mardi 22 mai 2012

LE PARADIS PERDU DES SALAFISTES

Article paru dans : Kapitalis
et dans :New English Review

( patio d'inspiration persane)

Après un petit séjour à Séville et à Grenade, quelques réflexions me viennent sur l’Andalousie que fantasment beaucoup de nostalgiques d’un âge d’or de la civilisation « arabo-musulmane » qu’ils n’ont connue qu’à travers les légendes qui, comme toutes les légendes, embellissent et falsifient l’histoire.


Bouabdil, dernier roi de Grenade

Quand Mohamed XII Abou Abd Allah, le Boabdil des chrétiens, dernier roi de Grenade quittait l’Alhambra, vaincu par Isabelle la Catholique, sa mère a prononcé selon la légende cette phrase définitive : «  Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su conserver comme un homme » !

Alhambra


Prise de Grenade, par Francisco Pradilla y Ortiz (1882): 
Boabdil se rend à Ferdinand et Isabelle de Castille


L'adieu du roi Boabdil à GrenadeAlfred Dehodencq musée d'Orsay, Paris

En réalité le déclin des arabes en Andalousie est une longue histoire commencée depuis longtemps et qui a vu  se développer des guerres entre les "arabes" eux-mêmes jusqu’à l’apparition des "Taifa" (multitude de petites principautés) pactisant souvent avec les rois catholiques contre leurs propres "frères musulmans" et qui signeront le début de la fin de la conquête de la péninsule ibérique.
Des conflits permanents pour chasser les sultans avec toujours la même technique éprouvée : leur reprocher de n’être point de bons musulmans. Comme ces régimes ne connaissaient aucune règles pour l’alternance du pouvoir, instaurant souvent le régime dynastique; la seule opposition politique que pratiquaient les salafistes, c’était l'islamisme ! Celui qui voulait prendre le pouvoir, développait toujours l’idée que celui qui le détenait était un « mauvais musulman » ! Et c’est ainsi que dès cette époque l’Islam a été instrumentalisé et utilisé à des fins politiques, pour conquérir le pouvoir. Ce que font les islamistes aujourd’hui.

Par conséquent l’idée, si souvent reprise par les islamistes, selon laquelle l’Andalousie a été perdue parce que les musulmans ont cessé d’être de « bons musulmans » est une vaste supercherie pour ne pas dire plaisanterie.
En réalité l’Andalousie a été perdue en raison des rivalités et des guerres auxquelles se livraient les différentes tribus et dynasties arabes puis berbères ; et la pratique bonne ou mauvaise de l’islam n’y a strictement rien à voir. Car la pratique de l’islam n’était en réalité que prétexte pour éliminer ses concurrents !
Quand Ghannouchi et ses hommes traitent leurs opposants de « Koffar » (mécréants), ils ne font rien d’autre, qu’instrumentaliser la religion pour conquérir et asseoir leur pouvoir, comme le faisaient les candidats au pouvoir en Andalousie !

Il faut ajouter que si la Chrétienté avec Isabelle la catholique a triomphé, c’est parce qu’elle a su unir divers pays européens et obtenir le concours déterminant du Pape, fort puissant à l’époque... et profiter des divisions qui régnaient au sein du monde musulman aussi bien en Espagne qu'ailleurs ... puisque les secours demandés n'arriveront pas ou en retard ! 
Il faut dire aussi que pendant une période, arabes, juifs et chrétiens ont partagé leur connaissance ce qui a permis le progrès qu’a connu leur société d’alors, jusqu’à atteindre un degré civilisationnel raffiné d’une Andalousie enviée dans une Europe empêtrée encore dans son moyen âge, et ayant connu son apogée à Cordoue.
Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l'Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel.

Il faut donc tordre le cou à cette thèse de la perte de l’Andalousie par un mauvais comportement religieux ! Revenir à la pratique de l’Islam de cette période, ne rendra pas aux musulmans un pouvoir qu’ils ont perdu. Ils doivent se rendre compte que le monde a bougé, qu’il a progressé et que ce n’est pas en se complaisant dans une nostalgie rêvée de l’Andalousie, qu’ils redeviendront forts.

Les civilisations, qu’on le veuille ou non, évoluent et Paul Valery a dit d’elles, qu’elles sont mortelles : certaines progressent quand elles donnent la priorité à l’éducation, à la recherche scientifique, aux arts ; et d’autres régressent quand elles se contentent de rêver à une époque révolue et à bannir tout ce qui est innovation et recherche, pour soutenir qu’il faut revenir à une pratique moyen âgeuse de l’Islam ... c'est à dire à ses débuts, quand il était dans sa phase conquérante !

