vendredi 28 septembre 2012

BOURGUIBA ET LE ROI Ibn SAOUD

Lui qui a tourné le dos et à juste titre, aux pétro monarques et à leur obscurantisme ... serait choqué et scandalisé par les illuminés qui nous gouvernent qui livrent la Tunisie et les Tunisiens aux bédouins d'Arabie !

Faut-il rappeler que Bourguiba tenait dans un mépris total les monarchies archaïques d'Arabie et du Golfe ? 

Il rejetait le leadership des Ibn Saoud en matière religieuse que s'est accordé cette tribu auto proclamée gardienne des lieux saints de l'islam ! Les Ibn Saoud le lui rendaient bien; puisque le grand mufti d'Arabie a déclaré Habib Bourguiba apostat !

Rappelez-vous : Bourguiba décalait ou avançait les dates des "Aïds" et autres fêtes religieuses, du début du jeûne du mois de ramadan ... d'un jour juste pour ne pas paraître "suivre" et obéir aux recommandations de ce grotesque pétro monarque, usurpateur par la force d'un titre qui traditionnellement revient aux Qoraïchites de la tribu du prophète; et ce depuis qu'il a chassé du pouvoir le dernier roi hachémite du "Hijaz", issu de cette tribu !

Ce qui démontre le désir d'affirmer l'indépendance de la Tunisie particulièrement de toute tutelle religieuse (Califat....), à l'origine des malheurs du monde dit "arabo musulman" ! Tutelle qui maintenait les peuples dans l'obscurantisme ... le rendant colonisable !! 

Et plus particulièrement il voulait garder ses distances avec le roi Ibn Saoud qui, très vite après la dislocation de l'empire ottoman, a cherché à reconstituer le grand Califat en tentant d'étendre son hégémonie sur les pays issus de la division de l'empire ottoman, en leur exportant le système politico religieux qui lui a permis de prendre le pouvoir en Arabie : le Wahhabisme ! 
Deux leaders, libérateurs de leur pays du colonialisme, tinrent tête aux Ibn Saoud : Habib Bourguiba et Gamel Abdel Nasser. 

Ce qui explique la hargne que mettent les saoudiens pour détruire ce que Bourguiba avait construit. Ils prennent leur revanche. Servis en cela par deux malades de leur ego qui eux aussi veulent régler ses comptes  à Bourguiba : Rached Ghannouchi et Moncef Marzougui !

Car Bourguiba instruit de l'histoire de la Tunisie a compris très tôt que l'avenir de la Tunisie moderne qu'il souhaitait construire, se fera avec l'Occident; et plus particulièrement l'Europe, c'est pourquoi il s'est détourné des "arabes", en voulant créer une nation tunisienne enracinée dans son monde naturel qui est la Méditerranée ayant vocation historique et géographique à faire partie de l'Occident ! 

C'est la raison pour laquelle Bourguiba a tout de suite opté pour l'Occident et pour l'occidentalisation de la Tunisie ... elle-même ayant 
longtemps fait partie  de l'empire romain qui a façonné les pays des deux rives de la Mare Nostrum !! 

Bourguiba a rejeté le "pan arabisme" et le "pan islamisme", deux idéologies mortifères pour la Tunisie, leur préférant le "nationalisme" ! 
Et l'Histoire lui a donné raison !

Rachid Barnat


jeudi 27 septembre 2012

Derrière la volonté de réhabilitation du crime de blasphème, le trou noir de l'obscurantisme


Sihem Habchi

Sihem Habchi




Le Conseil français du culte musulman "étudie la possibilité de porter plainte contre Charlie Hebdo" pour ses caricatures du prophète Mahomet au niveau européen ou en Alsace-Moselle, où "le droit local stipule que l'acte de blasphème est punissable" (1) annonce Mr Moussaoui. Pourtant malgré les appels de groupes obscurantistes, la majorité des musulmans de France n'est pas tombée dans le piège. Cet appel au délit de blasphème va à contre-courant de notre laïcité et de l'une des propositions du Président : constitutionnaliser la laïcité. Le CFCM s'inscrit plus largement dans la vague qui agite le monde arabo-musulman depuis plusieurs semaines.
Les manifestations autour du 11 septembre 2012 dans le monde reproduisent à l'envie la même rhétorique implacable : les musulmans se soulèvent contre l'ennemi occidental qui salit l'Islam. La date et le message, nous ramène 11 ans en arrière et ce n'est pas hasard. Les néoconservateurs occidentaux d'un côté et les intégristes islamistes de l'autre, prenant en otage une religion, un milliard de personnes.
L'attaque de l'ambassade US en Lybie qui a causé la mort de l'ambassadeur et d'autres représentants officiels survient dans le seul pays post-révolution arabe qui n'a pas vu les islamistes arriver par les urnes. Ceci n'est certainement pas une coïncidence. Ce qui a mis le feu au poudre estun film obscure contre l'islam. Et nous voilà face à une démonstration de force planétaire. Il y a plusieurs effets à ce drame : ranimer le choc des civilisations, rappeler que l'être musulman est incompatible avec la démocratie et surtout, une fois de plus écraser les démocrates dans les pays arabes.

Il n'aura pas fallu bien longtemps aux gouvernements islamistes des frères musulmans en Egypte et en Tunisie pour saper les révolutions auxquelles ils n'ont pas pris part. Ces deux régimes se sont attaqués aux intellectuels, artistes : l'industrie du cinéma égyptien fuit le pays et en Tunisie les producteurs, artistes ou journalistes sont mis en prison, tabassés. Les femmes subissent les attaques répétées dans l'espace public, humiliées en Tunisie, réduites à n'être que le simple appendice de l'homme passant du statut d'égale à celui de "complémentaire". Le double discours des gouvernements islamistes ne doit tromper personne. Leur politique de surenchère avec leur bras armé salafiste s'inscrit dans un rapport de force totalement banal et don l'unique objectif est de confisquer la révolution. La bataille entre les démocrates et les intégristes qui se joue dans les rues depuis plusieurs mois dans un climat de terreur, d'intimidations, d'arrestations n'a pas particulièrement ému de ce côté de la méditerranée.
On a préféré multiplier les soutiens, accueillant Marzouki à l'Assemblée Nationale qui expliqua au peuple français que les islamistes de Ennahda sont le pendant des partis démocrates chrétiens européens. Personne pour dire alors que Ennahda refuse la séparation de la religion et de l'Etat, principe imposé à tout parti en France.
Et on inventa le concept de "islamiste modéré". Où est la modération quand l'une des premières mesures du ministre de l'enseignement supérieur en Tunisie est d'autoriser le niqab à la fac. Où est la modération quand au pic de la violence des salafistes, Ghannouchi, leader de Ennahda, veut une loi contre le blasphème et l'atteinte au sacré, relayé en France par le CFCM. Un autre pays avait fait cette demande à l'ONU : la république islamique d'Iran.

La course pour le leadership de la communauté des croyants "oumma" n'a jamais cessé depuis 11 septembre 2001 et c'est aujourd'hui à qui fera la démonstration de force la plus spectaculaire.
Tous ces leaders du Hezbollah, du Hamas, des Frères Musulmans ou d'Al Quaida veulent reprendre la main sur l'opinion, traversée depuis les révolutions arabes par les revendications de liberté et de démocratie. La crainte de perdre du terrain est bien réelle. Depuis la révolution verte en Iran, on entrevoit une ouverture. Aussi mince soit-elle, elle est bien là : et si il y avait une alternative aux islamistes ?

