jeudi 31 juillet 2014

Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l'idée même de la justice

Dominique de Villepin : « Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza »
Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c'est aujourd'hui, je l'écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l'existence et à la sécurité d'Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d'État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l'éternel retour de la guerre qu'il est temps de parler et d'agir. Il est temps de mesurer l'impasse d'une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement. Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd'hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause? Comment comprendre que la France s'abstienne lorsqu'il s'agit d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d'Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit d'alignement et de soutien au recours à la force.
Je crois que seule la vérité permet l'action. Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C'est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées.
Ayons le courage de dire une première vérité: il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd'hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n'y a plus que l'engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité. L'État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C'est la spirale de l'Afrique du Sud de l'apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d'iniquité et de bantoustans humiliants. C'est la spirale de l'Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle.
Il y a une deuxième vérité à dire haut et fort: il ne saurait y avoir de responsabilité collective d'un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu'on assassine ces derniers, d'autant moins qu'on a refusé de croire et reconnaître en 2007 que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche politique. Qu'on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr, différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996 après les attentats financés par le GIA? Londres a-t-elle bombardé l'Irlande dans les années 1970?
Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici: oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu'on leur a fait jouer. Je ne peux accepter d'entendre que ce qui se passe en Palestine n'est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu'on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d'«eau sale» et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu'on nie qu'il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune.
Il n'y a aujourd'hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d'en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce n'est pas «comment?», c'est «qui?».
Il n'y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d'Israël. La logique de force a légitimité hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd'hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire s'engager dans une logique où il n'y aurait plus que la soumission ou l'élimination.
Il n'y a plus de partenaire pour la paix en Israël car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais aujourd'hui c'est une logique folle qui s'est emparée de son État, une logique qui conduit à détruire la possibilité d'une solution à deux États, seule envisageable. La résignation d'une partie du peuple israélien est aujourd'hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la voix couverte par le vacarme des hélicoptères.
Il n'y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s'interroge sur l'utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de chèques de l'Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain, quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.
Face à l'absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C'est au premier chef la responsabilité de la France.
Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques avant qu'il ne soit trop tard, tout particulièrement à l'heure où il est question d'une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant l'action d'Israël, son non-respect des résolutions antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la guerre. Cela signifie concrètement d'assumer des sanctions économiques ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu'elles renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui doit être mise face aux réalités.
Le deuxième outil, c'est la justice internationale. L'urgence aujourd'hui, c'est d'empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d'adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd'hui le meilleur garant de la loi internationale. C'est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection internationale.
Le troisième outil à la disposition de la communauté internationale, c'est l'interposition. À défaut de pouvoir négocier une solution, il faut l'imposer par la mise sous mandat de l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales. Cette administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle aurait vocation à redresser l'économie et la société sur ces territoires par un plan d'aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l'ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes.
Nous n'avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu'elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l'espoir même d'un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l'idée même de la justice.

Prière pour une dissolution des religions

Si dieu existait, il s'arracherait les cheveux et les poils de sa barbe de savoir ce que les "religieux" ont fait et continuent de faire à son nom !
Car trop, c'est trop !
R.B


1) Dieu (1) qui n'existe pas, s’il te plaît, débrouille-toi pour me débarrasser de toutes ces religions qui existent trop. Et qui ne pensent qu’à faire mentir l’étymologie qui les voudrait liens entre les hommes, pour pendre à la plus haute branche ceux qui ne croient pas comme elles et étriper ceux qui aiment copiner avec le diable de la raison et du plaisir.
2) Père qui est aux cieux, tu me ferais des vacances si tu pouvais rester tranquille tout là-haut, les fesses calées dans ton fauteuil rouge, à faire glouglou avec ta chicha opiacée, à siroter ton whisky tourbé, tout en grignotant du pain azyme tartiné de tarama casher.
3) Dieu qui n’est pas dieu, nom de dieu, tu es une plaie vivante surtout quand tu te prétends le seul, l’unique, monothéiste monogame monomaniaque de toi-même. Chrétien, musulman ou juif, tu es le triple exemplaire de la triple buse. Tu es l’hydre à triples tentacules et à triples foyers qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Essaie juste d’allonger sur un divan, les névroses qui te poussent à t’imaginer aussi essentiel et celles qui te font chosifier concurrents ou mécréants.
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4) Dieu du désastre, je t’en veux de m’obliger à choisir le camp des hommes de Tsahal, ces centurions du talion, cet indéfendable moindre mal. Tout ça parce que je ne m’imagine pas une seconde tresser la moindre fleur de compréhension dans les barbes de ces fascistes verts du Hamas qui lapident l’intelligence et mettent le désir sous voile.
5) Pauvre dieu à kippa et à burqa, arrête de mettre un uniforme aux plus fringants de tes jeunes gens pour les sacrifier au vorace Chronos mais arrête aussi de jouer les grands courageux en te planquant derrière femmes et enfants que tu alignes en boucliers.
6) Notre père qui n’est pas le mien, si tu pouvais juste te cantonner dans tes quartiers surchauffés, là-bas en terre sainte, en terre promise, en terre perdue, appelle-la comme tu veux, ça m’arrangerait. Surtout, évite de profiter de l’émotion relayée par les incendiaires chaînes infos pour hystériser les positions et les postures en France. Laisse un peu tranquille, ce pays laïque qui t’échappe depuis 1905. Lequel serait bien avisé de visser les boulons de son anticléricalisme au lieu de laisser flotter les rubans de la tolérance coupable et je-m’en-foutiste pour les pieuses intolérances qui ne voient pas pourquoi elles n’auraient pas droit au respect public de leurs interdits privés. Ben voyons !
7) Notre père qui est là-haut ne pense surtout pas que ta volonté sera faite ici bas. Je connais ton habileté à la manœuvre, mais tu ne vas pas pouvoir me la raconter longtemps. Je sais comment ces fondamentalismes que tu caches dans les surplis de ton aube blanche finissent toujours par faire alliance de circonstance. Likoud et Hamas, Ligue de défense juive et Europalestine, Cukierman et Dieudonné ont des intérêts communs à ce que ça dégénère. La guerre durcit les affirmations, ferme les frontières, chrome les identités, rétablit la censure, saccage les libertés. Grâce à tes grandes manœuvres importées et imposées, on en est rendu à croire qu’en France, tout musulman est antisémite et tout juif, anti-Arabe. Alors qu’il faudrait plutôt admettre que la France du centre n’est plus du tout antisémite. Même si elle fatigue que le particularisme musulman ne se dissolve pas dans l’individualisme consumériste. Pendant ce temps, en périphérie, quelques relégués sociaux se projettent dans un destin palestinien, victimaire et jihadiste, et font flamber un antisémitisme rénové, bras d’honneur à Israël comme aux élites financières.
8) Eternel dieu de mes deux, n’hésite plus, brûle synagogues, mosquées et églises. Et n’oublie pas, de commencer par Notre-Dame-de-Paris. Comme ça, l’individu libre et émancipé n’aura plus la tentation de se signer quand il passera devant l’un de ces symboles obscurantistes. Quand tu joueras les boutefeux, débrouille-toi pour épargner Esmeralda. Je sais qu’elle te sort par les yeux depuis qu’elle s’est engagée chez les Femen, mais elle a de si beaux seins qu’un Tartufe comme toi ne peut y être insensible.
9) Dieu éternel, il faut te mettre à mort encore et encore, avec l’aide de Sade, de Nietzsche et aussi d’Onfray, celui du traité d’athéologie, pas celui qui dénonce les incivilités dans le Point. Parce que le pire, c’est qu’avec toi, dieu guépard, il faut que rien ne change pour que… rien ne change. On continue à se focaliser sur un conflit proche-oriental qui rabâche sa désespérance, qui inventorie ses non-solutions et qui permet au gouvernement français d’interdire des manifestations ou de condamner des brigadistes jihadistes potentiels. Et pendant ce temps, l’humain change de base, conquérant une éternité qui fut longtemps ton monopole. L’univers se numérise, les robots se maquillent, la longévité explose, sans que personne n’ait le temps de penser cette évolution faustienne, tant les régressives guerres de religion mobilisent des affects vieux comme Hérode.
(1) Dieu et père avec une minuscule, chère correctrice.

lundi 28 juillet 2014

Les gazaouis piégés par les frères musulmans ! Ou l'indignation sélective des arabes.

