vendredi 11 mars 2016

La Constitution tunisienne, deux ans après (2014 - 2016)

Le regretté Professeur Guy Carcassonne affirmait : «Une bonne Constitution ne peut suffire à faire le bonheur d’une Nation, une mauvaise peut entraîner son malheur» . La Constitution du 27 janvier 2014 n’est sûrement pas susceptible à elle seule de faire le bonheur du peuple tunisien, de répandre la liberté, la dignité et la justice sociale, principaux slogans de la révolution de décembre-janvier 2011 ; mais sa devancière, la Constitution du 1er juin 1959, à coup de révisions, de bricolages, de détournements, de violations, a entraîné le malheur du peuple tunisien. C’est la raison pour laquelle son abrogation a été parmi les revendications de la Révolution de la liberté et de la dignité de décembre 2010-janvier 2011.

La Constitution, dite de la «IIe République tunisienne», est grosso modo une bonne Constitution. Ses principes généraux et sa garantie des droits et libertés sont conformes aux standards internationaux. Elle a pu servir de cadre à l’émergence d’un régime politique et démocratique. Il convient donc d’en prendre soin, de n’y toucher qu’avec précaution et réflexion et éviter de retomber dans les errements du passé en y introduisant notamment des révisions conjoncturelles destinées à résoudre un problème passager ou à détourner une procédure. 

Il ne faut cependant pas croire que la Constitution de 2014 est intouchable. L’ambition des Constituants de 2011 fut de remédier aux défauts et dérives institutionnelles qui ont miné la Constitution du 1er juin 1959 de la Ière République et finalement entraîné son effondrement politique. Cependant, la nouvelle Constitution du 27 janvier 2014 est loin d’être parfaite. Elle comporte plusieurs lacunes. Elle comporte surtout des insuffisances de taille au niveau de l’ingénierie constitutionnelle, outre des choix fondamentaux contestables dont l’inopportunité s’est révélée à l’épreuve de l’application. 

Rappelons certains faits :

- La Constitution a mis du temps pour voir le jour. Son processus d’élaboration fut émaillé de crises. Elle est l’œuvre d’une Assemblée nationale constituante (ANC) théoriquement élue pour «élaborer la Constitution dans un délai maximum d’un an à compter de la date de son élection» , mais qui a superbement ignoré la limite temporelle qui lui a été fixée, outre le fait qu’elle a outrepassé l’objet de son mandat strictement constituant.
- La constitution du 27 janvier 2014 a été adoptée la veille par un vote quasi unanime de 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions. Son caractère consensuel ne saurait être mis en doute. C’est à la fois sa force et sa faiblesse. La Constitution a été signée lors d’une séance solennelle de l’Assemblée nationale constituante (ANC), tenue le 27 janvier 2014, par le président de la République, le président de l’ANC et le chef du gouvernement. Elle a été publiée en arabe au JORT N°57 en date du 10 février 2014, et sa traduction française officielle le 20 avril 2014, dans un N° spécial du JORT.
- D’une manière générale, et en la comparant à d’autres constitutions contemporaines, aussi bien de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, voire de l’Europe, la Constitution tunisienne de 2014 se situe en excellente position et fait sans aucun doute avancer l’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales. Elle marque une nouvelle ère d’une société ayant rompu définitivement avec un pouvoir autoritaire et s’inscrit résolument dans un processus démocratique. Il reste qu’elle comporte des zones d’ombre et des ambiguïtés importantes, et tout dépendra de l’application et de l’interprétation qui seront données aux dispositions en question.
- Enfin, la Constitution a voulu mettre en place un régime parlementaire  rationalisé quelque peu inspiré du modèle de la loi fondamentale allemande, avec notamment la transposition du modèle allemand concernant la mise en jeu de la responsabilité du gouvernement suite au vote d’une motion de censure . Dans la réalité, la Constitution, voulant absolument éviter le régime présidentiel , et sa dérive, le régime présidentialiste, a mis en place un régime de primauté de l’Assemblée. Dans cet ordre d’idées, nous partageons l’avis de Jean Gicquel à propos des cycles constitutionnels en France, pour qui «une période d’affirmation de la légitimité démocratique … est en même temps, presque toujours, une période de dictature d’Assemblée».
- Une année après les élections législatives et présidentielles d’octobre-novembre 2014,  les lacunes se révèlent et le régime mis en place, qui reprend pratiquement le régime institué par la loi constitutive du 16 décembre 2011, institue, d’une part, un déséquilibre flagrant entre les pouvoirs législatif et exécutif au détriment de ce dernier et, d’autre part, un déséquilibre au sein de l’exécutif au détriment du président de la République. Ce dernier, bien qu’élu au suffrage universel direct, se trouve dépourvu de moyens d’action efficaces. A cela s’ajoute un mode de scrutin à la proportionnelle avec plus forts restes qui n’avantage pas l’apparition d’une solide majorité parlementaire. Le risque de crise est réel en cas de désaccord entre les deux têtes du pouvoir exécutif, surtout s’ils appartiennent à des familles politiques différentes. Sur ce point, et à plus ou moins brève échéance, la Constitution devra sûrement être revue. A notre avis, notre pays a besoin, pour citer encore une fois Guy Carcassonne d’un « régime parlementaire à direction présidentielle».