Depuis une semaine, les images positives créée par les printemps arabes sont chassées par celles de ces manifestations de fanatiques plus spectaculaires les unes que les autres. Personne ne pourra pourtant effacer que des millions de femmes et des hommes ont bien crié horriya, liberté, démocratie à travers le monde arabe. Ils ont répondu à la question de néo-conservateurs et islamo-gauchistes du monde entier : oui, l'être arabe est compatible avec la démocratie, il peut en prendre le chemin. 
Certains ici n'y ont pas cru tout simplement. Pétris d' une vision pour l'essentiel religieuse du monde arabo-musulman, nos leaders politiques n'ont pas su soutenir sur le terrain les démocrates et les tenants de la laïcité. L'individu arabe démocrate ? Non, pour eux il peut être au mieux un islamiste modéré, au pire un salafiste. Pourtant les résistant-es sont bien là comme Leena Ben Mehni, bloggeuse et activiste tunisienne, en lice pour le dernier prix Nobel de la paix. Et si on tendait l'oreille on pourrait entendre son appel : "La charia est pour moi du vrai avec lequel on voudrait imposer du faux, un opium par lequel on endort ou on enflamme la masse, la charia -telle qu'entendue et clamée par ces gens qui se disent les seuls représentants de dieu sur terre, est un plongeon dans les ténèbres des temps révolus..."

Face à cette rhétorique mondiale, il faut un discours cohérent et courageux. En France, je retrouve les même hésitations catastrophiques depuis plus de 10 ans. La gauche n'est pas vacciné, les débordements des islamo-gauchistes à la fête de l'huma en sont le triste signe et les organisateurs n'ont pratiquement pas réagi : le programme a continué, les discours n'en ont pas parlé, l'Huma n'a pas fait de mise au point le lendemain. Le refus de la laïcité semble être acquis au nom de la reconquête du vote des banlieues. Ce renoncement fait le lit de l'extrême droite qui a des lors la latitude pour faire une OPA sur la laïcité en osant même la redéfinir comme la défense des valeurs chrétiennes.
Quant à la demande de criminaliser le blasphème en France, il faut ici se rappeler du Chevalier de La Barre, dernier cas de torture et d'exécution pour blasphème en France, comme d'une démonstration de l'obscurantisme des lois religieuses et de la nécessité de défendre la liberté de pensée. Le délit de blasphème ne peut s'appliquer littéralement qu'à un membre fautif de la même communauté de croyant. Autrement dit, dans le cas des caricatures, le délit de blasphème ne peut s'appliquer qu'à un musulman. Si un tel délit était institué dans le droit positif, cela reviendrait à dire que les lois de la Charia s'appliquent à tous et toutes et que toute individu en France qui ne respecte pas l'une des multiples interprétation de la Charia, peut être inquiété. Les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 suppriment la notion de blasphème du droit français. Depuis 1791 il n'existe plus de délit spécifique de blasphème, c'est l'ordre social et la tranquillité publique qui sont protégés. Cependant, le rattachement de l'Alsace et la Moselle en 1918 a réintroduit la notion de blasphème dans le droit français, via l'incorporation de l'article 166 du code pénal allemand. En Alsace-Moselle, il n'y a pas de séparation entre l'Église et l'État, talon d'Achille de la République Laïque que le CFCM entend bien utiliser.
Manuel Valls qui a été l'un des seuls à gauche à soutenir la loi contre la burqa est condamné à devoir ré-organiser le vivre ensemble avec la laïcité comme gouvernail et sa mise en oeuvre sans concession sur le terrain, avec en embuscade d'un côté, les bien-pensants et les islamo-gauchistes et de l'autre, l'extrême droite et les intégristes.
Quant à la politique étrangère française, elle doit réaffirmer son soutien aux démocrates laïques au risque de devenir complice d'un hold-up des révolutions arabes par les islamistes. Le 21ème siècle sera-t-il le siècle de l'avènement de la laïcité ou du fanatisme religieux ? Des Pussy Riot en Russie aux militants démocrates dans les pays arabes, ces appels à la Laïcité sont des cris autrement plus importants et porteurs d'avenir pour tous, que le vacarme "déjà-vu" des islamistes mondialisés, fait de repli sur soi et de rejet de l'autre.

LE VIOL LÉGALISÉ PAR LES ISLAMISTES !

Article publié dans le : Nouvel Obs+
et dans : Kapitalis

Certains tunisiens n'ont pas saisi toute la symbolique du viol de la jeune tunisienne par trois policiers !! 

Quand on sait qu'il est perpétré par des fonctionnaires d'un état dominé par Ennahdha dont le programme "tourne" autour de la femme à laquelle ses hommes veulent imposer tous les interdits que prône le wahhabisme... il n'est pas impossible que le viol soit devenu une arme dissuasive utilisée par certains fonctionnaires de la police « zélés » sympathisants d’Ennahdha ou cherchant à bien se faire « voir » par leur ministre, contre les femmes qui refusent le voile et tout ce qu'il représente de régression en termes politique, social;  pour les inciter à se voiler ? 
Rien n'étonne du gouvernement Ghannouchi ! 


Une manifestation de soutien à la jeune femme violée en Tunisie (F.BELAID/AFP)
Les femmes démocrates

Et quand on se rappelle l’appel au viol par des imams salafistes, en période électorale, des femmes « nues » (ce que Marzouki nommera plus savamment de "safirat" les désignant à la vindicte des islamistes par solidarité avec eux et avec la troïka !), qu’ils ont décrétées « halal » (licites !) pour le bon musulman et que Ghannouchi n’a jamais condamné ! Ou la déclaration choquante de Ridha bel Haj du parti extrémiste "Hizb Tahrir" rappelant que selon la chariâa il faut que la jeune femme produise le témoignage de 4 témoins visuels de son viol pour que sa plainte soit recevable, c’est dire que les hommes peuvent violer en toute tranquillité ! Règle stupide qui doit conforter ceux qui refusent que la chariâa soit la référence pour notre constitution. 

La perversion vient de là, sans pour autant excuser le manque de civisme des policiers impliqués dans cette honteuse affaire, ni leur manque de professionnalisme; leur rôle premier étant de protéger le citoyen et de veiller à sa sécurité et à celle de ses biens !!
Ces responsables politiques ont crée toutes les conditions qui mènent à ces dérives … pour que des hommes se donnent le droit d’abuser les femmes tunisiennes jusqu’à les violer !
Tout le monde a en mémoire le laxisme du gouvernement et les discours choquants tenus par Ghannouchi « encourageant » les salafistes dans leurs exactions ! Puisque l’immunité leur est garantie quoi qu’ils fassent, car "ses enfants" lui rappellent avec émotion son propre terrorisme à leur âge, nous dit-il !

Et quoi que disent les hommes politiques sur cette grave affaire, ils ne peuvent se soustraire à leur responsabilité car l’exemple vient d’en haut ! Faut-il rappeler que si la corruption a gagné et gangrené toutes nos administrations, c’est parce que l’exemple était donné à nos fonctionnaires par ZABA lui-même et sa famille !


Non seulement Ennahdha a volé la révolution des tunisiens; mais le viol commis par les 3 policiers sur une jeune femme tunisienne, qui sera probablement impuni une fois de plus, est à l'image de toute la nation tunisienne que n'a cessé de violer Ghannouchi depuis que les élections du 23 octobre 2011 lui accordé le pouvoir provisoire d'un an ! Il serait temps qu'il dégage : il a trop fait de mal à la Tunisie et aux tunisiennes !

