lundi 30 mars 2015

Ghannouchi, le terroriste modéré !

Il est réconfortant pour les tunisiens que des journalistes occidentaux commencent à dénoncer la supercherie de l' "islamisme modéré" des Frères musulmans, trouvaille de leurs gouvernants; et qui veulent imposer ces islamistes aux tunisiens en dépit des règles démocratiques !
R.B

Jacques Marie BOURGET

Ghannouchi, musulman "modéré" mais schizophrène notoire !
Dans sa dernière livraison au journal "le Monde", Rachid Ghannouchi, le chef du mouvement "Ennahdha" dont les ambiguïtés et les complaisances ont contribué à favoriser un salafisme violent, revendique l'étiquette de "musulman modéré". 

A Paris  les couloirs du métro sont tapissés de publicités pour des spectacles comiques. Une originalité dans cette floraison de drôleries, les « one man shows » montés par des « beurs » sont de plus en plus nombreux. Pour une fois que les opprimés prennent la parole, c’est tant mieux. Venu de Tunis, et vanté dans les colonnes du Monde, nous vient un nouvel humoriste qui devrait figurer aux côtés de ceux qui sont déjà sur scène, j’ai cité Rachid Ghannouchi, le leader du parti religieux Ennahdha. 
Le contenu de la « Tribune libre » qu’il vient de publier dans le quotidien de référence relève à la fois d’Ubu, de Ionesco, du Collège de Pataphysique ou de l’invention de l’œuf carré. Drôle, vraiment très drôle.

Ghannouchi, la rage des nouveaux convertis

Tel un cracheur de feu, Ghanoucchi jongle avec deux concepts qu’il assaisonne dans une même salade : « l’islamisme modéré et la laïcité modérée ». Ah, dira-t-on jamais assez la grandeur de « la laïcité modérée » ! Dites-moi, cher imam, vous reprendrez bien un doigt de laïcité ? Non ? La découverte doit en appeler d’autres, comme l’alcoolisme modéré, l’infidélité modérée, la cruauté modérée, la dictature modérée. Tout est bon dès qu’il est « modéré ».

Ainsi Ghannouchi à la tête d’Ennahdha entend refonder une Tunisie qui vient de lui échapper dans les urnes. Pour cela, la « réconciliation nationale » étant acquise, il nous décrit les « fondements », trois piliers de sa nouvelle sagesse :
- « Piloter la transition vers la démocratie en construisant et favorisant la rencontre et le travail des islamistes modérés et laïques modérés autour de l’intérêt national ».
- « La Constitution… garantissant l‘égalité des hommes et des femmes »
- « L’idée d’un gouvernement d’union nationale quels que soient les résultats des élections ».

Puisque le choix est fait de ne pas se préoccuper du verdict des urnes, pourquoi s'y rendre ? On perd du temps et on use ses souliers.

Entre amnésie et schizophrénie

Demandez donc le programme, voilà ce qui peut sauver la Tunisie mise sur le flanc par la gestion Ennahdha et achevée par l’attentat du Bardo.

Sans doute sa boite à outils était-elle trop pleine, Ghannoucchi n’a pas considéré comme un « pilier » la dure besogne qui consiste à reconstruire l’intérieur des têtes de centaines de milliers de tunisiens. Pourtant c’est ainsi que le sage entend « combattre le terrorisme ». 

Quel est le constat de notre si pieux guide ?  Que le terrorisme est né du « benalisme » qui a laissé prospérer dans les esprits une ignorance mère de la violence. En gros, c’est le fait de ne pas gaver les jeunes cerveaux du gentil catéchisme d’Ennahdha qui a conduit au goût du jihad…

Accusation étrange, même si Ben Ali, mérite toutes les peines. Naïvement nous avions pensé que l’arrivée démocratique d’Ennahdha au pouvoir, et la bride alors laissée sur le cou aux frères les plus turbulents, et très djihadistes, était une courte échelle faite au terrorisme. Alain Chouet, grand observateur du monde arabe et ancien haut responsable des services français, lui, n’y va pas par quatre chemins, il accuse aujourd’hui Ennahdha d’être directement responsable de la tuerie du Bardo… 

Alors les « fondements » d’Ennahdha…

dimanche 29 mars 2015

DANS Le Monde GHANNOUCHI SE MOQUE DU MONDE !

Article paru dans : 
Kapitalis
Al Huffington post
Agoravox

A l’occasion de la grande marche du Bardo contre le terrorisme, Ghannouchi vient de publier dans le Monde un article dont le titre est : " Musulmans modérés et laïcs, tous unis contre le terrorisme "  ! Il s'agit, selon certains d'une opération de communication dans laquelle l'étranger n'est pas absent mais qui a, une nouvelle fois, le mérite de faire éclater la fourberie et la ruse de Gannouchi.

Ce faisant, il emploie cette expression qui fait flores en Occident, d'islamistes modérés en la transformant volontairement au passage en " musulmans modérés "; ce qui est une nouvelle tromperie.

En lisant son article, çà et là il parle d'islamistes "modérés" et de laïcs "modérés" ! 
Il ne manquerait plus que terroristes "modérés" pour compléter la manipulation intellectuelle qui sous-tend son discours. 

1 / Arrêtons-nous sur cette opposition " musulmans modérés " et laïcs.
Est-ce à dire que les laïcs ne sont pas musulmans ?
Voilà où est la tromperie volontaire de ce vieil obscurantiste. Il veut faire passer le message que les laïcs ne sont pas des musulmans; et en cela il commet une forfaiture. Il y a parmi les laïcs beaucoup, sinon la majorité des tunisiens, qui sont musulmans; de bon musulmans et sans doute même meilleurs musulmans que ne l'est Ghannouchi. Mais qui veulent conformément au vrai sens de la religion, que celle-ci soit celle des cœurs, du for intérieur, sans l'ostentation qu'impose le wahhabisme qui fonde la confrérie des Frères musulmans à laquelle appartient Ghannouchi et qui instrumentalise la religion pour accéder au pouvoir et le conserver.
La différence entre cette majorité de musulmans laïcs et Ghannouchi, c'est qu'ils ne se vantent pas d'être bons musulmans : ils se contentent d'agir comme tels. Ils ne se servent pas de la religion comme d'un étendard ! Ils n'instrumentalisent pas la religion comme le fait Ghannouchi, qui en fait un fond de commerce. Quand on connaît la façon dont Ghannouchi a fait fortune, on ne peut s'empêcher de douter sérieusement que cet homme soit un "bon musulman"; pour ne pas dire qu'il est un hypocrite au sens du Coran, c'est à dire  "mounafik", un faux musulman !

Voilà la réalité que feint d'ignorer Ghannouchi et que beaucoup de médias occidentaux ignorent de manière scandaleuse, ou feignent d'ignorer; puisqu'ils font le jeu non pas des musulmans modérés comme dit Ghannouchi mais des islamistes prétendument modérés; car ce qui fonde tous les islamistes c'est le wahhabisme dont plus grand monde n'ignore ni l'obscurantisme ni la violence ni le terrorisme auxquels fait appel cette dangereuse obédience.