Deux ans sont passés depuis l’adoption de la Constitution. Notons que les institutions politiques majeures se sont mises en place. En effet, les élections législatives et présidentielles de novembre 2014 ont abouti à la mise en place de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), à la désignation d’un président de la République et à la nomination d’un gouvernement ayant la confiance de l’ARP. En somme, le pouvoir exécutif est bien en place et les mécanismes constitutionnels relatifs à leur fonctionnement sont en vigueur
Mais, à ce jour, toutes les dispositions du texte constitutionnel ne sont pas entrées en vigueur. Dans certains domaines, ce sont les dispositions transitoires qui continuent de s’appliquer.  Elles n’ont pas encore épuisé leurs effets de droit. Par ailleurs, un dépassement des délais prescrits par la Constitution est enregistré dans la mise en place d’institutions constitutionnelles d’une importance capitale dans la concrétisation des objectifs de la Constitution de mise en place d’Etat de droit : il s’agit notamment du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et de la Cour constitutionnelle.

Dispositions transitoires n’ayant pas épuisé leurs effets

Le chapitre X de la Constitution est relatif aux «dispositions transitoires». Il est composé de deux articles : l’article 148 et l’article 149.
En réalité, seul l’article 148 (composé de neuf § dont certains comprennent plusieurs alinéas) nous intéresse, l’article 149 étant consacré à la justice militaire.
Certains paragraphes de l’article 148 conditionnaient l’entrée en vigueur de certains articles, voire chapitres de la Constitution, à «l’élection de l’ARP» ou à «l’élection du président de la République» ou «jusqu’à ce que le premier gouvernement obtienne la confiance de l’ARP» ou à partir de «la date de proclamation des résultats définitifs des premières élections législatives» ou des «premières élections présidentielles». Les § faisant référence à l’une des élections - législatives ou présidentielles- sont aujourd’hui caducs.
Cependant, d’autres § n’ont à ce jour pas épuisé leurs effets, maintenant ainsi en suspens des pans entiers de la Constitution. Il en va ainsi de l’alinéa 6 du § 2 de l’article 148 en vertu duquel «les dispositions du chapitre VII relatif au pouvoir local entrent en vigueur dès l’entrée en vigueur des lois qu’il prévoit». A ce jour, les lois sur le pouvoir local n’ont pas été adoptées et il est fort probable de voir l’entrée en vigueur du chapitre VII suspendue pendant de longs mois encore, même si le nouveau ministre des Affaires locales a prédit l’organisation des premières élections municipales et éventuellement régionales avant la fin de l’année 2016. A ce propos, je ne sais pas trop s’il faut blâmer la Constituante ou la féliciter pour n’avoir pas enserré le législateur dans un délai rigoureux comme elle l’a fait par ailleurs. A la lumière du non-respect quasi systématique des délais prescrits par l’article 148 et des acrobaties interprétatives qu’on a dû faire parfois, il vaut mieux louer l’ANC pour cette sage omission. 
Il en va de même du § 2 alinéa 3 de l’article 148 qui diffère l’entrée en vigueur des dispositions de la 2e section du chapitre V de la Constitution relatives à la justice judiciaire, administrative et financière à l’exception des articles 108 à 111. Ainsi l’application d’une douzaine d’articles demeure suspendue à la mise en place du CSM.
Quid à présent des dispositions dont l’entrée en vigueur est assortie d’un délai de rigueur ?

