mercredi 27 août 2014

L'EUROPE DOIT-ELLE VENDRE SON ÂME POUR SURVIVRE ?


Françoise Sagan : " Nous, les sensibles Européens, avions été les insouciants barbares de l'histoire " !

Disait-elle après avoir bien fréquenté Billie Holiday, dont la vie fut un enfer à cause de la ségrégation raciale qu'elle a du affronter toute sa vie avec beaucoup de courage mais aussi grâce à l'alcool et à la drogue qui finiront par l'achever !

Elle a bien résumé l’égoïsme des européens pour n'avoir rien fait ou si peu, contre les extrémismes et les exclusions :
- que ce soit contre le nazisme et ce qui le fonde, l'antisémitisme,
- la ségrégation raciale aux EU,
- l'apartheid en Afrique du Sud, envers les noirs,
- l'apartheid en Israël, envers les palestiniens,
- et depuis peu, l’apartheid que pratiquent les islamistes de tous poils envers les minorités ethniques et religieuses et ceux qui rejettent leur idéologie !

Puisque les dirigeants occidentaux continuent à composer avec les extrémistes des temps modernes que sont les islamistes, comme ils avaient composé avec Hitler ... au point que certains, cyniques, veulent nous faire croire à un islamisme "modéré", pour nous imposer les Frères musulmans, protégés de leurs amis, les pétromonarques et plus particulièrement les Ibn Saoud ! Car qui peut croire que leurs chancelleries et leurs services secrets ne savent pas ce que projettent ces bédouins et ignorent tout de leur soutien aux jihadistes ,leurs mercenaires ... qu'ils mettent à la disposition des américains pour d'autres objectifs que celle des EU !

L'hypocrisie des américains est ahurissante ! C'est eux qui ont crée Al Qaïda qui a fini par leur échapper pour se retourner contre eux le 11 septembre 2011 qui sera pour eux un grand choc !
Mais voilà, ils récidivent par la création de Daesh, pire qu'al Qaïda, avec des jihadistes mercenaires des pétromonarques plus violents encore et plus inhumains, comme dit Obama.
Et là aussi leur monstre est entrain de leur échapper !
Et le choc pour eux sera cette fois-ci, la probable décapitation du journaliste américain James Foley, qui a ému tout l'occident !

Que leur faut-il de plus pour cesser de jouer à ce jeu de mise en place d'organisations terroristes et d'aide aux jihadistes d'une main; et de faire semblant de les combattre de l'autre ? Et le plus choquant, c'est le suivisme de l'Europe; et plus particulièrement celui de François Hollande, d'Angela Merkel et de David Cameron !

Voilà comment ces dirigeants bradent les valeurs de l'occident et vendraient leur âmes au diable, pourvu qu'ils disposent de l'or noir des bédouins !


Rachid Barnat

mardi 26 août 2014

LE LIEN DOGMATIQUE DANS L'ISLAM, ENTRE GUERRE ET SEXE !

Où les femmes sont un butin de guerre, pouvant être enlevées, violées, réduites en esclavage ...

I / Rachid Almarabi,
a reçu une éducation musulmane et a appris par cœur une grande partie du Coran quand il était enfant sous la supervision de son père qui est Imam au Maroc. 
Très tôt, il s'est intéressé à l'étude comparative des religions et notamment l'islam et le christianisme. 
Actuellement il prépare un magistère en études comparatives des religions dans une université européenne et il anime l'émission « question audacieuse » « Soual Jari' » sur la chaîne télévisée « Al Hayat ».

Rachid Almarabi dans son émission « Soual Jari' » (question audacieuse), sur la chaîne télévisée « Al Hayat », explique clairement comment les islamistes (Daech, Bokoharam, al Qaïda, ... ) n'inventent rien : leurs pratiques qui semblent choquer le monde et fait dire à Obama qu'ils ne sont pas musulmans, leur viennent des pratiques du prophète lui-même qu'ils prennent pour exemple et dont ils érigent la sunna (sommes de ses faits et gestes), comme sacrée et modèle pour les "vrais" musulmans !

Pratiques remises en vogue par le wahhabisme, que prônent les pétromonarques, les amis d'Obama, avec à leur tête les Ibn Saoud !

Même la "sunna" '(faits et gestes du prophète) est enjolivée au point de lui adjoindre des histoires
inventées juste pour donner une belle image du prophète !

Rachid Almarabi : Tout l'ijtihad (l’exégèse) durant 14 siècles n'a été que pour justifier les exactions du prophète Mohammad et non pour un travail intellectuel constructif pour faire progresser la oumma des musulmans !

Très intéressant !

PS : Ces pratiques sont consignées par ceux qui sont devenus la référence même pour les salafistes : c'est à dire les rapporteurs "officiels" des dires (hadith ) du prophète et de sa conduite (sira ) !

Or quand une religion, et plus particulièrement la sunna chez les islamistes, prétendent à
l'universalisme, on ne peut y pratiquer du syncrétisme pour son propre confort moral et mettre sous une chape de plomb ce qui heurte les hommes.

Si les comportements du prophète ne sont plus adaptés à notre époque, alors comment doit faire un sunnite qui est censé suive la sunna (ensemble des faits, gestes et paroles du prophète) ?
Qui est habilité d'y faire le tri pour savoir ce qui doit être retenu comme exemplaire ou prohibé parce qu'inadapté à notre époque ?

Car dés lors ce sont les hommes qui fabriqueraient leur religion !

Rachid Barnat


II / Sami Hossam : Le Coran expliqué aux mécréants 

III / Ahmed Kabanji : Enfin un imam réformateur

lundi 25 août 2014

L'Occident piégé par son libéralisme multiculturel !