Les gazaouis payent leur choix politique : ils ont préféré le Hamas au Fatah ... et ils ont eus les frères musulmans, qui les tiennent en otages 

R.B

Wafa Sultan

Sociologue d’origine syrienne. 
Elle plonge aux origines de l’islam pour expliquer le conflit entre deux conceptions diamétralement opposées : la culture de la vie contre la culture de la mort et du martyre. Elle s’appuie sur des exemples de l’histoire récente pour dénoncer une religion, une culture et une idéologie barbares.


Gaza, ou l’hypocrisie inégalée


Puisqu’il m’importe peu de satisfaire les uns, de défendre les autres ou d’éviter la colère des troisièmes, je peux dire que le Hamas n’est qu’une sécrétion islamique terroriste dont le comportement irresponsable à l’égard de sa population l’empêche de se hisser au niveau du gouvernement. Mais ceci est conforme à l'habitude, puisque, à travers l’histoire de l’islam, jamais une bande de criminels islamistes n’a respecté ses administrés. Je ne prétends pas défendre Israël, puisque les Juifs ne m’ont pas demandé mon avis quant à leur terre promise. S’ils me demandent mon avis, je leur conseille de brûler leurs livres sacrés et de quitter la région et de sauver leur peau. Car les musulmans constituent une nation rigide exempte de cerveau. Et c’est contagieux. Tous ceux qui les fréquentent perdent la cervelle…

Avant la création de l’Etat d’Israël, l’histoire n’a jamais mentionné une guerre impliquant les Juifs, ni qu’un Juif ait commandé une armée ou mené une conquête. Mais les musulmans sont des combattants, des conquérants et leur histoire ne manque pas d’exemples et de récits de conquêtes, de morts, de tueries, de razzias … Pour les musulmans, tuer est un loisir. Et s’ils ne trouvent pas un ennemi à tuer, ils s'entre-tuent entre eux.

Il est impossible pour une nation qui éduque ses enfants sur la mort et le martyre, pour plaire à son créateur, d’enseigner en même temps l’amour de la vie. La vie a-t-elle une valeur pour une société qui inculque à ses enfants qu’ils doivent tuer ou être tués pour aller au Paradis ?

Depuis le début de l’opération israélienne contre Gaza, je suis bombardée de courriers électroniques venant de lecteurs musulmans qui me demandent mon avis sur ce qui se déroule à Gaza. Je ne suis pas concernée par ce qui s’y passe, mais je suis intéressée par les motivations qui animent ceux qui m’écrivent. Je suis convaincue que ce qui les motive n’est pas la condamnation de l’horreur, ni la condamnation de la mort qui sévit à Gaza. Car, si la motivation était réellement la condamnation de la mort, ces mêmes lecteurs se seraient manifestés à d’autres occasions où la vie était menacée.

Ceux qui condamnent le massacre de Gaza, par défense de la vie en tant que valeur, doivent m’interroger sur mon avis à chaque fois que cette vie-valeur était menacée. Plus de 200.000 musulmans Algériens ont été massacrés par d’autres musulmans Algériens ces quinze dernières années, sans qu’aucun musulman ne s’en émeuve. Des femmes Algériennes violées par les islamistes ont témoigné et raconté que leurs violeurs priaient Allah et imploraient son Prophète avant qu’ils ne violent leurs victimes. Mais personne ne m’a demandé mon avis. Plus de 20.000 citoyens syriens musulmans avaient été massacrés par les autorités (Hamas en 1983) sans qu’aucun musulman ne réagisse et sans qu’aucun ne me demande mon avis sur ces massacres étatiques. Des musulmans se sont fait exploser dans des hôtels jordaniens tuant des musulmans innocents qui célébraient des mariages, symboles de la vie-valeur, sans qu’aucune manifestation ne soit organisée à travers le monde, et sans qu’on ne me demande mon avis. En Egypte, des islamistes ont récemment attaqué un village copte et ont massacré 21 paysans, sans qu’un seul musulman ne dénonce ce crime. Saddam Hussein a enterré vivant plus de 300.000 chiites et kurdes, et en a gazé beaucoup plus, sans qu’un seul musulman n’ose réagir et dénoncer ces crimes.
Au plus fort des bombardements de Gaza, une femme musulmane, fidèle et pieuse, s’est fait exploser en Irak dans une mosquée chiite, tuant une trentaine d’innocents, sans que les médias ou les musulmans ne s’en émeuvent. Il y a quelques mois, le Hamas avait aussi tué onze personnes d’une même famille palestinienne, accusés d’appartenir au Fatah, sans que des manifestations ne soient organisées en Europe ou dans le monde arabe, et sans qu’aucun lecteur ne m’écrive et ne m’envoie ses protestations.

Ainsi, la vie n’a pas de valeur pour le musulman. Sinon, il aurait dénoncé toute atteinte à la vie, quelle qu’en soit la victime. Les Palestiniens et leurs soutiens dénoncent les massacres de Gaza, non pas par amour de la vie, mais pour dénoncer l’identité des tueurs. Si le tueur était musulman, appartenant au Hamas ou au Fatah, aucune manifestation n’aurait eu lieu.

CNN a diffusé un documentaire sur Gaza montrant une femme palestinienne qui se lamente et crie : mais qu’ont fait nos enfants pour être tués comme ça ? Mais qui sait. Peut-être qu’il s’agit de la même palestinienne qui se réjouissait il y a deux ans quand l’un de ses fils s’était fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv et qui disait souhaiter que ses autres enfants suivent le même exemple et devenir martyrs.

Mais quand l’idéologie et l’endoctrinement sont d’une telle bassesse, il devient normal que cette palestinienne perde toute valeur à la vie. Sinon, elle pleurerait ses enfants de la même façon qu’ils se tuent dans un attentat suicide à Tel-Aviv ou sous les bombes israéliennes. Car, la mort est la même qu’elle qu’en soient les circonstances, et elle demeure rejetée, et au contraire, la vie mérite d’être vécue et pleurée.
Dans ce cas, comment puis-je me solidariser avec une femme qui lance des youyous de jouissance quand l’un de ses enfants se fait exploser contre les juifs, et elle pleure quand les juifs tuent ses autres enfants ? Mais l’idéologie enseigne aux musulmans que tuer ou être tué permet au fidèle de gagner le paradis. Dans ce cas, pourquoi pleurer les gazaouis alors qu’ils n’ont pas bougé le petit doigt pour les Irakiens, les Algériens, les Égyptiens ou les Syriens pourtant musulmans ?