Si l’Andalousie peut encore aujourd’hui donner des leçons au monde, c’est uniquement dans le fait que ce « paradis » n’a existé, pendant quelques temps, que lorsque la tolérance régnait et que les trois religions du Livre ont pu cohabiter en paix.
Ce n’est donc pas un repliement sur un Islam arriéré et fermé, que certains voudraient imposer, qui va  nous conduire à de nouvelles « Andalousies ».

Les salafistes, par leur intolérance et leur rejet de tout savoir, ont été à l’origine du déclin de l’Andalousie. Youssef Chahine dans son film prémonitoire "Destin", sur les méfaits de l’islamisme radical dans les sociétés arabophones, que vivent actuellement les pays du "printemps arabe", nous raconte comment les salafistes s’en sont pris au calife, ami des intellectuels; au point de le contraindre à « lâcher » son ami Abou al-Walid Ibn Rochd (Averroès), le philosophe commentateur d'Aristote, mais aussi le mathématicien, le physicien, qui maîtrisait la médecine, l'astrologie, un grand exégète du Coran, qui fut cadi de Cordoue, dont ils demandaient la tête, mais qui partira en exil pendant qu’ils faisaient un autodafé de sa riche bibliothèque, source de tous les maux de la société de l’époque selon eux.
Faut-il rappeler que Youssef Chahine lui-même a été menacé de mort et connu la censure des fondamentalistes musulmans que sont les "Frères musulmans", pour qui les intellectuels sont des ennemis à abattre !

Or que font les salafistes d’aujourd’hui ? Ils s’attaquent au savoir, aux livres à la création artistique et aux lieux du savoir.
En Tunisie, ils se sont attaqués aux facultés des Lettres (de Sousse, de Kairouan, de Mannouba…) au théâtre, au cinéma, à la diffusion du film Persépolis sur Nessma TV, aux livres et à la presse. Tout ce qui est liberté de l’esprit leur est insupportable car cela entraînerait le peuple à réfléchir et dès lors à mettre en cause leur pouvoir.


Procession des pénitents à Séville

En Espagne la foi/spectacle est si courante qu’elle devient folklorique. Séville détient la plus spectaculaire manifestation dans ce domaine. Quelle en est l’origine ? Après la reconquista par les rois catholiques, Isabelle donna le choix aux musulmans et aux juifs de rester en Espagne en se convertissant au catholicisme sinon de quitter le pays. Elle a même instauré les tribunaux de l’inquisition pour dénoncer les fausses conversions.
Ce qui va inciter à plus d’hypocrisie, puisqu’il fallait donner des gages du « bon croyant » à la société et à l'Inquisition; cela entraînera une débauche dans la foi ostentatoire, puisqu’il fallait montrer qu’on était plus croyant que son voisin, et lever tout doute possible sur une possible pratique "cachée" de l'islam ou du judaïsme interdits. Cette ostentation grandissante de la foi, où l'hypocrisie a pris sa place sous la pression de la société, va marquer tout un peuple au point de devenir de nos jours dans ce pays apaisé, le folklore majeure des espagnols, dont Séville détient la plus belle manifestation avec la procession impressionnante des pénitents.