2/ La deuxième arnaque de Ghannouchi est de parler précisément de " musulmans modérés ", alors qu'il s'agit d’islamistes comme ceux de sa confrérie internationale des Frères musulmans que l'Occident et certains pétromonarques soutiennent; et dont le point commun est le wahhabisme qui fonde tous les islamismes. 
Le comble de l'arnaque est quand il parle à la fois d'islamistes "modérés" et de laïcs "modérés" ! Comme si la laïcité était une religion ! Du reste, c'est la tromperie qu'il n'a cessée d'entretenir dans ses discours aux tunisiens, leur faisant croire que la laïcité est une religion qu'il faut combattre et tuer ses adeptes. Alors que dans d'autres discours il jette l’anathème sur les laïcs qu'il décrit comme mécréants, donc athées !
Ruses de langage de Ghannouchi, qui ne trompent que ceux qui veulent bien se laisser tromper. 
Alors que l'islamisme même prétendument "modéré" instrumentalise la religion, Ghannouchi sait pertinemment que la laïcité n'a jamais été une religion. Il sait qu'elle n'est qu'un concept pour dire la séparation de l'Etat de la religion d'une part; et l'assurance pour toutes les croyances (religieuses, agnostique et athée) de cohabiter en paix, toutes protégées par un Etat civil et laïc, d'autre part !

A moins qu'il exprime par " laïcs modérés " le souhait que les laïcs tunisiens s’accommodent de l'intrusion de la religion dans la sphère publique par des brèches qui finiront à terme par avoir raison de la laïcité, pour préparer la société tunisienne à l'instauration de la chariaa ! Prenant exemple sur Erdogan, son Frère musulman turc, qui par petites touches est en voie d'abolir la laïcité pour remplacer l'Etat civil par un Etat théocratique (Califat) où la chariaa remplacera le code civil. 

Si Ghannouchi semble se "ranger" au point de dénoncer le terrorisme, ce n'est qu'une stratégie de communication des Frères musulmans dans la tourmente depuis que cette organisation a été déclarée terroriste par de nombreux pays. 
S'il semble refuser la violence aujourd'hui, il l'a prônée il n'y a pas si longtemps encore; car il ne faut pas oublier que dans l'idéologie des Frère musulman, la violence et le terrorisme sont prescrits comme moyens pour accéder au pouvoir.
Les violents sont simplement moins rusés; et y vont en force là où Ghannouchi veut aller par la tromperie, la ruse et le double langage, appliquant la fameuse règle la "taqyia" des "Frères", où le mensonge devient "halal" (licite) dés lors qu'il sert les intérêts de la confrérie. (Rappelez vous ses discours dans la vidéo "fuitée")

Quant à ses recommandations de ne pas exploiter l'ignorance et la pauvreté des gens, terreaux du terrorisme, on se demande s'il ne se moque pas du monde lui qui était aux commandes durant trois ans quand ses deux gouvernements ont laissé se développer les crèches et les écoles coraniques au détriment des écoles publiques; et ont livré la Tunisie aux pseudo imams et autres prédicateurs obscurantistes venus d'Arabie diffuser le poison wahhabite pour endoctriner et recruter les jeunes qui vont grossir les rangs des terroristes en Syrie et servir de chair à canon à l'émir du Qatar, grand protecteur des "Frères"... avec la complicité de la troïka d'alors !   

Quant à l’exception tunisienne et ses quatre fondements totalement assimilés par le parti Ennahda, ne nous leurrons pas. Si Ghannouchi semble découvrir les vertus de l'union nationale, de la gouvernance collégiale et autres consensus et dialogue national, ce ne sont que des étapes stratégiques le temps pour lui et pour son parti de se refaire une virginité qui doit passer nécessairement par une amnistie générale pour mettre hors de danger ses hommes pour n'avoir plus à répondre de leurs crimes et de leurs malversations qui ont durant les trois années de pouvoir d'Ennahdha, dépassé et de loin ceux de Ben Ali. 
Malheureusement Nidaa Tounes s'oriente une fois de plus vers cette réconciliation nationale pour amnistier de leurs crimes Ghannouchi et ses hommes, dans l'espoir de calmer le jeu des "Frères". Ce que Béji Caid Essebsi semble oublier, c'est que les violences et le terrorismes sont dans la culture des Frères musulmans. Ils y recourront chaque fois qu'ils se retrouveront dans des difficultés ou dans une impasse politique, comme nous le rappelait leur victime Chokri Belaid. Les rejeter c'est rejeter leur islamisme ! Et rejeter leur islamisme, c'est rejeter l'instrumentalisation de la religion à des fins politiques. Or ils n'ont qu'une doctrine, celle élaborée par Hassan el Banna au siècle dernier en 1928 et "repensée" par Saïd Qutb, en 1964, c'est à dire plus de cinquante ans !!

Non, Ghannouchi ne représente en aucune façon les musulmans modérés ! Il ne représente que les islamistes et ce n’est pas du tout la même chose. La trouvaille d'islamistes "modérés", est politique. Ceux qui l'ont trouvée, pensent duper les peuples auxquels ils veulent imposer les Frères musulmans d'une manière ou d'une autre : ce sont les dirigeants américains, européens et leurs amis pétro monarques !

Ghannouchi n'a fait que reprendre cette "trouvaille" pour l'étendre aux laïcs et aux musulmans pour créer une nouvelle fois la confusion et poursuivre les objectifs des Frères musulmans !  

Mais personne n’est dupe de ces ruses de langage.


Rachid Barnat
















vendredi 27 mars 2015

Un « grand savant » en terrorisme est parti

Karim Zmerli


Qui était vraiment Moncef Ben Salem (vidéo) ?

Décédé le mardi dernier à la l’âge de 62 ans et à la suite d’une longue maladie, Moncef Ben Salem a été inhumé hier, 25 mars 2015, au cimetière de Bir Salah de la délégation d'el Hancha à Sfax, sa ville natale. Avant le départ du cortège funèbre vers Sfax, une cérémonie d’hommage lui a été dédiée sous la direction de Rached Ghannouchi, au siège du parti islamiste Ennahdha à Montplaisir (Tunis). 
 Si nos valeurs islamiques nous interdisent de dire du mal d’un disparu, nos valeurs patriotiques nous y autorisent vivement. Qu’Allah lui accorde son pardon –il en aura bien besoin- mais que les Tunisiens sachent qui était cet homme. 

La carrière terroriste de Moncef Ben Salem 

Né le 1er avril 1953 dans le gouvernorat de Sfax, Moncef Ben Salem adhère au Mouvement de la Tendance Islamique (MTI) quasiment dès sa naissance clandestine en juin 1981. A l’époque et jusqu’à ce jour, beaucoup de scientifiques (physiciens, ingénieurs, médecins…) et jamais de littéraires (historiens, philosophes, sociologues…), trouvent dans l’islamisme l’idéologie idéale pour redresser le monde arabe et le hisser à la tête des nations. Un rêve d’imbéciles qui dénote les limites intellectuelles de ces « savants » islamistes. 