La faiblesse des démocraties devant les extrémismes : au nom de la liberté d'expression, ils ont laissé se développer chez eux le fascisme, le nazisme ... et voilà qu'à nouveau ils se laissent déborder par l'islamisme des pétromonarques et leur wahhabisme !
R.B
Mathieu Bock-Côté
Sociologue, chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.

La burqa, la France, l’Europe et ce qu’on refuse de voir
Apparemment, c’est une bonne nouvelle. La Cour européenne des droits de l’homme, qui avait pris l’habitude des minauderies politiquement correctes à propos de la diversité, vient de reconnaître la valeur de la législation française proscrivant le voile intégral dans l’espace public. C’est donc avec la bienveillance d’une CEDH se prenant elle-même plus souvent qu’elle ne le devrait pour l’avant-garde de l’humanité en marche à la conquête de ses droits, que cette interdiction se maintiendra et que la France, dans une démarche plus tâtonnante qu’on ne le souhaiterait, cherchera à contenir sa désintégration sous les communautarismes ethniques et religieux. Faut-il dire que cette désintégration s’exprime de nombreuses manières, comme en témoigne la violence des banlieues, la multiplication des incivilités et la crise plus générale de l’identité nationale.
Mais ce n’est une bonne nouvelle qu’à moitié. Car c’est encore une fois un pouvoir supranational à la légitimité problématique qui s'est placé en situation de décider ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. La souveraineté française est bornée par une nouvelle souveraineté européenne, qui s’exerce  au nom des droits de l’homme. Ou si on préfère, la démocratie française est sous tutelle : c’est la CEDH qui lui fixera ses limites. Cette fois, c’est bon, elle octroie à la France un permis pour définir les termes du «vivre-ensemble». Il se pourrait bien que demain, elle lui en enlève un. On comprendra aisément, de ce point de vue, la méfiance grandissante des Français en particulier et des Européens en général pour ce pouvoir qui a bien peu à voir avec ceux qui émanent de la souveraineté démocratique. Il faut avoir l’esprit mal tourné pour réduire cette méfiance légitime à une maladive «europhobie».
Le voile intégral relève de la «violence symbolique», pour reprendre un jargon à la mode. Il représente une déclaration de non-appartenance à la société d’accueil. Il relève de la provocation grossière. Celles qui le portent, sachant la réaction qu’elles suscitent, et sachant la signification de leur geste, lancent un défi à la société d'acceuil : nous sommes plus fortes que vous, et vous allez plier. Une nuance s’impose toutefois. Si la burqa est absolument odieuse, tant elle incarne une cage à femmes, elle a aussi une fonction stratégique: celle de dédramatiser le voile ordinaire, en lui donnant par effet de contraste un vernis de modération. Ce dernier s’inscrit pourtant dans une même logique. Il marque par ailleurs la femme en lui assignant un statut d'infériorité sociale et désigne les frontières de la communauté dont elle ne peut sortir. En fait, le voile programme une forme d’apartheid sexuel implicite, qui aura tendance à se radicaliser et à s’expliciter peu à peu, comme en témoigne la multiplication des bains séparés, et autres innovations pour plier les services publics à des normes culturelles étrangères à la société française.
La question devrait pourtant se poser: pourquoi rejoindre une société dont on rejette aussi viscéralement les mœurs? On connait la réponse de ceux qui pratiquent le libéralisme multiculturel: c’est que justement, les mœurs ont été privatisées dans les sociétés libérales qui se définissent justement par leur diversité. L’argument du sens commun est retourné: ce serait alors contre nos valeurs que de demander à celles qui tiennent à tout prix à porter le voile de respecter nos mœurs dans les institutions publiques. Et ce serait agir conformément à nos valeurs que de l’autoriser. Car ce que nous avons en commun, ce sont nos droits individuels, et les préférences des uns ne devraient pas peser plus que celles des autres. Il n’y a plus de culture commune ici: seulement une majorité qui peut écraser une minorité et qu’il faut conséquemment contenir.
On nous dira aussi que derrière la signification objective du voile, comme symbole discriminatoire, asservissant et marquant un rejet des sociétés occidentales derrière une piété ostentatoire et un exhibitionnisme de la vertu, les femmes se l’approprient librement, comme s’il s’agissait finalement d’un accessoire de mode islamique parmi d’autres, sans signification véritable, que les individus, selon leurs goûts et au gré de leurs désirs, peuvent porter ou enlever, sans qu’il ne témoigne aucunement d’une mise à l’écart identitaire volontaire de la société occidentale. Ce serait même pratiquer une forme de colonialisme ou de paternalisme à leur endroit que de refuser cette dissolution de l’histoire et de la sociologie dans l’individualisme absolu. Dans cette logique, la société se dissout alors dans la diversité infinie des subjectivités. Chacun peut s’enfermer dans son monde intérieur et l’ordre public est obligé, plus souvent qu’autrement, de l’accommoder.
C’est ainsi qu’un communautarisme ethno-religieux régressif est parvenu à se dissimuler derrière les droits de l’homme en se reformulant dans ses termes et trouve dans les élites mondialisées des gens pour reprendre cette rhétorique et se porter à sa défense. Mais cette fiction obstrue l’accès au réel. Elle empêche de constater que ces revendications identitaires ne sont pas individuelles, mais collectives, car ce ne sont pas que des individus, qui immigrent, mais des communautés, qui se reforment une fois rendu dans le pays d’accueil, ce qui est inévitable, puisque les mouvements migratoires sont loin d’être modérés. La dissolution des revendications communautaristes dans la logique libérale des droits, empêche tout simplement la société d’accueil de comprendre ce qui lui arrive et de redéfinir sa politique d’intégration pour en tenir compte. Plus encore, celui qui cherchera à nommer cette réalité risquera l’accusation de xénophobie ou d’islamophobie, comme si le simple fait de noter que les flux migratoires avaient entraînées la constitution de communautés ne prenant pas le pli de la nation et ne se définissant pas dans ses paramètres relevait de la haine de la «différence».
Simplement noter les tensions sociales et identitaires entraînées par la formation de ces communautarismes résultant de politiques d’immigration mal pensées et de politiques d’intégration déréglées relèverait désormais de la provocation publique, et peut risquer à celui qui transgresse l’interdit de nommer la réalité la pire des réputations. Derrière cela, c’est la conception classique de la nation qui est disqualifiée, et ceux qui cherchent à la garder vivante sont accusés de conserver un modèle de société écrasant la diversité, ou à tout le moins, qui l’empêcherait d’éclore. D’ailleurs, le rapport Tuot invitait récemment la France à renoncer à l’intégration, trop exigeante (qui avait elle-même succédé à l’assimilation républicaine), pour passer à «l’insertion», minimaliste et faisant finalement porter à la société d’accueil la responsabilité de se transformer pour accommoder l’identité des immigrants.
Prenons néanmoins la bonne part de cette décision de le CEDH, malgré ses limites évidentes: l’interdiction du voile intégral rappelle que la question des mœurs, de la culture, du mode de vie, a une dimension inévitablement politique. Il ne s’agit certainement pas d’abolir la distinction entre le domaine public et le domaine privé, non plus que d’empêcher la libre expression de la spiritualité des uns et des autres. Mais il faut justement sortir de la seule logique des droits individuels pour ressaisir politiquement la question des rapports inter-communautaires. Passer d’un pays à un autre, cela devrait dire aussi passer d’une culture à une autre, ce qui ne veut pas dire, évidemment, que les cultures sont statiques et ne peuvent pas changer. Encore faut-il reconnaître qu’un pays n’est pas une page blanche. Le mythe d’une diversité accommodant toutes les identités repose en fait sur l’oblitération de l’identité de la société  d’accueil. Il s’agit dès lors de refaire de l’identité nationale un principe politique, en lui redonnant un contenu, même si cette entreprise, évidemment, sera très complexe.