Les salafistes dont le mouvement politique instrumentalise la religion et prenant exemple sur le Calife Omar le premier à avoir pris le pouvoir par l'épée, vont trouver dans le wahhabisme un outil « politique » pour mieux se maintenir au pouvoir. Le but de cette obédience étant de dévier le croyant de tout ce qui peut le « distraire » de dieu, des « consignes » précises touchant au « halal » (licite) et au « haram » (illicite) vont réguler désormais sa vie quotidienne. Sa pratique devient ainsi réglée comme un spectacle auquel le croyant doit s’adonner complètement. D’où l’ostentation de certains pour que l’on ne doute point de leur bonne foi !
Car en imposant l’ostentation de la foi par la violence, les salafistes s’assurent la soumission et le contrôle d’un peuple. D’où les prières dans les rues, les codes vestimentaires, capillaires et langagiers. Des signes « visibles » d’une religiosité « accrue » qu’exportent saoudiens et qataris : voile et burqa pour les femmes ; kamis, sceau frontal et barbe pour les hommes ; un langage « codé » avec citation de texte coranique ou de hadith….
Des tribunaux religieux expéditifs pratiquant le "takfir", jugent les mauvais musulmans et condamnent à mort les apostats avec des mises en scène populaire dans un concert de "takbir" ("allalhou akbar") tel un cri de guerre; comme faisaient les tribunaux de l’Inquisition qui envoyaient aux bûchers les mécréants et les apostats avec des mises en scènes populaires pour marquer les esprits et impressionner ceux qui refuseraient la religion du roi et critiqueraient son pouvoir. 
C'est ainsi que les "rois catholiques" d'Espagne ont instauré la règle ; " un roi, une religion, celle du roi", qui sera reprise en Europe par d'autres monarques; dont certains se prétendront d'essence divine. Car il n'y a pas de place à d'autres confessions qu'à celle du roi dans une monarchie absolutiste !
Ce que fait le roi Ibn Saoud et grâce à quoi cette tribu conserve le pouvoir, en adoptant le wahhabisme, auquel il veut soumettre toute la Oumma !

Ces pratiques choquent les tunisiens, malékites depuis des siècles, pour qui l’ostentation dans la foi relève de l’hypocrisie, parcequ'ils estiment qu’il n’y a que dieu qui juge de la foi d’un croyant et admettent qu’il ne peut y avoir de contrainte en Islam !

Les salafistes invoquent donc souvent l’âge d’or de l’Andalousie pour dire l’apogée qu’a pu atteindre la civilisation « arabo musulmane »; mais ils oublient de préciser qu’ils en ont été les fossoyeursAlors il faut qu’ils cessent de travestir l’Histoire et de duper les peuples.

Il faut aujourd’hui les empêcher de recommencer et, force est de constater qu’ils n’ont rien appris et qu’ils sont toujours aussi arriérés qu’au moment où Bourguiba faisait, contre eux, entrer la Tunisie dans la modernité. La lecture de la lettre qu’il adressa le 25 mai 1951 à Salah Ben Youssef est intéressante et toujours d’actualité en ce qu’elle montre le combat d’un homme politique pour la modernité contre les islamistes arriérés de la Zitouna.
Si Bourguiba a pu trouver un homme lettré et éclairé en la personne de Fadhel Ben Achour, dans la Zitouna d’aujourd’hui il n’y en a, hélas, plus ; quand on voit les prétendus oulémas de cette auguste institution accepter sa wahhabisation par Ghannouchi et ses hommes ; et par de-là, admettre que la société tunisienne perde son identité forgée par des siècles de malékisme au profit d’une obédience que leurs prédécesseurs ont rejetée, la qualifiant de dangereuse et inadaptée au caractère des tunisiens.

Ce que confirme l'historien Hichem Djait, auteur de "La grande discorde".
Selon lui, « le mouvement islamiste n'a ni dimension religieuse profonde, ni dimension culturelle et intellectuelle marquée du sceau de la religion, car ses bases intellectuelles sont faibles ». 

Rachid Barnat


PS : Un aperçu de l'histoire de l'Espagne musulmane :

L'invasion des Maures en 711 provoque un effondrement immédiat et total du Royaume Wisigothique. 

- L'Espagne musulmane du VIIIème au XIIIème siècle (les Maures): En 711, quelques douze mille Maures menés par Tariq ibn Ziyad franchissent le détroit de Gibraltar. Les Maures écrasent les Wisigoths (menés par leur dernier roi Rodéric) lors de la bataille de Guadalete (non loin de Cadix). Cette défaite militaire provoque l'effondrement du royaume Wisigoth. Deux ans plus tard, pratiquement toute la péninsule est occupée; elle fait désormais partie du califat. L'expansion Maure est cependant arrêtée en 722 dans les Asturies à Covadonga par des chrétiens conduits par Pélage (Asturies et Pays basque). En 732, c'est Charles Martel qui stoppe l'avancée des arabes à Poitiers. Après cette date, les Maures se replient de l'autre côté des Pyrénées. Seuls de petits royaumes au nord de la Péninsule échappent à la domination musulmane (monts Cantabriques, Pyrénées occidentales). En 756, le prince de la dynastie omeyade Ab-al-Rahman Ier est détrôné par les Abbassides. Il trouve refuge en Espagne où il fonde l'émirat indépendant de Cordoue. Abd-al-Rahman III prend le titre de calife en 929. Le califat de Cordoue dure jusqu'en 1031. Ses institutions très élaborées (administration centralisée, législations judiciaire et financière) contrastent alors avec le morcellement féodal des États chrétiens d'Occident et lui assurent une grande prospérité économique. Sa marine domine la Méditerranée. L'irrigation est étendue, de nouvelles cultures (canne à sucre, riz, mûrier) sont introduites. Un important artisanat urbain (soie, cuir, métaux) se développe. Pendant la domination arabe, de nombreux chrétiens ont conservé leur religion : cette partie de la population est qualifiée de Mozarabe. Le califat de Cordoue a engendré une brillante civilisation matérielle et culturelle : la grande mosquée de Cordoue, dont la construction a été entreprise en 785, a longtemps joué le rôle de centre religieux et intellectuel. Au XIème siècle, l'Espagne musulmane se fragmente en une vingtaine de royaumes maures indépendants, les "royaumes de taifas " (Malaga, Grenade, Badajoz, Saragosse, Almería, Tolède, Valence et Séville).