Comme « l’ingénieur » Hamadi Jebali, notre « savant de renommée mondiale » a été impliqué dans le double attentat qui a visé le 3 août 1987, date anniversaire du Président Bourguiba, un hôtel à Sousse et un autre à Monastir. A l’époque mercenaires de l’Iran Khomeyniste, les islamistes Tunisiens travaillaient à la déstabilisation de l’Etat bourguibien, avec l’aval implicite des Etats-Unis. L’arrivée au pouvoir de Ben Ali, le 7 novembre 1987, avait mis fin aux complots islamistes, non sans leur proposer un nouveau deal avec le pouvoir, toujours sous la pression de nos « amis » Américains ! 

C’est ainsi que tous les détenus islamistes ont été libéré par Ben Ali. Les Ghannouchi, Jebali, Chourou, Larayedh, Harouni, Ben Salem…, ont été relaxé au nom de la « réconciliation nationale ». Contrairement à ce qui a été dit et écrit, Moncef Ben Salem a pu réintégrer à l’époque son poste de professeur à l’Ecole nationale d’ingénieur à Sfax, avec le versement rétroactif de deux années de salaire (1986-1988). Il y restera jusqu’en 1991, l’année de reprise du bras de fer entre le pouvoir et la secte islamiste. Observant jalousement ce qui se passait en Algérie où le FIS triomphait, les dirigeants d’Ennahdha étaient impatients de gouverner la Tunisie. Leur violence avait donc repris de plus belle particulièrement au sein de l’université, mais pas seulement. 

Comme a fini par le reconnaître Salah Karkar avant son décès, Ennahdha a tenté à deux reprises d’assassiner Ben Ali, en 1991 à Sidi Bou Saïd, et en 1992, en ciblant son avion avec un lance-missile sol-air de marque Stinger, que la secte terroriste a pu obtenir grâce à ses amis Algériens de retour d’Afghanistan. Telle est la raison principale du retournement de Ben Ali contre Ennahdha et de sa décision d’éradiquer impitoyablement les islamistes (1992-1995). 

Les recherches « scientifiques » de Moncef Ben Salem 

 Moncef Ben Salem était un « grand savant » qui a passé une bonne partie de sa vie à vouloir démontrer « mathématiquement » que la mère d’Habib Bourguiba était de confession juive ! Parce que les islamistes considèrent qu’être de mère juive est en soi une abjection, ils ont de tout temps jeté sur leurs adversaires cette « accusation » très grave à leurs yeux : Mustapha Kamel Ataturk, Nasser, Sadate, Khadafi, Saddam, Hafedh al-Assad, Hussein de Jordanie, Bourguiba… étaient tous de mères juives ! Les islamistes savaient très bien à quel point l’impact d’une telle filiation sur la conscience de la populace arabe était déterminant dans leur combat contre les régimes. 
Cinq mois après le coup d’Etat islamo-atlantiste du 14 janvier 2011, Moncef Ben Salem déclarait devant une foule d’incultes venus l’écouter à Sfax que « Le juif Mendès France a dicté à Bourguiba les conditions de l’indépendance, à savoir la libération de la femme, la fermeture de la mosquée Al-Zitouna… Bourguiba était un vendu à Israël et à la France » (voir vidéo ci-dessous). 

Il a par la suite fait une révélation « historique » capitale ! Un proche de Moufida Bourguiba (la première épouse du président), qu’il aurait rencontré en 1981 en Arabie Saoudite, lui aurait confié que, selon Moufida Bourguiba, son époux était un juif originaire de Tripoli, qu’il détestait l’islam et l’arabité… Dans son hystérie antisémite, Moncef Ben Salem disait que le Monsieur rencontré en Arabie Saoudite devait lui remettre la preuve écrite signée de la main même de Moufida Bourguiba, malheureusement il est mort avant !!! 

Du terrorisme islamiste à l’affairisme véreux 

Bombardé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la première décision de Moncef Ben Salem, mentionnée dans le JORT du 3 décembre 2011, a été de s’octroyer le titre de professeur des universités avec effet rétroactif de 25 ans. Il a ainsi empoché près de 600 000 dinars, considérant qu’il s’agit là que de justice rendue ! 

Sa boulimie ne s’est pas arrêtée à ce montant « dérisoire ». Il a également encaissé 720000 dinars comme compensation des années de prison et de privation, à l’instar des islamistes et des gauchistes qui ont eu droit aux mêmes compensations. Il a obtenu un prêt d’1,5 milliard pour l’un de ses fils pour créer une télévision. Il a obtenu un autre crédit de 800000 dinars pour un autre de ses fils pour lancer une entreprise d’export-import. Sans compter ce que Rached Ghannouchi lui a donné à titre personnel. Et pour cause ! 

Depuis son départ en exil en 1991, Rached Ghannouchi est devenu l’un des tunisiens les plus richissimes. Ses agents sillonnaient les pays arabes et musulmans à la recherche d’argent. L’Arabie Saoudite, l’Iran, le Koweït, le Qatar, le Soudan, l’Indonésie… les dollars coulaient à flot dans le coffre de Rached Ghannouchi. Cet argent quémandé était soi-disant pour les familles des « martyrs » et des « prisonniers » d’Ennahdha en Tunisie. Grace à des conflits internes entre Rached Ghannouchi, Salah Karkar et Habib Mokni, on a su par la suite que ces montants colossaux allaient sur le compte personnel du chef de la secte, Rached Ghannouchi et de sa fille Soumaya. 

Les larmes de crocodiles de Rached Ghannouchi 

C’est pour cette raison qu’après son retour en Tunisie, Rached Ghannouchi s’est senti obligé de faire preuve de « générosité » à l’égard de ses compagnons, notamment Hamadi Jebali, Ali Larayedh, Sadok Chourou et Moncef Ben Salem. Quant à Habib Mokni et Hechmi Hamdi, ils avaient déjà, à l’époque de l’exil doré, coupé à la source la part du pactole qui leur revenait !               
Avant le départ de sa dépouille à El-Hancha dans le gouvernorat de Sfax, la secte islamo-mafieuse d’Ennahdha a rendu à Moncef Ben Salem l’hommage qu’il mérite. Les larmes aux yeux, c’est Rached Ghannouchi qui a conduit la prière pour les morts au siège même de son parti. 

Dans un post publié sur son site, le parti Ennahdha s’est dit très affecté par la disparition de Moncef Ben Salem, « ce cavaliers d’Ennahdha et de ses dirigeants qui ont combattu la tyrannie et l’oppression sans jamais faiblir ». Ecrivant l’histoire à leur manière, les islamistes d’Ennahdha ont prétendu que Moncef Ben Salem « a combattu la dictature en tant que savant de renommée mondiale. Le régime déchu l'a empêché d’accomplir sa mission scientifique au sein de l’Université. Il l’a combattu en tant que militant, ce qui lui a valu de nombreuses années en prison. Il l’a combattu en contribuant à la réalisation des objectifs de la révolution et l’édification de la 2ème République en dirigeant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au sein du premier gouvernement élu après la révolution ». 

Cette « deuxième république » restera dans l’histoire comme la période de la collaboration, de la trahison, de la corruption, du règne du Proconsul américain Jacob Walles, de la vente de la Tunisie au Qatar et à la Turquie, des visites répétitives de John McCain en Tunisie, de la collaboration dans la destruction de la Syrie,… et des conférences de Rached Ghannouchi à l’AIPAC, lors desquelles il avait oublié de dire devant ses maîtres « juifs » que son ministre de l’Enseignement supérieur était un misérable antisémite ! Qu’Allah lui pardonne !!! 

