vendredi 28 février 2014

Les temps changent ... et les hommes politiques ont du mal à suivre les peuples !

Désormais, les peuples veulent avoir leur mot à dire !!
Les Tunisiens ont initié cette révolution des mentalités.
Les indignés ont poursuivi le mouvement un peu partout dans le monde ...
Réussiront-ils à faire changer les mentalités de leurs hommes politiques ??
R.B


Pascal Boniface

directeur de l’IRIS, Institut des relations internationales et stratégiques.


“ Partout dans le monde, l’opinion publique prend le pouvoir ”


Fin observateur de “l’état du monde”, le géopolitologue décrypte pour Le nouvel Économiste les “soubresauts” de la démocratie, pointe ses avancées d’un coté, et diagnostique ses fatigues de l’autre.
Désordonné ; c’est ainsi que je qualifierais l’état actuel du monde dans la mesure où l’équilibre bipolaire qu’on lui connaissait autrefois s’est effondré et où aucun ordre nouveau n’est venu s’y substituer. Les Etats-Unis n’ont plus ni les moyens ni la volonté de régenter l’ensemble de la planète, on ne peut encore parler de monde multipolaire étant donné qu’il n’existe toujours pas d’équivalent à la puissance américaine et qu’aucune véritable gouvernance mondiale, tant sur le plan économique que stratégique, n’a émergé. On se retrouve donc aujourd’hui face à un monde en recomposition. Un monde relativement chaotique également, ponctué de crises et de conflits qui se succèdent mais qui, contrairement à certaines idées reçues, restent moins nombreux aujourd’hui qu’ils n’étaient il y a une vingtaine d’années. Le fait qu’ils soient aussi visibles, aussi médiatisés et commentés s’explique surtout par le fait que nous y sommes plus sensibles : les guerres nous paraissent beaucoup moins supportables qu’il y a quelques décennies, ce qui témoigne de la fin d’un certain fatalisme au sein de l’opinion.
La fin du monopole occidental
Si les rapports de forces entre nations se sont modifiés au cours des dernières années, ce n’est pas, contrairement à une autre idée très répandue, en raison des attentats du 11 septembre mais en raison d’évolutions majeures qui ont infléchi l’ordre mondial.
La première est la fin du monopole occidental. Après cinq siècles d’Histoire : l’Occident – qui avait toujours dominé l’ensemble de la planète – au point que la première mondialisation (au XVIe siècle) fut en réalité une européanisation du monde par la force – n’a plus le monopole de la puissance. Sur ce point, deux erreurs d’analyse reviennent fréquemment : 
- La première consiste à nier cette perte de monopole – laquelle relève pourtant d’un processus entamé il y a vingt ans – et à persister dans la conviction qu’il nous revient toujours de fixer l’agenda international, que nous restons l’arbitre des élégances au niveau mondial et que, de ce fait, nous pouvons encore imposer aux autres les us et coutumes que nous estimons devoir prévaloir.
- La deuxième illusion consiste à croire que nous avons perdu la puissance. Mais perdre le monopole ne signifie pas perdre la puissance. Le monde occidental reste aujourd’hui encore le plus riche, le plus influent… Surtout, s’il n’a plus le monopole de la puissance ce n’est pas parce qu’il a décliné mais parce que d’autres ont émergé. On se focalise sur les Brics mais il existe en réalité une cinquantaine de pays émergents, parmi lesquels l’Indonésie, le Mexique, la Turquie, le Ghana, l’Argentine… Nous devons désormais nous faire à cette idée et, par là même, accepter celle selon laquelle notre logiciel de vision et de compréhension du monde actuel est dépassé.
La prise de pouvoir de l’opinion
La deuxième grande évolution stratégique tient au fait que, partout dans le monde, l’opinion publique prend le pouvoir. Et ceci ne se limite pas seulement aux démocraties mais se vérifie dans tous les régimes. Même dans les pays où l’on ne choisit pas librement ses gouvernants, on trouve une société civile qui s’exprime et qui exerce une forme d’influence. En Chine, même si le régime en place pratique la censure et une forme de répression, il existe 600 millions d’internautes et, à travers eux, une opinion qui se manifeste, une population qui se fait entendre. Cette évolution est essentielle car le fait que l’information circule aussi rapidement implique que c’en est fini du monopole des gouvernements sur l’information ce qui, comme chacun sait, constitue un facteur clé de démocratisation. Je dirais même qu’aujourd’hui, la volonté qu’ont les populations d’être entendues, respectées et reconnues constitue un facteur déterminant aux crises du monde actuel et un vecteur de soulèvement commun à de plus en plus de pays. Même si, bien sûr, l’expression de cette exigence fluctue en fonction des pays et du niveau d’acceptation des populations.
Le Printemps arabe
Concernant les événements que l’on a qualifiés de Printemps arabe, l’erreur d’appréciation la plus fréquente aura été de croire qu’ils allaient produire un effet domino ; d’imaginer que tous les régimes arabes allaient tomber les uns après les autres en calquant notre appréciation de ce qui était en train de se passer dans cette partie du monde sur ce qui s’était produit en Europe de l’Est plus de vingt ans auparavant, lorsqu’en 1989 tous les pays membres du Pacte de Varsovie – qui nous apparaissaient jusqu’alors immuables – étaient devenus indépendants. La grande différence c’est qu’en Europe de l’Est il existait un ciment commun à ces régimes, lequel était la menace d’une intervention militaire soviétique ; à partir du moment où cette menace a disparu, ces pays se sont effectivement émancipés les uns après les autres. Rien à voir avec ce qui s’est passé dans le monde arabe où l’on n’a pas assisté à un Printemps arabe avec effet domino mais à 22 récits nationaux différents, le soulèvement en Tunisie étant bien distinct de celui qu’a connu l’Egypte, lequel l’était lui-même des révoltes en Lybie, etc.