La Reconquista

Certains territoires du nord de la Péninsule (Galice, Asturies, Navarre, Aragon) ont toujours échappé à la domination maure. Outre la victoire semi-légendaire de Covadonga en 722 dans les Asturies, la première contre-attaque sérieuse contre la progression maure est due à Charlemagne qui a établi la Marche d'Espagne (Catalogne). C'est pendant cette guerre (785-811) que se situe l'épisode légendaire de Roncevaux, au cours duquel l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne fut attaquée et Roland tué. 

750 : Les forces d'Alphonse Ier le Catholique, roi des Asturies, occupent la Galice abandonnée par les Berbères. 778 : Une partie de l'armée de Charlemagne est défaite à la bataille de Roncevaux par les Vascons ; mort de Roland. 785 : Les Francs prennent Gérone. 

801 : Les Francs prennent Pampelune. 

929 : L'émir de Cordoue prend le titre de calife. 
Au Xème siècle, l'essor de l'Emirat de Cordoue empêche l'expansion des royaumes chrétiens du nord. 

997 : Al Mansour détruit Saint-Jacques de Compostelle, un symbole de la résistance chrétienne. Le fleuve Douro sert un temps de frontière entre les deux civilisations et se hérisse de forteresses. Après la mort d'Al Mansour (1002 apr. JC), le Califat de Cordoue éclate en une vingtaine de petits royaumes de "Taifas"; ceux-ci font appel à la tribu des Almoravides qui installent leur domination sur l'Espagne musulmane. 

1064 : Croisade de Barbastro : des troupes venues de France - commandées par Guillaume VIII d'Aquitaine - et d'Italie interviennent à l'appel du pape; la ville de Barbastro est prise en juin mais redevient musulmane l'année suivante. 

25 mai 1085 : Alphonse VI de León prend Tolède qui devient sa capitale.
1086 : Les renforts des berbères almoravides permettent de vaincre Alphonse VI de León à la bataille de Sagrajas. 1094 : Le célèbre Cid Campeador conquiert Valence. Le Cid, devenu un des héros légendaires de l'Espagne, s'est en réalité crée un royaume au détriment des petit potentats musulmans. 

19 novembre 1096 : Pierre Ier d'Aragon remporte la bataille d'Alcoraz qui lui ouvre les portes de Huesca dont il fait sa nouvelle capitale. 

30 mai 1108 : Bataille d'Uclès, les troupes castillanes sont mises en pièce, l'infant Sancho, héritier unique trouve la mort. 

24 janvier 1110 : L'armée musulmane est écrasée à la bataille de Valtierra. 1117-1118 : Conquête du royaume de Saragosse par les Aragonais et leurs alliés Francs. 

1119 : Prise de Tudèle, Borja, Tarazona et Soria. 

1120 : Bataille de Cutanda remportée par les Aragonais et leurs alliés Francs face à une très forte armée musulmane. 

1125-1127 : Expédition du roi d'Aragon pour aider les Mozarabes de Grenade qui assiègent la ville mais il doit se replier, ramenant avec lui quelque 10 000 Mozarabes. 1137 : Alphonse VII de Castille et de León s'intitule " empereur d'Espagne ". 

1148 : Prise de Tortosa. 

1149 : Prise de Lérida. 