Le non-respect des délais

L’article 148 de la Constitution a prévu des délais bien précis pour la mise en place de certaines institutions constitutionnelles, dont notamment le Conseil supérieur de la magistrature, la Cour constitutionnelle mais aussi les «instances constitutionnelles».

Le CSM

D’après l’article 148 § 5, «la mise en place du CSM intervient dans un délai maximum de six mois à compter de la date des élections législatives. Or, les élections législatives eurent lieu le 26 octobre 2014. Les résultats officiels furent proclamés le 21 novembre 2014 (Décision n° 34 de l’Instance supérieure indépendante pour les élections portant proclamation des résultats définitifs des élections législatives 2014 ). Il faut noter que le gouvernement avait présenté, dès le 12 mars 2015, un projet de loi organique (Projet N° 16/2015) qui a été laissé de côté par la Commission de législation générale. Cette dernière élabora un projet propre à elle différent du projet gouvernemental, l’a soumis à l’assemblée plénière qui l’adopta le 15 mai 2015 à 131 voix pour, 14 contre et 8 abstentions ; après l’expiration du délai constitutionnel de six mois à compter de la date des élections législatives. Un recours en inconstitutionnalité du texte adopté fut introduit devant l’IPCCPL le 22 mai 2014. L’IPCCPL conclut à l’inconstitutionnalité de la procédure suivie et renvoya le texte à l’ARP pour une nouvelle délibération . Ainsi, tout était à refaire et on s’éloigna encore plus du délai. Le 13 novembre 2015, le projet de loi portant création du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) modifié était de nouveau adopté par 143 voix pour, une contre et sept abstentions.
Cependant, et comme le lui impose la loi, le président de la République déféra, le 23 novembre 2015, le nouveau texte à l’IPCCPL qui le déclara, le 22 décembre 2014, une nouvelle fois, la procédure suivie par l’ARP contraire à la Constitution. Ainsi, plus d’une année après les élections législatives d’octobre 2014, le CSM n’est toujours pas en vigueur et c’est toujours l’instance provisoire chargée de la supervision de la justice judiciaire qui continue d’exercer les fonctions dévolues au CSM.

La Cour constitutionnelle

Le délai imparti par la Constitution pour la mise en place de la Cour constitutionnelle est d’une année « à compter de la date des élections législatives ». La loi organique portant création de la Cour constitutionnelle a été adoptée le 20 novembre 2015 (soit plus d’une année depuis les élections législatives du 26 octobre 2014). La loi organique, qui n’a pas fait l’objet d’un recours en inconstitutionnalité, fut promulguée le 3 décembre 2015 et publiée au JORT N° 98 du 8 décembre 2015. Ainsi, la CC est officiellement créée mais point mise en place. En effet, le début d’application de la loi sur la CC est subordonné à la mise en place du CSM puisque quatre des douze membres de la future Cour doivent être désignés par le CSM. C’est dire que la CC ne verra pas le jour dans un avenir proche. Nous irons jusqu’à prédire qu’elle ne verra pas le jour durant l’année 2016.

Les instances constitutionnelles indépendantes
La Constitution a prévu dans son chapitre VI la création de 5 instances constitutionnelles indépendantes:
- l’instance des élections
- l’instance de la communication audiovisuelle
- l’instance des droits de l’homme
- l’instance du développement durable et des droits des générations futures
- l’instance de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption

En vertu du § 5 de l’article 148, « les dispositions du chapitre VI relatif aux instances constitutionnelles entrent en vigueur après l’élection de l’ARP». Or à ce jour, aucune de ces instances n’a encore vu le jour. Celles qui existent (ISIE, HAICA, INPDP, HCDHLF, INLCC) ont été créées avant l’élection de l’ARP. Certaines de ces instances ont même vu le jour avant la création de l’ANC sous l’ancien régime.

Ainsi des pans entiers de la Constitution ne sont toujours pas en vigueur. Il est grand temps pour que l’ARP adopte les lois nécessaires dans le respect de la lettre et de l’esprit du texte constitutionnel.