  

mercredi 25 mars 2015

Les fous de Dieu sont-ils des "fous" ?

Ils ne sont ni fous et encore moins "jihadistes" ! 
Ce sont des voyous sans foi ni loi, mercenaires pour le compte du plus offrant !
Il faut que ceux qui en parlent (intellectuels, journalistes, analystes ... ), cessent de les glorifier du titre de "Jihadiste" !!
R.B
Peut-on dresser un portrait psychologique des jihadistes, qui combattent au nom de leur religion ? Sont-ils pleinement conscients de leurs actes ? Francetv info a interrogé Jean-Michel Hirt, psychanalyste et auteur de l'essai "Le Voyageur nocturne : lire à l'infini le Coran".
Ils décapitent leurs ennemis, pillent les villages, violent des femmes et font régner la charia dans la terreur, un fusil à la main. Les membres de l'organisation Etat islamique sont en guerre au nom d'Allah. Une guerre idéologique dont les actions, d'une violence rare, horrifient la communauté internationale
Les quelques témoignages de proches d'apprentis jihadistes évoquent leur isolement, leur embrigadement, une forme de déconnexion avec la réalité. Peut-on brosser un portrait psychologique de ces fous de Dieu, qui combattent et massacrent des populations au nom de leur religion ? Sont-ils pleinement conscients de leurs actes ? Francetv info a interrogé Jean-Michel Hirt, psychanalyste et auteur des essais Le Voyageur nocturne : lire à l'infini le Coran(Bayard) et Paul, l'apôtre qui "respirait le crime" (Actes Sud).
 : Le fanatisme religieux est-il un champ exploré par la psychologie ?
Jean-Michel Hirt : Non, pas à proprement parler. Bien sûr, il existe des travaux sur la religion qui sont fondamentaux, comme ceux de Freud (L'Avenir d'une illusion, L'Homme Moïse et la religion monothéiste), mais le phénomène religieux reste trop peu exploré par les psychanalystes ensuite. Il y a même eu une époque où, en France, il était presque scandaleux pour un analyste de s'intéresser de façon ouverte au religieux. C’était une affaire classée, on était naturellement athée puisqu’analyste, et la messe était dite, alors que personne aujourd’hui ne peut plus ignorer la religiosité du psychisme, c’est-à-dire la répression du pulsionnel par le religieux ou son inverse : le pulsionnel mettant à son service le religieux pour se déchaîner.
On a pu s'imaginer, par exemple, que les pays arabes allaient connaître une évolution comparable à la nôtre, vers la sécularisation, grâce au nationalisme panarabe. On s'est fait de grosses illusions en prenant nos désirs laïcs pour la réalité. Aujourd'hui, il y a urgence à revenir là-dessus, à approfondir les analyses des grandes religions. 
 : Le déchaînement de violence de l'EI est-il une forme de folie ?
Jean-Michel Hirt : Un jihadiste n'est pas un "fou", pour peu que ce terme ait un sens. Le "fou", c'est un individu seul, qui est seul dans son monde et qui n'arrive pas à faire partager son monde aux autres. Précisément, les combattants de l'Etat islamique, ce sont des gens qui ne sont pas seuls. Ils sont en groupe, ils se reconnaissent dans un ensemble de références et ils luttent en se servant de la mise en commun de leurs savoirs pour imposer leur tyrannie. 
Ces jihadistes ne sont pas très différents de vous et moi. lls souffrent de toutes les pathologies que nous connaissons dans la société : certains sont très névrosés, d'autres délirent, d'autres sont psychotiques ou suicidaires. Ils tentent de résoudre des difficultés psychiques par des comportements dangereux à la fois pour eux et pour les autres. Pour parler en termes freudiens, chez eux, le conflit entre Eros (la pulsion de vie) et Tanathos (la pulsion de mort) tourne à l'avantage du dernier. Puisque Tanathos a l'ascendant, alors Eros se met à son service. Mais encore une fois, il s'agit juste d'une régression qui n'est pas irréversible. Saint Paul lui-même était un homme qui "respirait le crime", disent les Actes des Apôtres, avant de se convertir sur le chemin de Damas, de convertir ses pulsions de destruction pour se mettre au service de la construction de la religion chrétienne.
 : S'ils ne sont pas fous, comment expliquer ces actes qui nous horrifient ? On a l'impression que commettre ces crimes ne les affecte pas, qu'ils le font avec une grande légèreté…
Jean-Michel Hirt : Leur idéal mortifère a pris toute la place dans leur personnalité. Comme tous les passages à l'acte, les crimes que les jihadistes commettent se font dans une sorte d'aveuglement, de sidération de la conscience. La plupart des individus qui se retrouvent en prison pour avoir tué ont du mal à reconnaître ce qu'ils ont fait.
Mais on sait, parce que la guerre n'est pas une affaire nouvelle, combien les traumatismes peuvent se révéler considérables, quand les individus en reviennent. Certains ne peuvent plus continuer à vivre normalement et tombent malades. Tuer, ce n'est jamais quelque chose qui se fait comme on avale un verre d'eau. Aucun criminel n'est à l'aise dans sa culture et bien dans sa peau. Ce sont des individus qui souffrent de profonds troubles psychiques qu'ils n'arrivent pas à résoudre et qu’ils projettent violemment sur autrui. 
 : Par quel processus psychologique en sont-ils arrivés là ?