L’autre erreur majeure aura été de penser que la démocratie était un produit instantané à effet immédiat. L’Histoire l’a prouvé : non seulement la démocratie n’est pas un produit d’exportation mais elle n’est pas non plus à prise rapide. Elle requiert du temps.
Illusions démocratiques
Il est vrai que pour l’heure le bilan des révolutions arabes est relativement pauvre en bonnes nouvelles mais, encore une fois, l’Histoire est longue à s’écrire et la première erreur d’analyse consisterait à penser que les choses peuvent changer en un an ou deux. On tend à l’oublier mais les soubresauts sont nécessaires : ils sont l’Histoire en marche et l’Histoire ne se fait pas au rythme des quotidiens. Or de notre côté, nous sommes pressés de décrypter les choses, de leur donner un sens et, souvent, de dresser des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être pour faire rentrer les choses dans des cases. C’était le cas avec les événements du Printemps arabes et les illusions démocratiques qu’ils ont véhiculées. Mais la démocratie, ce n’est pas uniquement le droit de vote. Le droit de vote en est une condition sine qua non, certes, mais elle n’est pas suffisante. Certains pays peuvent parfaitement avoir instauré le droit de vote, tant que celui-ci ne s’accompagne pas des droits de l’opposition et d’une justice indépendante, on ne saurait les qualifier de véritables Etats de droit.
Pour autant, ce que les soulèvements du Printemps arabe ont clairement démontré et qui sera impossible désormais à remettre en cause, c’est le fait que, désormais, les gens veulent être entendus.
L’Egypte
En Tunisie, même si la situation n’est pas encore stabilisée, on voit bien que les choses vont dans la bonne direction. Il en va différemment de l’Egypte où la révolution a été suivie d’un coup d’Etat et où le coup d’Etat a pris le dessus sur la révolution. Or quels que soient les reproches que l’on pouvait formuler à l’égard des Frères musulmans – et ils étaient nombreux –, il eût été plus sage d’attendre les élections pour les écarter naturellement du pouvoir puisqu’on le sait, les partis islamistes avaient déjà perdu un tiers des suffrages au moment de l’intervention militaire. Leur influence allait donc s’épuiser naturellement. Les avoir écartés par la force du jeu politique va sans doute amener certains à se radicaliser et surtout, en faire de nouveaux martyrs aux yeux d’une partie de l’opinion. Quant aux militaires qui les ont renversés, il est clair qu’il ont agi davantage pour préserver des intérêts catégoriels que par souci de l’avenir du pays. Ce faisant, ils ont bien mis un terme à leur influence sur le plan gouvernemental mais en contrepartie, il est probable que le pays entre dans une période de troubles violents. Ce qui se produit généralement lorsque l’on veut régler les problèmes politiques par la répression militaire alors qu’en Tunisie, on les règle de façon politique.
Les “failed states”
L’un des défis majeurs du moment en terme de diplomatie internationale et de sécurité des populations tient aux Etats “faillis” – aux failed states – que sont cette vingtaine ou trentaine de pays dans lesquels l’autorité étatique ne s’exerce plus, où le pouvoir en place n’assume plus ses responsabilités et où, en raison d’une faillite de l’Etat central et d’une contestation interne armée, les populations ne sont plus ni encadrées ni protégées. La Syrie en fait partie, comme la République démocratique du Congo ou l’Afghanistan.
Droit d’ingérence vs responsabilité de protéger
Le principe dit de “responsabilité de protéger” avait été mis en place par Kofi Annan en 2005, afin d’offrir un cadre légal à une intervention armée – en l’accompagnant de l’agrément de la communauté internationale – dès lors qu’il s’agissait de protéger une population de son propre gouvernement. Non seulement ce concept mettait tout le monde d’accord – Nord et Sud – mais il permettait de sortir de l’impasse diplomatique qu’offraient jusqu’alors ces deux options : inaction ou ingérence.
Il faut savoir que, si les puissances occidentales ont toujours eu de l’ingérence une vision sympathique se résumant à porter secours à des populations démunies et opprimées, celle-ci était violemment rejetée par les pays du Sud – pas uniquement par les dictatures mais aussi par les régimes démocratiques – pour qui elle s’apparentait à un retour au colonialisme. Le concept de “responsabilité de protéger” permettait de dépasser cette opposition et offrait une solution à la problématique voulant que, d’un côté, le concept de souveraineté puisse être utilisé pour protéger des dictateurs et que, de l’autre, celui d’ingérence permette aux puissants d’intervenir chez les faibles.
C’est cela que l’on a foulé aux pieds en Libye, en débordant du cadre prévu par l’ONU pour intervenir directement dans le conflit et ainsi renouer avec une forme classique d’ingérence. Cela a eu pour effet de rendre le concept inutilisable : alors qu’il faisait consensus, il inspire aujourd’hui la défiance. C’est pour cette raison que les Russes et les Chinois se sont opposés à une intervention militaire en Syrie ; parce qu’ils craignaient que, comme cela avait été le cas en Libye, on commence par protéger la population et que l’on finisse par renverser le régime. Ce précédent libyen est lourd de conséquences : non seulement les Syriens en payent aujourd’hui le prix mais il fait reculer un principe qui était porteur de grand progrès.
La démocratisation du monde
La démocratisation du monde dépend de trois facteurs : 