Après ce qui précède, je suis certaine que ceux qui m’écrivent et me demandent mon avis sur ce qui se passe à Gaza cherchent à me faire dire ce qu’ils peuvent utiliser pour m’incriminer et me condamner, ou pour me faire dire ce qu’ils ne peuvent exprimer eux-mêmes.

Borhane, un jeune palestinien de 14 ans, a perdu il y a une dizaine d’années ses bras, ses jambes et la vue dans l’explosion d’une mine en Cisjordanie. La communauté palestinienne aux Etats-Unis s’est mobilisée pour lui venir en aide et financer son hospitalisation dans l’espoir de sauver ce qui pouvait l’être. Lors d’un dîner de bienfaisance organisé à son profit en Californie, la plus riche palestinienne des Etats-Unis s’est présentée en grande fourrure, et a qualifié Borhane de héros. Elle s’est adressée à ce bout de chair immobile et inerte : " Borhane, tu es notre héros. Le pays a besoin de toi. Tu dois retourner dans le pays pour empêcher les Sionistes de le confisquer…". Mais l’hypocrisie de la palestinienne la plus riche des Etats-Unis l’empêche d’envoyer ses propres enfants défendre la Palestine contre les Sionistes. Exactement à l’image des chefs du Hamas qui demandent les sacrifices aux gazaouis, mais restent à l’abri à Damas et à Beyrouth.

La guerre contre Gaza est certes une horreur. Mais elle a le mérite de dévoiler une hypocrisie inégalée dans l’histoire récente de l’humanité. Une hypocrisie qui distingue les Frères Musulmans syriens qui annoncent abandonner leurs activités d’opposition, pour resserrer les rangs contre les sionistes. Mais ces Frères musulmans ont-ils le droit d’oublier les crimes du régime commis contre les leurs à Hama, Homs et Alep ? Avant de se réconcilier avec le régime pour lutter contre les sionistes, ces Frères musulmans ont-ils dénoncé les crimes commis par leurs alliés et partenaires (dans la confrérie) en Algérie et en Irak ? Ont-ils dénoncé la mort de plus d’un millier de chiites en Irak sur le pont des oulémas à Bagdad, pulvérisés par l’un des vôtres conformément aux enseignements de votre religion de la paix et de la miséricorde ? Avez-vous une seule fois dénoncé les exactions contre les chrétiens en Irak ? Ou contre les coptes en Egypte ? Votre hypocrisie nous empêche de croire vos sentiments à l’égard des enfants de Gaza, puisque vous êtes responsables du pire.

Essayons d’imaginer ce que le Hamas aurait fait du Fatah, et des autres, s’il possédait la technologie et les armes d’Israël ? Essayons d’imaginer ce que l’Iran aurait fait des sunnites de la région, s’il détenait les armes modernes que possède Israël ? Ce serait sans doute le massacre garanti.

J’ai récemment rencontré un religieux hindou en marge d’une conférence consacrée à la guerre contre le terrorisme. Il m’a dit : « toutes les guerres se sont déroulées entre le bien et le mal. Sauf la prochaine, elle doit se dérouler entre le mal et le mal ». N’ayant pas compris ses propos, je lui ai demandé des explications. Il m’a dit : « Je suis contre la présence américaine en Irak et en Afghanistan. Si les Etats-Unis veulent gagner la guerre contre les islamistes, ils doivent se retirer et laisser les deux pôles du mal s’entretuer. Les sunnites et les chiites étant nourris de haine, vont se battre et se neutraliser ».

Tirant la conclusion de ces mots remplis de sagesse, on peut dire qu’Israël contribue aujourd’hui, inconsciemment, au succès de l’islam. En s’attaquant à Gaza, Israël pousse les musulmans à se solidariser et à surpasser leurs divergences. Et septembre noir en Jordanie est encore dans tous les esprits. Les exactions dont sont capables les arabes et les musulmans dépassent toute imagination. Un char jordanien avait écrasé un palestinien, puis le conducteur du char est descendu de son blindé et a bourré la bouche de sa victime avec un journal … Un comportement qu’aucun militaire israélien n’a eu à Gaza. Aussi, pendant les massacres de Hama en Syrie, des militants des Frères musulmans trempaient leurs mains dans le sang des victimes pour écrire sur les murs : Allah Akbar, gloire à l’islam. Je n’ai jamais entendu qu’un juif ait écrit avec le sang d’un autre juif des slogans à la gloire du judaïsme. Je le dis avec un pincement au cœur : pour sauver l’humanité du terrorisme, il faut que le monde libre se retire et qu’il laisse les musulmans s'entre-tuer.

Je me souviens quand j’étais étudiante à l’université d’Alep, et quand l’ancien ministre syrien de la Défense Mustapha Tlass était venu nous rencontrer. Dans un élan d’hypocrisie, Tlass nous avait dit qu’« Israël craint la mort et la perte d’un de ses soldats lui fait peur et mal. Mais nous, nous avons beaucoup d’hommes et nos hommes ne craignent pas la mort ». Là réside la différence entre les deux conceptions et les deux camps, et le témoignage de Tlass semble avoir inspiré les dirigeants du Hamas aujourd’hui.
Ainsi, l’extermination de tous les enfants de Gaza importe peu aux dirigeants islamistes et du Hamas, la vie n’ayant aucune valeur pour eux. Ils se réjouissent simplement de la mort de quelques soldats israéliens. Pour les islamistes, l’objectif de la vie est de tuer ou de se faire tuer pour gagner le paradis. La vie n’a donc aucune valeur.

Si le Prophète Mohammed savait que le Juif allait voler un jour à bord des F-16, il n’aurait pas commandé à ses disciples de tuer les juifs jusqu’au jour dernier. Mais ses disciples doivent modifier cette idéologie par pitié pour les générations futures, et pour sauver leur descendance et leur préparer une vie meilleure, loin de l’idéologisation de la mort.

Les musulmans doivent commencer par se changer, pour prétendre changer la vie. Ils doivent rejeter la culture de la mort enseignée et véhiculée par leurs livres. C’est seulement quand ils y parviendront qu’ils n’auront plus d’ennemis. Car, celui qui apprend à son fils à aimer plus qu’à haïr son ennemi, appréciera mieux la vie. Aussi, jamais la terre ne vaut la vie des personnes, et les Arabes sont le peuple qui a le moins besoin de la terre. Mais paradoxalement, c’est le peuple qui déteste le plus la vie. Quand est-ce que les Arabes comprendront-ils cette équation et commenceront-ils à aimer la vie ?

Traduction de Chawki Freïha

dimanche 27 juillet 2014

La laïcité comme solution aux guerres des religions.

Le pape Jean Paul II a dit :" Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ", comme d'un défi au communisme contre lequel il a lutté et qu'il a contribué à son déclin avec la chute du mur de Berlin depuis le jour où il avait invité les croyants de ne plus avoir peur; puisque cette idéologie était imposée par la terreur aux peuples du bloc de l'est !
Or les religions sont devenues sources de guerre entre musulmans, juifs et chrétiens depuis la création de l'Etat d’Israël en 1948 ! C'est la partition de la Palestine qui a ravivé ces guerres !
Et les guerres de religions ont repris de plus belle depuis la chute du mur de Berlin; puisque le communisme laissera place au wahhabisme que ses "promoteurs" tentent d'imposer par la terreur eux aussi. 