Jean-Michel Hirt : Tout commence par le refus de l’altérité et de la différence. On refuse d'accepter ce que l'on ressent, et qui nous dérange, et on accuse l'autre d'être responsable de la crise ou de ce qui fait qu'on est mal dans sa peau. Ensuite, c'est la fuite en avant. Tous les individus connaissent un conflit entre ce qu'ils sont et ce qu'ils devraient être, ou ce que l'on attend d'eux. Or, le fanatique n'accepte pas ses contradictions et déplace ce conflit hors de lui. Autrui devient donc une cible. Il se dit : "Ce n'est pas moi qui suis déchiré entre le bien et le mal, c'est l'autre. Donc, si je supprime l'autre, ça ira mieux." C'est à la fois radical et apparemment confortable, car l'individu semble avoir résolu son conflit intérieur. Mais en fait, c'est une attitude très infantile.
Un adulte doit, au contraire, parvenir à intérioriser et le mal et le bien, de façon complexe. Or, parce que le fanatique religieux rejette le mal sur l'autre, il cherche par tous les moyens à légitimer cette opération psychique, notamment en se faisant l'ennemi de toute interprétation des textes sacrés auxquels il prétend croire. C’est le ressort de tout fondamentalisme religieux, pratiquer une lecture littérale de ses textes de référence. Plus de métaphore, plus de double ou triple sens, les mots deviennent des mots d’ordre. Il n'y a pour lui plus qu'un seul sens dans une parole d’Évangile ou un verset du Coran. Tout est devenu injonction, comme si la religion relevait du code de la route. "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens" est le drapeau sanglant des fanatiques à travers les siècles, quand la religiosité de leur psychisme se met au service de leurs pulsions destructrices.
 : Des fanatiques s'en tiennent aux prêches, d'autres prennent les armes. Que signifie ce passage à l'acte ?
Jean-Michel Hirt : Le passage à l'acte constitue une transgression supplémentaire, qui correspond à une tentative désespérée de résoudre par la violence destructrice les conflits qui habitent le fanatique. La conviction que "moi et ceux qui sont comme moi représentent le bien" permet de donner libre cours à des pulsions que nous avons tous en nous, mais avec lesquelles la plupart des gens s’organisent de manière constructive. La question, aussi, c'est comment la société dans laquelle on évolue, avec ses normes et ses valeurs, nous incite à nous précipiter ou pas vers des actes destructeurs. En temps de guerre, par exemple, la société nous autorise à tuer, pas en temps de paix. Tout est réversible.
 : Que dire des femmes qui partent en Syrie pour vivre selon la charia, mode de vie qui bafoue pourtant leurs droits fondamentaux ?
Jean-Michel Hirt : Ces femmes s'imaginent qu'en changeant radicalement de vie, elles vont connaître la paix intérieure, voire le bonheur. Elles font ce pari, à partir de la façon dont elles vivent difficilement leur histoire personnelle et les conflits psychiques qui les traversent. Combien d'enfants se sont rebellés contre leurs parents ? Aujourd'hui, une forme de cette révolte liée à l'adolescence, à la misère sociale, à l’ignorance de la grandeur culturelle de l’islam passe par cet engagement absurde et criminel. C'est pourquoi certaines familles musulmanes ont besoin d'être aidées pour permettre à leurs enfants de sortir de leurs impasses. Cela suppose une mobilisation de toute la société, que l'islam ne soit plus ostracisé ou caricaturé, que ses valeurs spirituelles et libératrices soient reconnues et encouragées.
 : Vous citez l’Évangile comme le Coran… Toutes les religions peuvent créer des sujets radicalisés ?
Jean-Michel Hirt : Tout à fait. Ce n'est pas la religion qui suscite de la haine. Il n'y a que des gens qui instrumentalisent des religions pour vivre leur haine. Même les bouddhistes se montrent parfois violents. L'élément clé, c'est le contexte psycho-culturel. S'il vous garantit que l'acte criminel que vous accomplissez est ce qu'il y a de mieux à faire, vous en retirez un grand bénéfice psychique. La même chose se passe dans la mafia, où le crime est perçu comme une initiation, un rite d’appartenance pour des gens qui se trouvent exclus ou se vivent comme rejetés par leur société.
 : Si vous receviez un jihadiste en consultation, que lui diriez-vous ?
Jean-Michel Hirt : Je lui dirais qu'il est sauvé ! Que si quelqu'un fait cette démarche, c'est qu'il a déjà fait un bout de chemin pour sortir de cette culture de mort. Cela signifierait que les questions qui se posent à lui ne vont pas se résoudre par le passage à l'acte, mais par la recherche de ce qui l'anime, par la connaissance de son désir et de la façon dont il peut l’incarner. Sa réponse par le langage et l’exploration de son monde interne sera pour lui plus constructive.
Nous avons tous connu des situations qui étaient très limites, parfois proches de la dépression grave, du suicide ou même du crime, des situations propices au passage à l'acte. Face à cela, beaucoup ont réussi à trouver dans le travail psychanalytique la possibilité de s'en sortir autrement. Encore faut-il trouver quelqu'un qui écoute, et qu'ils aient le courage d'être écoutés. Il faut beaucoup se confronter à ses dieux et à ses démons intérieurs.

Leila Shahid : « Je pars avec tristesse et colère »

Une grande dame quitte la scène politique, déçue par la lâcheté de la communauté internationale et plus particulièrement par l'UE qui reste toujours paralysé face à Israël, à cause de sa culpabilité dans le drame des juifs d'Europe : la Shoah dont use et abuse les sionistes au pouvoir aussi bien en Israël qu'aux EU, son grand protecteur.
Comme elle doit être aussi déçue par l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans qui ont pris en otage le peuple palestinien dans leur politique nihiliste.
Elle manquera beaucoup à la "cause palestinienne".
R.B
Leila Shahid n’est plus l’ambassadrice de la Palestine à Bruxelles auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Grand Duché du Luxembourg. Son départ, à 65 ans, est irrévocable. Les efforts du président palestinien Mahmoud Abbas pour la retenir auront été vains. Diplomate hors pair, elle prend une retraite qui sera peut-être interrompue par l’une ou l’autre mission ponctuelle pour la Palestine. Pour Le Soir, la célèbre diplomate palestinienne a accepté d’expliquer les raisons de son départ et de revenir sur son bilan et ses frustrations, y compris son opinion, nuancée, sur les institutions européennes qu’elle a fréquentées pendant dix ans. Les amis de la Palestine en Europe disent qu’ils la regrettent déjà. C’est que Leila Shahid a toujours fait montre de telles qualités diplomatiques offensives que ses ennemis la craignent autant que ses amis l’adulent. Ses combativité et pugnacité ont fait les beaux jours des plateaux télévisés français dont les débats sur le Proche-Orient ont perdu beaucoup de leur sel quand, en 2005, elle choisit Bruxelles et surtout l’Europe, pour représenter son pays en devenir. Née en 1949 à Beyrouth dans une famille aux riches racines palestiniennes, dont par sa mère la prestigieuse famille Husseini, de Jérusalem, Leila Shahid n’a jamais vécu en Palestine mais « la cause » a marqué sa vie depuis toujours et pour toujours.