- le taux d’alphabétisation – plus la population est analphabète, moins elle a de revendication politique –, 
- le PNB par habitant – l’origine de la contestation d’un pouvoir en place émane généralement de la classe moyenne – et 
- l’histoire propre de chaque pays. 
Ainsi, le fait que l’on constate moins d’appels au changement en Algérie qu’en Tunisie s’explique par le fait que le pays soit marqué par le souvenir traumatique de la guerre civile des années 90 ; si bien que, même si les Algériens ne sont pas tous satisfaits du régime, même si beaucoup ont soif de plus de liberté, ils savent que la période de leur histoire qui a connu la plus forte contestation politique est aussi celle qui s’est achevée dans le sang, ce qui les rend prudents dans l’expression de leurs revendications.

La corruption

A ces trois facteurs déclencheurs d’appels à la démocratisation s’ajoute celui de la lutte contre la corruption qui constitue un élément fédérateur et extrêmement mobilisateur puisque c’est aujourd’hui une revendication que l’on retrouve partout dans le monde. Y compris en France où elle alimente largement le vote protestataire. Qu’il s’agisse de démocraties anciennes ou de tout autre régime, la lutte contre la corruption est devenue une exigence universelle. Non pas que celle-ci soit plus importante que par le passé mais il est clair qu’elle est moins tolérée par l’opinion qui, particulièrement en période de crise, la juge inadmissible.
C’est pour cela que les Brésiliens se sont révoltés, c’est aussi un motif de mobilisation très fort en Inde, en Turquie, en Russie et, bien évidemment, en Ukraine où les accusations de corruption du gouvernement sont pour beaucoup dans les manifestations récentes. D’où cette forte poussée pro-européenne de la part d’un peuple pour qui l’Europe fait figure d’antidote ; même si, d’un point de vue économique, celle-ci ne peut concurrencer la Russie qui, de son côté, offre 15 milliards de dollars au pays…
La Russie
L’Ukraine a toujours été partagée entre ces deux pôles d’influence : la Russie et l’Europe. C’est une division classique et assez ancienne que révèlent de manière exacerbée les soulèvements des dernières semaines mais cela ne doit pas être perçu comme un retour quelconque à la guerre froide. Pas plus que la Chine, la Russie ne cherche pas à exporter un quelconque modèle national, elle n’offre aucun système collectif alternatif aux Etats-Unis par exemple. Tout ce que veulent ces puissances, c’est prendre la tête de la course mondiale. On n’est plus dans des systèmes idéologiques qui s’affrontent mais dans une logique de rivalités nationales.
La Russie, dont on oublie trop le type d’humiliation – à la fois sociale, économique et politique – qu’elle a subi dans les années 90, avec un PNB réduit de moitié, une influence largement diminuée sur le plan international, etc., veut retrouver son influence. Pour Poutine, qui a souvent dit que la plus grave catastrophe géo-politique du XXIe siècle était la disparition de l’Union soviétique, il ne s’agit pas aujourd’hui de recréer une union soviétique avec un système d’alliances et de pays communistes à même de contester le modèle capitaliste occidental. Il s’agit de faire en sorte que la Russie soit respectée ; quitte à ce qu’elle soit crainte et non aimée. Toute sa politique doit se comprendre à l’aune de cette volonté de restaurer l’honneur de Moscou, à l’intérieur – par rapport aux barons régionaux et éventuellement au crime organisé – et à l’extérieur, vis-à-vis du reste du monde. Ce en quoi les Jeux olympiques d’hiver jouent un rôle déterminant : celui d’une vitrine capable de renvoyer l’image d’une Russie rayonnante, d’un grand pays capable d’être l’hôte du monde.
Bonnes et mauvaises démocraties
On a encore trop tendance à voir les choses de façon manichéenne : les bons d’un côté, les méchants de l’autre ; nous d’un côté, eux de l’autre… Ce logiciel de lecture très “guerre froide” ne fonctionne pas dans un monde aussi pluriel et divers que le nôtre.
Rappelons à ce sujet que nos démocraties occidentales se sont accommodées du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, du régime chilien de Pinochet, et de bien d’autres encore. Plus récemment, une ONG américaine a révélé que, sur les 534 congressistes américains, 268 gagnaient plus d’un million de dollars par an et, toujours aux Etats-Unis, la décision de la Cours suprême de lever le plafond des dépenses électorales fait que, désormais, toute personne désireuse de se présenter doit disposer d’une fortune personnelle ou faire appel à des donateurs dont la principale préoccupation n’est pas nécessairement l’intérêt général…
Ces quelques exemples – et il y en a beaucoup d’autres – devraient nous inciter à faire preuve d’une plus grande objectivité sur l’état de nos propres régimes avant de parler de “bonnes” et de “mauvaises” démocraties. Bien évidemment mieux vaut une démocratie, même imparfaite, qu’un régime autoritaire mais j’insiste : même les régimes autoritaires doivent aujourd’hui composer avec des contre-pouvoirs qui n’existaient pas il y a quelques années. Prenez le cas de la Russie, selon nos critères ce n’est pas une démocratie : les gens votent mais ce droit s’accompagne de restrictions, de tendances autoritaires de la part du pouvoir en place. Pourtant on le voit chaque jour : Poutine est contraint de consentir à certains compromis. De composer avec certains contre-pouvoirs.
Le désaveu de l’Europe
Pendant ce temps, on sent monter au sein des anciennes démocraties comme la nôtre une lassitude à l’encontre de régimes qu’il faut désormais renouveler par le tissu social. Et dans tous les pays européens, on perçoit une désillusion assortie d’un désaveu de l’Europe qui risque de se manifester de façon flagrante aux prochaines élections de juin, de sorte que deux partis risquent de peser très lourd : les abstentionnistes et les partis dits protestataires. Car, et c’est bien le problème, il n’est jamais question d’Europe dans les élections européennes. Il y a des listes avec des candidats mal identifiés, un découpage régional incertain, des circonscriptions sans existence territoriale réelle, ce qui détourne les électeurs des véritables enjeux et constitue une réelle incitation à s’abstenir.
La fatigue démocratique
Concernant le pouvoir en place, le problème n’est pas que la coupure entre les élus et le peuple est plus importante que par le passé mais qu’elle est plus flagrante depuis que les gens disposent d’une capacité de contrôle et de critique accrue : Aujourd’hui, toute erreur est pointée, toute incohérence est détectée et révélée. Il existe trop de moyens d’information pour que l’on puisse encore croire au discours dominant sans le remettre en cause. Face à cette réalité on constate chez nos élites un réel problème d’adaptation. Tout comme le monde occidental tarde à s’apercevoir que son monopole est brisé, de même nos politiques et hommes d’influence peinent à voir qu’ils n’ont plus le monopole de la prescription.
Cette coupure entre les élites et la base génère une fatigue démocratique. Plus exactement, une lassitude face aux anciens modes de représentation car parallèlement à cela, la société civile fait preuve d’un fort dynamisme : les exemples de mobilisation sur réseaux sociaux se multiplient, on a un tissu associatif extrêmement dense, des mouvements de solidarité s’organisent à échelon local…
La montée des populismes
Ce qui est le plus inquiétant, c’est le fait que la défiance qui se manifeste désormais à l’égard du pouvoir en place, des institutions et de la démocratie en général depuis qu’elle ne tient plus ses promesses, favorise la montée des extrêmes et de l’abstention. D’ailleurs, la montée des populismes s’explique en grande partie par le fait que les politiques ne sont plus en phase avec le peuple. Par cette déconnexion croissante de l’élite à l’égard du peuple. Trop de gens condamnent le populisme de façon méprisante sans voir que leur comportement l’a probablement alimenté. C’est ainsi que la façon dont les électeurs du FN sont traités – par le mépris. – a sans doute conduit le vote FN à s’enraciner. Preuve que lorsque la démocratie n’inspire plus confiance, elle se retrouve menacée.

jeudi 27 février 2014

LPR * : Milice d'Ennahdha & CPR **. Des preuves ? En voici ...


Quand Mahmoud Baroudi leur disait République bananière …

Jeudi 19 juillet 2012, le député de l’Alliance démocratique Mahmoud Baroudi crie en pleine ANC : « c’est là un décret digne d’un président provisoire d’une République bananière ». Il suscita alors la polémique et ses opposants sont montés sur leurs grands chevaux pour crier au scandale.

Un an et demi plus tard, ces mêmes députés agissent comme s’ils étaient dans une République bananière.
Une délégation de 25 députés est allée voir cet après-midi, jeudi 27 février 2014, le ministre de l’Intérieur pour parler (officiellement) de la tension qui a prévalu hier au Kram, après l’arrestation d’un certain nombre d’individus appartenant aux Ligues de protection de la révolution. A leur tête, Imed Deghij qui n’a cessé de diffuser des vidéos dans lesquelles il insulte et menace juges, police, journalistes, hommes politiques, hommes d’affaires etc. La loi est quotidiennement bafouée par cet individu, tout comme l’Etat de droit et le prestige de l’Etat.
Il n’est pas le seul, comme lui, on peut citer Yassine Ayari, Recoba et des dizaines d’autres individus totalement inconnus avant la révolution et devenus, soudain, de vrais révolutionnaires. Des individus dont on ne connait rien de leurs financements, ni de leurs parrains.

Ces députés et les amis de Imed Deghij parlent de son arrestation musclée, alors qu’il n’y a qu’un témoin (et un seul), un ami à lui, tenancier de café de son état. La mère de Deghij a répété les mêmes propos mettant le feu aux poudres parmi les jeunes du Kram et les amis de Deghij, qui agit comme un véritable caïd de cité.
Différentes sources sécuritaires et de syndicats des forces de l’ordre ont démenti catégoriquement avoir agressé physiquement l’interpellé. Idem pour le ministère de l’Intérieur qui a affirmé que tout s'est déroulé conformément à la loi. Mais toutes ces voix sont devenues inaudibles. Seule la version du tenancier du café est crue par les députés.
L'un d'eux, Béchir Nefzi, renie même le droit aux syndicats de s’exprimer sur le sujet, alors que la pratique est identique à tous les syndicats de police des pays démocratiques.
Les députés qui sont allés voir aujourd’hui le ministre de l’Intérieur sont les mêmes qui votaient il y a quelques jours la séparation des pouvoirs. Les mêmes qui parlaient de l'Etat de droit et de la primauté de la loi.