mardi 19 août 2014

Les égarés

Un homme lucide démasque l'idéologie du wahhabisme, cancer du siècle !

R.B  


"À quelques encablures donc des frappes contre la Syrie, jamais ouvrage ne fut plus opportun car à toutes ces questions comme à d’autres, il répond dans une forme bien à lui, dense et érudite. 
En explorant les arcanes d’une histoire parfaitement méconnue, il relie tous les fils d’une vieille ambition cachée qui devient de jour en jour plus évidente." 

Col. L.T.

Jean-Michel Vernochet

Le Wahhabisme est-il un contre Islam ?


Dans l’Orient proche et lointain, une guerre, violente et sourde à la fois, se déroule sous les yeux d’un Occident frappé de cécité. Une idéologie nouvelle, quoique âgée de deux siècles et demi, monte en puissance et tend désormais à s'imposer comme la nouvelle orthodoxie musulmane, le wahhabisme. Un rigorisme radical qui entend se substituer à l’Islam traditionnel sous couvert d'un retour à la pureté originelle de la révélation coranique.

« Idéologie » et non religion puisqu'il est ici question de l'islam politique ou, autrement dit, de l'islamisme, lequel revêt aujourd'hui de multiples visages selon les lieux et les circonstances… que ce soit celui des Frères musulmans, celui de la prédication salafiste ou encore du djihadisme sanguinaire. Idéologie, « nihiliste foncièrement hostile aux valeurs traditionnelles et à tous les musulmans », promue et diffusée au sein et hors de la Communauté des Croyants, en Terre d'Islam, mais aussi Europe, notamment par ces deux « faux amis » de l’Occident que sont le Qatar et l’Arabie
  
Un schisme dévorant s'est ainsi installé au cœur de l'Islam, exacerbant le vieil antagonisme séparant sunnites et chiites. Rien cependant n’explique au XXIe siècle la haine apparemment irrationnelle que le wahhabisme voue au chiisme en général et aux chiites en particulier, hormis la finalité cachée du dogme wahhabite… Celui-ci vise en effet au monopole eschatologique, universel et ultime, après son triomphe sur les ruines de toutes les autres constructions théologiques et métaphysiques de l'espace islamique, voire post-chrétien.

Finalement, si les intérêts occidentalistes ne sont pas exactement les mêmes que ceux des monarchies wahhabites, ces intérêts se recoupent largement au plan géostratégique, géoénergétique ou encore sur celui de la mondialisation financière… 
Pire, ils convergent dans la diffusion d’un islam désincarné participant d'un monothéisme sans âme, à savoir la religion d'un monde globalisé, porteuse de toutes les dérives peu ou prou totalitaires.

lundi 18 août 2014

Cynisme ou aveuglement des Occidentaux ?

Pendant que le wahhabisme conquérant progresse, les responsables occidentaux dissertent du sexe des anges ... pour se convaincre de l’existence d'un islamisme "modéré" compatible avec la démocratie en soutenant les Frères musulmans !
R.B

Le Wahhabisme serait-il un contre Islam? Telle est la question que Jean-Michel Vernochet met en exergue de son livre Les Égarés*. Sorti il y a un an, cet ouvrage a déjà suscité des débats passionnés. Preuve s'il en est que la question évoquée est effectivement posée... notamment par les musulmans eux-mêmes!
Le qualificatif d'"Égarés" n'est pas du tout une innovation de l'auteur, mais la reprise d'une appellation commune aujourd'hui au sein du sunnisme traditionnel; une dénomination usitée à l'université d'el-Azhar au Caire par laquelle sont désignés ceux dont le fanatisme fondamentaliste, voire encore le salafisme débridé, s'avère à l'usage matériellement plus destructeur que spirituellement constructif...
L'auteur, ancien grand reporteur, professeur de journalisme, écrivain, nous plonge avec son dernier ouvrage Les Égarés dans le monde d'un islam politique dévoyé par un intégrisme totalitaire. 
Il commence par évoquer les sources et les origines historiques dufondamentalisme musulman tel qu'il est apparu, il y a près de trois siècles, dans l'histoire moderne. Cursus qui conduira le lecteur à mieux apprécier les raisons et les perspectives d'une radicale intransigeance dogmatique ayant provoqué, entre les tribus arabes elles-mêmes et entre les peuples, hostilités et affrontements.
Jan Varoujan 

Le Wahhabisme serait-il un contre Islam?