                      La Palestine grignotée par Israël                          

Baudouin Loos : Pourquoi prenez-vous votre retraite à la surprise de beaucoup de monde, à commencer par votre président, Mahmoud Abbas ?
Leila Shahid : Tout simplement parce que je pense que dans la vie il y a des cycles, comme dans l’histoire d’ailleurs, et ici il y a un cycle qui se termine, à mes 65 ans. Ça fait 25 ans que je suis ambassadeur de Palestine. J’avais accepté la proposition de Yasser Arafat de devenir la première représentante palestinienne féminine en 1989 peu après le début de la première intifada (soulèvement) dans les territoires occupés. Il m’avait retrouvée à l’époque au Congrès du Fatah, à Tunis et il m’avait dit, de manière très volontaire, « cette intifada est quelque chose d’extraordinaire, les femmes y jouent un rôle très important, elles sont à l’avant-garde des manifestations, je souhaite nommer des femmes comme représentantes de l’OLP et j’ai décidé que tu serais la première ». J’avais commencé par lui dire non, que ma vie était ailleurs, au Maroc, avec mon mari l’écrivain Mohammed Berrada. Je ne voulais pas passer du statut de militante à celui de fonctionnaire. Mais il s’est ligué avec la complicité de mon mari pour me piéger et me faire accepter le poste de l’Irlande. Après cette mission, il y a eu les Pays- bas, puis le Danemark, l’Unesco, La France et finalement les dix dernières années à Bruxelles. J’ai beaucoup aimé ce cycle de ma vie qui a été consacré à une période historique, à savoir l’espoir d’une paix à la fin de la première intifada, les accords d’Oslo qui sont la conséquence de cette intifada et la diplomatie internationale qui a suivi les accords. J’ai vécu l’espoir que cela a suscité mais aussi les déceptions qui ont suivi.
J’ai été très heureuse à Bruxelles, chez les citoyens belges avec qui je me suis très bien entendu. Je me suis sentie chez moi dans ce petit pays très spécial, et je regretterai les Belges et cette ville que j’ai adorée. Mais je pense que j’arrive réellement à un moment où j’ai le sentiment que je ne peux pas en faire plus, sur le plan diplomatique. Ce serait refaire du même et je n’ai plus la même motivation dans ce secteur diplomatique. Ça ne veut pas du tout dire que je prends ma retraite de la Palestine, ni de sa cause ! J’ai envie de faire plein d’autres choses que je n’avais pas la possibilité de faire tant que j’étais ambassadeur, je dirais plus dans le domaine culturel, artistique, social et politique, mais plutôt avec la société civile, en Palestine et dans la diaspora.
Dans ma vie, il y a eu comme cela des cycles naturels comme les saisons ! J’avais déjà 40 ans quand je fus nommée ambassadeur mais j’avais déjà commencé à militer pour la Palestine quand j’avais 18 ans. Comme citoyenne, comme quelqu’un qui a eu la chance par son itinéraire de voir littéralement naître la révolution palestinienne en 1967. Car même si l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) est née en 1964, elle est devenue après la défaite de 1967 un mouvement de libération nationale de masse portée par toutes les communautés palestiniennes au monde. Je suis née à Beyrouth où se trouvait la majeure partie des dirigeants de toutes les organisations de l’OLP. J’ai eu la chance de les côtoyer, de travailler avec eux à un moment historique pour la Palestine, surtout avec le président Arafat. Entre ces deux cycles de ma vie, il y a eu une période où je me suis un peu éloignée au Maroc avec mon mari de 1977 à 1989. J’avais besoin à l’époque de ce recul, l’intifada de 1987 m’a rattrapée et j’ai accepté la proposition de devenir l’ambassadeur de cette intifada qui a permis Oslo, dont la contribution principale à mes yeux a été de ramener le mouvement national en Palestine.
Maintenant, la boucle est bouclée, le Luxembourg a reconnu à la Palestine le statut de mission diplomatique et au représentant palestinien le statut d’ambassadeur. La Belgique avait fait la même chose un an auparavant. Dorénavant, nous sommes une mission de Palestine avec le chef de poste qui a rang d’ambassadeur. Ça aussi c’est un cycle qui se termine. Je pense en particulier avec beaucoup d’émotion à mon ami Naïm Khader (délégué de l’OLP à Bruxelles assassiné devant l’ULB en juin 1981, NDLR), qui n’a hélas pas terminé son cycle avec un rehaussement diplomatique mais par un assassinat, une mort prématurée, et une grande perte pour la cause palestinienne.
Baudouin Loos : Vous avez observé depuis dix ans le comportement de l’Europe politique, dans toute sa complexité organique, globalement, quel jugement portez-vous sur l’Union européenne ?
Leila Shahid : C’est moi qui ai choisi de venir à l’Union européenne. Après Paris, alors que l’OLP avait décidé d’adopter par une loi votée au Conseil législatif en 2004 une limite en temps aux postes d’ambassadeur (quatre ans, comme cela se fait ailleurs dans le monde entier), on m’a dit que je devais quitter Paris où je me trouvais depuis treize ans et qu’on m’avait nommée à Washington. Surprise totale de mon ami et ministre des affaires étrangères d’alors, Nasser el-Kidwa, quand je lui ai dit « merci beaucoup mais je ne veux pas de ce poste ! » (Rires). À l’époque c’était George W. Bush qui était président, on était en pleine guerre en Irak et je trouvais que cela eût été malhonnête d’aller dans un pays où je considérais que le président devait passer devant un tribunal pénal international pour crimes de guerre ! Mon ministre m’a dit qu’il avait voulu me faire un honneur avec ce poste dans l’État le plus important du monde mais que, dans ces conditions, je pouvais choisir une autre destination. J’ai bien réfléchi et j’ai choisi l’Union européenne, parce que j’y crois. Je crois en son avenir, même si je trouve que le mécanisme de ses fonctionnements institutionnels a encore besoin de beaucoup d’amélioration. Surtout sur le plan de la politique étrangère, où les États membres prennent difficilement leurs décisions à 28 sur le plus petit dénominateur commun ! Empêchant souvent la Haute représentante pour la sécurité et la politique étrangère de faire son travail !
Comme vous le dites, l’Union européenne est une machine très complexe, qui n’a pas d’égale, entre le Conseil, qui représente les gouvernements, la Commission qui a aujourd’hui une aile diplomatique (le Service européen d’action extérieure) et un Parlement où l’on trouve plus de sept cent cinquante députés élus au suffrage universel, émanation des peuples d’Europe mais qui n’a pas de pouvoir direct sur les décisions du Conseil. Certes, depuis le Traité de Lisbonne, le pouvoir du Parlement européen est un peu plus important. Mais j’ai vécu ces dix années comme étant une période où l’Europe reste un projet en devenir, où le débat de fond fait défaut, sauf au Parlement européen. Quand on passe de six membres à vingt-huit, il est évident que l’élargissement après la chute du Mur a été un séisme. Ce qui m’a agacée profondément c’est l’absence de vote au Conseil : tout se fait par consensus, que ce soit au Conseil ou au Parlement. J’ai fini par comprendre cette tradition du consensus en constatant que si on voulait unir l’Europe de l’Est et de l’Ouest, des États séparés par un mur pendant un demi-siècle, il fallait accepter l’idée du consensus, qui unit au lieu de diviser. Je crois que, très vite, l’Europe va devoir décider qu’elle ne peut pas continuer à fonctionner par consensus parce que c’est quelquefois le meilleur alibi pour ne pas prendre les décisions nécessaires. Et l’Europe est devant des défis historiques face à ses peuples et face à sa propre histoire. Je pense en particulier à la crise en Ukraine, je pense à la crise grecque, à celle de l’euro, à la crise financière, à la crise de l’Europe face au partenariat méditerranéen, avec des révolutions arabes qui ont eu lieu mais qui, malheureusement, au lieu de déboucher sur des vraies démocraties – je mets la Tunisie à part – ont abouti à une forme de pathologie politique qui prend en otage la religion et qui a donné naissance à Daesh, le Front al-Nosra ou Al-Qaïda. Une crise qui est directement une conséquence de l’irresponsabilité de la politique américaine de Mr George Bush et de ses alliés en Afghanistan et en Irak, c’est-à-dire la destruction des structures sociales de ces sociétés qui les a réduites à des tribus qui s’affrontent, ce qui a donné naissance à une instrumentalisation de l’islam salafiste qui nous vaut aujourd’hui les horreurs que nous voyons et qui ne se limitent plus aux États arabes, mais qui arrivent à Bruxelles, Paris ou Copenhague, et qui ne sont hélas ! pas terminées.