L’arrestation d'Imed Deghij a été ordonnée par le procureur de la République. Ses méfaits, ses insultes et ses violations des lois en vigueur peuvent être constatés par tout un chacun, il suffit d’aller voir ses vidéos publiées dans les réseaux sociaux.
Les 25 députés balaient tout cela d’un trait ! Ça ne les dérange nullement qu’ils désavouent l’appareil sécuritaire et son crédit. Ça ne les dérange nullement de décrédibiliser les forces de l’ordre. On ne les a pas vus bouger quand des dizaines de membres de ces forces de sécurité ont été assassinés sauvagement. On ne les a pas vus bouger quand Deghij and co se permettaient d’insulter les forces vives du pays. On ne les a pas vu bouger quand Nagdh, Belaïd et Brahmi ont été assassinés. Comme lors du temps de la Troïka et comme au bon vieux temps de la campagne électorale de 2011, Ennahdha et le CPR sont réunis pour le meilleur et pour le pire. Et ça continue, malgré les apparences trompeuses de ces dernières semaines.

Hier, on ne savait pas (ou par manque de preuves, on se taisait) qui étaient les parrains et financeurs des différents membres des LPR. Aujourd’hui, on en a une petite idée. Et cette idée renvoie exactement à ce que l’on voit dans les républiques bananières ou dans les pays où les milices font la loi, la Libye en exemple.
La Tunisie n'est pas et ne sera pas une République bananière. Ceux qui cherchent à la rendre comme telle doivent être éjectés immédiatement de là où ils sont. De leur position, ils sont plus nuisibles au pays et à l'Etat de droit que tous les voyous des LPR réunis.

* Ligue de protection de la révolution
** Ennahdha : parti des frères musulmans, dont le chef est Ghannouchi
   CPR : Congrès pour la république, dont le chef est Marzougui.

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Pour les beaux yeux de sa majesté Imed Dghij « Le Grand »


Il n'est pas sorti de l'auberge, Mahdi Jomâa, ni son équipe, ni tous les tunisiens, d’ailleurs, par la même occasion.
Il n’est pas sorti de l’auberge et il n’est pas prêt d’avancer d’un iota dans ses programmes, si à l’arrestation du premier brigand, il voit accourir à ses bureaux, la crème de la classe politique « élue », conduite par la très honorable Mehrezia Lâabidi, et composée de ces non moins honorables députés d’Ennahdha, du CpR et du mouvement Wafa.
Ils ont accourus chez lui pour lui demander des comptes, et éventuellement le sermonner, pour avoir « osé » inquiéter le saint des saints, le « symbole » de la révolution, la figure de proue des « templiers » défenseurs de la flamme sacrée de la révolution du Jasmin. Ils ont accouru, scandalisés qu’ils étaient par ce sacrilège, qui dépassait en horreur les meurtres en série des hommes politiques et des agents de l’ordre et des forces armées, qui les avaient, alors, laissés de glace !
Il faut dire, aussi, que ces honorables défenseurs de la déchéance et de la délinquance de bas étage, sont venus blâmer le chef du gouvernement, après avoir, au préalable, fait de même auprès du ministre de l’intérieur, qui, intimidé par noblesse de l’assistance et la gravité des faits à lui reprochés, se serait effondré dans des excuses plates et dans des promesses de sévir contre ces « taghouts » qui  avaient osé porter atteinte à sa sainteté Imed Dghij. Il se serait même plaint d’avoir été soumis à des pressions extrêmes avant de concéder cet outrage au leader des leaders, sa majesté Dghij.
Pour revenir un peu au début de la « crise », on se rappelle que Imed Dghij a pris toutes ses responsabilités de leader politique, et a allumé la caméra de son PC, pour se lancer dans des ignominies adressées aux forces de l’ordre, et même à certains magistrats. Il a défié toute cette assistance de venir le chercher, sûr qu’il était de la tournure qu’allaient prendre les évènements. Car tout ce qui s’est passé semble avoir été bel et bien programmé pour se dérouler de la sorte. Une insolence extrême, suivie d’une riposte des appareils judiciaire et policier, s’en suivit une mini-émeute instantanée (donc programmée et prévue), avec son cortège de casseurs et d’arrestations.
Les défenseurs de la déchéance ont, par la suite, réagi au quart de tour, en inondant le net de leurs critiques et de leur réprobation de la « réinstauration de l’Etat policier ». Le lendemain, le relais a été assuré par une certaine élite politique qui s’est attelée à la besogne pour arracher leur guide chéri, défenseur de leurs valeurs révolutionnaires, des griffes des taghouts.
Mais en s’emportant de la sorte et en accourant tête baissée à la rescousse de Dghij, il n’est même venu à la tête de ces dignes représentants des trois imminents partis politiques, qu’ils étaient en train de donner une idée quant aux parties qui étaient derrière tout ce scénario.
Donc, maintenant tout le monde se doute un peu, de la partie politique qui aurait été à l’origine de cette escalade. Reste à savoir le pourquoi de la chose ? Surtout si on comprend la gravité de la concomitance voulue entre cet « incident » et les troubles qui se déroulent dans le bassin minier, et aux quels tout le monde s’attendait. Et que le gouvernement de la Troïka a si bien su, différer jusqu’à la prise de fonction du cabinet Mehdi Jomâa, pour le lui léguer en guise de cadeau.
Pourquoi, donc, toute cette violence et tout ce remue ménage, que voudrait-on empêcher Jomâa de réaliser ? Et que voudrait-on anticiper ?

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UN RETOURNEMENT DE VESTE SPECTACULAIRE !!

Imad DGHIJ travaillait dans un dépôt de vin pour le compte de Imad TRABELSI !
Or Imad TRABELSI n'est autre que le fils de Leila TRABELSI femme de ZABA, qu'elle dit être son neveu, réputé pour être le plus voyou de la famille !
Ce Imad DGHIJ se veut plus royaliste que le roi; puisqu'il s'est autoproclamé "protecteur de la révolution" ... pour "casser" du RCD-istes !!

L'OPPORTUNISME des abrutis !!
Et c'est pour cette crapule que les constituants du CPR & Ennahdha se mobilisent ??? !!!

L’éléphant saoudien dans un magasin de porcelaine arabe


Journaliste arabe basé à Bir Zeit, 
en Cisjordanie, dans les territoires palestiniens 
occupés par Israël

Prise dans son obsession de la « menace iranienne », qui l’a conduite à adopter une attitude belliciste vis-à-vis de la Syrie, l’Arabie Saoudite se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, perturbant sérieusement l’environnement politique d’ores et déjà délicat dans le monde arabe. Elle déclenche ce que George Joffé, chercheur au Centre d’Études Internationales de l’Université de Cambridge, qualifiait le 30 décembre dernier de « seconde guerre froide arabe », la première étant celle menée depuis les années 1960 par l’Arabie Saoudite contre le panarabisme égyptien de Gamal Abdel Nasser.

Le royaume saoudien se trouve à présent à la limite de l’isolement politique. De par sa volonté de « faire cavalier seul » dans le conflit syrien, l’Arabie Saoudite s’est acculée à une impasse inextricable en ce qui concerne sa politique extérieure, ce qui la met en désaccord avec trois superpuissances, l’une d’elles étant son allié stratégique américain, mais également avec la Russie et la Chine, en plus des puissances de la région telles que l’Iran, l’Irak, l’Egypte et l’Algérie qui préconisent une solution politique au conflit.