Le cynisme des puissances occidentales

Ces conflits et rivalités fratricides sont en fait souvent exploités avec un cynisme par les puissances occidentales. Celles-ci jouent en effet assez fréquemment des dissensions religieuses entre minorités confessionnelles afin de maintenir les nations arabes et non arabes dans une instabilité structurelle, géopolitiquement fructueuse, tout en les conduisant sur les voies hasardeuses d'un consumérisme à terme destructeur de toutes traditions spirituelles. Ainsi se trouve favorisée une véritable révolution des croyances et des mœurs - nous parlons bien sûr de l'expansion du fondamentalisme wahhabite - qui débouchera à terme et immanquablement sur une mutation de la civilisation musulmane... celle-ci majoritairement sunnite est hélas perméable ou vulnérable à la diffusion d'une idéologie totalitaire se faisant passer pour la vraie foi dans toute sa pureté primitive.
Car le sunnisme est d'autant plus exposé à ce "ressourcement par le bas" qu'il apparaît figé depuis des siècles en raison d'une quasi-absence - au contraire de l'islam chiite - d'actualisation exégétique... cela depuis la fermeture des portes de l'Ijtihad au XIe. Or, cet effort de réinterprétation de la révélation coranique dans le contexte des grandes transformations des XIXe et XXe, de la révolution industrielle à la révolution cybernétique, était pourtant essentiel!
Le monde musulman, malgré sa rapide adaptation aux évolutions techniques, est en effet resté en grande partie fermé sur le monde extérieur. L'islam traditionnel s'est ainsi montré incapable d'assumer les bouleversements sociétaux de l'histoire contemporaine. Or l'islam traditionnel se trouve aujourd'hui confronté au défi de grands débordements démographiques, de crises économiques endémiques, de paupérisation et de marginalisations de populations entières, ceci sans réponse efficace. A contrario, l'islam politique, idéologisé, celui des Frères musulmans - en réalité une version "présentable" du wahhabisme - prétend porter remède à tous les maux des peuples orientaux, avec le succès que l'on sait en Égypte et en Tunisie, deux pays qui ont très vite rejeté les fausses solutions islamistes.
En résumé, si théologiquement parlant l'islam n'a aucune raison de se "réformer" ou de se "moderniser", il doit, comme toute religion, être à même de pouvoir répondre aux transformations sociétales en cours, et pour ce faire transcrire le message coranique dans le langage des temps présents. Face à cette carence, voire à ce silence de l'Islam traditionnel, le wahhabisme fondamentaliste apporte une réponse péremptoire et définitive en voulant s'imposer seul comme l'Islam "authentique" à l'exclusion de tout autre.
Rapprochement entre dignitaires wahhabites et religieux juifs ultra-orthodoxes
J-M Vernochet fait à ce propos œuvre d'historien. Partant à la rencontre du fondateur du wahhabisme, Abdul Wahhab, dont les disciples ravageront La Mecque au nom d'un retour fallacieux à la "pureté doctrinale", en détruisant tombes, mausolées et sanctuaires, en rasant ou en bétonnant nombre de lieux historiques, à La Mecque, à Médine, en Afghanistan, au Mali, en Libye, à présent en Irak avec la mosquée du prophète Jonas, voire demain à Jérusalem même, au motif que tout culte et adoration ne s'adresse qu'à Dieu et à lui seul.
Actuellement, des discussions rapprochent à Jérusalem dignitaires wahabites et religieux juifs ultra-orthodoxes ultra-orthodoxes, lesquels envisagent ensemble la destruction sur l'Esplanade des Mosquées du Dôme du Rocher et de la mosquée al-Aqsa. Pour les wahhabites ce troisième lieu saint de l'islam sunnite - après La Mecque où la tombe du Prophète est détruite en 1804 et Médine - matérialiserait un culte rendu à Mahomet et non pas à Dieu, ce pour quoi il devrait être effacé. 

À ce titre, le Wahhabisme entend-il éradiquer tous les lieux d'intercession, à telle enseigne que le prophète Mahomet lui-même n'échappe pas à leur vindicte et qu'en occurrence il serait impie de célébrer l'anniversaire de sa naissance... mais non point celui du fondateur de l'hérésie, Abdul Wahhab ! 

L'auteur rappelle en outre que la diffusion du wahhabisme au cours du XIXe suscitera un climat insurrectionnel dans la presque totalité de l'aire islamique, du Maghreb à l'Asie centrale et au-delà. C'est en effet à tort que l'on a cru voir l'influence de ce schisme confinée au Nejd, au Hedjaz ou à l'Hadramaout.