Baudouin Loos : Comment voyez-vous l’UE et la Palestine ?
Leila Shahid : En proposant de venir à Bruxelles, j’avais en tête une diplomatie de soutien à la construction des institutions étatiques. Les premiers à parler du Droit à l’autodétermination, c’étaient les Européens à Venise en 1980. Les Américains eux étaient persuadés que le problème d’Israël devait être réglé avec les pays arabes, notamment l’Egypte, la Syrie à cause de l’implication de leurs armées en 1967 et 1973. Moi qui avais vu à l’époque naître le mouvement national palestinien dans les camps de réfugiés au Liban, ça m’avait interpellé. Le terme « autodétermination », je l’avais vécu comme aspiration populaire avant de l’assimiler comme but juridique. C’est un peuple qui dit :  je veux gérer mon destin comme peuple, je ne suis pas un problème de réfugiés qui cherchent de l’aide humanitaire, je suis un peuple dépossédé de sa patrie, de sa terre, de son identité, et même de son nom, comme le dit si bien l’historien palestinien Elias Sanbar, et je veux être réhabilité en tant que peuple, en tant que nation .
Mais je dois aussi dire où le bât blesse en Europe. Autant j’ai été conforté dans l’idée que l’Europe comprend le monde arabe mieux que les Américains, autant j’ai été horrifiée de voir combien l’Europe est paralysée face à Israël. Pa-ra-ly-sée ! Comme si cette Europe immense, qui a connu deux guerres mondiales, qui compte aujourd’hui un demi-milliard de citoyens, qui est le groupe régional le plus riche au monde, qui a des partenaires dans son voisinage « au sud » , était incapable de respecter et de faire appliquer ses valeurs (les Droits de l’Homme et le Droit international ), ses conditions pour les accords d’association avec ses partenaires méditerranéens, à tous les États de la même manière ! Il y a un partenaire à qui on accorde une impunité totale devant les violations du Droit. Un État qui est placé au-dessus du Droit et qui est devenu ainsi un État hors-la-loi, c’est Israël ! En pratique, l’UE adopte d’excellentes résolutions à tous ses conseils ministériels, mais refuse de les mettre en œuvre en prenant les mesures nécessaires pour les faire appliquer par les autorités israéliennes. Que cela soit au niveau des violations quotidiennes de la population sous occupation, que cela soit concernant la colonisation qui est en train d’annihiler le projet de deux États ou que cela soit à propos de la destruction de tout ce que l’UE a construit depuis 25 ans dans les territoires occupés pour l’infrastructure d’un État à venir. Car c’est bien l’Union européenne qui a investit le plus – pas comme les Américains pour l’aide humanitaire – mais pour la construction d’un État. Et elle a, à travers les six sous-comités de notre accord d’association avec elle, formé l’administration d’un État. Alors, comment laisse-t-on Israël détruire cette infrastructure ?! Et c’est la même UE qui nous demande de reporter la déclaration de notre État en nous disant de le faire « en temps opportun ». Mais quand donc viendra le moment opportun ? Quand il n’y aura plus de territoires disponibles parce que les colonies israéliennes auront tout dévoré ? Certains disent qu’un État palestinien n’est déjà plus viable, car il ne reste que des poches, des « bantoustans » séparés les uns des autres. La situation est d’une gravité extrême.
Baudouin Loos : Partez-vous avec des regrets personnels par rapport à vos objectifs ?
Leila Shahid : Je pars très heureuse des rapports que j’ai établis avec les partenaires politiques avec lesquels j’ai travaillé, pas tous car je n’ai pas eu que des amis parmi eux. Je pars très heureuse des relations établies avec les sociétés civiles en Europe, et en particulier en Belgique, au Luxembourg et en France, où j’ai été témoin de l’apport extraordinaire du mouvement de solidarité et des réseaux associatifs de la société civile européenne, ainsi que les élus parlementaires et les collectivités locales. Je suis très fière des rapports que j’ai établis avec les militants juifs européens en Belgique, au Luxembourg et en France. Mais je garde une profonde déception, et surtout une profonde douleur que durant ces 25 ans au lieu de voir le sort de mon peuple s’améliorer, autant sous occupation que dans les camps de réfugiés, je constate que sa situation est plus tragique que jamais et que la dignité à laquelle il a droit, la souveraineté à laquelle il aspire, s’éloignent. La situation la plus tragique est surement celle de la population de Gaza toujours assiégée, affamée, abandonnée à son sort après trois guerres criminelles en sept ans, menées par l’armée israélienne, et des promesses généreuses (cinq milliards de dollars) faites par la Conférence des donateurs en octobre dernier, mais pas réalisées. La population à Jérusalem Est, elle, est prise en étau par les colonies israéliennes qui poussent comme des champignons à l’est de la ville, mais aussi en plein centre arabe et un mur haut de neuf mètres, qui isole la ville de toute la Cisjordanie. Laquelle Cisjordanie toujours séparée en territoires A, B et C, 16 ans après la date de 1999 où les accords d’Oslo prévoyaient la fin de la période intérimaire (et nous aurions pu alors déclarer notre État), et qui ressemble plus à une série de ghettos assiégés qu’au territoire d’un État viable. Des réfugiés dans les camps du Liban et de la Syrie qui préfèrent se jeter à la mer que de vivre comme des apatrides. Alors les mots frustration, déception ou regret ne suffisent pas. Je pars avec un sentiment de douleur et de colère. De douleur parce que je partage le sort de mon peuple qui ne mérite pas d’être traité de cette manière par la communauté internationale. Un sentiment de colère parce que mon peuple a droit, comme tous les peuples du monde, à être protégé par le Droit international d’après les Conventions de Genève.
En réalité, nous n’avons pas besoin de nouvelles résolutions, toutes les résolutions existent déjà à l’ONU et à l’Union européenne. Tout le monde connaît la solution, mais personne n’a le courage de la mettre en œuvre. C’est celle de deux États vivant côte à côte, et c’est nous qui l’avons proposée à Israël et pas l’inverse. La reconnaissance de l’État Palestinien est un Droit pour nous et un devoir pour la communauté internationale parce qu’il protégera le territoire de la colonisation galopante qui est en train de détruire la solution des deux États, et protégera la population civile des violations militaires israéliennes quotidiennes.
L’Histoire jugera le courage ou la lâcheté de la communauté internationale. Pour ma part je vais m’investir dans des actions qui peuvent contribuer, avec mes compatriotes et leurs amis dans le monde, à renforcer la résilience, la créativité, l’humanisme et la vitalité extraordinaire de la société civile palestinienne où qu’elle se trouve, en Palestine comme dans la diaspora. Je suis persuadée que mon peuple a assez de ressources et de foi dans la vie pour triompher un jour ; mais je serais moins en colère et moins peinée si je savais qu’il sera soutenu dans cette tache immense.