Quand on sait qu'un des reproches faits à la femme violée par deux policiers pendant que le troisième immobilisait son fiancé, est d'avoir proféré des grossièretés et d'avoir blasphémé en mêlant le nom de dieu à ses cris de colère et de détresse; et qu'elle l'a bien "cherché" de s'habiller comme elle était habillée, diront certains responsables politiques et fonctionnaires, comme pour disculper leurs collègues... on comprend mieux la volonté "politique" derrière cette affaire :
- faire rentrer dans les rangs les femmes qui refusent de se voiler ! Et que mieux que de les terroriser en créant un climat d’insécurité autour d’elle pour que de guerre lasse les plus « récalcitrantes » finissent par céder à la pression !
- et c'est une fois de plus un prétexte pour justifier la loi contre l'atteinte au sacré que veut instaurer Ghannouchi et qui ouvre la porte à tous les abus ... et pourquoi pas au viol ! 

Il faut absolument que les femmes se solidarisent contre leur ennemi commun : 

Rachid Barnat


Lire aussi l'excellent article de l'écrivain Abdelwahhab Meddeb : Viol à Tunis ! 

UN PROSÉLYTISME POUR LE WAHHABISME QUI NE DIT PAS SON NOM !

Aljazeera aura donné le "La", avec des émissions religieuses où comme par hasard Ghannouchi est invité pour discourir et commenter en expert les thèmes de ces missions.
Le mois de Ramadan sera une occasion pour cette chaîne d'impacter un peu plus l'image de Ghannouchi puisque son apparition à l'écran et quasi quotidienne avec des retransmissions en boucle de ces émissions. 

La Watania 1, notre chaîne nationale n'est pas en reste :
Pour le mois de Ramadan elle a programmé des émission animées par Abdelfatah Mourou co-fondateur d'Ennahdha, dont le parti mise sur sa bonhomie populaire pour "adoucir" l'image des islamistes d'Ennahdha auprès des téléspectateurs.

Et depuis la main mise d'Ennahdha sur les médias tunisiens, toutes les chaînes de TV nationales ont multiplié les émissions "religieuses" et les spots "religieux"... jusqu'à y imposer ses hommes tel le ministre du culte Noureddine el Khedmi, qui mélange les genres et considère la TV comme sa nouvelle tribune (minbar) plus grande que celle de la mosquée El Fath à Tunis où il officiait, et qui n’est autre que le siège des salafistes ; pour diffuser "son savoir", comme si l’animateur de cette émission n’était pas apte à se débrouiller tout seul ou qu’il n’ait trouvé d’autres que Khedmi pour le seconder ! Pourquoi ce choix ? 
On ne peut être servi mieux, que par soi-même : d’une pierre deux coups, ce ministre fait du prosélytisme au wahhabisme et de la propagande pour son parti ! 
Il ne cesse de réfuter les pratiques auxquelles les tunisiens sont attachées par tradition malékite, pour leur dire les "bonnes" pratiques "justes" et "conformes" à la religion autrement dit, conforme au wahhabisme !
Comment s'en étonner, quand on se rappelle ses prêches enflammés de ce salafiste pur et dur appelant au meurtre des mécréants (entendez des laïcs !) ? Quand on sait qu'il a été formé aux universités saoudiennes : ceci explique cela !

Et voilà que sous prétexte de « Hajj » (pèlerinage), ce ministre s'invite quotidiennement sur les plateaux TV de Watania pour "prodiguer" ses conseils aux futurs « Haj » et « Hajja » (pèlerins), à fin que leur pèlerinage ne soit entaché d'aucune "irrégularité" qui pourrait l'annuler !
Et là aussi il n'a cessé de réfuter les pratiques traditionnelles des tunisiens, pour leur inculquer les "bonnes" pratiques ! Les "vraies" pratiques conforme à l'islam, selon ses dires, c'est à dire au wahhabisme !

Pour cela, Khedmi sera "méthodique" ! Il a réorganisé la profession des traditionnels "accompagnateurs" ou coach des pèlerins, qu'il réglementera par l'octroi d’une "autorisation administrative", ce qui laisse supposer qu'il écartera par la même ceux qui n'adhérent pas aux pratiques "officielles" de l'islam; c'est à dire du wahhabisme !

Pour mieux faire accepter ces "nouvelles pratiques", il a choisi comme il dit, de s'adresser à des hommes et à des femmes "de savoir", cultivés ... pour mieux encadrer les pèlerins.
Bénévoles, ceux-là se chargent de l' "endoctrinement" au wahhabisme : ils professent les bonnes pratiques de l’islam aux tunisiens ; en leur « apprenant » à distinguer entre ce qui est "halal" et ce qui est "haram". Et en faire ainsi de bons musulmans, entendez de bons wahhabites !

Ces jeunes, sont recrutés parmi des universitaires bénévoles, endoctrinés aussi au wahhabisme.
Leur rôle est de pénétrer toutes les couche sociale et d' "offrir leurs services" pour aider les gens à respecter les "rites" accompagnant toutes les célébrations de la naissance jusqu'à la mort en passant par les circoncisions, les fiançailles, les mariages.... Ainsi ils diffusent insidieusement le wahhabisme, en faisant douter les gens de leurs anciennes pratiques c'est à dire de leur malékisme ancestral .... dont ils critiquent les rituels considérés comme " bid'âa " (innovation) ou pire comme hérétiques ! 

Une parente m’a rapporté « l'assistance bénévole » d'une de ces intervenantes bénévoles au service d'Ennahdha dans le cadre de leurs présumées « œuvres caritatives » : 
la famille pauvre d'une défunte, a accepté les services gratuits d'une étudiante à la fac (4éme année chimie) pour faire la toilette de leur mère morte.
Elle en a profité pour réfuter avec véhémence les traditionnels actes de cette toilette que réclamaient les parents de la défunte. Avec culot, elle les a accusé d'hérésie et a tenté de leur dicter le rituel  des morts qu’elle leur assure seul reconnu par l’islam, et qui n’était au fait que le rituel wahhabite !
Avant de procéder à la toilette funéraire elle a voulu donner aussi un cours sur les "bonnes pratiques" de l'islam.
Ce qui a mis hors d'elle ma parente, qui lui a intimé l'ordre de pratiquer le rituel voulu par la famille ... sinon qu'elle dégage !

Et voila un aperçu des procédés adoptés par Ennahdha pour diffuser le wahhabisme dans la société tunisienne !!! 

Rachid Barnat




mercredi 26 septembre 2012

Une lettre ouverte à une prude victime du mythe fondateur de sa religion


Olivier Steiner

Olivier Steier





Chère Madame Boutin

Vous ne le savez pas mais je vous aime bien, c'est ainsi depuis longtemps, et c'est la raison pour laquelle j'ai envie de vous écrire, pour essayer de vous tranquilliser, si je peux. Car vous me semblez bien inquiète ces derniers-temps. Attention, tout ceci n'est pas bon pour la tension artérielle ! Je vous ai vu récemment pousser des cris d'orfraie (à la télévision) et votre sincère malaise m'a fait pitié. Je vous ai même entendu dire, vos deux yeux ronds exorbités par la douleur: "avec le mariage homosexuel, c'est la disparition du père et de la mère"... Rien que ça !