Au sein du Conseil de Coopération des États Arabes du Golfe (CCG), composé de six États membres, le royaume saoudien ne conduit pas mieux la barque.

Elle est en désaccord avec le Qatar au sujet du soutien que ce dernier apporte aux Frères Musulmans (FM). En conséquence, les deux États sont également en désaccord sur le renversement de Mohamed Morsi, issu des FM, de la présidence.

L’hostilité de l’Arabie Saoudite à l’égard des FM et son attitude favorable à leur éviction du pouvoir en Egypte ont également terni les relations entre l’Arabie Saoudite et la Turquie, et ont eu des répercussions en Syrie, ce qui a entraîné une restructuration des principaux mouvements politiques et militaires rivaux de l’insurrection prétendant représenter le peuple syrien : les principaux chefs et organisations soutenus par le Qatar et la Turquie ont été remplacés par d’autres, fidèles au royaume saoudien. En conséquence, l’« Armée Syrienne Libre », par exemple, a tout simplement disparue, remplacée par le Front Islamique.

Lors de la dernière rencontre au sommet du CCG au Koweït, les cinq autres États membres du CCG, notamment Oman, ont rejeté la proposition du royaume saoudien de transformer le « conseil de coopération » en confédération.

En dépit du fait que l’Arabie Saoudite ait renfloué de quelques milliards de dollars américains le gouvernement provisoire post-Morsi au Caire, l’Egypte ne partage pas le point de vue de Riyad, que ce soit sur la question de la Syrie, au sujet de laquelle elle s’est ralliée aux partisans de la solution politique, ou en ce qui concerne ses relations avec la Russie, que l’Egypte est actuellement en train de rétablir pour contrebalancer ses liens avec les États-Unis.

Selon le Wall Street Journal Online, dans son édition du 5 janvier dernier, la situation qui en découle enferme « la Maison Blanche dans un dilemme diplomatique toujours plus grandissant à mesure que ses alliés dans la région se divisent en camps rivaux. »

La préférence des États-Unis pour la diplomatie par rapport à l’affrontement militaire avec Téhéran et Damas a eu pour conséquence d’isoler le royaume saoudien sur le plan politique. L’Arabie Saoudite s’était préparée à une intervention militaire de l’Occident, menée par les Etats-Unis ou avec la bénédiction de ces derniers. Elle s’est sentie trahie par son allié stratégique américain. Pendant longtemps, elle a cru à tort que les marines américains seraient toujours à sa disposition en tant que soldats mercenaires prêts à combattre dans les guerres qu’elle a décidé de mener tant que le royaume fortuné serait prêt à y mettre le prix, ignorant que les États-Unis avaient compris l’inverse.

Cependant, il aurait été judicieux au royaume saoudien de faire machine arrière pour suivre la même direction que les États-Unis. Au lieu de cela, il a persisté dans sa décision de « faire cavalier seul ».

Dans une tribune libre publiée le 19 décembre dernier dans le New York Times, le prince Nawaf bin Abdulaziz al-Saoud, ambassadeur saoudien au Royaume-Uni, a déclaré que son pays « fera cavalier seul » contre la Syrie et l’Iran, car il « ne restera pas les bras croisés » tandis que les États-Unis compromettent sa sécurité et « mettent en péril la stabilité de la région ».

Néanmoins, « malgré l’immense richesse que détient le royaume saoudien, ce dernier n’est pas en mesure d’affronter seul de sérieuses menaces dans son environnement stratégique » a écrit Yoel Guzansky, ancien coordinateur pour les questions relatives à l’Iran au Conseil de Sécurité National d’Israël, dans le quotidien Haaretz daté du 25 décembre dernier, ajoutant qu’« en ce qui concerne l’Iran, aucune autre grande puissance n’est actuellement intéressée ou capable de remplacer les États-Unis dans leur rôle en matière de dissuasion et de protecteur de l’Arabie Saoudite contre l’Iran. »

Le Wall Street Journal Online a rapporté dans son édition du 29 décembre dernier qu’à la fin de l’été dernier, l’Arabie Saoudite avait fourni pour 400 millions de dollars d’armes et autres équipements à des jihadistes salafistes syriens.

D’après Martin Nesirky, Porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki Moon, les chefs des diplomaties américaine et russe, John Kerry et Sergey Lavrov, se sont rencontrés avant la conférence de Genève II en vue de décider de la participation de l’Iran à cette conférence.

Il est impossible que le royaume saoudien parvienne à ses fins en Syrie, après qu’une alliance sous la houlette des Etats-Unis et composée du Qatar, de la Turquie, de la France, et de la Grande-Bretagne ait échoué. Le prince Turki bin Faisal Al Saoud, ancien ambassadeur de l’Arabie Saoudite aux Etats-Unis, ancien directeur des services de renseignements, et membre influent de la famille royale, a reconnu leur échec lorsqu’il a déclaré le 7 janvier sur la chaîne de télévision CNBC que les Etats-Unis n’ont pas réussi à résoudre le conflit syrien.

Grâce à l’Arabie Saoudite, le conflit syrien fait tache d’huile

Le conflit syrien qui dure depuis trois ans a quelque peu été contenu à l’intérieur de ses frontières, mais la propagande belliciste actuelle de l’Arabie Saoudite risque de perpétuer le conflit, et plus important encore, de répandre le conflit dans la région sans pour autant parvenir à accomplir l’objectif proclamé par l’Arabie Saoudite, qui est de changer le régime à Damas à tout prix.

L’interminable conflit syrien gagne déjà les pays voisins du fait de l’agitation et l’incitation sectaires de la part de l’Arabie Saoudite.

A l’est, des représentants officiels Irakiens ont demandé au gouvernement saoudien, ainsi qu’à ceux d’autres pays membres du CCG, de cesser leur ingérence dans les affaires internes de l’Irak par les armes, mais également de mettre un terme à leur soutien politique, financier et logistique aux insurgés dont les actes terroristes ont coûté la vie à quelques dix mille individus, des civils irakiens en très grande majorité, en 2013.

A l’ouest de la Syrie, le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre (CPL) qui est le deuxième bloc représenté au parlement libanais, a déclaré sur le site www.al-monitor.com le 23 décembre dernier que « le Liban est actuellement paralysé ». Après deux semaines de congé du pouvoir, un premier ministre désigné a été nommé en avril dernier, mais il n’a pas encore formé son gouvernement. Ses efforts ont débouché sur une impasse. Le pays a depuis été administré par un gouvernement intérimaire. Aucune percée décisive ne semble imminente.

La raison à cela est à chercher du côté de l’Arabie Saoudite. Elle profite de son influence historique avec les loyalistes et les alliés afin d’empêcher toute formation d’un gouvernement de partenariat. Comme condition préalable, elle exige que le Hezbollah soit exclu. Cette impasse a divisé le pays en deux camps : les pro-syriens d’un côté, les pro-saoudiens de l’autre. Riyad veut s’assurer que les loyalistes empêchent tout retour en arrière. Pour cela, elle a récemment alimenté cette division par un « don » de trois milliards sur une période de cinq ans à l’armée libanaise afin que celle-ci puisse acquérir des armes fabriquées en France dans l’espoir de créer un contrepoids au Hezbollah, réunissant ainsi toutes les conditions nécessaires pour faire plonger le Liban dans une guerre civile.