La Révolution tunisienne, entre immobilisme algérien et chaos libyen

Questions à Karima Dirèche, historienne, directrice de recherche au CNRS et directrice de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporaine (IRMC) à Tunis (propos recueillis avant les événements du Bardo et réactualisés depuis).
Comment l’historienne que vous êtes analyse-t-elle le paysage socio-politique du Maghreb, tout particulièrement l’Algérie, la Tunisie et la Libye, c’est-à-dire les trois principaux terrains couverts par l’RMC ?
Karima Dirèche : Les « printemps arabes » ont contribué à ouvrir les pays du Maghreb à de nouvelles pratiques de la contestation et à de nouvelles expressions de l’affirmation politique. Les régimes autoritaires et despotiques ainsi que la pensée politique fondée sur le nationalisme indépendantiste et les théories de développement post-coloniales appartiennent désormais au passé. Lors des révoltes de 2011, une génération de Maghrébins s’est montrée indifférente au référentiel nationaliste et porteuse de nouvelles attentes sociales. Les questions de l’État de droit, des libertés individuelles et du respect des droits de l’homme sont au cœur de la contestation menée par une jeunesse maghrébine éduquée, urbaine, familiarisée aux chaînes satellitaires, à Internet et aux réseaux sociaux, mais privée de perspectives d’emploi. Le soulèvement de cette jeunesse révèle l’écart immense entre les attentes et exigences de cette génération et celles de leurs parents et grands-parents.
Pourtant, aujourd’hui, la Libye s’enfonce peu à peu dans une situation de quasi-guerre civile, de chaos et pourrait devenir le nouveau terrain d’opérations de l’État Islamique. Quant à l’Algérie, l’effet des Révolutions arabes semble avoir été nul malgré le caractère émeutier qui caractérise la société algérienne depuis 2010. L’Algérie maintient l’ordre établi en lançant, grâce aux revenus de la rente pétrolière, une série de mesures destinées à améliorer la vie quotidienne de la population (politique de logements sociaux, prêts à taux zéro pour les jeunes de moins de 25 ans, accès aux crédits à la consommation, politique d’infrastructures routières…). Ainsi, les élections législatives de mai 2012 ont consacré, en dépit de toutes les prévisions, le triomphe du FLN, le parti historique et 2014 a vu la consécration du quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika.
Quelle place occupe Tunis dans cette histoire contemporaine du Maghreb ?
Karima Dirèche : La Tunisie est un petit pays de 11 millions d’habitants coincés entre les deux géants, dotés de ressources en hydrocarbures considérables et dont l'histoire politique et les pratiques de gouvernance sont loin d’être des modèles à suivre pour les Tunisiens. La situation post-printemps arabes a exacerbé cette singularité. Sans doute parce que la chute de Ben Ali a révélé, dans toutes ses réalités désastreuses, l’imposture du modèle tunisien : une économie de sous-traitance, des inégalités territoriales dramatiques, une pauvreté endémique, de graves clivages politiques, un chômage de jeunes diplômés très préoccupant… il y a en outre, aujourd’hui, de réelles menaces sécuritaires aux frontières algériennes et libyennes
La chance de la Tunisie est certainement celle d’être un pays pauvre. Nulle convoitise internationale, nulle rente pétrolière, juste un peuple éduqué grâce à l’héritage bourguibien. Le pays s’était engagé, dès l’indépendance en 1956, dans un processus de laïcisation en mettant fin à l’influence des religieux sur la justice et la magistrature. La priorité a été donnée à l’éducation (généralisation de l’enseignement obligatoire pour tous) et, avec le nouveau Code du statut personnel (1956), l’émancipation juridique des femmes (interdiction de la polygamie, autorisation du divorce, légalisation de l’avortement, égalité juridique) atteint un niveau inégalé dans le monde musulman. Mais cette « ouverture » s’est pourtant accompagnée d’un bureaucratisme répressif et très autoritaire et d’un pouvoir despotique qui s’est exercé jusqu’à la chute du régime corrompu et dictatorial de Ben Ali.
C’est sans soute cette expérience historique très différente de celle qu’ont eu à vivre les voisins frontaliers qui pourrait expliquer, en partie, la réussite de la révolution tunisienne ; une réussite exprimée par l’adoption à l’unanimité de la première constitution démocratique du monde arabe le 23 janvier 2014 et le déroulement libre et transparent des premières élections (législatives et présidentielles au cours du dernier trimestre 2014).
L’IRMC est un centre de recherche universitaire français à l’étranger et acteur intellectuel important à Tunis ainsi que le prouve votre récente publication du «labo démocratique». Pour vous la Révolution tunisienne a changé quelque chose?
Karima Dirèche : Jusqu’à la révolution, l’IRMC publiait des ouvrages académiques et réalisait de programmes de recherches scientifiques. La production de connaissances était destinée, la plupart du temps, à des publics de spécialistes universitaires. Depuis la Révolution, l’institut est sollicité pour accompagner des démarches plus citoyennes, plus « militantes » qui optent pour des positionnements réflexifs mais aussi pragmatiques sur ce moment exceptionnel que représente la transition politique. Il est, pour nous, indispensable, d’être présents et de contribuer à cette production de connaissances critiques liées aux enjeux du temps présent. L’urgence, aujourd’hui, qui « travaille » la société tunisienne est de maîtriser ce passage réussi à l’Etat de droit en proposant des solutions et des remédiations critiques. C’est l’ensemble de l’intelligentsia tunisienne qui y participe et qui occupe le débat politique sur la démocratisation de la Tunisie. Cela ne se fait pas sans peine et c’est souvent difficile. Les Tunisiens sont à la fois remarquables dans leur conscience politique très aiguisée et dans leur volonté féroce de réussir leur révolution ; mais en même temps, ils ne s’accordent pas suffisamment de confiance et sont trop vite désenchantés car ils estiment que cela ne va pas assez vite.
C’est pour cela que l’IRMC propose très régulièrement des débats d’idées et des manifestations dans des perspectives croisées. Faire venir des Polonais, des Espagnols, des Français, des Marocains, des Sud-Africains afin de débattre de la justice transitionnelle, des archives de la dictature, des modèles économiques, des radicalismes religieux, de la place de l’intellectuel dans la politique participe de cet engagement et de cet effort d’accompagnement. L’institut sort de cette confidentialité confortable (propre aux espaces académiques) dans laquelle il s’est maintenu durant près de deux décennies pour répondre à des sollicitations de la société civile. Il y a, en Tunisie, des fortes demandes d’intelligibilité et de sens. Les intellectuels et les universitaires occupent une place de choix dans le déchiffrage et le décodage des réalités sociales et politiques. Ils accomplissent le travail des hommes politiques peu rompus à cet exercice d’explication et de communication pédagogiques. Ce n’est sans doute pas, par hasard que les juristes et les historiens sont devenus les interlocuteurs privilégiés des médias ; à la fois comme pédagogues mais également comme balises rationnelles d’un monde de changements qui nourrit les espoirs les plus fous mais aussi les anxiétés les plus fortes.
Quel est le principal enjeu que doit relever la Tunisie, depuis les attentats du Bardo ?
Karima Dirèche : Aujourd’hui la Tunisie représente le seul pôle de stabilité géopolitique du nord de l’Afrique. Une société qui a révélé une conscience politique aiguë associée à un sens de la responsabilité remarquable. Sa fragilité réside surtout dans l’absence d’un projet de société qui atténuerait les profondes fractures creusées par la dictature de Ben Ali et rassurerait une jeunesse en friche qui au lieu d’aller grossir les rangs de l’Etat islamique (dont le seul projet de vie est celui de la mort), poursuivrait le processus révolutionnaire. Encore faut-il que les classes dirigeantes négocient intelligemment cette configuration de crise et soient à l’écoute du peuple. C’est là le plus grand défi.