaux?» (2009), Aymeric Caron et son coming out «Antispéciste», (2015), et l’écrivain Martin Page devenu vegan à l’issue d’une double prise de conscience: les animaux sont des individus; ils désirent vivre (2). Ces jours-ci paraît la somme de Carl Safina intitulée «Qu’est ce qui fait sourire les animaux? Enquête sur leurs émotions et leurs sentiments». Un train passe. Brigitte Bardot le prend et se dit «antispéciste de corps et d’âme».

"Le luxe peut être symbole de cruauté"

Sans doute faudra-t-il reconnaître un jour la noblesse de son engagement et le prix à payer pour tous les films horribles archivés dans son esprit. «La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil», disait René Char. La grande brûlée de l’existence accepte d’affronter encore en 2018 et sur deux cannes, pour supporter ses hanches fragiles, ce que personne ne veut savoir et de «souffrir avec» - la définition de la passion en somme.

Qui voudrait être aux abattoirs à l’heure des cargaisons d’agneaux, voir l’affolement dans leurs yeux et les bêtes qui se cabrent devant le portillon – sa mort est proche, l’animal le sent, il ne veut pas. La boussole éthique de chacun s’affole face au traitement réservé aux animaux dits «de boucherie». Pourquoi l’agneau et pas le chaton? Et qui supporterait le détail de la mutilation des ours noirs du Vietnam, entravés à vie dans de minuscules cages, l’abdomen perforé afin de prélever la bile vendue à prix d’or pour ses vertus curatives et aphrodisiaques? Cette fois encore, «la fée des animaux», c’est ainsi qu’elle voudrait qu’on la présente une fois tirée sa révérence, s’active pour faire interdire ce commerce. Il faut avoir «le cœur bien accroché, écrit-elle, car chaque révélation atomise le coeur et l’esprit.»  

Parmi les actions en cours de sa Fondation, il y a aussi le million de signatures déposées en 2017 auprès du ministère de l’agriculture et à Bruxelles pour dénoncer les conditions du transport des bêtes à travers l’Europe, la réglementation n’imposant pas de limite de durée des transports ni de densité des chargements. Les fermes d’élevage productrices de fourrure, au sein de l’union européenne sont une autre cible:

Il est si contradictoire, si obsolète aussi de voir que le luxe peut être symbole de cruauté. Des centaines de fermes d’élevage fonctionnent aujourd’hui au sein de l’union européenne. Des visons, renards, lynx, ratons laveurs, chinchillas, sont prisonniers, exploités, dans des conditions dignes des plus grandes représentations de l’enfer. Des milliers d’autres sont piégés, blessés ou laissés à l’agonie, comme les coyotes dont la fourrure orne le col de nombreuses parkas. La France compte des dizaines de sites dédiés à l’élevage de visons (…) Ces martyrs de la mode sont entassés dans des cages minuscules, cohabitant avec leurs excréments et des congénères qui développent des comportements anormaux comme l’automutilation, espérant sortir de cet abîme.» 

Dans les élevages de fourrure comme dans les fermes industrielles, on observe souvent, à mesure que se prolonge la claustration, des réactions d’automutilation, signe de la souffrance psychique maximale d’animaux poussés au désespoir et la folie. Brigitte Bardot veut que tout cela se sache. Elle en pleure encore, sidérée par la capacité de l’homme d’administrer le mal banalement, presque distraitement.

Lettre à Nicolas Hulot

Son esprit solitaire et contemplatif a toujours préféré «l’émotion à la raison», mais sans doute sa vie aurait-elle été plus facile et sa solitude moins grande si elle avait marché main dans la main avec les sciences sociales. En 1975, elle n’a pas lu, «malheureusement» écrit-elle, «la Condition animale» de Peter Singer, philosophe australien qui, glacé par l’atmosphère concentrationnaire des abattoirs et la mise à mort industrielle, jetait magistralement les bases de la réflexion à venir sur le respect dû aux «animaux non humains».

Le spécisme, ce concept que Brigitte Bardot trouve paradoxalement un peu «compliqué», est calqué sur le racisme et le sexisme. Dans les trois cas, un même principe est activé : la maltraitance s’exerce au nom de barrières artificielles  qui ne tiennent pas la route scientifiquement.