Pendant ce temps, le nord et l’est du pays ont échappé au contrôle du gouvernement central de Beyrouth et sont devenus un bastion où s’organisent un camp d’entraînement, une zone de refuge, une réserve de combattants et un lieu d’accueil pour jihadistes étrangers soutenus par l’Arabie Saoudite, attisant le conflit en Syrie en fournissant armes et combattants.

Dissuadés par les succès militaires de l’Armée Arabe Syrienne (composante des forces armées officielles) contre eux, ces « jihadistes » se sont rabattus sur le Liban et ripostent par une intensification des attentats suicides à l’intérieur du pays, faisant toujours plus de victimes civiles libanaises, toutes sectes confondues.

Au sud de la Jordanie, où le royaume est parvenu pendant trois ans à maintenir l’équilibre entre ses liens géopolitiques avec la Syrie et son alliance stratégique avec les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, des mises en garde ont récemment été formulées contre une accentuation de la pression exercée par l’Arabie Saoudite sur la Jordanie afin qu’elle change de cap.

Par exemple, www.ammonnews.net a rapporté le 30 décembre dernier que Ma’arouf al-Bakhit, ancien Premier Ministre et membre de la chambre haute, a mis en garde contre une pression sur la Jordanie engendrée par l’écart entre l’approche américaine du règlement du conflit syrien et celle de l’Arabie Saoudite. D’ailleurs, un « défi » se présente actuellement à « la Jordanie qui doit envisager la possibilité de se voir imposer le point de vue de l’Arabie Saoudite », précisant que « la Syrie ne considère plus la Jordanie comme un pays neutre », et accuse le royaume jordanien « d’accueillir un centre d’opération saoudien-sioniste où des opérations militaires en Syrie sont organisées ». Al-Bakhit a ajouté que si la Syrie décide de prendre des mesures fondées sur ces accusations, « il est possible que certains aspects du conflit se déplacent dans le royaume ». Al-Bakhit aurait dû citer le Liban et l’Irak en tant que précédents toujours d’actualité.

Plus loin, en Russie, les derniers attentats terroristes de Volgograd ont été interprétés comme faisant partie intégrante de ce même réseau et organisations terroristes au Moyen-Orient à qui ils ont également été imputés, s’aliénant ainsi la Russie, pôle mondial émergent. Les médias russes ont cité l’Arabie Saoudite comme étant responsable de ces attentats.

Fiasco stratégique de l’Arabie Saoudite en Syrie

Depuis le soi-disant « Printemps arabe », apparu pour la première en fois en Tunisie il y a trois ans, les monarchies du CCG sous la houlette de l’Arabie Saoudite sont parvenues à se protéger du raz-de-marée de manifestations populaires grâce à une opération préventive de renflouement (Oman, Bahreïn) ou au moyen d’une intervention militaire directe (Bahreïn), . Aussi par une intervention militaire indirecte, politique et financière, malgré tout publique, dans l’objectif de récupérer les révolutions naissantes dans ces « républiques », désormais davantage semblables à des magasins de porcelaine, des États apatrides ou déliquescents, à bout de souffle dans une lutte désespérée contre des organisations terroristes « Islamistes », armées et financées par ces seuls mêmes pétromonarchies et territoires sous l’autorité des cheikhs, et dirigés par l’Arabie Saoudite.

Cette stratégie menée par l’Arabie Saoudite est plus visible en Syrie, où elle a essuyé son premier échec. Le consensus interne, régional, et international sur une solution politique et une campagne anti-terroriste gagne du terrain pour stopper cette stratégie. Deux options seulement s’offrent à l’Arabie Saoudite : soit elle fait machine arrière, soit elle se retrouve à l’écart. Ou bien elle change de cap ou bien elle change de dirigeants.

La propagande belliciste de l’Arabie Saoudite en Syrie la fait apparaître aux yeux de l’opinion publique comme étant celle à l’origine de la violence et de l’instabilité dans la région, justifiant les accusations portées contre elle par les États-Unis et alimentées par les incitations de la part d’Israël suite aux attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, selon lesquelles l’idéologie sectaire saoudienne est un incubateur où se développent violence et terreur, en dépit du fait que le royaume saoudien soit depuis longtemps en guerre contre ses propres terroristes Islamistes.

Cette idéologie sectaire engendre un affrontement sectaire à travers le Moyen-Orient entre deux théocraties : la théocratie « chiite » iranienne et la théocratie sunnite saoudienne, brouillant ainsi la véritable ligne de démarcation de la lutte régionale entre l’occupation des terres arabes en Palestine, en Syrie et au Liban par Israël sous la protection des États-Unis, et l’axe de résistance autoproclamé par l’Iran et la Syrie et comprenant ces derniers. Le maintien de l’identité séculaire de la Syrie constituera un premier pas vers l’endiguement de ce conflit sectaire destructif dans la région.

Dans ce contexte, il convient de noter que le royaume saoudien, parrain de l’« initiative de paix arabe », se présente comme un artisan de la paix par opposition à la puissance occupante israélienne, mais réclame une solution militaire en Syrie dont les Plateaux du Golan sont occupés par Israël depuis 1967.

L’ironie de la chose, c’est que le carrefour Arabie Saoudite-Israël semble mener vers la seule voie de secours dans la région pour le royaume. L’approche selon laquelle « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » crée une situation de fait accompli sous la forme d’un mariage de convenance entre l’Arabie Saoudite et Israël face à la Syrie et l’Iran, les mettant dans une position moralement supérieure au milieu de l’écrasante majorité des arabes et des musulmans.

mercredi 26 février 2014

Le Monde n'est plus ce qu'il était ... quand il se fait le porte parole de François Hollande !

LE MONDE : Un journal qui perd sa crédibilité, quand il est partial !

Que des constituants s'arrogent le droit de prolonger contre la volonté des tunisiens, une légitimité finie depuis le 23 octobre 2012, semble normale pour Le Monde qui n'en rendait pas compte; alors que ce même journal se scandalise que les égyptiens retirent sa légitimité à Mohamed Morsi qui a outrepassé son mandat ! 
Les protestations incessantes pour empêcher Ghannouchi de faire une constitution islamiste ... les tunisiens n'en ont pas vu de compte rendu dans Le Monde !
Les manifestations montres qui ont duré plus deux mois pour demander le départ de Larayedh et de son gouvernement après le troisième assassinat politique ... les tunisiens n'en ont pas vu de compte rendu dans Le Monde !

Et voilà que Le Monde claironne et jubile pour une Constitution au goût amer pour les tunisiens ... et multiplie les éloges dithyrambiques sur l'exemplarité du parti islamiste qui a sacrifié sa légitimité pour respecter la volonté des tunisiens !

Il est vrai que Laurent Fabius qui décide de la politique "arabe" pour François Hollande, l'a convaincu de soutenir les "Frères musulmans", comme il l'a convaincu de la "modération de leur islamisme" tout à fait compatible avec la démocratie ! 
Ce que Hollande a été "vendre" aux tunisiens qui ne veulent pas des "Frères nahdhaouis".