Et tant que la laïcité n'aura pas supplanté les religions et neutralisé ceux qui les instrumentalisent : 
- les islamistes pour l'Islam,
- les sionistes pour le Judaïsme, et
- les américains pour le wahhabisme qu'ils ont "réactivé" contre les soviétiques et continuent à l'instrumentaliser pour contrôler l'or noir des "arabes", ... le XXIe siècle sera alors religieux mais belliqueux
R.B

Frédéric Saint-Clair,
mathématicien et économiste.

Pour sortir du conflit israélo-palestinien, une seule solution : la laïcité !

Le problème théologico-politique est au cœur du conflit israélo-palestinien. Tant qu'Israël ne sera pas un Etat laïque, toute critique de sa politique se confondra systématiquement en antisémitisme.

Toute analyse politique, ou géopolitique, du conflit israélo-palestinien fait apparaître, à un moment ou un autre, la dimension religieuse. La question religieuse n'est pas, cependant, seulement une composante de la question politique. Elle n'est pas non plus le tout du politique. Elle est ce qu'elle a été durant des siècles en France, l'impossible alliance du trône et de l'autel, l'impossible articulation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Ce problème, que l'on a qualifié de «théologico-politique», n'a trouvé de solution que dans l'exigence de laïcité que la Troisième République a établie. Il s'impose au cœur du conflit entre Israël et la Palestine et conduit à une impasse.

La décision de favoriser l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif, lors de l'occupation de la Palestine en 1917 par l'armée britannique, a marqué, au-delà de la volonté louable d'offrir une terre d'accueil à des populations persécutées lors de pogroms successifs, un aveuglement théologico-politique majeur. Un double aveuglement pourrait-on dire. Le premier a consisté à poser les bases d'un Etat futur sur un socle religieux ; et c'est en 1947 que l'ONU a gravé dans le marbre cet aveuglement en fondant le concept d'Etat pour Israël sur une dimension religieuse. Le second a consisté à choisir un emplacement qui faisait écho aux textes bibliques, offrant ainsi la terre d'Israël, la «Terre promise», au peuple d'Israël, au «Peuple élu». L'incapacité des Etats occidentaux à séparer judéité et citoyenneté, a conduit à cette méprise. Les droits de l'homme sont restés lettre morte, et un juif polonais, un juif allemand, un juif français, un juif italien sont devenus avant tout des juifs à qui il fallait une terre d'accueil alors que les nations, désormais conscientes de l'horreur d'Auschwitz, avaient le devoir d'accueillir, avaient le devoir d'inclure, et de réaffirmer la primauté de la citoyenneté «sans distinction d'origine, de race ou de religion». Ces nations «victorieuses» qui siégeaient à l'ONU ont choisi, d'une certaine manière, d'exclure.

Dès lors, via une identification entre palestiniens et musulmans, toute extension du territoire israélien aux dépends du territoire palestinien contient, en germe, l'expansion des prétentions du judaïsme sur l'islam ; toute action militaire devient l'expression d'une domination religieuse du judaïsme contre l'islam. Le soutien d'une grande partie de la communauté juive internationale au caractère juif de l'Etat d'Israël est le vecteur par lequel s'exporte la lutte israélo-palestinienne hors du Proche-Orient. Si l'oppression de l'armée israélienne contre Gaza se mue en oppression juive, et si il y a solidarité juive autour de cette oppression, alors la rébellion contre les exactions de l'armée israélienne croit légitime de se muer en lutte contre les juifs. Ce n'est pas tant que l'antisémitisme renaît ou grandit sous couvert d'antisionisme, c'est que la dimension théologico-politique de l'Etat d'Israël a inscrit dans ses gènes le lien entre judaïsme et sionisme, et donc, a fortiori, le lien symétrique entre antisémitisme et antisionisme. Le cadre théologico-politique dans lequel s'inscrit l'Etat d'Israël constitue ainsi, via l'antisionisme, un des piliers de l'antisémitisme. Ceci explique d'ailleurs pourquoi les critiques politiques, qu'elles émanent des élites ou de la rue, adressées par les laïcs à l'Etat d'Israël ne sont jamais comprises comme telles, et sont régulièrement soupçonnées d'antisémitisme. De même, il est important de rappeler que ceux qui se rebellent violemment, dans les rues de Paris notamment, contre les exactions perpétrées à Gaza, ceux qui incendient les synagogues et qui incitent à la haine des juifs, en s'inscrivant dans un cadre théologico-politique, s'éloignent de toute sortie du conflit. La destruction de l'Etat d'Israël, prônée par les extrémistes, en plus de la barbarie qu'elle constituerait, comme un écho aux monstruosités nazies, n’excéderait pas non plus les limites du cadre théologico-politique, mais définirait plutôt une sorte de théologie politique de l'ignoble. L'unique porte de sortie du problème théologico-politique - et non du conflit stricto sensu, car on pourrait imaginer un compromis temporaire, presque durable, mais qui sera incapable de résoudre complètement le dilemme - demeure une transition du théologico-politique vers le politique, c'est-à-dire une accession à une laïcité revendiquée par l'Etat d'Israël avec toute ce que cela comporte de conséquences concrètes. Un tel mouvement de sortie du cadre théologico-politique en Israël s'apparenterait à celui qu'a connu la France au tournant du XXème siècle, à l'issue duquel la religion, déconnectée du pouvoir temporel, a pu retrouver sa dimension légitime, spirituelle. Il ne semble pas cependant que les autorités israéliennes en prennent le chemin, ni même que la communauté juive internationale en formule expressément le désir.

La question théologico-politique symétrique, celle qui prescrit une composante politique aux écrits coraniques, n'offre pas plus de solution. En apparence plus simple puisque la notion de lieu géographique sacré ne s'impose pas comme dans le cadre de la «Terre promise» - la terre sainte de la Mecque ne présentant pas les mêmes enjeux -, elle n'en demeure pas moins ardue à dénouer, car elle est liée par le concept de «loi» à la notion politique, s'opposant par-là aux principes fondateurs de la démocratie libérale. Jacques Rollet écrit: «La démocratie politique n'a de fait jamais existé en terre d'islam et les droits de l'homme comme droits de l'individu n'y ont jamais été reconnus.» En effet, pour les musulmans radicaux, la positivité de la loi démocratique ne saurait supplanter la loi coranique qui, par essence, est d'origine divine - position qui semble désormais s'étendre de façon inquiétante à toute la partie des croyants que l'on pourrait qualifier de «non libérale». De cette tension théologico-politique en expansion découlent la remise en question récurrente du principe de laïcité sur le sol français, l'affirmation de principes religieux face aux lois républicaines, les cris répétés de «Allahu akbar» face aux forces de l'ordre et l'interprétation potentielle de toute lutte sociale ou politique sous l'angle du «Jihad».

Ce qui est parfois relevé comme un «manque d'autorité» sur ces thématiques tient davantage à un manque d'attachement, ouvert et assumé, au principe de laïcité. En politique intérieure, la restauration de l'autorité devrait ainsi rimer avec une plus grande sévérité vis-à-vis des prétentions religieuses visant à contraindre le droit et les fondements républicains. Et en politique étrangère, l'exigence de laïcité devrait inciter les gouvernements à la plus grande rigueur vis-à-vis des pays qui laissent la dimension théologico-politique perturber leur jugement et leur action, qu'il s'agisse des Etats-Unis, passés maîtres dans l'art de soutenir Israël presque indépendamment de la réalité du conflit, ou des états du Proche ou du Moyen Orient qui menacent Israël de destruction. Si le principe démocratique demeure un enjeu politique majeur, un idéal à poursuivre et à concrétiser, pour de nombreux pays d'Orient, sa séparation d'avec la notion de laïcité lui ôte la possibilité de se réaliser pleinement.





samedi 26 juillet 2014

ENFIN UN IMAM RÉFORMATEUR !