Bon, on se calme et on se pose, si possible. Laissez moi vous raconter une histoire. Peu importe si elle est vraiment vraie ou pas, le fait est que tout l'Occident s'est construit dessus, donc c'est pas rien mon histoire. Elle s'appelle M., ça se passe il y a longtemps, elle est très jeune, mineure probablement et voici qu'on lui annonce qu'elle va enfanter. Or, elle est vierge ! Et vierge elle va le rester avant l'accouchement, pendant et après, jusqu'à la fin de sa vie. Sacré problème ! Sacré fardeau pour les femmes et la sexualité ! Et Freud, qu'aurait-il dit s'il avait reçu M. en consultation pré-natale ? Et la DASS, et la juge pour enfants, et l'haptonomiste ?
Mais, finalement le temps passe, bébé grandit, il devient un enfant beau et fort, intelligent, précoce, on l'appelle J. Peu importe si J. finira mal, il fera une carrière éblouissante, il s'épanouira dans la vie. Or J. n'a pas eu de père, pas de géniteur je veux dire. Vous voyez le problème ?
Heureusement, un autre père, un père putatif, cocu magnifique s'il en est, charpentier de métier, l'élèvera et l'aimera comme un père, un vrai. Comme quoi, la paternité n'est pas toujours une question de spermatozoïdes. J. s'est trouvé un référent masculin, il a pu fantasmer son père et sa mère, en dépit de la réalité, voire grâce à elle.
J. le fils grandit et ne semble pas avoir de problème d'identité, enfin, disons qu'il est arrivé à en faire quelque chose de son problème d'identité. A chacun son roman familial, sa névrose, à chacun sa croix. Devenu adulte et même célèbre, J. le fils tombe amoureux de M.M., qu'il nomme la bien-aimée, la préférée. Ils ont une relation mais ne se marient pas, encore une fois et depuis le début il reste loin de la norme, notre cher J., pour le pire et le meilleur. Pas de mariage pour J., de la même façon que ses "parents" ne s'étaient pas mariés, pas à ma connaissance en tout cas. Vous voyez ce que je cherche à vous dire, madame Boutin ? N'imposez pas vos schémas préconçus, même si l'inconnu fait peur. Ne délirez pas l'inconnu, non, ce n'est pas la boîte de Pandore, la porte ouverte à la chienlit, à la polygamie, à l'inceste, à la zoophilie... Pensez au petit J. qui n'a pas eu de vrai père ni de vraie mère, ça ne l'a pas empêché de devenir un type bien. Non ?
La vie, Madame Boutin, le vivant, faites leur confiance. Elle a beaucoup de ressources la vie, beaucoup de résistance et d'imagination. C'est fou ce qu'elle arrive à tricoter et tisser, la vie, si on la laisse faire. Tout change, rien ne change et tout se transforme. Regardez, la Terre se prend une météorite dans la gueule, c'est la fin des dinosaures, l'hiver pendant des centaines d'années et pourtant ça repart, et de plus belle ! Regardez ces lichens qui poussent dans les interstices des murs, ces poissons qui vivent dans le noir profond des abysses, sous des pressions énormes. Etudiez les comportements des organismes extrêmophiles, science biologique de la vie en condition extrême. Relisez les théories psychologiques sur la résilience. Vous relativiserez les choses et conviendrez peut-être que l'instauration en France du mariage civil pour tous ne sera pas une épreuve insurmontable pour l'humanité, encore moins pour la vie. Le mariage homo serait la fin d'une certaine culture ? Oui, le mariage homo va nous permettre de tourner la page avec certaines conventions sociales. Et c'est une bonne nouvelle ! Car de l'air, on a besoin d'air ! L'amour est toujours à réinventer comme disait l'autre et l'histoire avance, ne cesse d'avancer. Et pour citer vos amis, je vous dirai, avant de vous quitter et de vous souhaiter le meilleur pour vous-même : "N'ayez pas peur" comme disait Jean-Paul II, ou "Yalla !" comme disait Soeur Emmanuelle...

La «qibla» ou le vagin


Écrivaine libanaise


Il était musulman. Et il était marié. Ni l’un ni l’autre ne l’empêchait d’être un merveilleux amant. Tout au contraire. Il avait le sang chaud des Arabes auquel s’ajoutaient les frustrations torrides découlant des rapports conjugaux : un vrai cocktail explosif.
Cependant le type était bizarre. Et c’est peu dire. La première chose qu’il faisait après m’avoir déshabillée, chaque fois que nous allions dans un hôtel pour «consommer» notre union illégitime, était de chercher la flèche de la Ka’aba sur le plafond de la chambre : vous savez, ce signe qui situe La Mecque et indique aux braves croyants dans quelle direction ils doivent se tourner pour prier face à la Ville sainte.
Et comme il priait ! Quand le moment de la prière venait, il sortait prestement du lit de nos péchés, encore nu et laissant derrière lui de petites gouttes de sperme, et il faisait ses ablutions. Puis il recouvrait d’une serviette la région entre son nombril et ses genoux, se tournait vers la qibla, et se plongeait dans la Fatihah. Après quoi il revenait, avalait une gorgée de champagne et reprenait sa «tâche mortelle» avec un enthousiasme spirituel renouvelé.
Au début, j’étais déconcertée et trouvais la scène plutôt tordante, dans le genre bizarre, subversif. C’était un musulman marié, commettant l’adultère et buvant de l’alcool, et qui ne manquait aucune des prières quotidiennes que son Prophète lui avait recommandées afin d’assurer son entrée au Paradis. Cela dit, je passai bientôt de l’amusement à l’agacement et le quittai. Je ne l’ai jamais revu, mais je l’imagine encore parfois, à poil, se préparant à répéter son mantra «Allahu Akbar». A ses yeux, c’était un homme «chaste», aucun doute.
Combien y a-t-il de ces doubles personnalités au Liban et dans le monde arabe aujourd’hui ? La liste des cas est interminable : tel cet intellectuel «libéral» qui me reprochait d’être trop «coincée» dans ma façon de m’habiller et qui piqua une crise épouvantable au restaurant où nous dînions parce qu’il avait vu arriver sa sœur en minijupe. Ou ce célèbre romancier de gauche qui prétend défendre l’émancipation des femmes, mais ne rate pas une occasion de harceler celles qui croisent son chemin. En fait, le harcèlement sexuel a atteint un tel niveau épidémique dans le monde arabe qu’il peut faire figure de sport national, et il n’y a aucune loi pour protéger les femmes.
Dans notre culture, les notions de vertu et d’abstinence sont considérées comme synonymes, de même que celles de liberté et de dépravation, surtout quand il s’agit des femmes. C’est le syndrome de Casanova contre celui de la putain. Aussi incroyable que ce soit, dans un Liban qui se veut «moderne», beaucoup de femmes sont toujours censées arriver vierges au mariage. Si nous vivions dans un monde normal, on pourrait croire à une plaisanterie de mauvais goût. Mais ce n’est pas le cas. Pas dans une région où la notion d’honneur est liée à ce qui se trouve entre les jambes des femmes, et où le corps des femmes est censé être une acquisition masculine.
Où cela nous mène-t-il ? Entre autres choses, aux effroyables crimes d’honneur. Ceux-ci coûtent la vie à 20 000 femmes chaque année. Si une femme ose avoir des rapports hors mariage, qu’elle l’ait voulu ou que cela lui ait été infligé par la violence, elle risque d’être assassinée par un membre de sa famille. Manifestement, les crimes d’honneur s’appliquent aux femmes, pas aux hommes. A-t-on jamais entendu parler d’une femme arabe égorgeant son frère parce qu’il avait eu des rapports hors mariage ?
Un autre produit dérivé du tabou de la virginité est la reconstruction de l’hymen, une pratique prisée au Liban et dans d’autres pays arabes. Mais ce qui m’est le plus pénible dans tout cela, c’est la façon dont les femmes acceptent cette humiliation et se prêtent à des compromis sur leur droit à utiliser leur corps librement. Les mères prennent le parti de la famille dans les crimes d’honneur, ou observent un silence coupable, ou encore traînent leurs filles chez le gynécologue pour leur faire fabriquer un nouvel hymen : ce sont des femmes dont le cerveau a été lavé par des siècles de manipulation patriarcale et de déni, qui récitent en chœur les paroles que leur ont inculquées leurs mères, leurs pères, la société arabe et les milieux religieux et culturels arabes.
Le Liban a l’un des taux les plus faibles de participation des femmes à la vie politique, et un des plus élevés concernant l’avilissement de l’image des femmes. Affiches, publicités télévisées et vidéos musicales font preuve d’une forte charge érotique, et il n’y a pas de publicité pour un réfrigérateur sans une femme à moitié nue couchée dessus, censée vous faire succomber à la tentation (inutile de dire que vous ne verrez jamais un homme à moitié nu vous inciter à acheter une nouvelle banquette). Récemment, le ministère libanais du Tourisme a produit sans honte un petit film pour promouvoir le tourisme dans le pays en jouant sur le désir des touristes de voir le corps dénudé de jeunes Libanaises. Et cela dans un pays où modernité et liberté passent pour superficielles et où les femmes n’ont pratiquement aucun droit ! Nous avons même une loi grâce à laquelle un violeur agresseur peut échapper aux poursuites en épousant sa victime, lui rendant son «honneur». Voilà comment le criminel est «sauvé» alors que sa victime est «punie» à vie. Et ce n’est qu’un exemple des nombreuses lois discriminatoires dignes de l’âge de pierre dans ce qui fut «la Suisse du Proche-Orient».
En effet, le pire de l’histoire, c’est que des femmes prétendent avoir «choisi» d’être traitées avec cette condescendance. Mais ce qu’elles appellent «choix» n’est qu’un déni ou un lavage de cerveau. Car comment parler de choix quand vous n’avez aucune autre solution ? Ou quand l’autre solution est d’être ostracisée, battue ou emprisonnée, voire tuée ?
Franchement, je ne sais pas comment une femme peut être une femme dans notre partie du monde sans être révoltée par les insultes et les sévices dont elle est victime, que ceux-ci visent à l’éliminer ou à l’exploiter. Quand la «bombe» des femmes arabes éclatera-t-elle ? Je veux parler de la bombe de leurs capacités, de leurs ambitions, de leur liberté, de leur force et de leur confiance en elles ; la bombe de leur colère contre la condition qu’on leur inflige, qu’elles acceptent souvent sans murmurer. Quand admettront-elles que leurs droits ne sont pas un luxe mais d’une importance majeure ? Quand, surtout, cesseront-elles de contribuer à renforcer le système patriarcal et ses valeurs d’un autre temps ?
Le «printemps arabe», dit-on ? Pour ce que j’en vois, c’est un autre hiver, ou plutôt un printemps «cosmétique». La solution ? Détruire. Et détruire. Et détruire encore. Et ensuite reconstruire. Hommes et femmes ensemble, main dans la main. C’est cela, la bataille qu’il nous faut. C’est cela, la vraie révolution que nous méritons.