1151 : Traité de Tudilén entre Alphonse VII de Castille, roi de Galice, de León et de Castille, et Raimond-Bérenger IV de Barcelone pour partager les zones d'influence et la conquête du sud et du levant. 1156 : Création de l'ordre d'Alcántara. 

1158 : Création de l'ordre de Calatrava. 

1170 : Création de l'ordre de Santiago. 

1177 : Alphonse VIII de Castille prend Cuenca. 

1179 : Traité de Cazola entre la Castille et l'Aragon. 

1180 : Alphonse VIII de Castille s'empare de Plasencia (Estrémadure). 

1195 : Les Almohades, qui ont chassé les Almoravides, mettent un nouveau coup d'arrêt à la reconquête chrétienne grâce à leur victoire d'Alarcon. Les Almohades reprennent l'Estrémadure et ralentissent l'expansion vers le Guadiana et le Guadalquivir. 

Au début du XIIIème siècle, une coalition de princes espagnols et chrétiens écrasent les Almohades lors de la bataille de Las Navas de Tolosa (1212). Les musulmans ne détiennent plus que les provinces d'Andalousie, au sud de la Sierra Morena. 

16 juillet 1212 : La bataille de Las Navas de Tolosa est remportée par une coalition d'Aragonais, de Castillans, de Portugais, de Français et de Navarrais. 

1229 : Alphonse IX de León prend Cáceres. 

1229-1235 : Jacques Ier d'Aragon conquiert les Baléares. 

1230 : Alphonse IX de León prend Badajoz et Mérida (Estrémadure). Il meurt peu de temps après, permettant à son fils, Ferdinand III de Castille, d'unir définitivement les deux royaumes. 

1231-1288 : Protectorat aragonais sur Minorque. 

1236 : Ferdinand III de Castille conquiert le nord de l'Andalousie et Cordoue. 

1238 : Conquête du royaume de Valence par Jacques Ier d'Aragon. 

1243 : Ferdinand III de Castille impose un protectorat au royaume de Murcie. 

1237 : Les Aragonais remportent la bataille du Puig de Cebolla. 

1246 : Castillans et Léonais prennent Jaén. 

1248 : Ferdinand III de Castille conquiert prennent Séville. 

1248 : Soulèvement à Valence. 

1249 : le Portugal étend son emprise jusqu'au Guadiana 

1264 : Grande révolte mudéjar en Andalousie. 

1275 : Soulèvement à Valence. 

1480 : Inquisition espagnole. Le pouvoir musulman est réduit au petit royaume de Grenade qui recouvre les actuelles provinces de Malaga, Grenade et Almeria. Le royaume de Grenade survit jusqu'en 1492. Dès le XIIIème siècle, l'essentiel de la reconquête chrétienne est achevée, et c'est dans une expansion maritime et méditerranéenne que se lance la couronne d'Aragon. Ces longs siècles de lutte entre deux foyers de civilisation centrés autour de la religion chrétienne et de la religion musulmane ont façonné durablement la culture espagnole. 

2 janvier 1492 : les Rois Catholiques prennent Grenade, fin de la Reconquista.


NB : Le Dr. Hamed Bouazzi a cru devoir  répondre à mon article. 
J'ai pensé lui répondre, mais j'ai trouvé que ses lecteurs ont mieux répondu que je ne l'aurais fait. Merci à eux.



11 commentaires:

  1. Pour accoucher de la laïcité il a fallu, depuis "le siècle des lumières", 4 siècles pour que les hommes admettent une "relecture" de leur religion et acceptent de séparer l'Etat de l'église.
    Faudrait-il autant pour que les musulmans fassent la critique de la leur pour admettre, eux aussi, qu'il n'y a pas d'autres moyens pour progresser que de séparer l'Etat de la religion ?
    J’espère que non.
    Alors arrivera un jour, dans les pays dits "arabo musulmans" apaisés et convertis à la laïcité, que les barbus ne seront plus qu'un mauvais souvenir ne faisant tout au plus parti de leur culture qu'à titre de folklore, comme les pénitents de Séville; et au pire, un moyen pour les parents d'effaroucher les enfants pas sages !

    RépondreSupprimer
  2. Les islamistes, se revendiquant su salafisme, l'histoire de celui-ci depuis les premiers califes ... jusqu'en Andalousie qui fait tant fantasmer les nostalgiques salafistes; n'est faite que de meurtres et d'assassinats politiques !