Si dans l'islam chiite le clergé est admis, il n'en est pas de même dans l'islam sunnite où l'imam n'a d'autre rôle que celui que peut avoir tout intellectuel dans une société : éclairer ses concitoyens, les informer mais ne rien leur imposer ! 
Il est intéressant d'entendre un chiite "donner un coup de pied dans la fourmilière", grouillante de tant de bêtises frisant l'obscurantisme souvent; pour faire des croyants, des pratiquants éclairés et ne pas tomber dans la schizophrénie que prêchent les wahhabis qui refusent la modernité mais utilisent hypocritement tout ce qu'elle produit ! 
Enfin un théologien lucide. Il recommande aux croyants de s'émanciper des guides et des imams !
Ahmad Kabanji était chiite et après avoir étudié le sunnisme, il a jugé que tout deux c'est de la foutaise ! Il prône un retour à la spiritualité et à philosophique pour s’émanciper de l'iman Rouhani le guide spirituel des chiites et de tous les imams sunnites; et de leurs recommandations quant aux pratique religieuse qu'il considère souvent comme farfelues et charlatanesques !
Il recommande aux croyants de priez comme ils veulent et de croire en dieu comme ils l'entendent. 
R.B
PS : A quand l'étape d’après, pour que les hommes s'émancipent des religions elles-mêmes ?

Conférences vidéo d'Ahmed Kabanji : instructives et éclairantes !

Les musulmans ne peuvent continuer à refuser l'autocritique de leur religion pour réformer leurs pratiques, s'ils ne veulent continuer à régresser : les chrétiens l'ont faite, ils ne peuvent en faire l'économie.

Ahmed Kabanji est un réformateur de l'islam : il affirme que l'islam s'adapte à la modernité. 

Dans sa conférence : " La rationalité dans la foi ", il explique que la logique et l'intelligence de l'homme, sont indispensables pour l'exercice de sa foi. Le pratiquant doit se poser des questions et non suivre aveuglément des consignes dictées par autrui. Sinon il devient hypocrite de pratiquer ce que sa raison réfute ou refuse. 

Voilà un discours nouveau venant d'un imam chiite qui étonne et détonne dans un monde musulman mis à feu et à sang par des pétromonarques qui veulent imposer le wahhabisme et son obscurantisme à tous les musulmans et aux autres religions ! 

A quand des imams sunnites pour en faire autant ?
Où sont passés les imams zeitouniens pour contrer l'offensive du wahhabisme et son "obscurantisme sacré", comme dirait Abdelmajid Charfi ??

Rachid Barnat








jeudi 17 juillet 2014

Les printemps "arabes" se suivent et se ressemblent ! Une fatalité ?

OU QUAND LES PUISSANTS DESSINENT LE MONDE !
Hier c'était l'Angleterre et la France,
Aujourd'hui se sont les EU ... et Israël !!

Ils trouveront toujours des traîtres pour accomplir leurs desseins. Avec le printemps arabe, ils comptent sur les Frères Musulmans, dont Ghannouchi en Tunisie; pays initiateur du "printemps arabe" qui ne serait que le prélude à une balkanisation des "Etats arabes" par les américains, pour les réduire en petits états confessionnels inoffensifs et vassaux.
Mais qu'en disent les peuples, dits "arabes" ?

Voici ce qu'en disait déjà en 2011, Mehdi Darius Nazemroaya.
R.B


Mahdi Darius Nazemroaya,
sociologue et chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). 
Il est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. 
Il était sur le terrain en Libye durant la guerre. Il vient d’obtenir le Prix du Club de Presse mexicain à Mexico, le 8 décembre 2011.

Préparation de l’échiquier du « choc des civilisations » : Diviser, conquérir et régner au Moyen-Orient

"Le monde arabe", qui fait partie de l’ensemble plus vaste composé par les Arabes, les Turcs et les Iraniens, a en réalité connu de fréquentes révoltes réprimées par les dictateurs arabes en coordination avec des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. 
C’est l’interférence de ces puissances qui a constamment agi comme contrepoids à la démocratie et elle continuera à le faire.