Le Monde serait-il devenu le porte parole de Fabius & Hollande ?!
R.B

Abdelwahab Meddeb: Ni dictature ni islamisme

Ni dictature ni islamisme !

Comme le quotidien Le Monde nous déçoit dans ses jugements sur les situations engendrées par les révolutions arabes! Cette persistance dans le désaccord donne un goût amer au lecteur qui a été formé à l’école du Monde. Grande est, en effet, notre désolation, nous qui lisons ce journal depuis nos seize ans lorsque de notre Tunis natal nous avons entamé notre initiation aux arcanes de la politique mondiale.
Le malaise croît, car, en homme moderne, nous avons fait de la lecture du journal notre prière quotidienne, comme l’annonçait Hegel dès les débuts du XIXe siècle. Aussi Le Monde est-il devenu notre Coran, notre Torah, nos Évangiles. C’est terrible de découvrir que nos feuillets saints ne sont plus en phase avec nos convictions.
Lors de ces trois dernières années, nous avons avec constance désapprouvé les positions de notre journal préféré dès qu’il est question et de la Tunisie et de l’Egypte, deux pays qui nous sont chers, très chers, et qui sont à la croisée des chemins, et pour qui nous rêvons le meilleur.
Et ce meilleur n’est certainement pas ce que leur souhaite Le Monde. Lequel fait partie de ceux qui estiment que le passage par l’islamisme est une fatalité historique. Une fatalité qui, dans leur esprit, peut même être heureuse. Il suffit que l’islamisme se fasse conciliant, qu’il rabote ses rugosités, qu’il élague ses aspérités ; il suffit qu’il adopte les formes et les rites démocratiques pour qu’il devienne présentable, acceptable. Bref, il suffit que l’islamisme se vêt des habits de la modération pour qu’il constitue la juste alternative à la dictature. Sinon, l’empêchement des islamistes modérés ne peut que favoriser l’islamisme extrême, radical, violent, exclusiviste, «takfiriste, jihadiste».
Cette analyse s’adapte au plaidoyer du Qatar auprès des Occidentaux afin de les convaincre de soutenir l’islamisme «modéré» qu’incarnerait le conglomérat international des Frères Musulmans. Cette ligne analytique est à l’origine de l’éloge adressé à la nouvelle constitution tunisienne. Cet éloge ne cesse d’être clamé par la rédaction du Monde. Dans ses éditoriaux et les articles de sa correspondante à Tunis Isabelle Mandraud, à peine évoque-t-on subrepticement les insuffisances, les contradictions, les faiblesses, les futilités, les dangers de gouvernance que comporte la loi fondamentale votée par les constituants tunisiens le 26 janvier 2014.

La célébration ratée de la constitution

Du Monde pas un mot négatif n’est parvenu au public sur la cérémonie bâclée organisée par le président provisoire Moncef Marzougui pour chanter sa propre gloire en célébrant la nouvelle constitution. Pourtant des officiels étrangers ayant participé à cette séance m’ont rapporté leur désappointement face à sa  défaillante organisation technique. Ils m’ont confirmé la futilité sinon l’infantilisme des responsables tunisiens actuels infatués d’eux-mêmes tant ils ont joué au paon à l’accueil des paroles laudatives des étrangers rivalisant dans leur panégyrique. Étrangers de seconde zone – mis à part le président français François Hollande qui, lui aussi, partage les analyses et les positions du Monde. Non seulement plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement prestigieux étaient annoncés et n’ont pas honoré l’invitation qui leur a été lancée (à l’exemple d’Obama, de Merkel, de Mohammed VI, de Zuma…), mais encore quelques dictateurs africains – assimilables à Ben Ali par leur médiocrité – étaient de la partie.
Mais de cet échec, de cette cérémonie confuse et de faible intensité, à laquelle le peuple n’a pas participé, traitée avec indifférence ironique par les médiateurs tunisiens, de tout cela pas un mot n’a été émis par Le Monde. Et la semaine dernière, l’éditorial du Monde daté du 19 février était consacré à la situation en Egypte. Nous y retrouvons à l’œuvre la même grille d’analyse. Selon cet éditorial, pour avoir chassé violemment du pouvoir les Frères Musulmans, représentants de l’islamisme dit modéré, l’Egypte ravive la flamme de l’islamisme radical et violent inspiré par al-Qâïda. Ce manquement à la démocratie ravage une Egypte ayant retrouvé la dictature et sa contestation par la terreur.
Pour rectifier cette appréciation, j’esquisserai l’approche que j’estime coller au plus près à la réalité. D’abord l’islamisme radical n’a pu investir le Sinaï et prendre le temps de s’y organiser que par la tolérance que lui a accordé le soi-disant islamisme modéré lorsqu’il jouissait du pouvoir au Caire. Et cet enracinement djihadiste a été facilité par le Hamas, lequel appartient organiquement à la sphère internationale  des Frères Musulmans. Telle collaboration est le signe que les islamistes – qu’ils soient Frères Musulmans ou agents d’al-Qâ’ida – ont le même objectif, à savoir l’institution d’un Etat islamique encadrant une société ré-islamisée sur le mode islamiste. Parmi les diverses tendances de l’islamisme, entre partisans de l’extrémisme et ceux du juste milieu, la stratégie est la même, seule la tactique diffère. L’Egypte, victime du terrorisme, récolte aujourd’hui ce que les islamistes prétendument modérés ont semé hier lorsqu’ils disposaient du pouvoir de « lier et de délier » (comme on dit en arabe).
En second lieu, nous déplorons, à l’instar du Monde, l’interruption violente du processus démocratique en Egypte au moment même où les Frères Musulmans subissaient une inéluctable érosion de la légitimité qu’ils avaient acquise par les urnes. De même, nous refusons le retour des militaires et surtout le retour au culte de la personnalité, qui nous fait régresser non pas vers Moubarak et Sadate mais plus en amont, vers le populisme de Nasser.

La sécularisation, une alternative à l'islamisme

Toutefois, nous ne pensons pas que ce retour soit la conséquence de l’expulsion des islamistes du pouvoir. Celle-ci s’est faite suite à une massive mobilisation populaire contre leur hégémonie et leur rapt de l’Etat. Nous ne pensons pas comme Le Monde que l’alternative soit entre dictature et islamisme décrété modéré (un oxymore !) dont les adeptes sont parvenus au pouvoir par des élections libres. Nous pensons que le salut est dans la troisième voie, celle qui doit au préalable instituer la séparation du religieux et du politique : même là où l’islam est au centre, ce dessein demeure réalisable ; toute une accumulation de pensée écrite en langue arabe y contribue ;  on y trouve notamment la déconstruction du dogme forgé par des docteurs assimilant à un article de foi la consubstantialité entre religion et politique (al-islâm dîn wa dawlah). Cette troisième voie est celle de la sécularisation. C’est elle qui est au fondement d’une politique à venir. Nous sommes un certain nombre, en Egypte et en Tunisie, à y croire ; et nous sommes décidés à ne pas lâcher un tel fil, surtout dans la situation indécidable qui est la nôtre aujourd’hui.
Et dans la logique qui en résulte, nous avons à comprendre les raisons qui ont conduit à la victoire électorale des islamistes. Au-delà du désenchantement qu’ils suscitent après la découverte de leur non-expertise dans la gouvernance, nous ne pouvons occulter ces raisons qui sont celles de l’exclusion sociale et du mépris qu’elle encourage. Dans leur libéralisme intégral, les islamistes lui trouvent remède en invoquant la zaqât (l’impôt religieux) et la çadaqa (la vertu de charité). Ce ne sont là que des pis-aller. Les séculiers ont à repenser dans son intégralité la construction sociale et la rémanence féodale qui la corrompt. Ils doivent donner à cette question sa dimension technique  et éthique. La question de la pauvreté et de l’abandon social se résout par une plus juste répartition des richesses fondée sur la revalorisation du travail. Celle-ci trouvera sa confirmation dans l’égalité citoyenne qui incitera à donner à chacun les moyens matériels de sa dignité.

mardi 25 février 2014

La Tunisie, un pays arabe ?