mardi 25 septembre 2012

VOILES, HIJAB et BURQA DANS LES LIEUX PUBLICS.

Article publié dans : Agoravox

Les fondateurs de l'Ecole laïque se retourneraient dans leurs tombes de découvrir les nombreuses concessions que fait la République Française aux communautés religieuses.

Qu'y a-t-il de mal à ce qu'une femme soit voilée, se demanderont les naïfs ?

Mohamed Sifaoui donne des éléments de réponses : " Le voile est l'illustration de l'obscurantisme dans lequel ceux qui crachent sur les Lumières, veulent nous plonger; il est le résultat de plusieurs années d'endoctrinement et d'escroqueries qui ont instrumentalisé une religion à des fins idéologico-politiques ; il est l'aboutissement - quoi qu'on en dise - de l'asservissement des femmes par des mâles intégristes; le voile, est la consécration d'une offensive islamiste sur l'Europe, ses médias, sa société civile et ses institutions ".

Les fantômes tout en noir (Hijab, niqab...), déambulant dans des tenues cachant tout leur corps, constituent une pollution visuelle et une provocation permanente aux femmes libres mais aussi un danger parce que les femmes qui se prêtent à cette mascarade font du prosélytisme au wahhabisme et nargue la République et sa laïcité ... en affirmant leur statut de femme-objet, inférieure à l'homme !

Pour les convaincues de la nécessité de ce déguisement et qui refusent absolument qu'on les voit, qu'elles restent chez elles c'est encore plus simple et plus conforme à la loi salafiste ! Qu'ont-elles à déambuler dans des lieux publics puisqu'elles admettent que leur seule présence peut déclencher le rut des mâles, comme le leur inculquent ceux qui les manipulent ?

Si elles admettent que leur corps est "honteux" et qu'il faille le cacher comme l'exigent leurs hommes, elles doivent aussi admettre que leurs soumission heurte les femmes libres et émancipées et que leur présence dans les lieux publics est "honteuse" pour ces femmes mais aussi pour les hommes qui les perçoivent comme une "honte" pour l'image de sous-femmes qu'elles leur renvoient !

Pour les autres, qui s'accoutrent bêtement par militantisme irréfléchi ... leur interdire les lieux publics, est un acte de salubrité publique pour neutraliser la propagation de l'obscurantisme que symbolisent ces tenues saoudiennes. 

Voici ce qu’en dit un intellectuel d'Arabie, Abdallah Al Kacimi : « toutes les nations aiment les arts et la culture et respectent la femme sauf la tribu de Beni Yar'rib (pratiquant le wahhabisme dans toute sa rigueur), pour laquelle l'art se limite à l'art funéraire : aussi bien concernant le tombeau que la toilette des défunts... comme l'art de confectionner des linceuls pour la femme vivante (hijab, burqa ...) ! C'est pourquoi notre peuple régresse alors que les peuples du monde progressent ! »

Or faut-il rappeler qu’en Arabie antéislamique, on enterrait les nouveau-nées ; et depuis l’adoption du wahhabisme, on enterre les femme vivantes en les faisant déambuler dans leur linceul noir !

J’espère que les hommes politiques de tous les pays auront compris la portée politique de ces accoutrements à priori inoffensifs sinon dégradants pour la femmes reniant tout son être ... mais que leur font porter les islamistes tel un étendard pour leur mouvement politique pour augmenter leur "visibilité" et promouvoir le wahhabisme dans toute les sociétés aussi bien orientale qu'occidentale; et dont le cynisme, va jusqu'à instrumentaliser leur pire ennemie : la femme, puisque dans le wahhabisme elle est considérée comme la source de tous les maux de la société !

Or les islamistes maîtrisent bien les lois et les règles des pays où ils se trouvent : ils en jouent, profitant des faiblesses des démocraties occidentales. S’ils réclament la liberté pour les femmes de porter burqa, hijab, voiles … c'est pour augmenter la visibilité de leurs partis politiques qui avancent caché derrière des revendications pseudo religieuses et qui ne sont au fait que politiques !