Mais ils seront la révélation pour Londres de l'existence d'une force et d'une capacité d'incandescence utiles à la Grande-Bretagne, notamment en vue de disloquer un Empire ottoman déjà particulièrement décomposé dès le milieu du XIXe et plus encore après la défaite des empires centraux en 1918. Notons que ces politiques furent construites et mises en œuvre avant même que l'intérêt stratégique primordial des hydrocarbures ne se soit imposé avec la Première Guerre mondiale, politiques qu'il convient alors d'évaluer plus précisément selon leurs visées géopolitiques globales sur la route des Indes. L'Arabie saoudite et le Qatar sont - au moins jusqu'à aujourd'hui - des exemples de la réussite éclatante de cette politique. Stratégie dont les succès apparaissent moins brillants si l'on garde présent à l'esprit les débordements de ces États devenus intégristes, lesquels dépassent parfois, et de loin, les attentes de leurs partenaires et mentors européens et atlantistes.
Le mouvement Azatlyk pour une grande Turquie
Par exemple avec la diffusion du salafisme en Afrique de l'Ouest, les menées fondamentalistes en Libye et en Syrie, la création de l'Émirat de Mossoul, l'expansion du salafisme dans le Sud Caucase, en Asie Centrale, au Pakistan ou encore au Yémen, s'avèrent aujourd'hui singulièrement perturbateurs du nouvel ordre mondial... Ils restent cependant des pions sur l'échiquier complexe des nouvelles relations Est/Ouest. Ainsi, les récentes émeutes ukrainiennes pro-occidentales ont vu l'entrée en scène de jeunes Tatars de Crimée encadrant les manifestations : membres du mouvement Azatlyk (Liberté) - ils militent pour la grande Turquie et sont soutenus tant par des formations trotskistes - le Front de gauche russe de Serguei Oudaltsov, que par l'AKP de Recep Tayyip Erdoğan. Certains d'entre eux étaient semble-t-il de retour des théâtres d'opérations syriens où ils se livraient au djihad, armés et financés par Riyad et Doha.
Les ressorts cachés des guerres en cours
Au final, Les Égarés nous livre certaines clefs décisives permettant une lecture plus réaliste et plus approfondie des événements qui à l'heure actuelle bouleversent le monde arabe et musulman. Seule une connaissance précise que ce qu'est la dogmatique wahhabite peut donc nous permettre de comprendre précisément quels sont les ressorts cachés des guerres en cours. Des guerres qui ne se situent désormais plus à la périphérie de l'Europe, mais également à la périphérie des grandes concentrations urbaines de l'Ouest européen, à commencer par la France...
Il est ici opportun de rappeler que la doctrine salafo-wahhabite est essentiellement fondée sur la violence: celle de la conversion par tous moyens y compris la force, le meurtre et la guerre. Le recours à la contrainte en matière de prosélytisme se voit dans ce cas attribuer le statut d'obligation cachée, soit un "Sixième Pilier de l'islam" aux côtés de l'Unicité de Dieu, de la Prière, du Jeûne, de l'Aumône et du Pèlerinage... À ce titre la violence, acquiert une dimension structurelle intrinsèque, inhérente au plein exercice de la foi... telle que professée par ces combattants d'une guerre qu'ils prétendent "sainte"!
Les Égarés (Ed. Sigest) est donc une invitation à une réflexion politique et civilisationnelle primordiale au regard des défis que nos sociétés vont devoir relever et des épreuves qu'elles sont immanquablement appelées à traverser.















samedi 16 août 2014

Laïcité : définition


Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement.
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La laïcité, une approche historique

« L'Etat chez lui, les religions chez elles »  
Victor Hugo

« La religion est pour Dieu, la nation est pour tous » 
Naguib Mahfouz 

(prix Nobel de littérature)

jeudi 14 août 2014

Al-Qaïda, une marque ... déposée ?

Alain Nonjon optimiste ? Il oublie que les groupes islamistes, quel que soit le nom dont ils s'affubleront (Al-Qaïda, Frères musulmans, Ansar Chariaa, Bokoharam, Daich ou EIIL ... ), sont utilisés sinon fabriqués à la demande par les américains et financés et armés par leurs amis les pétromonarques : les uns pour conserver le contrôle sur l'or noir du monde dit "arabo-musulman", les autres croyant duper les premiers, se rêvant dans le rôle du nouveau calife du monde "arabo-musulman" !


Alors que peuvent faire les peuples contre de telles forces négatives politique, financière et militaire qui s'opposent à leur aspiration à la démocratie ? 
En tous cas, en Tunisie, pas grande chose sinon rien; d'autant que l'opposition semble s'être résignée à cette intolérable ingérence américano-qatarie !
R.B

Alain NONJON

Professeur à Intégrale et au lycée Michelet, à Paris. 

Directeur de collection chez Ellipses.


Un mort… de marque…


Le 2 mai 2011, dans les abysses de la mer d’Oman, le cadavre de Ben Laden enveloppé d’un linceul blanc et soigneusement lesté a été jeté du porte-avions Carl Vinson sans salve ni couronne ! C’est furtivement que l’ennemi public n° 1 de l’Amérique a été éliminé, bouclant une décennie où le pays s’est engagé… après le 11 septembre 2001 dans une « guerre contre la terreur.
En faisant disparaître son corps dans la mer, les Américains se sont assurés qu’aucun lieu physique de sépulture ne puisse donner lieu à un pèlerinage. L’absence d’image de Ben Laden mort a évité tout culte de son image… Que reste-t-il dès lors de ce réseau à vocation planétaire apparu en août 1988 dans l’est du Pakistan, cofondé par le Saoudien d’origine yéménite Ben Laden, le communicant confirmé, le stratège reconnu et l’Égyptien al-Zawahiri, successeur présumé, idéologue adoubé ? Que reste-t-il de la « Base », base de données à l’échelle mondiale, base de militants dispersés dans le monde et base géographique djihadiste implantée d’abord au Pakistan, puis au Soudan (1991-1996), en Afghanistan, et réfugiée au Pakistan ? La marque Al-Qaïda a-t-elle disparu, ou est-elle déposée… avec ou sans bombes ?
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Carte d'Al-Qaida : 2011-2012