A force d’avoir dénoncé d’avoir manifesté, d’avoir répété les mêmes choses, de m’être fait photographier avec quantité d’animaux, cela a fini par toucher les gens et entrer dans l’inconscient collectif. Quand je vois les associations accusant les cruautés des abattoirs, des militants s’infiltrant dans les arènes des corridas ou des foules venues empêcher l’arrivée d’un cirque dans une ville, je me dis parfois, sans prétention aucune mais avec tendresse et fierté, que toutes ces personnes sont un peu mes enfants.»

En 2010, sa Fondation a financé une mission de plusieurs semaines aux îles Féroé pour s’opposer au massacre, chaque année renouvelé, de centaines de globicéphales, au nom d’une tradition consistant à rabattre des bancs de dauphins migrateurs vers un rivage où les attendent  des hommes armés de couteaux et de crochets. Des centaines de ces mammifères marins pacifiques sont ainsi tués, femelles gestantes et petits aussi, alors même qu’ils sont protégés par la convention de Berne.

Autrefois destinée à nourrir la population, la séquence funèbre est aujourd’hui un divertissement et un concours de virilité, alors même que le niveau d’intelligence et de sociabilité du dauphin n’est plus à démontrer, ni sa propension à se porter spontanément au secours de l’homme. Brigitte Bardot a renouvelé l’opération en 2014 avec son ami Paul Watson, commandant du Sea Sheperd. Il y a peu, elle a écrit à Nicolas Hulot, ministre de l’écologie et parachevé sa missive de ce très personnel et intrigant :

Je vous embrasse, un peu fâchée, 
Brigitte Bardot »


Larmes de combat, par Brigitte Bardot, 
assistée de Anne-Cécile Huprelle, 
Plon, 250 p., 16, 90 euros.

LA TUNISIE SERA-T-ELLE LE DERNIER PAYS A ÉLIMINER L'ISLAMISME POLITIQUE ?

Article paru dans : Kapitalis

Le vent tourne pour les Frères musulmans et leur islamisme politique, sauf en Tunisie ! 
Pourquoi ?
En Syrie déstabilisée par les pétromonarques qatari et saoudien, Bachar El Assad reprend la main depuis le soutien effectif de Poutine. D'autant que Trump et son ami le prince héritier Ibn Saoud décident de se retirer de cette "mauvaise guerre" déclenchée par ses prédécesseurs.
Daech est en perte de vitesse sur tous les fronts.
Quant au Qatar qui a cru un moment pouvoir faire la pluie et le beau temps dans les Républiques du fumeux "printemps arabe", en soutenant à fond les Frères musulmans protégés de l'émir, se retrouve hors jeu; boycotté par les pétromonarques et mis à l'indexe en tant que pays terroriste par bon nombres de pays occidentaux.
En Egypte Al Sissi continue à faire la guerre aux Frères musulmans, dont bon nombre de leurs dirigeants sont en prison ou en fuite à l'étranger.
En Turquie, le monde découvre la réalité du Frère musulman Erdogan adulé par Ghannouchi et dont l'UE vantait l'islamisme modéré : un minable despote qui emprisonne tous ceux qui s'opposent à lui.
En Libye, après avoir découvert la réalité des Frères musulmans, les libyens s'en détournent de plus en plus leur préférant les anciens du régime d'avant, réduits à choisir entre la peste et le choléra.
Est-ce pour toutes ces raisons que le stratège Ghannouchi fait beaucoup de charmes pour séduire les tunisiens, depuis que l'Organisation internationale des Frères musulmans dont il est membre du bureau exécutif est mise à l'indexe et son pouvoir de nuisance est en net recul ... ce qui va tarir, entre autre, sa "contribution" à la guerre en Syrie par l'envoi de jeunes tunisiens pour rejoindre DAECH ?
Est-ce pour assurer la survie d'Ennahdha qu'il a changé son fusil d'épaule, jusqu'à renier son appartenance à l'Organisation des frères musulmans, hier encore revendiquée à cor et à cri ? D'autant que les tunisiens découvrent la corruption et l'affairisme des marchands du temple qui n'ont rien à envier à ceux du régime qu'ils avaient dégagé le 14 janvier 2011, sinon que ces rapaces sont pire ! 
Les Tunisiens ont découvert aussi l'homme à la cravate bleue, lui qui n'en portait jamais, le jour où il a commencé son opération de séduction dans l'espoir de faire oublier le Ghannouchi fraîchement débarqué de son exil londonien venu chevaucher une révolution à laquelle ni lui ni ses Frères n'avaient participée, et ses discours rétrogrades remettant en cause le statut des femmes ! Ils sont étonnés de son retournement de veste et de ses discours totalement à l'opposé de ceux qu'il leur tenait jusque-là ! 
Ils ont découvert son "ouverture" depuis qu'il s'est mis à courtiser les juifs, les homosexuels, les femmes "en cheveux" habillées et maquillées à l'occidentale, en perspective des élections futures ... qu'il n'y a pas si longtemps, sa milice "salafiste", bras armé d'Ennahdha, harcelait et attaquait; et que "ses" juges poursuivaient sans craindre le ridicule.