    Le prétexte de l'assassinat étant souvent "l'amoralité" de l'assassiné et ses "manquements" à la religion !!
    Ainsi l'instrumentalisation de la religion n'est pas nouvelle ! Mais elle s'est radicalisé depuis que l'islamisme s'est "structuré" politiquement avec les "Frères musulmans" (grâce à Hassan Al Banna) ... qui devant le "sucées" du wahhabisme contre le califat ottoman, s'en sont inspirés ... jusqu'à ce que le prédicateur vedette Youssef Karadoui (frère musulman) ... réconcilie "officiellement" les "Frères" avec le wahhabisme de son patron l'émir du Qatar !!

    RépondreSupprimer
  3. Cordoue : à la reconquête de la mosquée masquée ...
    Ou quand les Eglises veulent réécrire l'histoire !
    Et toujours cette intolérance consubstantielle à toutes les religions.

    http://www.liberation.fr/monde/2014/03/31/cordoue-a-la-reconquete-de-la-mosquee-masquee_992074

    RépondreSupprimer
  4. L'âge d'or de l'Islam

    https://www.youtube.com/watch?v=8PDMQx0guUY&feature=youtu.be

    RépondreSupprimer
  5. LE NOM DE LA ROSE .... vu sur FR3 !
    Film de Jean Jacques ANNAUD
    D’après le livre d'Umberto ECO

    Film qui, par les temps qui courent où les extrémismes religieux occupent toutes les scènes (politique, médiatique ...); dénonce l'intolérance et l'obscurantisme sacré des religieux fanatiques qui condamnent la philosophie, le raisonnement .... et s'en tiennent à une lecture littéraliste des Évangiles ...
    Ils brûlent les livres du savoir "interdit", qui peuvent remettre en cause Dieu et sa religion !
    Comme ils condamnent le rire, la comédie, la poésie .... toutes ces futilités qui détournent de Dieu ...
    Et condamnent au bûcher pour hérésie tous ceux qui s'adonnent à ces futilités !

    Cela ne vous rappelle pas les salafistes et leur obscurantisme sacré ?
    Leur "takfirisme", quand n'importe quel barbu peut vous juger "apostat" et vous condamner à mort sur le champ, sans aucune autre forme de procès !
    Salafistes qui condamnent la philosophie et les philosophes pour s'en tenir à une lecture littéraliste du Coran !
    Salafistes qui avaient fait un autodafé des livres des penseurs, comme de la bibliothèque d'Ibn Rochd (Averroés) !
    Salafistes qui condamnent la musique, le chant, la poésie, la danse ... toutes ces futilités qui détournent d'Allah !
    Et condamnent au châtiment corporels ceux qui s'y adonnent ... si ce n'est à mort !

    Youssef Chahine aussi avait tiré la sonnette d'alarme avec son film LE DESTIN en 1997, contre l'intolérance les salafistes les mieux organisés que sont les Frères musulmans !
    Mais l'a-t-on suffisamment entendu, aussi bien en Occident qu'en Orient ?

    La seule différence entre ces deux extrémismes religieux, c'est que l'Eglise a évolué depuis le moyen âge ... alors que les salafistes et la branche wahhabite issue du salafisme, nous y ramènent !

    Synopsis du film :
    En 1327, Guillaume de Baskerville, un moine franciscain accompagné d'un novice, Adso de Melk, arrive dans une abbaye bénédictine des Alpes pour enquêter sur la mort étrange d'un moine. Tandis qu'Adso découvre l'amour avec une jeune paysanne, d'autres morts mystérieuses se succèdent.

    Guillaume découvre que le secret réside dans la bibliothèque où un livre d'Aristote sur le rire, jugé blasphématoire par les bénédictins, est jalousement gardé par le vieux Jorge de Burgos. C'est lui le responsable des crimes, lui qui a empoisonné les pages du livre maudit. Il périt dans l'incendie qui détruit l'abbaye. Guillaume et Adso reprennent la route.

    Le volumineux roman d'Umberto ECO paraissait difficilement adaptable à l'écran. Du fait, toute sa richesse philosophique, toute sa réflexion théologique, tout son travail sur le language sont gommés au profit d'un film à grand spectacle.