L’expression « printemps arabe » est un slogan concocté dans des bureaux lointains à Washington, Londres, Paris et Bruxelles par des individus et des groupes qui, en plus d’avoir une connaissance superficielle de la région, en savent très peu sur les Arabes. Ce qui se déroule au sein des populations arabes est un enchaînement normal d’événements. L’insurrection comme l’opportunisme en font partie. Là où il y a une révolution, il y a toujours une contre-révolution.
Les bouleversements dans le monde arabe ne constituent pas davantage un « éveil arabe ». Une telle formule implique que les Arabes étaient endormis alors qu’ils étaient entourés par la dictature et l’injustice. Le monde arabe, qui fait partie de l’ensemble plus vaste composé par les Arabes, le Turcs et les Iraniens, a en réalité connu de fréquentes révoltes réprimées par les dictateurs arabes en coordination avec des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. C’est l’interférence de ces puissances qui a constamment agi comme contrepoids à la démocratie et elle continuera à le faire.
Diviser et régner : comment le premier printemps arabe a été manipulé
Les plans de reconfiguration du Moyen-Orient ont commencé plusieurs années avant la Première Guerre mondiale. C’est au cours de cette guerre cependant que les desseins coloniaux ont clairement commencé à se manifester avec la « grande révolte arabe » contre l’empire Ottoman.
En dépit du fait que la Grande-Bretagne, la France et l’Italie étaient des puissances coloniales qui avaient empêché les Arabes de profiter de toute forme de liberté dans des pays comme l’Algérie, Libye, l’Égypte et le Soudan, ces pouvoirs coloniaux ont réussi à se présenter comme les amis et les alliés de la libération arabe.
Durant la « grande révolte arabe », les Britanniques et les Français ont en fait utilisé les Arabes comme fantassins contre les Ottomans pour faire avancer leurs propres plans géopolitiques. Les accords secrets Sykes-Picot entre Londres et Paris représentent un cas typique. La France et la Grande-Bretagne sont simplement arrivés à utiliser et manipuler les Arabes en leur vendant l’idée de la libération arabe de la présumée répression des Ottomans.
En réalité, l’Empire ottoman était multiethnique et accordait une autonomie locale et culturelle à toutes ses populations. Il a toutefois été manipulé et orienté vers une entité turque. Même le génocide arménien qui allait s’ensuivre en Anatolie ottomane doit être analysé dans le même contexte que l’actuel ciblage des chrétiens en Irak, comme faisant partie d’un plan de division confessionnelle lancé par des acteurs externes afin de diviser l’Empire ottoman et ses citoyens, ainsi que l’Anatolie.
Après la chute de l’Empire ottoman, ce sont Londres et Paris qui ont refusé d’accorder la liberté aux Arabes, en semant la discorde au sein de leurs populations. Les leaders arabes locaux corrompus ont également été partenaires du projet et nombreux sont ceux qui n’étaient que trop heureux de devenir des clients de la Grande-Bretagne et de la France. Le « printemps arabe est manipulé dans le même sens aujourd’hui. Les États-Unis, la France et d’autres travaillent maintenant avec l’aide de leaders et de personnalités arabes corrompues afin de restructurer l’Afrique et le monde arabe.
Le plan Yinon : l’ordre à partir du chaos …
Le plan Yinon, qui constitue un prolongement du stratagème britannique au Moyen-Orient, est un plan stratégique israélien visant à assurer la supériorité d’Israël dans la région. Il souligne qu’Israël doit reconfigurer son environnement géopolitique par la balkanisation des États arabes, soit la division de ceux-ci en États plus petits et plus faibles.
Les stratèges israéliens voyaient l’Irak comme l’État arabe représentant leur plus grande menace stratégique. C’est pourquoi l’Irak a été caractérisé comme la pièce maîtresse de la balkanisation du Moyen-Orient et du monde arabe. En Irak, sur la base des concepts du plan Yinon, les stratèges israéliens ont réclamé la division de l’Irak en un État kurde et deux États arabes, l’un shiite, l’autre sunnite. La première étape de ce plan était une guerre entre l’Irak et l’Iran, abordée dans le plan Yinon.
En 2006 et en 2008, les publications de l’armée étasunienne Armed Forces Journal et The Atlanticont ont respectivement publié des cartes ayant circulé abondamment et lesquelles suivaient de près les grandes lignes du plan Yinon. Outre la division de l’Irak, également recommandée par le plan Biden, le plan Yinon appelle à la division du Liban, de l’Égypte et de la Syrie. La partition de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan fait également partie de cette vision. Le plan Yinon réclame par ailleurs la dissolution de l’Afrique du Nord et prévoit qu’elle débutera en Égypte et débordera au Soudan, en Libye et dans le reste de la région.
Protection du domaine : redéfinition du monde arabe…
Bien que tordu, le plan Yinon est en marche et voit le jour dans « A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm » (Une nette rupture : Une nouvelle stratégie pour protéger le domaine), un document de politique israélienne écrit en 1996 par Richard Perle et le groupe d’étude sur « Une nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » pour Benjamin Netanyahou, le premier ministre d’Israël à l’époque. Perle était alors un ancien secrétaire adjoint au Pentagone pour Ronald Reagan et est devenu par la suite conseiller militaire pour George W. Bush et la Maison-Blanche. Le groupe d’étude comprenait par ailleurs James Colbert (Jewish Institute for National Security Affairs), Charles Fairbanks Jr. (Johns Hopkins University), Douglas Feith (Feith and Zell Associates), Robert Loewenberg (Institute for Advanced Strategic and Political Studies), Jonathan Torop (The Washington Institute for Near East Policy), David Wurmser (Institute for Advanced Strategic and Political Studies) et Meyrav Wurmser (Johns Hopkins University).
Les Etats-Unis réalisent à bien des égards les objectifs précisés dans le texte de politique israélienne de 1996 visant à protéger le « royaume ». Par ailleurs, le terme realm, « domaine » ou « royaume », sous-entend la mentalité stratégique des auteurs. Realm fait soit référence au territoire sur lequel règne un monarque ou aux territoires soumis à son règne mais gérés et contrôlés par des vassaux. Dans ce contexte, le terme realm, est utilisé pour signifier que le Moyen-Orient constitue le royaume de Tel-Aviv. Le fait que Perle, un homme ayant essentiellement fait carrière comme officiel du Pentagone, ait contribué à écrire le document sur Israël soulève la question de savoir si le souverain conceptualisé du royaume représente Israël, les États-Unis, ou les deux.
Protéger le royaume : L’avant-projet israélien pour déstabiliser Damas
Le document de 1996 demande de « repousser la Syrie », aux environs de l’an 2000 ou après, en poussant les Syriens hors du Liban et en déstabilisant la République arabe syrienne avec l’aide de la Jordanie et de la Turquie. Ces événements se sont respectivement produits en 2005 et en 2011. Le document indique : « Israël peut modeler son environnement stratégique en coopération avec la Turquie et la Jordanie, en affaiblissant, en endiguant et même en repoussant la Syrie. Afin de contrecarrer les ambitions régionales de la Syrie, les efforts pourraient viser à expulser Saddam Hussein du pouvoir, un objectif stratégique en soi important pour Israël [1].
Comme première étape de la création d’un « nouveau Moyen-Orient » dominé par Israël et encerclant la Syrie, le texte demande de chasser Saddam Hussein du pouvoir à Bagdad et fait même allusion à la balkanisation de l’Irak et à la formation d’une alliance stratégique régionale contre Damas qui comporterait un « Irak central » sunnite. Les auteurs écrivent : « Toutefois la Syrie entre dans ce conflit avec de potentielles faiblesses : Damas est trop préoccupé par la nouvelle donne régionale pour permettre toute distractions sur le front libanais. De plus Damas craint l’”axe naturel” avec Israël d’un côté, l’Irak central et la Turquie de l’autre, et la Jordanie, au centre, qui exercerait une pression sur la Syrie et la détacherait de la péninsule saoudienne. Pour la Syrie, ce pourrait être le prélude à la reconfiguration de la carte du Moyen-Orient, ce qui menacerait l’intégrité territoriale du pays [2] ».
Perle et le groupe d’étude « Nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » recommande également de mener les Syriens hors du Liban et de déstabiliser la Syrie en utilisant des personnalités de l’opposition libanaise. Le document dit : « [Israël doit détourner] l’attention de la Syrie en utilisant des éléments de l’opposition libanaise pour déstabiliser le contrôle exercé par la Syrie au Liban [3]. » C’est ce qui arriverait en 2005 après l’assassinat d’Hariri ayant contribué à déclencher la soi-disant « révolution des cèdres » et à créer l’Alliance du 14 mars, un groupe farouchement anti-Syrien contrôlé par le corrompu Saïd Hariri.