Les franchises d'Al-Qaïda : chefs de file et réseaux

On est évidemment interpellé par une régionalisation qui résonne comme l’éclatement ou à minima l’affaiblissement d'Al-Qaïda. Au printemps 2003 émerge déjà une Aqpa (Al-Qaïda pour la péninsule arabique) décimée par les autorités saoudiennes en mal de réhabilitation auprès des États-Unis. La branche émigre au Yémen ou au sud de l’Arabie saoudite avec des attentats pour baptême : un kamikaze nigérian sur un vol vers Détroit et des colis piégés adressés en octobre 2010 au Yémen. D’autres filiales s’activent en Irak sous la férule de al-Zarqaoui et son groupe « Unification et monothéisme » (Al Tawhid wal jihad) est intronisé par Ben Laden, chef de la branche irakienne, après les attentats de 2003 à Bagdad et les batailles de Falloujah d’avril et de novembre 2004 ; le réseau se polarise sur la terreur antichiite jusqu’à la mort de son chef en 2006, et se réduit à une présence résiduelle après la mort de al-Masri et al-Baghdadi en avril 2010, nouveaux chefs de l’AQI. Au Maghreb, Aqmi (500 membres), dirigé par le jeune Abdelmalek Droukdal, son émir, mène des opérations sanglantes en Kabylie et fait de la capture d’otages son fonds de commerce. Toutes les filiales de Al-Qaïda sont sur la défensive depuis que les pays arabes conjuguent au présent la démocratie. Où est désormais la dynamique mondialisée de Al-Qaïda, le message brouillé par une imbrication opérationnelle, financière, terroriste entre rebelles mafieux et activistes ?

Les Printemps arabes : les marqueurs de l’échec djihadiste

On est convoqué au balcon des révolutions arabes pour évaluer Al-Qaïda. Les soulèvements démocratiques qui embrasent les pays arabes depuis 2010 sont des désaveux cinglants des stratégies de Al-Qaïda :
- les monarchies et dictatures souillées peuvent tomber sous la seule pression du peuple. Le désir de liberté fait plus que les anathèmes de Ben Laden contre le monde occidental ou l’Otan, « incarnation des États-Unis », la voix de la rue plus que le triptyque djihad, terrorisme, violence ;
- les technologies occidentales fédèrent plus qu’elles ne divisent (rôle de Tweeter et des NTIC) ;
- l’islam radical ne peut être aux avant-postes de la révolution comme au Yémen dans la mobilisation contre Ali Abdallah Saleh. Al-Qaïda peut être même rejetée, comme en Libye, lorsque son combat s’identifie à la lutte contre l’Otan alors que Benghazi a placé tous ses espoirs dans la coalition pour mettre à bas la dictature de Kadhafi ;
- la pression de al-Zawahiri sur l’Algérie afin qu’elle « jette elle aussi les tyrans aux poubelles de l’Histoire » est restée lettres mortes et confirme l’échec du projet de Ben Laden de mobiliser, autour de l’idéologie islamiste radicale, les masses arabes pour mettre en place des États islamiques ;
- les victoires faussement attribuées à un islam radical comme la « charia » en Libye ou la bonne tenue des salafistes égyptiens aux élections sont peu de choses par rapport au recul objectif du mouvement.

Des bases de résistance : la nouvelle vie de la marque Al-Qaïda ?


Désormais, c’est certainement en Afrique que Al-Qaïda trouve ses émules les plus zélés. Lorsque le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) se transforme en Al-Qaïda pour le Maghreb, il fait de ses « katibas » des bases avancées du terrorisme inspirées de Al-Qaïda. Celles-ci ont une grande autonomie, mettant sur pied des trafics : Belmokhtar dans l’ouest du Sahara, le dirigeant de la katiba des Moulathamounes, est d’ailleurs surnommé Mister Marlboro. Leurs actions (attentats, rapts, liquidation d’otages, défis à ses grandes multinationales comme Areva ou à de grandes puissances comme la France) sont des échos lointains de ce qui reste d’Al-Qaïda. La relocalisation des combats est en effet le contrepoint de l’affaiblissement de l’organisation transnationale comme en Afghanistan, où des combattants rejoignent les talibans pour être au plus près des populations, au Pakistan où les « surgeons du rhizome sont nombreux et actifs » (G. Kepel, Terreur et martyre. Relever le défi de civilisations, Flammarion, 2008). À tout moment, l’échec des transitions démocratiques peut donner des opportunités à Al-Qaïda comme au Yémen où, dans le Hadramaout — d’où est originaire la famille Ben Laden —, réapparaissent des mouvements violents, en Somalie avec les shebabs (5 000 membres), au Nigeria avec la secte Boko Haram (fondée en 2002, qui signifie « l’éducation occidentale est un péché » en langue haoussa et veut imposer un État islamique dans le nord du pays, à majorité musulmane).

Mais que reste-t-il de la capacité de mobilisation et de recrutement dans la durée des Al-Qaïda ? Il est probable que l’organisation conserve un état-major, des fidèles irréductibles, mais que la structure indépendante, globalisée, transfrontalière a vécu (G. Kepel, op. cit.). Plus que de disparition, on doit conclure à une mise en sommeil de Al-Qaïda : la Al-Qaïda al ma’lumât (le réseau mondial) a vécu et muté en base territoriale dispersée (la Al-Qaïda alamina pour J.-P. Filiu dans Les neuf vies d’Al-Qaïda, Fayard, 2009 [1]). 