En imposant aux femmes le port de ces accoutrements, ils les utilisent comme porte drapeaux pour leur action politique sur le terrain aujourd’hui ; mais demain cela pourrait se transformer en action politique ouverte à tout le pays d’accueil !

C’est ce qu’ils font déjà avec plus ou moins de succès dans leurs « pays d’origine », comme en Tunisie où par la violence (morale, physique…) ils imposent ces voiles aux femmes, conscients que leur visibilité est proportionnelle au nombre de « voilées », ce qui constitue un signe visible de la transformation de la société en société saoudienne bis, qui n’est que le nouveau type de colonialisme utilisé insidieusement par les pétro monarques, qu’est le « colonialisme religieux » par la "wahhabisation" de toute société aussi bien occidentale qu’orientale !

Dans les pays scandinaves ne revendiquent-ils pas déjà que la chariâa doit remplacer le code civil ?
En Belgique ne demandent-ils pas à ceux qui refusent la chariâa, de quitter le pays ??

C’est donc par là, que la responsabilité des hommes politiques est importante : ils ne doivent pas se laisser déborder par les islamistes.

Malheureusement en France, berceau de la laïcité, pour des raisons électoralistes, beaucoup d'hommes politiques ont empiété sur la laïcité en cédant de plus en plus de "droits" aux religieux : catholiques et juifs ! Précédents que savent très bien exploiter les islamistes, soutenus par des pétromonarques envahissants !

La laïcité n'interdisant pas la pratique religieuse, ce n'est donc pas sous cet angle qu’il faut s’attaquer à l' "envoilement" des femmes. En réalité il faut axer l'interdiction du voile sur le fait que, contrairement à l'idée reçue, ce n'est pas un signe religieux, il est en réalité un signe évident d'asservissement des femmes et d'inégalité ! Ce qui est contraire aux valeurs de la république !

C'est sous cet angle que les hommes politiques doivent traiter cette question !

Rachid Barnat






lundi 24 septembre 2012

L'IMPOSTEUR

GHANNOUCHI se prendrait-il pour Mohamed ABDOU ? !
(Al hiwar TV de ce matin)

Mohamed Abdou le réformateur, élève de Jamel Al Afghani, serait selon Ghannouchi l'Aristote des intellectuels fondateurs de la pensée islamique. 
Il a intégré la franc maçonnerie par curiosité : il a découvert que la maçonnerie favorisait la colonisation ! Dés lors son but est d'organiser  la réforme de l'intérieur qui aiderait à l’évacuation des colons et à mettre fin à la colonisation.

Abdou était d'abord un juge au Liban... quand il s'est attelé à réformer de l'intérieur la société musulmane, il était armé puisque par son expérience en tant que juge, il savait les problèmes sociétaux et familiaux pour pouvoir y remédier .

Or Ghannouchi veut se comparer à Abdou en le décrivant comme un révolté contre les institutions jusqu'à ce qu'il ait compris qu'il lui fallait les pénétrer pour les réformer de l'intérieur. Ce que fit Abdou de la mosquée d'El Azhar !

Mais n'est pas Abdou qui veut !  
- Si Abdou était révolté; il n'a jamais été terroriste comme Ghannouchi !
- Si Abdou était un intellectuel et juge; ce n'est pas le cas de Ghannouchi simple professeur des lycées.
- Si Abdou était progressiste, Ghannouchi lui est rétrograde.
- Si Abdou était réformateur cherchant à moderniser les sociétés musulmanes en prenant ce qu'il y a de mieux dans l'Occident, et qui lui a permis de progresser; ce n'est pas le cas de Ghannouchi qui en salafiste se contente de ce que pensaient les anciens pour vouloir appliquer à notre époque des "solutions" faites pour des époques anciennes dont certaines remontent aux 4 califes "errachidouns" (les sages) : c'est à dire à 14 siècles en arrière !
- Si Abdou vivait dans son époque, Ghannouchi vit dans le passé, toujours nostalgique des grands hommes des époques anciennes et de l'âge d'or mythique d'une civilisation qu'il n'a pas vécue !

Ghannouchi en bon manipulateur de l'opinion publique à plusieurs reprises sur des chaînes complaisantes (Al Hiwar TV et Aljazeera...) essaie de se donner de beaux rôles :
- après avoir travesti la réalité à propos de la révolution tunisienne, quand il a tenté par des explications tirées par les cheveux de nous convaincre que lui et ses hommes étaient à l'origine de cette révolution et qu'ils ont participé depuis le début aux révoltes .... 
- le voilà qu'il se compare au père spirituel et fondateur de la pensée islamique "moderne" ! 


Cherche-t-il à se légitimer par ces subterfuges grotesques ? 
Personne n'est dupe de l'opportunisme politique et intellectuel de ce professeur des lycées !!
D’ailleurs certains des animateurs de ces émissions, où pour mettre en valeur Ghannouchi l'inculte, les animateurs l'entourent de savants et vrais érudits universitaires qui ont du mal à cacher leur gêne, tout autant que l'animateur souvent d'un bon niveau intellectuel ... face à un Ghannouchi besogneux lisant ses bouts de papiers !

Rachid Barnat

vendredi 21 septembre 2012

L'histoire du wahhabisme : Comment le Wahhabisme a triomphé


En moins de dix ans, Hamadi Redissi publie son troisième grand livre. Après “Les Politiques en Islam. Le Prophète, le roi et le savant” (L’Harmattan 1998), “L’exception islamique” (Seuil, 2004) ; voilà “Le pacte de Nadjd”, ou comment l’Islam sectaire est devenu l’islam” (Seuil 2007). L’œuvre prend de l’ampleur et l’auteur devient, incontestablement, l’un des plus brillants analystes de l’histoire des idées dans l’Islam moderne et contemporain.