Le document demande par ailleurs à Tel-Aviv de « saisir l’opportunité afin de rappeler au monde la nature du régime syrien [4] ». Cela convient parfaitement à la stratégie israélienne consistant à diaboliser ses opposants par des campagnes de relations publiques. En 2009 des médias israéliens ont ouvertement admis que, par le biais de ses ambassades et missions diplomatiques, Tel-Aviv avait lancé une campagne médiatique mondiale et organisé des manifestations devant les ambassades iraniennes pour discréditer les élections présidentielles en Iran avant même qu’elles n’aient lieu [5].
L’étude fait aussi mention de ce qui ressemble à la situation actuelle en Syrie : « Il va de soi, et c’est le plus important, qu’Israël a intérêt à appuyer diplomatiquement, militairement et opérationnellement les actions de la Turquie et de la Jordanie contre la Syrie, comme en protégeant des alliances avec des tribus arabes à travers le territoire syrien et hostiles à l’élite dirigeante syrienne [6]. Les bouleversements de 2011 en Syrie, le mouvement des insurgés et la contrebande d’armes par les frontières jordanienne et turque sont devenus des problèmes majeurs pour Damas.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant qu’Israël, alors dirigé par Ariel Sharon, ait dit à Washington d’attaquer la Syrie, la Libye et l’Iran après l’invasion étasunienne de l’Irak [7]. Finalement, il importe de savoir que le document de 1996 préconise également une guerre préemptive pour modeler l’environnement géostratégique d’Israël et sculpter le « nouveau Moyen-Orient » [8]. Il s’agit d’une politique que les États-Unis adopteraient aussi en 2001.
L’éradication des communautés chrétiennes du Moyen-Orient
Ce n’est pas une coïncidence si les chrétiens égyptiens ont été attaqués au même moment que le référendum sud-soudanais et avant la crise en Libye. Ce n’est pas non plus une coïncidence si les chrétiens irakiens, une des communautés chrétiennes les plus anciennes, ont été poussées à l’exil, quittant leur patrie ancestrale. L’exode des chrétiens irakiens, sous le regard attentif des forces militaires étasuniennes et britanniques, concorde avec la division confessionnelle des quartiers de Bagdad. Les shiites et les sunnites ont été forcés, par la violence et les escadrons de la mort, à former des enclaves confessionnelles. Tout cela est lié au plan Yinon et à la reconfiguration de la région dans le cadre d’un objectif plus vaste.
En Iran, les Israéliens ont tenté en vain de faire partir la communauté juive. La population juive d’Iran est en fait la plus grande du Moyen-Orient et sans doute la plus ancienne communauté juive du monde à vivre paisiblement. Les juifs d’Iran se voient comme des Iraniens et sont liés à ce pays qu’ils considèrent comme leur patrie, au même titre que les musulmans et les chrétiens iraniens, et, à leurs yeux, le concept voulant qu’ils aient à se relocaliser en Israël parce qu’ils sont juifs est ridicule.
Au Liban, Israël s’est affairé à exacerber les tensions entre les diverses factions chrétiennes et musulmanes, incluant les druzes. Le Liban est un tremplin vers la Syrie et la division du Liban en plusieurs États est également vue comme un moyen de balkaniser la Syrie en plusieurs États arabes confessionnels de moindre envergure. Les objectifs du plan Yinon sont de diviser le Liban et la Syrie en plusieurs États sur la base des identités religieuses sunnite, shiite, druze et chrétiennes. Il est possible que l’exode des chrétiens de la Syrie fasse aussi partie des objectifs.
Le nouveau chef de l’Église maronite, la plus grande Église catholique orientale autonome, a exprimé ses craintes quant à l’expulsion des chrétiens arabes au Levant et au Moyen-Orient. Le patriarche d’Antioche, Mgr Bechara Boutros Rahi, ainsi que bon nombre de dirigeants chrétiens au Liban et en Syrie, craignent que les Frères musulmans prennent le contrôle de la Syrie. Comme en Irak, de mystérieux groupes attaquent actuellement les communautés chrétiennes en Syrie. Les dirigeants de l’Église orthodoxe, incluant le Patriarcat de Jérusalem, ont eux aussi exprimé publiquement leurs sérieuses préoccupations. Outre les arabes chrétiens, ces craintes sont partagées par les communautés assyrienne et arménienne, à majorité chrétienne.   
Mgr Rahi était récemment à Paris où il a rencontré Nicolas Sarkozy. On rapporte que le patriarche maronite et le président Sarkozy ont eu des désaccords concernant la Syrie, ce qui a incité Sarkozy à affirmer que le régime syrien allait s’effondrer. La position du patriarche maronite était que l’on devait laisser la Syrie tranquille et lui permettre de se réformer. Mgr Rahi a par ailleurs dit à Sarkozy qu’Israël devait être considéré comme une menace si la France souhaitait légitimement que le Hezbollah dépose les armes.
En raison de sa position en France, Mgr Rahi a immédiatement reçu des remerciements des dirigeants chrétiens et musulmans de la République arabe syrienne qui l’ont visité au Liban. Le Hezbollah et ses alliés politiques au Liban, dont font partie la plupart des parlementaires chrétiens, ont aussi célébré le patriarche maronite, qui a ensuite fait une tournée au sud du Liban.
En raison de sa position sur le Hezbollah et son refus d’appuyer le renversement du régime syrien, le Mgr Rahi fait maintenant l’objet d’attaques politiques de la part de l’Alliance du 14 mars, menée par Hariri. Ce dernier est en train de planifier une conférence des personnalités chrétiennes pour s’opposer à la position de l’Église maronite et du patriarche Rahi. Depuis que celui-ci a donné son opinion, le Parti Tahrir, actif à la fois en Syrie et au Liban, a également commencé à en faire la cible de critiques. On rapporte par ailleurs que des officiels étasuniens de haut rang ont annulé leurs rencontres avec le patriarche maronite en signe de mécontentement envers ses positions sur le Hezbollah et la Syrie.
L’Alliance du 14 mars menée par Hariri au Liban, laquelle a toujours été une minorité populaire (même lorsqu’elle constituait une majorité parlementaire), travaille de concert avec les États-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, la Jordanie ainsi que le groupe ayant recours à la violence et au terrorisme en Syrie. Les Frères musulmans et d’autres soi-disant groupes salafistes de Syrie ont tenu et organisé des pourparlers secrets avec Hariri et les partis politiques chrétiens au sein de l’Alliance du 14 mars. C’est pourquoi Hariri et ses alliés se sont attaqués au cardinal Rahi. C’est aussi Hariri et l’Alliance du 14 mars qui ont amené Fatah al-Islam au Liban et ont aidé certains de ses membres à s’enfuir et aller se battre en Syrie.
Des snipers inconnus ciblent des civils syriens et l’armée syrienne dans le but de créer le chaos et une lutte interne. Les communautés chrétiennes en Syrie sont elles aussi ciblées par des groupes inconnus. Les attaquants sont fort probablement une coalition de forces étasuniennes, françaises, jordaniennes, israéliennes, turques, saoudiennes, et khaliji (arabe du Golfe) travaillant avec des Syriens à l’intérieur du pays.
Washington, Tel-Aviv et Bruxelles planifient un exode des chrétiens du Moyen-Orient. On rapporte que le président Sarkozy a informé le cheik Rahi à Paris que les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et du Levant pourront s’établir dans l’Union européenne. Cela n’est pas offert gracieusement. Il s’agit d’une gifle par les puissances mêmes qui ont délibérément créé les conditions visant à éradiquer les anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Il semble que le but soit que les communautés chrétiennes s’établissent à l’extérieur de la région ou de délimiter des enclaves. Il est possible que ces deux hypothèses constituent des objectifs.
Ce projet vise à délimiter les pays arabes en pays exclusivement musulmans et est conforme à la fois au plan Yinon et aux objectifs étasuniens relatifs au contrôle de l’Eurasie. Il pourrait en résulter une grande guerre. Les Arabes chrétiens ont maintenant bien des choses en commun avec les Arabes qui sont des Noirs d’Afrique.
Nouvelle division de l’Afrique : le plan Yinon est en pleine marche
En ce qui concerne l’Afrique, Tel-Aviv cherche à la protéger car elle la voit comme une partie plus vaste de sa périphérie. Cette plus vaste ou soi-disant « nouvelle périphérie » est devenue le fondement géostratégique de Tel-Aviv après la révolution iranienne de 1979. Celle-ci a déformé et engendré l’effondrement de « l’ancienne périphérie » contre les Arabes, qui comprenait l’Iran, et dont les pays étaient les plus proches alliés d’Israël durant la période Pahlavi. Dans ce contexte, la nouvelle périphérie d’Israël a été conceptualisée en incluant des pays comme l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya contre les États arabes et la République islamique d’Iran. C’est pourquoi Israël a été si profondément impliqué dans la balkanisation du Soudan.
Toujours dans le contexte des divisions confessionnelles au Moyen-Orient, les Israéliens ont esquissé des plans de reconfiguration de l’Afrique. Le plan Yinon cherche à délimiter l’Afrique sur la base de trois aspects : 1) l’origine ethnolinguistique, 2) la couleur de peau et enfin 3) la religion. Afin de protéger le domaine, il se trouve que l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), une boîte de réflexion israélienne dont Perle faisait partie, faisait également pression en faveur de la création du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), une division du Pentagone.