Rien ne dit pour autant que le terrorisme international soit mort, que des combattants ne se retrouvent pas dans un discours universaliste et ne se rallient pas à des actions moins régionales, que des cellules dormantes évanouies ne revivent pas sous la forme de combattants solitaires qui nourrissent un ressentiment contre l’Occident, la démocratie, le système capitaliste débridé. 

Le terreau d’un islam radical (misère, corruption et autoritarisme) a-t-il vraiment disparu ? L’inspiration est souvent plus importante que l’action elle-même et, en servant de référence, des organisations de base restent un modèle à suivre, même si elles n’ont plus la capacité de passer à l’acte… pour le moment.

Leur haine pour Bourguiba les aveugle !

Dommage pour le fondateur du premier parti démocrate en Tunisie, que sa haine pour Bourguiba l'ait aveuglé au point de pactiser avec le diable, pourvu qu'il assouvisse sa vengeance; quitte à nuire à la Tunisie !
Que Ghannouchi le fasse, c'est dans l'ordre des choses : il obéit au panislamisme des Frères musulmans, doctrine diamétralement opposée au nationalisme, adoptée par Bourguiba pour construire la Tunisie nouvelle.

Autrement, quel démocrate aurait admis de pactiser avec un extrémiste ? Verrait-on le PS pactiser le FN en France ? Il n'y a que François Hollande pour admettre cette aberration pour les "autres", quand il pousse le cynisme jusqu'à vouloir convaincre les tunisiens de la "modération" de l'islamisme des frères musulmans qu'il prétend compatible avec la démocratie !

C'est pourtant Ahmed Mestiri qui avait poussé Ettakatol et le CPR, deux partis se disant "démocrates", dans les bras de Ghannouchi pour former la troïka qui a mis la Tunisie à genou ! 
Ce n'est pas digne d'un homme politique d'admettre ce mariage de la carpe et du lapin, d'autant que les tunisiens voyaient en lui un honnête homme et le considéraient de la trempe des grands hommes !

Il n'aura pas été à la hauteur de ce qu'attendaient de lui les tunisiens après le 14 janvier 2011 : il s'est révélé petit politicard comme beaucoup d'arrivistes qui ont chevauché une révolution qu'ils n'avaient pas faite, juste pour régler leurs comptes à Bourguiba et soigner leur ego blessé par le grand homme !

Vraiment dommage ! 
Les patriotes tunisiens ne lui pardonneront jamais de les avoir trahis.
R.B


Aboussaoud Hmidi 

Le dilemme cornélien d’Ahmed Mestiri !! 