* Professeur émérite, Université de Carthage. Juge à la CAfDHP

Appel pour un printemps républicain


Un appel pour un sursaut républicain de la société civile française, que pourrait reprendre à son compte la société civile tunisienne. 
R.B

Face aux attaques contre la République, manifeste pour un Printemps républicain
Devant la dégradation de la laïcité  malmené aussi bien par la droite que la gauche, la société civile se bouge
2015 fut une année tragique. Les attentats qui ont par deux fois ensanglanté Paris ont introduit au cœur de notre pays ce terrorisme islamiste qui répand partout dans le monde son projet mortifère. Face à cette menace désormais pressante et permanente, la réaction de nos compatriotes a été admirable. Il n’y a eu ni panique ni fuite en avant.
Seuls les faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords ont tenté de profiter de l’occasion pour faire encore progresser leurs idéologies délétères. Que ce soit en avançant des explications toutes faites et des causalités douteuses, ou en niant la réalité des faits et leur portée politique. L’extrême droite comme l’islamisme politique sont à la manœuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française.
A chaque fois, c’est la République qui est attaquée. A chaque fois, ce sont ses principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité qui sont pris à partie. C’est son esprit laïque qui est mis en cause. A chaque fois, ce sont ses défenseurs qui sont pointés du doigt.
Face à ces attaques répétées et convergentes, il y a urgence. C’est pourquoi nous avons décidé de réagir collectivement en unissant nos forces, celles de tous ceux qui refusent de baisser les bras face aux atteintes contre la République et ses principes. Les principes qui forment notre commun, par-delà nos différences.
Il y a quelques années encore, la laïcité était comme l’air que nous respirons, une évidence. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres, ignorée de beaucoup par indifférence, elle ne semble plus défendue que par quelques-uns, dont nous sommes, bien évidemment. Mais nous voulons plus et mieux. Nous voulons qu’elle redevienne l’affaire de tous et de chacun, qu’elle reprenne toute sa place au cœur de notre contrat civique et social.
Si nous-mêmes venons de la gauche et sommes soucieux de son état actuel – et plus encore de l’éloignement de certains, en son sein, par rapport à ces principes républicains –, notre démarche s’adresse à tous. Elle n’entend pas nier les différences, nombreuses, d’appréciation ou d’orientation politique. Il nous paraît néanmoins indispensable de repartir du fondement même de notre contrat civique et social : la politique doit redevenir première et primordiale si l’on veut à nouveau pouvoir débattre librement et efficacement des options possibles et souhaitables de notre politique économique et sociale notamment.
Le temps est donc venu de l’affirmation de principes, clairs, précis et déterminés, de principes pour l’action. Une action de citoyens libres et souverains en faveur de la laïcité et, au-delà, de la République.
Pour nous, la République, c’est ce qui nous est commun. C’est à la fois notre bien commun, notre territoire commun et notre projet commun. Ce n’est ni un simple régime politique ni la projection dans les institutions des opinions et croyances de la société. La République s’incarne dans un double combat : pour l’émancipation de chacun et contre toutes les dérives, assignations ou discriminations identitaires.
Pour nous, la laïcité est le ciment du contrat social républicain. Elle lie étroitement la liberté de conscience de chacun (puisqu’elle permet à chacun de croire, de ne pas croire ou de ne plus croire, et de le faire de manière totalement libre dans la société), l’égalité de tous devant la loi (puisqu’elle permet de mettre en avant chez chacun d’entre nous le citoyen) et la fraternité (puisqu’elle rend possible la solidarité entre individus et groupes sociaux sans qu’aucun lien particulier ou identitaire permette de privilégier tel ou tel). La laïcité ne se résume pas à la neutralité de l’Etat, elle est une activité vivante et permanente, à travers l’attention et l’action des laïques dans la société, quelles que soient leur origine et leur croyance.
Pour nous, la nation est à la fois une histoire et un destin communs. C’est le contrat civique et politique qui se noue dans ses grandes heures comme au quotidien, par l’adhésion sans cesse renouvelée de chacun de ses membres à ses principes. Elle ne se conçoit qu’au travers du lien étroit et indéfectible avec la citoyenneté, dans le droit du sol et la souveraineté pleine et entière de la communauté des citoyens qui la composent.
Pour nous, l’universalisme se déduit des aspirations à une humanité commune, des luttes pour la même liberté au sein de chaque peuple, dans chaque société, en faveur de chacun. Il ne vient jamais s’imposer en surplomb et uniformément, partout et à tous.
Pour nous, le combat contre le racisme, l’antisémitisme ou tout autre préjugé à raison du sexe, de l’origine, de la couleur de la peau, de l’orientation sexuelle, de la religion ou de la culture est sans répit ni repos. Toute discrimination à raison de l’identité de la personne est par définition antirépublicaine et antilaïque. Contre l’assignation identitaire, contre l’alibi des différences prétexte à la différence des droits, il y a la République.
Pour nous, le principe de l’égalité entre hommes et femmes et plus encore le combat permanent pour sa réalisation effective sont au fondement des sociétés modernes. Ils ne sauraient être remis en cause pour des raisons de coutume, de croyance ou d’opinion.
Pour nous, c’est le Printemps républicain !