redissi“Le pacte de Nadjd” est d’abord le premier récit historique d’une doctrine très médiatique, mais très mal connue : le wahhabisme. Né dans le désert de Nadjd (dans l’actuelle Arabie Saoudite) dans la première moitié du XVIIème siècle, le wahhabisme devient plus de deux siècles et demi plus tard un enjeu idéologique et politique mondial après les attaques du 11 Septembre 2001. A-t-il contribué à l’émergence du salafisme jihadiste ? Voilà l’une des questions majeures au début de ce XXIème siècle.
Hamadi Redissi ne se contente pas de cela. Il entreprend un gigantesque travail documentaire sur les différentes étapes du wahhabisme, des origines jusqu’à aujourd’hui. Il va même sur les lieux qui ont vu un prédicateur s’allier à un prince en 1744 (ou 1745) dans ce fameux pacte de Nadjd. Redissi y hume l’atmosphère, ausculte la géographie pour comprendre l’extraordinaire expansion d’une secte hérétique devenue aujourd’hui l’orthodoxie. C’est cela la principale intuition de Redissi. Il va l’argumenter sur trois cents trente pages.
Pourquoi un livre sur le wahhabisme?
D’abord par rapport à mon propre itinéraire de chercheur. Mon livre “L’exception islamique”* a été plutôt théorique et j’avais besoin de faire une enquête empirique afin d’examiner de près les enjeux théoriques que pose un cas concret. Cela pour la raison générale ; maintenant pourquoi le wahhabisme ? Parce que j’ai eu l’intuition que nombre des souffrances de l’Islam d’aujourd’hui remontent au wahhabisme, secte que beaucoup de gens ne connaissent que vaguement.
Vous développez dans votre livre, à propos du wahhabisme, un concept qui peut paraître paradoxal : la secte orthodoxe. C’est quoi exactement?
En examinant le wahhabisme in-concreto, je me suis rendu compte qu’il y avait un aspect tout à fait sectaire : anticommunautaire, fanatique, misogyne, misanthrope et antisémite. D’un autre côté le wahhabisme participe à l’orthodoxie générale de ce qu’on appelle “les gens de la Sunna (tradition prophétique) et de la communauté”. Ce statut ambigu a permis au wahhabisme d’avoir une telle longévité (plus de deux siècles et demi). Je tiens à préciser que la notion de secte n’est pas du tout péjorative, mais qu’elle décrit un phénomène particulier.
Comment avez-vous procédé pour votre enquête empirique sur le wahhabisme ?
J’ai constitué mon enquête empirique à travers deux grands corpus. Le premier est documentaire. Il est fait de manuscrits que j’ai eu beaucoup de peine à trouver. J’ai constitué un corpus documentaire fait de textes rares et épars dans différentes bibliothèques : aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en France… J’ai mis beaucoup de temps et d’énergie à collecter ces textes.
Le deuxième corpus est une enquête sur le terrain que j’ai effectuée en Arabie Saoudite. Je suis allé sur les lieux et les traces du wahhabisme des origines : Al Dirya et le Najd central. Région où Muhammed Ibn Abd al-Wahhab a vécu. Tous les auteurs du XIXème siècle décrivent Al Dirya comme un amas de ruines. J’ai tellement lu sur cette ville que quand j’y suis parti je la connaissais maison par maison.
Votre enquête de terrain vous a-t-elle permis de sentir le souffle wahhabite ?
Absolument. Al Dirya est un lieu inaccessible. Cela permet de comprendre la géopolitique d’une secte. Prendre un lieu inaccessible et faire des raids hors territoire en étant soi-même protégé par des montagnes, que ce soit à Alamut (pour les Hachachines / Assassins, une secte du chiisme ismaélien), à Tora Bora (pour Al Qaïda de Ben Laden) ou Al Dirya, cela vous donne une supériorité guerrière extraordinaire. Si le wahhabisme a pu se développer et résister, c’est à cause de cela essentiellement. Le wahhabisme s’est appuyé aussi sur les Anazas, la plus grande confédération tribale de l’Arabie Saoudite au XVII ème siècle.
Si vous aviez à définir le wahhabisme d’une manière succincte, que diriez-vous ?
On peut dire que le wahhabisme des origines est un néo-kharijisme (les kharijistes sont une secte qui a vu le jour au premier siècle de l’Hégire, connue par son fanatisme et rigorisme extrême). Cela est clair d’après la trame tribale et aussi par la doctrine : un puritanisme foncier égalitariste et le refus de toutes formes d’intercession. Ils estimaient que les Musulmans vivaient dans une néo-jahylia (la jahylia désigne la période anti-islamique des Arabes) et qu’il fallait les réislamiser par le jihad. Le wahhabisme des origines est une révolte à la Saheb el Himar (chef kharijite qui s’est rebellé contre le pouvoir fatimide en Tunisie) au nom du dogme de l’unicité.
Entre le pacte de Najd, qui a scellé le début effectif du wahhabisme en 1744 (ou 1745) et sa victoire définitive en 1932 (la réunification de l’Arabie centrale par les Al Saoud) il y a près de deux siècles. Comment expliquez-vous que cette secte ait pu résister pendant deux siècles ?
Les bastions wahhabites étaient éloignés des lieux du culte, la Mecque et Médine, de plus de huit cents kilomètres. Ils n’intéressaient pas les grands empires environnants, que ce soit l’ottoman ou le britannique. Les wahhabites étaient quasiment en dehors de l’histoire et de la géographie, ce qui leur permit, même suite à des défaites militaires, de pouvoir se reconstituer loin des regards ennemis. Quand Mohamed Ali d’Egypte les défit au début du XIXème siècle, il était obligé de retourner chez lui. Une fois les armées parties, les bédouins wahhabites “reprirent” du poil de la bête.
Il faut ajouter que les descendants d’Ibn Abd al-Wahhab, c’est-à-dire les garants de la pureté doctrinale, avaient eu l’intelligence de ne jamais interférer dans les luttes intestines des Saoud. Ils ont toujours ratifié l’imamat des vainqueurs. Nous sommes obéissants à l’intérieur, mais belliqueux à l’extérieur. Cela scellait durablement le pacte de Najd, conclu entre Muhammad Ibn Saoud et Muhammad Ibn Abd al-Wahhab.
Qu’est-ce qui a fait que les wahhabites triomphent en 1932 ?
Cela revient en grande partie à la constitution des “Frères”. C’est un genre de communisme de guerre. Voilà des nomades, même pas des bédouins, que les wahhabites sédentarisent et endoctrinent. On leur dit que tout le monde extérieur est impie. Ces campements militaires, constitués en 1912, ont été de l’avis de tous les chercheurs le bras armé qui a rendu la victoire d’Abdelaziz Ibn Saoud possible en 1932. Les expériences précédentes ont montré que les bédouins étaient inconstants et les citadins ne pouvaient pas guerroyer plus de quatre mois par an. Les “Frères” constituaient des camps militaires qui vivaient uniquement pour la guerre.
le_pacte_de_NadjdA l’image de ce que fut la Koufa du temps du second Calife, Omar Ibn al-Khatttab…
Absolument, et les “Frères” sont les Qurra (Récitants du Coran) dont la vie était partagée entre la prière et la guerre. Je dirais aussi que le wahhabisme est pour les chercheurs une chance extraordinaire. Il nous permet de voir une secte médiévale in-vivo. Si vous voyez un cheïkh wahhabite ajourd’hui, vous pouvez imaginer ce qu’était des sectes comme les kharijites ou les ismaéliens au Moyen-âge.
Si les wahhabites sont des néo-kharijites, pourquoi vouent-ils une grande haine aux “sectes hérétiques” comme les kharijites et les chiites ?
Je pense que cela est dû à la culture dogmatique. On peut être contre le fanatisme et être, cependant totalement fanatique. Mon livre est, en quelque sorte, un rapport de police philosophique sur le fanatisme.
Le débat qui a opposé les wahhabites à l’Islam institutionnel durant un siècle et demi montre à quel point l’Islam institutionnel s’est opposé au wahhabisme. Qu’est-ce qui fait que cette opposition ait quasiment disparu aujourd’hui ?
A part le récit historique sur le wahhabisme dans mon livre, le cœur de mon questionnement était celui-là : J’ai fait état de plus cinquante réfutations du wahhabisme sur une base théologique sérieuse écrite par des ulémas. Je me suis posé la question suivante : comment se fait-il qu’après une campagne aussi dure et étendue contre le wahhabisme, on a même accusé Ibn Abd al-Wahhab d’athéïsme et de prétention à la prophétie, subitement le wahhabisme a été réhabilité. Je propose une piste pour la discussion : le wahhabisme a été réhabilité par la tradition, parce que l’hérésie est devenue la nouvelle orthodoxie. L’Islam sectaire et anti-orthodoxe a vaincu à la fin du XIXème siècle.
Plus précisément…
La tradition tardive est constituée par des ulémas qui connaissaient parfaitement leurs classiques. Ils refusaient l’Ijtihad, s’alliaient aux Saints et aux marabouts. Ils étaient citadins, notables et obéissants. Cet Islam là va être battu à la fin du XIXème siècle par les nouveaux clercs de l’Islam. Ils sont en dehors de l’institution religieuse. Ils écrivent dans les journaux. C’est le mouvement Nahda initié par El Afghani et Abdoh. Les réformistes disent : l’Islam est en déclin, les responsables sont les ulémas, les marabouts et les princes tyranniques. C’est exactement ce que disait Ibn Abd al-Wahhab au XVIIème siècle.
Le réformisme est une hérésie mineure de l’intérieur. C’est une bonne hérésie parce qu’elle permet à l’Islam de se réformer. Mais cette hérésie mineure a ouvert la boite de Pandore: tous les Musulmans sont devenus des Fakih et cela dure jusqu’à maintenant. Auparavant personne n’osait parler en présence des cheïkhs d’Al Azhar ou de la Zitouna. C’est cela ma thèse.
Vous dites dans votre livre que c’est Rachid Ridha, disciple d’Abdoh, qui a réalisé la jonction entre le réformisme et le wahhabisme
Absolument. Rachid Ridha était un agent wahhabite. Il a publié la plupart de leurs tracts à leurs frais. Il en a commenté quelque-uns et les a défendus avec acharnement dans une série d’articles qu’il a plus tard publiés dans un livre “Les Wahhabites et le Hijaz”. Rachid Ridha a fait la jonction entre le réformisme hérétique du XIXème siècle et le wahhabisme comme faisant partie des “gens de la tradition et de la communauté”. Il n’est pas le seul à avoir fait cela. Il y a Mohyeddine al Khatib en Egypte, Tahar Al-Jazaïri en Syrie, Chokri Alussi en Irak et bien d’autres… C’est un néo-fondamentalisme qui hérite du réformisme d’El Afghani et de Abdoh. Ceux-là n’étaient pas des wahhabites. Ils sont parfois anti-wahhabites, mais ils participent de la même conception de la tradition. Résultat : le wahhabisme a été réhabilité bien avant l’ère du pétrole, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens.
On aurait pu penser, en vous écoutant, que le mouvement des “Frères Musulmans”, fondé par l’Egyptien Al Banna en 1928, serait une continuation du wahhabisme… alors que vous dites dans votre livre qu’il n’en est rien…
Dans un premier moment les “Frères Musulmans” n’ont rien à voir avec le wahhabisme, bien que leur culte du secret rappelle, lui aussi, les sectes hérétiques du Moyen-Âge. Les signes de reconnaissance, une bague particulière, et les chiffres magiques, le nombre dix, fait d’eux, à leur début, une sorte de loge maçonnique. Mais ils formaient quand même un parti moderne dans une Egypte libérale. Al Banna n’est jamais allé en Arabie Saoudite. Jusqu’en 1954 les leaders des Frères Musulmans avaient des critiques dures contre le wahhabisme. Certains d’entre eux le qualifièrent de régime corrompu et monarchique. Les “Frères Musulmans” étaient foncièrement anti-monarchiques. C’est la répression d’Abdennasser qui va rapprocher les Frères Musulmans des wahhabites. Il y a eu alors une greffe dans les deux sens. Le wahhabisme a été idéologisé et les Frères Musulmans ont été traditionnalisés.
Est-ce qu’on peut dire que ce sont les Frères Musulmans qui ont introduit le wahhabisme dans l’histoire ?
Sur le plan intellectuel, absolument. Sans les Frères Musulmans le wahhabisme serait resté une idéologie locale et provinciale. C’est l’argent du pétrole et l’idéologie islamiste qui ont donné au wahhabisme une dimension mondiale.
Vous avez parlé tout à l’heure d’un siècle et demi de réfutation du wahhabisme dont on retrouve la trace en Tunisie et au Maroc. Ces réfutations sont-elles toujours d’actualité?
Pour l’essentiel ces réfutations appartiennent au monde du passé.
Le wahhabisme était plus “moderne” que ses réfutateurs ?
Oui, si l’on maintient les guillemets pour moderne. L’une des plus grandes critiques des ulémas aux XVIIIème et XIXème siècles était que le wahhabisme ouvrait les portes de l’Ijtihad et refusait l’imitation des anciens. Les ulémas reprochaient aux wahhabites leur refus de toute intercession, fût-elle celle du Prophète. Ce débat n’intéresse plus personne aujourd’hui. Ce qui est encore d’actualité, c’est la question de l’Ijtihad (et là les wahhabites étaient en avance sur la tradition) et deuxièmement le takfir (l’anathème) et là on retrouve les passerelles avec l’Islam sectaire radical.
Le wahhabisme a-t-il eu une influence sur l’Islam non-arabe ?
Oui. Le wahhabisme a eu une grande influence sur les Musulmans de l’Inde au XIXème siècle. On y retrouve les mêmes débats et polémiques autour du wahhabisme.
Les wahhabites ont-ils eu une influence sur la Jamaa Islamyaa de l’Indo-Pakistanais Al-Mawdoudi ?
Pas au début. Plus tard, à l’instar des Frères Musulmans, il y a eu des connexions et des convergences. Voilà que des gens qui ne se connaissent pas et qui ont des filiations idéologiques différentes se retrouvent et se rejoignent. Il y a des affinités électives qui donnent lieu à des liaisons dangereuses. Ces liaisons dangereuses reposent sur une matrice commune que j’ai appelée la destruction mosaïque : c’est-à-dire ériger une destruction au sein des Musulmans eux-mêmes entre la vraie et la fausse religion.
Le wahhabisme a anticipé ce mouvement, d’où sa réhabilitation. La thèse devient : c’est l’hérésie (le réformisme et l’islamisme) qui réhabilite l’hérésie (le wahhabisme). Maintenant c’est l’hérésie qui est devenue la nouvelle orthodoxie.
Dans ce passage de l’hérésie à la nouvelle orthodoxie, qu’est-ce qui a changé dans le wahhabisme ?
                      