Lors de sa dernière interview (mardi 5 août 2014) au journal arabophone « le Maghreb » , Ahmed Mestiri affirme qu’il est en train de perdre son optimisme face à la situation qui prévaut en Tunisie et dans la région. Il voit que ces développements constituent non seulement une menace pour la révolution mais sont porteurs du risque de rayer la Tunisie en tant que République et Etat indépendant de la carte de la région. A l’opposé, il ne voit qu’une classe politique insouciante qui ne s’intéresse qu’aux élections, alors que l’essentiel aujourd’hui, à son avis, est de préserver la Tunisie comme Etat indépendant qui a ses spécificités, son histoire et une identité propre aux racines lointaines qui a donné, à travers les siècles, naissance à d’illustres dirigeants et diffusé ses valeurs, des siècles durant.
Evidemment, Ahmed Mestiri a démenti, comme l’avait fait Mohamed Bennour, le porte-parole d’Ettakattol auparavant, tout lien de sa part avec sa candidature annoncée par le MDS aux présidentielles, laissant la porte ouverte à une candidature qui émanerait d’une formation politique plus importante. D’ailleurs, le diagnostic proposé (dangers sur le pays et insouciance de la classe politique) laisse entendre qu’il se réserve un créneau pour une éventuelle candidature, tout comme les réponses évasives au journaliste du « Maghreb » sur son éventuelle candidature aux présidentielles.
Cependant, à le voir de près, ce diagnostic n’est pas nouveau. On avait entendu Mestiri relever que la situation est critique. La première fois, c’était au lendemain de l’attaque de l’ambassade américaine en septembre 2012. Il a lancé un cri de détresse, le 16 octobre 2012, aux assises du Dialogue national, initié, à l’époque, par l'UGTT:"je suffoque mais ma langue reste bloquée ". Quelques jours plus tard , il a exprimé sur la chaîne Russya Al Yaoum , le 28 octobre 2012, ses craintes de la recrudescence du salafisme dans le pays , accusant de manière à peine voilée Rached Ghannouchi de duplicité et de machiavélisme, en assurant : "quand Rached Ghannouchi m’a rendu visite, je lui ai dit des choses essentielles: le double langage, l’ambiguïté et les tergiversations , lorsqu’il s’agit de prendre une bonne décision et au bon moment, pourraient porter préjudice à tout le monde, à la Tunisie dans son ensemble, à la pérennité de la révolution, et même au parti majoritaire ", ajoutant à l’adresse de son hôte (Ghannouchi ) que l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis Tunis (septembre 2012) pouvait être évitée. Il conclut en mettant en garde son interlocuteur contre le danger du maintien de rapports équivoques avec les salafistes.
Une année plus tard, pourtant, Ennahdha s’acharne à l’imposer comme chef du gouvernement, lors du Dialogue national, ce qui laisse penser que les avertissements d’Ahmed Mestiri des dangers qui guettent la Tunisie ne sont pas suivis d’un changement d’alliance de sa part pour s’éloigner de ceux qui sont derrière cette situation. Et lui, qui paraissait surpris par l’évolution de la situation vers le pire, n’a jamais remis en question les éléments de sa pensée et le cadre de son analyse qui l’ont poussé vers ces alliances, ni jamais exprimé la volonté de les revoir.
Ce rapprochement a sa plateforme. Les deux parties (Ahmed Mestiri et les islamistes) rejettent les acquis de la Tunisie. Ahmed Mestiri n'a été associé à aucun d’entre eux réalisé depuis 1971, et il était témoin d'un pays qui ne cessait d'avancer et d’aligner les performances même si elles sont incomplètes et imparfaites du fait du climat antidémocratique ambiant. Ces avancées étaient notoires au regard des moyens limités du pays. Cette vérité première a échappé à Mestiri et il a l'air de regretter de ne pas l'avoir découverte auparavant, et d'en vouloir, en même temps, à ceux qui étaient associés à la vie publique depuis son départ du gouvernement, même s'ils n'ont pas trempé dans la corruption et la répression. De l'autre côté, le parti islamiste puise sa vision négative des acquis de la Tunisie dans un tout autre registre, partant du fait que tout ce qui a été réalisé en Tunisie depuis l’Indépendance était bâti sur des choix qui ont occidentalisé le pays et perverti la société .
Lorsqu’il a instauré la troïka, bien avant les élections du 23 octobre 2011, Ahmed Mestiri avait pour objectif de barrer la route à un retour à l’ordre établi. Il a été de tous les combats qui ont abouti à mettre en marche le processus de la Constituante, avec Ennahdha, le CPR et l’extrême gauche. Et même lorsqu’il a donné l’impression qu’il s’est éloigné des islamistes, fin 2012, il n’en gardait pas moins des liens à tout le moins solides. Ce positionnement s’inscrit dans la logique qui a mené cet ancien destourien, bâtisseur de l’Etat moderne et plusieurs fois ministre sous Bourguiba à quitter son giron originel.
Cette rupture s’est faite en deux temps. D‘abord, après le 1er Congrès de Monastir en 1971 où il était majoritaire mais il a été rejeté lui, son équipe et son programme politique qui prônait une ouverture démocratique au sein du parti unique, le PSD, pouvant conduire un jour à un pluralisme irréversible. Ensuite, lors des élections législatives de 19981, au cours desquelles il a fait une percée dans plusieurs circonscriptions, mais la fraude était tellement évidente qu’il a lancé à l’époque son « j’accuse » pour se détourner définitivement de toute illusion de changer le système de l’intérieur. Il s’oriente vers les islamistes qui voient en lui un leader à avoir de leur côté.
En fait, Ahmed Mestiri qui a été exclu du PSD en janvier 1972, a constitué d’abord un courant puis en 1978 un parti, le Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS). Durant presque 10 ans, il fait valoir sa thèse que le pays ne plus être gouverné comme aux premières années de l’Indépendance. Et sa stratégie était de convaincre Bourguiba qu’un autre mode de gestion du pays était à l’ordre du jour, et qu’il en est le mentor.
A cette date, il avait devant lui deux possibilités : créer un parti de masse ou un simple groupe de pression ; il optera pour la seconde alternative en utilisant tour à tour les mouvements de contestation de la jeunesse, le mouvement étudiant de février 1972 et la radicalisation de la gauche marxiste ( surtout Perspectives Al Amel Tounsi ) dans les années 1973-1975, et à partir de 1976, il change son fusil d’épaule en misant sur le courant indépendantiste au sein de l’UGTT. En 1980, lors des événements de Gafsa, il les exploite en esquissant un rapprochement avec l’establishment en s’alignant cette fois sur son ennemi juré Hédi Nouira.
Mais sa déception après la falsification des élections de 1981 l’éloigne de la stratégie de faire changer le système de l’intérieur en convainquant Bourguiba ou en utilisant les élections. Et à partir de cette date, il s’éloigne de l’establishment et se rapproche des islamistes, pour ne plus s’en dissocier.
Ahmed Mestiri, véritable libéral et patriote sincère, a fait des choix stratégiques controversés aux yeux des observateurs. Il s‘est, d’abord, dissocié assez tôt de son parti le PSD, avant d’épuiser toutes les possibilités de changement qui s’y présentaient. Ensuite, il a choisi de ne pas créer un parti de masse pour contrebalancer l’ordre établi, préférant se prêter de l’extérieur au jeu des clans au sein du pouvoir qu’il a quitté sans vraiment le faire. Enfin, il a misé sur la mouvance islamiste avec laquelle il ne partage rien qui puisse être fondamental, nourrissant l’illusion de s’en servir pour consommer la rupture la plus radicale avec l’ancien régime. Mais il s’est trouvé enfermé dans la logique de dénoncer les excès des islamistes sans pouvoir rompre avec eux.

mercredi 13 août 2014

FÊTE DE LA FEMME EN TUNISIE

Seules des femmes émancipées donneront des générations d'hommes libres. 
Taha Houssein


13 Août : A L'OCCASION DE LA FÊTE DE LA FEMME EN TUNISIE ...

Watania (TV nationale) passe un docu-fiction où il est rappelé la règle innovante à son époque et unique dans le monde "arabo musulman", dite la loi kairouanaise, qui interdit la polygamie dans le contrat de mariage.

Le contrat de mariage dit "kairouanais", spécifie que l'homme ne peut épouser d'autres femmes sans le consentement de son épouse. 

L'épouse selon ce contrat, peut demander le divorce si son mari lui impose contre son gré une autre femme; charge à lui de subvenir à ses besoins après le divorce !


Ce que Bourguiba rétablira le 13 août 1956 en promulguant le Code du Statut Personnel ... qui sera à son tour unique dans le monde dit "arabo musulman" !


Depuis, cette date est devenue en Tunisie la "Fête de la femme" : tout un symbole ... auquel tentent de s'attaquer les Frères musulmans nahdhaouis !


Bonne fête aux "harayier tounes", les femmes libres de la Tunisie !!



Rachid Barnat

PS : Salah Horchani rend hommage aux tunisiennes.