Pour rappel :
° Les femmes non voilées étaient insultées, vitriolées, lacérées avec des lames de rasoir .... les tunisiennes s'en souviennent encore !
° La Ghriba comme d'autres synagogues, les cimetières juifs, étaient régulièrement saccagés, brûlés !
° Les homosexuels étaient harcelés par "ses" policiers, poursuivis par "ses" juges, humiliés par des examens médico-légaux dégradant !

Alors les Tunisiens seraient-ils les derniers à conserver les Frères musulmans au pouvoir alors que le monde entier découvre leur sinistre projet de destruction et de chaos ? 
Se laisseront-ils séduire par les campagnes de charme que leur fait hypocritement Ghannouchi quand il leur joue " l'ouverture et la modernité ", lui qui les combattait il n'y a pas si longtemps ?

Pourquoi Béji Caïd Essebsi et Nidaa Tounes continuent-ils à composer avec Ghannouchi ? 
Seraient-ils naïfs pour croire qu'il a changé ? Ou en ont-ils toujours peur par crainte de son terrorisme ? A moins qu'ils restent alliés par opportunisme de peur d'être désavoués par les tunisiens après leur trahison !
Ils craignent que les Tunisiens ne leur fassent plus confiance d'où leur obstination à maintenir cette alliance contre nature pour rester au pouvoir. Ne se rendent-ils pas compte  qu'elle ruine le pays, qu'elle le fait le fait régresser comme jamais et qu'ils en porteront la responsabilité devant l'histoire, s'ils ne se reprennent pas ? Leur seule voie de salut est de rompre solennellement, fortement et vraiment avec ces arriérés. Les tunisiens leur en seront reconnaissants !

On peut vraiment se demander pourquoi en Tunisie les médias et les hommes politiques de tout bord, donnent encore tant d'importance aux Frères musulmans d'Ennahdha comme s'ils étaient indispensables à la vie politique ? Sont-ils aveugles ? Ne voient-ils pas où cela mène le pays ? Ou cèderaient-ils à l'opportunisme et au populisme, au détriment de l’intérêt suprême du pays ? 
La Tunisie peut et doit se passer de Ghannouchi, comme le reste des pays qui ont rompu avec l'islamisme politique porteur de division, de régression et de violences.
Gannouchi doit rendre compte de son sinistre militantisme et celui de sa bande qui a coûté la vie à beaucoup de tunisiens .... dont Chokri Belaid ! Il a conduit ce pays si ouvert, qui était sur la voie du progrès, à régresser et devenir un pays au bord du chaos; où la bigoterie et l'obscurantisme se développent depuis que les Frères musulmans nahdhaouis ont importé le wahhabisme et le diffusent activement dans une société ancestralement malékite. Modèle sociétal rétrograde qui a échoué partout et dont le prince héritier Mohamed Salman Ibn Saoud dit tout le mal qu'il pense
Oui, vraiment serons-nous les derniers à rompre avec cette idéologie néfaste ? 
Rachid Barnat

lundi 2 avril 2018

Amine Zaoui dénonce le wahhabisme et félicite le prince héritier des Ibn saoud pour ses beaux discours

Un intellectuel algérien dit sa colère contre les Ibn Saoud pour avoir propagé le poison wahhabi dans le monde et félicite le prince héritier qui reconnaît ce mal et dénonce à son tour ses méfaits. 
Sont-ils sincères l'un et l'autre ? Le premier, de croire qu'un prince élevé et éduqué dans le wahhabisme pourrait s'en écarter; et le second, de vouloir faire la "révolution" dans son pays, berceau du wahhabisme ? 
Le fait est que l'un et l'autre reconnaissent tout le mal qu'a fait et continue de faire le wahhabisme !
R.B
Résultat de recherche d'images pour "amine zaoui photo"

Lettre ouverte au prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman

Bonjour, Majesté le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. 

Je suis fils de Tamazgha, un Algérien, arrière-arrière-fils de Chachnaq, de Juba 2 et de Massinissa, permettez-moi de vous écrire pour vous dire ce que j’ai, envers votre pays, et dans le cœur et sur le cœur.