    Mais les références livresques étant évacuées, on peut alors être séduit par l'envergure et la beauté visuelle de cette réalisation, très inspirée par Breughel et Callot : décors grandioses, reconstitution minutieuse, énigme passionnante.
    De plus, un certain humour et une dénonciation de l'intolérance ajoutent à l'intérêt de ce film.

    https://www.facebook.com/rachid.barnat/posts/10204945055010692

    RépondreSupprimer
  6. L’art Andalou : Ce que l’Espagne doit à la culture Islamique

    http://dromabuzz.com/2015/07/17-photos-fascinantes-de-lart-andalou-ce-que-lespagne-doit-a-la-culture-islamique/

    RépondreSupprimer
  7. Régis Debray :

    " L’Islam a commencé par la Renaissance et finit par le Moyen-Age ".
    " La France a fait l'inverse " !

    Et c'est vrai !
    L'âge d'or de l'Islam est fini depuis que les salafistes, premier mouvement islamistes, sont entrés en scène :

    - Ils ont été à l'origine de la fin de l'Andalousie, et depuis
    - Ils n'ont cessé de mettre des bâtons dans les roues des peuples musulmans en leur imposant leur obscurantisme les empêchant de progresser
    - au point de les rendre colonisables !

    Et voilà qu'à la faveur des révolutions "arabes", les islamistes veulent ramener à nouveau tout le monde "arabe" en arrière !!

    RépondreSupprimer
  8. Francisco de Icaza : " Il n’y a pas plus grande peine que d’être aveugle à Grenade " !

    http://www.huffpostmaghreb.com/2015/12/12/si-tu-vas-a-grenade-ouvre-grands-les-yeux_n_8770118.html?utm_hp_ref=algeria

    RépondreSupprimer
  9. Hela Ouardi : LES DERNIERS JOURS DE MOHAMMED

    http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.it/2016/06/lislam-ou-le-premier-parti-politique.html

    RépondreSupprimer
  10. Abdelaziz Kacem « Al-Andalus 711 – 2011 Vestiges d’une utopie »

    http://www.tunisienumerique.com/sortie-du-nouveau-livre-d-abdelaziz-kacem/170415

    RépondreSupprimer
  11. UNE EGLISE INCENDIÉE EN ESPAGNE : Par un fou d'Allah ..... ou va-t-on nous dire que c'est un acte isolé d'un détraqué ?

    En 2006, trois ans après l'inauguration de la mosquée d'Albaicín à Grenade, en voyant la tête et les tenues vestimentaires de ceux qui géraient la mosquée et le centre culturel, j'ai pensé que çà y est le wahhabisme s'installe aussi en Espagne !

    En discutant avec un des responsables du centre, il était fier de m'apprendre que dans le quartier de la mosquée il ait pu convertir quelques familles à l'islam, ou du moins leur faire recouvrer la religion de leurs ancêtres avant qu'Isabelle la catholique ne les oblige à devenir catholiques ...

    A ma question de savoir s'il s'agit de l'islam malékite qui rayonnait à l'époque andalouse sur toute l'Afrique du Nord jusqu'en Espagne, qu'ils les avait initiés; son silence et son regard courroucé ... ne m'ont laissé aucun doute sur les intentions de cet "animateur" et des financeurs de ce joli centre cultuel et culturel à la fois, de réintroduire l'islam en Espagne, certes; mais le WAHHABITE en lieu et place du MALÉKITE d'antan !!

    Et le pire, c'est que les espagnols qui désirent retrouver l'islam de leurs "ancêtres", n'en savent plus rien; et sont à la merci du premier marchand du temple qui leur vendra l"obédience qui a le vent en poupe grâce aux pétrodollars et au soutien des américains : le WAHHABISME dont les pétromonarques financent la propagation à travers le monde !

    Ce que les pétromonarques ont fait dans l'ex-Yougoslavie, où ils ont "réappris" l'islam à des populations que dominaient les Ottomans !
    Sauf qu'ils leur ont "vendu" du wahhabisme en lieu et place du soufisme, plus répandu chez les Ottomans !!

    PS : Ce que tentent de faire les Frères musulmans en Tunisie et en France auprès de jeunes ignorant tout de l'islam de leurs parents et qui adoptent le wahhabisme "disponible" sur le marché, en lieu et place du malékisme et du soufisme ancestraux de leurs familles !

    http://www.lesiteinfo.com/emigre-marocain-incendie-eglise-espagne/

    http://www.islamictourism.com/PDFs/Issue%2026/French/08-12%20Spain%20fr1.pdf

    RépondreSupprimer