Rien. La grande victoire du wahhabisme est qu’il n’a rien changé. Ce sont les autres qui ont changé.
Après le 11 septembre 2001, le wahhabisme est-il en train de changer ?
Oui. Le wahhabisme est devenu la tradition. Il a repris les mêmes arguments que ses anciens réfutateurs contre ce qu’il appelle les néo-kharijites (les salafistes, jihadistes).
Le jihadisme est-il une excroissance du wahhabisme ou de l’islamisme ?
Les deux à la fois. Les jihadistes se réclament des deux traditions.
Le salafisme-jihadisme est-il une chance ou une catastrophe pour le wahhabisme ?
Aujourd’hui le wahhabisme est dans de beaux draps ! Il est dans une phase très défensive. La monarchie tente d’ouvrir de nouveaux ponts avec les islamistes modérés (les Frères Musulmans) afin que les wahhabites ne soient plus les seuls piliers du régime. Les wahhabites, tout en étant contre l’Islam violent, refusent toujours les réformes libérales.
Y a-t-il, en Arabie Saoudite, une critique ouverte contre le wahhabisme ?
Oui. J’y ai consacré le dernier chapitre de mon livre. Il y a des critiques ouvertes contre le wahhabisme dans des journaux comme “Al Watan”, mais uniquement en phase critique. Quant les choses se calment, la critique disparaît.
Sur quoi reposent les critiques des intellectuels saoudiens ?
Le premier reproche des intellectuels saoudiens est l’exclusivisme des Ecoles du rite. Le wahhabisme a interdit le malékisme, le hanafisme et le chaféisme. On n’enseigne que l’école hanbalite. Ces intellectuels demandent de mettre fin à cet exclusivisme des écoles. Le second se rapporte aux réformes politiques. Les intellectuels accusent les wahhabites d’être la cause des difficultés du pays.