Liste des signataires

Karim Akouche, écrivain, dramaturge.
Patrick Amoyel, professeur de psychopathologie, université de Nice Sophia-Antipolis, psychanalyste, fondateur de l’association Entr’Autres.
Bassem Asseh, cadre du secteur privé, adjoint PS à la maire de Nantes.
Marinette Bache, conseillère (République et socialisme) de Paris.
Elisabeth Badinter, philosophe, écrivain.
Julien Bargeton, adjoint PS à la maire de Paris.
Lenny Benbara, étudiant en économie, militant communiste.
Djemila Benhabib, journaliste, essayiste.
Fewzi Benhabib, universitaire.
Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo.
Serge Blisko, ancien député-maire PS du XIIIe arrondissement de Paris.
Pierre Bouchacourt, cadre du secteur privé.
Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale du MRC.
Jean-Marcel Bouguereau, journaliste, éditorialiste à la République des Pyrénées.
Laurent Bouvet, professeur de science politique, université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Frédérique Calandra, maire PS du XXe arrondissement de Paris.
Gilles Calvet, délégué national du syndicat des cadres hospitaliers FO, directeur d’établissement.
Roland Castro, architecte.
Gilles Clavreul, haut fonctionnaire.
Laurent Cohen, directeur général adjoint de la Fondation Jean-Jaurès.
Marc Cohen, journaliste à Causeur.
Denis Collin, philosophe, auteur de Revive la République.
Thierry Cotelle, chef d’entreprise, conseiller régional MRC Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Charles Coutel, professeur de philosophie, université d’Artois, directeur de l’Institut d’études des faits religieux.
Brice Couturier, journaliste, chroniqueur à France Culture.
Frédéric Cuvillier, ancien ministre, député PS du Pas-de-Calais.
Stéphane de Groodt, auteur, comédien.
Jérôme-Olivier Delb, architecte, animateur du blog « L’abeille et l’architecte ».
Jean-Christophe Dollé, écrivain et metteur en scène.
Marie Dosé, avocate au barreau de Paris.
Adrien Dubrasquet, étudiant à l’ENS de la rue d’Ulm.
Catherine Durand, journaliste, rédactrice en chef adjointe d’un magazine féminin.
Amine El Khatmi, adjoint PS à la maire d’Avignon.
Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, ancienne porte-parole de Ni putes ni soumises.
Frédéric Encel, expert en géopolitique, essayiste.
Frédéric Farah, professeur de sciences économiques et sociales, chargé de cours à l’université Sorbonne nouvelle, Paris-III.
Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne.
Jeanne Favret-Saada, anthropologue, ancienne directrice d’études à l’EPHE.
Renée Fregosi, maître de conférences de science politique, université Sorbonne nouvelle, Paris-III.
René Frydman, professeur émérite de gynécologie et d’obstétrique.
Souleymane El Hadj Gassama, étudiant, doctorant en sociologie à l’université de Caen-Normandie.
André Gattolin, sénateur EELV des Hauts-de-Seine.
Marcel Gauchet, historien et philosophe, ancien directeur d’études à l’Ehess, rédacteur en chef de la revue le Débat.
Christian Gaudray, dirigeant d’une association familiale laïque.
Nicolas Gavrilenko, dirigeant d’une association familiale laïque.
Jérôme Guedj, conseiller départemental de l’Essonne, membre du bureau national du PS.
​​​​​​​Corine Goldberger, journaliste, chef de la rubrique « société » dans la presse féminine, cofondatrice de l’association Shalom, paix, salem.
Pierre-Hubert Goutierre, avocat au barreau de Paris.
Michel Gourinchas, maire PS de Cognac.
Mahamat Saleh Haroun, cinéaste, réalisateur.
Betty-Bente Hansen, secrétaire de rédaction, maquettiste.
Salima Jamili-Debord, cadre du secteur associatif.
Alain Jaubert, écrivain, réalisateur.
Jacques Jedwab, psychanalyste.