On tente actuellement d’anéantir le point de convergence d’une identité arabe et africaine. On cherche à tracer des lignes de division en Afrique entre une soi-disant Afrique noire et une Afrique du Nord prétendument « non noire ». Cela fait partie d’un projet visant à créer un schisme sur le continent entre ce qu’on l’on conçoit comme étant des « Arabes » et des « Noirs ».
Cet objectif explique pourquoi on a fait la promotion des ridicules identités du « Sud-Soudan africain » et du « Nord-Soudan arabe ». C’est également la raison pour laquelle les Libyens noirs ont été ciblés dans une campagne visant à « nettoyer » la Libye des gens « de couleur ». En Afrique du Nord, on détache l’identité arabe de son identité africaine. On tente simultanément d’éradiquer de vastes populations d’Arabes noirs afin qu’il existe une nette démarcation entre « l’Afrique noire » et une nouvelle Afrique du Nord « non noire », laquelle sera transformée en un champ de bataille entre ceux qui restent, les Berbères et les Arabes « non noirs ».
Toujours dans le contexte africain et dans le but de créer des points de rupture et des délimitations, des tensions sont fomentées entre les musulmans et les chrétiens dans des pays comme le Soudan et le Nigéria. En entretenant ces divisions sur la base de la couleur de la peau, de la religion, de l’ethnicité et du langage, on cherche à alimenter la dissociation et la désunion. Cela fait partie d’une stratégie africaine globale visant à séparer l’Afrique du Nord du reste du continent.
Préparation de l’échiquier du « choc des civilisations »
À ce stade-ci, on doit rassembler toutes les pièces et faire les liens entre les événements.
On prépare l’échiquier pour un « choc des civilisations » et l’on y place toutes les pièces du jeu. Le monde arabe est sur le point d’être encerclé et de nettes démarcations se tracent. Celles-ci remplacent les frontières invisibles entre les différents groupes ethnolinguistiques, religieux et basés sur la couleur de la peau.
Dans le cadre de ce plan, il ne peut plus y avoir de mélange entre les sociétés et les pays. C’est pourquoi les chrétiens du Moyen-Orient et de l’Afrique de Nord, comme les coptes, sont ciblés. Pour les mêmes raisons, les Arabes et Berbères noirs, au même titre que d’autres populations noires, font face à un génocide en Afrique du Nord.
Après l’Irak et l’Égypte, la Jamahiriya arabe libyenne et la République arabe syrienne représentent toutes deux des points importants pour la déstabilisation régionale respectivement en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. Ce qui se passe en Libye aura des répercussions en Afrique, tout comme les événements en Syrie auront des conséquences en Asie du Sud-Est et ailleurs. Dans le cadre du plan Yinon, l’Irak et l’Égypte ont servi d’amorces à la déstabilisation de la Libye et de la Syrie.
On est en train de créer un « Moyen-Orient musulman », une zone exclusivement musulmane (excluant Israël), laquelle sera troublée par les luttes entre shiites et sunnites. Un scénario semblable est mis en œuvre pour créer une « Afrique du Nord non noire » qui sera caractérisée par une confrontation entre les dits Arabes et dits Berbères. En vertu du modèle du « choc des civilisations », on prévoit simultanément un conflit entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’un côté, et l’« Occident » et « l’Afrique noire » de l’autre.
C’est pour cette raison qu’au début du conflit en Libye, Nicolas Sarkozy en France et David Cameron en Grande-Bretagne ont déclaré l’un après l’autre que le multiculturalisme était mort dans leurs sociétés ouest-européennes respectives [9]. Le véritable multiculturalisme menace la légitimité du programme de guerre de l’OTAN. Il représente par ailleurs un obstacle à l’implantation du « choc des civilisations », qui constitue la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis.
À cet égard, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale explique pourquoi le multiculturalisme est une menace pour Washington et ses alliés : « En devenant une société de plus en plus multiculturelle, il se peut que les États-Unis aient de la difficulté à créer un consensus sur les questions de politique étrangère [par exemple, relativement à une guerre contre le monde arabe, la Chine, l’Iran ou la Russie et l’ancienne Union soviétique], sauf si une grande partie de la population perçoit une menace extérieure directe de très grande envergure. Un tel consensus existait de manière générale tout au long de la Seconde Guerre mondiale et même durant la guerre froide [et il existe maintenant en raison de la "guerre mondiale au terrorisme"] [10]. » La phrase suivante de Brzezinski explique pourquoi les populations s’opposent aux guerres ou les appuient : « [Le consensus] était enraciné, toutefois, il ne l’était pas seulement dans des valeurs démocratiques profondément partagées et que le public voyait menacées, mais aussi dans des affinités culturelles et ethniques avec les victimes, principalement européennes, de totalitarismes hostiles [11] ».
Au risque d’être redondant, il faut mentionner une fois de plus que les chrétiens et les Noirs sont ciblés précisément dans le but de briser ces affinités culturelles entre, d’une part, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et le monde soi-disant « occidental », et, d’autre part l’Afrique subsaharienne.
Ethnocentrisme et idéologie : justifier les « guerres justes » d’aujourd’hui
Autrefois, les puissances coloniales de l’Europe de l’Ouest endoctrinaient leurs peuples. Leur objectif était d’acquérir un appui populaire pour les guerres de conquête. Pour ce faire, on prônait l’expansion et la promotion du christianisme et des valeurs chrétiennes avec le soutien des marchands armés et des armées coloniales.
Au même moment, on mettait de l’avant des idéologies racistes. Les peuples des pays colonisés étaient dépeints comme des « sous-humains », des inférieurs ou des personnes sans âmes. Finalement, on a utilisé l’argument de « l’épreuve de l’homme blanc », dont la mission consistait à civiliser les peuples du monde prétendument « non civilisés ». Ce cadre idéologique cohésif a été utilisé pour présenter le colonialisme comme une « cause juste ». Cette dernière a été employée à son tour pour conférer une légitimité aux « guerres justes », afin de conquérir et de « civiliser » des terres étrangères.
Aujourd’hui, les desseins impérialistes des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne n’ont pas changé. Ce qui a changé c’est le prétexte et la justification des guerres de conquête néocoloniales. Durant la période coloniale, les discours et les justifications en faveur de la guerre étaient acceptés par l’opinion publique dans les pays colonisateurs comme la France et la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, les « guerres justes » et les « causes justes » sont menées sous les bannières des droits des femmes, des droits humains, de l’humanitarisme et de la démocratie.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
Notes
[1] Richard Perle et al., A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm (Washington, D.C. and Tel Aviv: Institute for Advanced Strategic and Political Studies), 1996.
[2] Ibid.
[3] Ibid.
[4] Ibid.
[5] Barak Ravid, “Israeli diplomats told to take offensive in PR war against Iran,” Haaretz, June 1, 2009.
[6] Perle et al., Clean Break, op. cit.
[7] Aluf Benn, “Sharon says U.S. should also disarm Iran, Libya and Syria,” Haaretz, September 30, 2009.
[8] Richard Perle et al., Clean Break, op. cit.
[9] Robert Marquand, “Why Europe is turning away from multiculturalism,” Christian Science Monitor, March 4, 2011.
[10] Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (New York: Basic Books October 1997), p.211.
[11] Ibid.