Cette lettre, certes n’est pas diplomatique, elle n’est pas non plus habile, parce que  je l’ai voulue vraie et transparente, sans gant et sans rhétorique aucune ! Majesté prince héritier Mohammed Ben Salman : de toute ma vie intellectuelle, je n’ai jamais adhéré à la politique de l’Arabie Saoudite, culturelle soit-elle, religieuse ou politique, qu’importe. Dans mes écrits, j’ai toujours rangé l’Arabie Saoudite, plutôt le régime saoudien, dans le clan des méchants. Bien que le royaume de l’Arabie Saoudite (El Hejaz) soit située dans cette terre sur laquelle le Prophète Mohamed est né, a fait ses premiers pas, a accompli ses prières et ses guerres, la terre où le Prophète a reçu la Révélation, où il est mort, où il a été enterré, j’ai toujours assimilé cette terre au pays de Satan.

Quoique cette terre, dans l’imaginaire musulman, soit liée au sacré musulman, je l’ai toujours imaginée, vue, comme un lieu de complot, de corruption et de tricherie. Bien qu’il y ait sur cette terre la Kaâba avec la pierre noire, le sacré musulman par excellence, j’ai toujours vu cet édifice comme un lieu qui cache en lui, derrière ses prières, en ses prieurs et ses hajis, d’énormes enjeux politico-économiques impurs. À l’image de beaucoup d’autres observateurs, j’ai toujours pensé que cette terre riche par sa nature et par le Ciel, demeure l’essence de la malédiction qui frappe la femme, pas uniquement dans votre terre (l’Arabie Saoudite) mais aussi dans la nôtre et dans toute la terre d’Islam. 

C’est de cette terre sainte musulmane, à partir de votre pays, par les écrits de ses ulémas salafistes et acharnés, à travers vos prédicateurs pervers qui habitent les écrans de vos télévisions et les nôtres, que la foudre malédiction a été lancée contre la femme, contre sa liberté.
À cause de ces ulémas et leurs écrits, de ces chaînes de télévisons et de leur sermonneurs, le mot “musulman” a été souillé.
Par cette horde de charlatans religieux, votre islam violent à envahi le nôtre, et confortablement, il a été installé dans notre pays, dans nos mosquées, dans nos écoles, dans nos familles, dans nos plats et dans nos verres.
À cause de vos soldats islamiques wahhabistes, nous avons perdu notre culture identique et notre langue maternelle. 

Aujourd’hui, majesté prince héritier Mohammed Ben Salman, en écoutant, en lisant vos propos courageux et fracassants, après maintes hésitations, j’ai décidé de vous écrire afin de vous dire mes sentiments de satisfaction et ceux de la plupart des Algériennes et Algériens. Je vous dis : bravo. 

Bravo et merci pour votre position courageuse et intransigeante, d’abord, contre les frères musulmans. Ces mêmes frères musulmans étaient, et ils le sont toujours, la source de tous les maux, ou presque, dans notre pays, l’Algérie. Ils étaient et ils le sont toujours,  source du mal dans le monde musulman. Ils sont, ces mêmes frères musulmans, aussi la source du mal qui embrase l’Occident, là où les communautés musulmanes se sont installées dans l’espoir de vivre et de partager le bonheur humain. 

En toute franchise, Majesté le prince héritier, je vous dis aussi bravo. 
Bravo pour votre déclaration contre le mal du wahhabisme, semence diabolique. Cette idéologie fasciste qui a gangrené notre pays, le Maghreb, la terre de Tamazgha. 

En toute clarté, et sans nuance aucune, je vous dis bravo aussi pour avoir muselé les milices d’Al amr bil maarouf wa annahyi ani el monqar, cette police immoraliste gardienne de la morale. 

Bravo pour vos positions positives envers la liberté de la femme saoudienne. 

Bravo pour avoir appelé au retour de la musique, au retour de la fête dans le pays des Mu'allaqât, dans votre pays l’Arabie Saoudite.  

Bravo parce que vous avez décidé d’ouvrir les salles de cinéma aux Saoudiennes et aux Saoudiens, espaces interdits depuis la création du royaume. Chez nous, à cause de votre idéologie wahhabiste associée à celle des frères musulmans, à cause des prêches de vos prédicateurs dans nos mosquées et dans nos têtes, nous avons fermé six cents salles de cinéma !!! Et nous avons fait retourner les sœurs de Djamila Bouhired et les petites-filles de Djamila Bouhired à la cuisine et à la vaisselle !