Habib Sayah
Par Habib Sayeh.
directeur de l'Institut Kheireddine.

Les Tunisiens, par on ne sait quel enchantement, semblent vouloir revenir sur leur passé arabe et se définir comme Arabes. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. Mais ce compromis artificiel repose sur le désir de se rattacher à un passé glorieux.

“Nous les Arabes avons fait… Nous les Arabes avons inventé… Nous sommes fiers d’être Arabes… !” Ces phrases semblent si artificielles dans la bouche d’un tunisien !
La culture tunisienne et les tunisiens sont-ils arabes ?
Certes, l’influence arabe a été grande dans la construction de la culture tunisienne. Suite aux invasions arabes du 7e siècle, les Arabes ont su éliminer de la culture tunisienne les vestiges de son passé païen et chrétien. La Tunisie, avant d’être arabe, a été successivement, phénicienne, carthaginoise ou punique, province romaine, chrétienne, siège de l’Église d’Afrique. Elle est ensuite passée sous domination vandale, puis byzantine pour être enfin conquise par les Arabes.
Les Arabes ont su imposer leur langue en Tunisie, ainsi que leur religion. En cela, la Tunisie a été profondément arabe pendant un millénaire, dans la période médiévale.
La conquête ottomane a permis à la Tunisie une certaine émancipation. La Tunisie ottomane est devenue, comme Istanbul, et d’autres cités ottomanes, une terre d’accueil, cosmopolite. La culture tunisienne a alors été redessinée, non seulement par l’influence turque, mais également à travers les innombrables vagues d’immigration de peuples étrangers vers la Tunisie. Tunis, notamment, était un véritable melting-pot dès le 17e siècle. Y cohabitaient et s’y mêlaient des populations aux origines et aux langues diverses : arabes, juifs séfarades, berbères, maures, sénégalais, maliens, soudanais, espagnols, siciliens, italiens, sardes, maltais, français, grecs, chypriotes, turcs, géorgiens, abkhazes, circassiens et autres peuples du Caucase etc. En cela, la Tunisie était ottomane car elle ressemblait au reste de l’Empire : mosaïque pluriethnique, multiconfessionnelle et essentiellement méditerranéenne.
Ces nombreux peuples n’ont pas simplement transité par les terres tunisiennes. Ils s’y sont installés, y ont vécu, apportant avec eux leur culture et leur langue. Ainsi, la lange et la culture tunisiennes, qui n’étaient plus qu’arabes à la fin du Moyen-âge, se sont-elles enrichies de mille influences, pour devenir uniques, originales, et surtout méditerranéennes.
Cette Tunisie, à travers la mise en place du Beylicat et de sa stabilité, est restée ottomane et méditerranéenne. Seule une influence de plus s’est ajoutée à cette mosaïque : la culture française, par l’instauration du Protectorat.
C’est le fruit de ce mélange qui constitue notre culture actuelle, car la culture proprement tunisienne s’est formée pendant la période ottomane, et a perduré.
Les Tunisiens, par je ne sais quel enchantement, semblent vouloir revenir sur leur passé arabe et se définir comme Arabes. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. Mais ce compromis artificiel repose sur le désir de se rattacher à un passé glorieux, celui de Haroun El Rachid, de l’Empire Arabe qui s’est étendu de l’Espagne aux Indes… Mais vouloir s’attribuer une gloire qui nous est étrangère, et à laquelle nous n’avons pas participé me semble être le symptôme d’un profond malaise. Et puis, il semble difficile de comprendre que l’on puisse être fier d’être Arabe (surtout quand on n’est pas arabe), c’est à dire se rattacher à un peuple et à une culture qui vivent dans un obscur Moyen-âge depuis le 16e siècle, et dont on a du mal à voir la sortie.
On aurait pu trouver plus glorieux et moins agonisant dans notre histoire pour raviver notre fierté : Carthage, Rome, l’Empire Ottoman
Mais ce que je vous propose ici, ce n’est pas d’affirmer de manière pathétique notre fierté pour un passé auquel nous n’avons pas participé. Je vous propose plutôt d’affirmer la réalité de ce que nous sommes.
Si les pays voisins du Maghreb peuvent de manière réaliste se déclarer Arabo-Berbères, les Tunisiens ne le peuvent pas, du fait des spécificités de leur histoire, des multiples conquêtes, et des mille origines de ce peuple et de cette culture. Certains arabes voient dans la Tunisie une sorte de culture bâtarde, ni Arabe, ni Occidentale, ou bien un peu des deux. Ceux-là n’ont rien compris, à part le fait que nous ne sommes pas arabes, du moins pas seulement. Nous ne sommes pas plus arabes qu’italiens ou turcs.
La culture tunisienne est unique, originale, elle a été façonnée par les échanges et les implantations de nombreux peuples. Nous sommes avant tout tunisiens, et il serait stupide de renier l’essentiel de notre culture pour nous dire arabes. La culture tunisienne est cette mosaïque méditerranéenne unique en son genre. Nous ne pouvons pas réduire la Tunisie à un sous-ensemble de sa culture. Tout au plus, peut-on dire que la culture tunisienne est avant tout tunisienne, mais qu’elle s’insère dans la culture méditerranéenne et ottomane. C’est aussi cette spécificité culturelle qui a permis à la Tunisie d’accéder à la modernité, voyant apparaître des thèses rationalistes et en faveur de l’émancipation de la Femme, chez les théologiens tunisiens, tels que Cheikh Salem Bouhageb, dès le 19e siècle, alors que la femme est encore un objet dans le reste du monde arabe qui ne nous ressemble pas.
Cette affirmation se vérifie lorsqu’on confronte un Tunisien à un étranger : il comprendra sans doute mieux la langue maltaise que celle du Yéménite ou même du Marocain, s’identifiera plus facilement aux mœurs du Grec ou du Sicilien qu’à celle du Koweïtien, reconnaîtra une partie de ses plats nationaux à la table du Turc, de l’Arménien, du Circassien, tous Ottomans, de l’Algérien, maghrébin comme lui, mais ne saurait nommer un plat saoudien.

Cela conduit à affirmer que les Tunisiens, bien avant d’être arabes, sont méditerranéens.