Vous rêvez de faire de votre pays une terre de vie, une vie émouvante pour les vivants, et c’est légitime, en cette même heure, nous en Algérie, nous activons pour faire de la vie de notre peuple une vie du Jugement dernier ! 

L’Algérien qui représentait l’image de l’homme émancipé dans le Monde arabe et dans le Maghreb, s’est  métamorphosé en saoudien wahhabiste ou en khwandji, dans le costume, dans la barbe, dans les paroles, dans le rêve, dans la haine de l’autre. Vous, de plus en plus, vous détachez de vous-mêmes et nous, de plus en plus, nous collons à vous et nous nous détachons de nous-mêmes ! 

Nous sommes le pays de cheb Khaled et de Mohammed Dib, de cheikha Remiti et de Kateb Yacine, de Dahmane El Harrachi et de Tahar Djaout, de Maurice El Madioni et de de cheikha Titma et de Mohamed Khadda, de cheikh Raymond et de Mouloud Mammeri… ce pays de tout ce beau monde est devenu pays des choyoukhs wahhabistes et les prédicateurs des frères musulmans. Mais le combat est continuel. 

Majesté, prince héritier Mohammed Ben Salman, par vos propositions courageuses : contre le voile imposé aux femmes par la charia islamique politisée, contre le wahhabisme fascisant, contre les frères musulmans, contre les milices de la morale Al amr bil maarouf wa annahyi ani el monqar, votre pays avancera vers la lumière, le nôtre suivra. Nous vous suivrons, tout simplement parce que quatorze siècles durant vous nous aviez pollué la vie et vous nous aviez violé et volé notre histoire.  

L’Arabie Saoudite, votre pays, avec vous, avec vos idées modernistes, prendra dans ce début de ce siècle, la place qu’a occupée l’Égypte dans le siècle passé, celle des Taha Hussein, des Ali Abderrazak, des Qassim Amin, des Ahmed Chawqi, des Naguib Mahfoud ... 
L’Arabie Saoudite deviendra-t-elle la nouvelle Égypte de ce siècle ?

samedi 31 mars 2018

Quand les communautarismes se jouent de la laïcité

Sionisme et Islamisme ne peuvent prospérer que dans le communautarisme. Ce faisant, les français de confession juive tout comme les français de confession musulmane, voient leur religion instrumentalisée par le CRIF pour les premiers et par l'UOIF autrement dit par les Frères musulmans pour les seconds. Ils sont pris en otages autant que leur religion; puisque ces organisations s'expriment en leur nom !
Les deux ayant adopté une stratégie pour faire taire leurs opposants, en invoquant l'antisémitisme pour le CRIF et l'islamophobie pour les Frères musulmans.
Quand on voit l'alignement du CRIF sur la politique sioniste israélienne, on se demande s'il est au services des français de confession juive ou de celui des gouvernements d’Israël ! 
CRIF et UOIF remettent en cause la laïcité n'ayant de cesse de pourfendre les règles du vivre ensembles en réclamant des aménagements spécifiques pour leurs communautés respectives.
Il faut dire que les Frères musulmans que prendre exemple sur le CRIF et suivre la voie qu'il a ouverte pour imposer eux aussi leurs revendications aux responsables politiques obnubilés par leurs élections et leurs réélections.
CRIF & Frères musulmans aspirent-ils à devenir aussi puissants que le lobby juif américain pour faire et défaire les présidents ? 
R.B
Image associée

Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu’«il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…» Catégorique, il rejetait alors tout «communautarisme». Lorsqu’on se gargarise aujourd’hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu’aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de «musulmans». C’est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l’identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l’ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d’entre eux passe au second plan après leur religion.

En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu’il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n’ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu’à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu’il «refuse l’égalité et la fraternité». Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l’an passé, les mesures d’ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l’horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti, l’un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël.

On en vient à se demander si le Crif n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d’Israël, qu’elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d’un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s’étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l’entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales.
Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l’antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n’être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne «dialoguer».
Aussi peu représentatif qu’il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d’Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de la Shoah et dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d’un judaïsme qui le plus souvent s’y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles. Qu’est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d’abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l’antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu’obsèdent les vieux thèmes bien rodés du pouvoir juif, du complot juif. La «servilité» de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés.
Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n’augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d’enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes
* Directeur d'études à l'Ecole des hautes études (Sorbonne) - Sénatrice d'Île de France