Liliane Kandel, sociologue, membre de la rédaction des Temps Modernes, militante féministe.
Jean Kéhayan, journaliste, écrivain.
Patrick Kessel, président du Comité laïcité république.
Catherine Kintzler, professeur émérite de philosophie, université de Lille-III.
Alain Lagarde, scénographe.
Jacques Lahaye, conseiller municipal PS de Moulins et vice-président de la communauté d’agglomération de Moulins.
Eric Laugérias, comédien.
Annie Levy-Mozziconacci, médecin hospitalier, conseillère municipale PS de Marseille.
Cindy Leoni, membre du Conseil économique, social et environnemental, ancienne présidente de SOS-Racisme.
Marieme Helie Lucas, sociologue, fondatrice du Réseau international de solidarité Femmes sous lois musulmanes, coordonnatrice de l’ONG Secularism Is A Women’s Issue.​​​​
Denis Maillard, cadre du secteur privé.
Richard Malka, avocat au barreau de Paris, scénariste de bande dessinée.
Jacky Mamou, médecin, ancien président de Médecins du monde.
Bernard Maro, médecin, biologiste, directeur de recherches au CNRS.
Lunise Marquis, adjointe PS à la maire du XIIe arrondissement de Paris.
Michel Martin-Roland, journaliste, écrivain.
Olivier Mathiot, dirigeant d’entreprise.
Mehdi Massrour, conseiller municipal PS de Roubaix, secrétaire de la section PS de Roubaix.
Jérôme Maucourant, maître de conférences en sciences économiques à l’université Jean-Monnet, Saint-Etienne.
Valérie Maupas, adjointe PS au maire du XIVe arrondissement de Paris.
Emmanuel Maurel, député européen (PSE).
Samuel Mayol, maître de conférences en sciences de gestion à l’université Paris-XIII, prix Laïcité 2015.
Loubna Meliane, conseillère régionale PS d’Ile-de-France.
Yael Mellul, fondatrice de l’association Femme & libre.
Jean-Marc Mojica, avocat au barreau de Paris.
François Morel, comédien, écrivain.
Denis Moscovici, dirigeant d’entreprise.
Simon Olivennes, étudiant à l’ENS de la rue d’Ulm.
Laurent Olléon, professeur associé de droit public à l’université Paris-Est, Créteil.
Fleur Pellerin, ancienne ministre.
Céline Pina, essayiste.
Guillaume Poiret, maître de conférences en géographie à l’université Paris-Est, Créteil, adjoint PS à la maire de Villeneuve-Saint-Georges.
Vincent Présumey, professeur agrégé d’histoire-géographie, délégué départemental de la FSU de l’Allier.
Denis Quinqueton, président d’HES (socialistes lesbiennes, gays, bi et trans).
Hafid Rahmouni, directeur d’une association d’éducation populaire.
Olivier Ranson, dessinateur de presse.
Rudy Reichstadt, fondateur de l’Observatoire du conspirationnisme.
Nadia Remadna, fondatrice de l’association La brigade des mères.
Hervé Resse Lannoy, conseiller en communication, coach.
Julien Rock, étudiant en histoire, responsable des Jeunes communistes du Bas-Rhin.
Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie, coauteur des Territoires perdus de la République.
Marjane Satrapi, cinéaste, réalisatrice.
Adrien Saumier, adjoint EELV au maire du XIIIe arrondissement de Paris.​​​
Maren Sell, écrivain, éditrice.
Anne Sinclair, journaliste, directrice du Huffington Post.
Abderrahmane Sissako, cinéaste
Jean-Baptiste Soufron, avocat au barreau de Paris.
Djénane Kareh Tager, rédactrice en chef de Clés.
Bernard Teper, coanimateur du Réseau éducation populaire.
Samuel Tomei, historien.
Monique Vézinet, directrice de la rédaction de Respublica.
Catherine Vieu-Charier, adjointe PC à la maire de Paris.
Marc Villemain, écrivain.
Alain Zabulon, préfet.


Ben Guerdane ou l’aveuglement des Européens

L'UE est tellement impliquée dans sa guerre contre Bachar Al Assad qu'elle en devient aveugle à ses conséquences. Elle a joué la carte Daech créé par les EU et soutenu par les pétromonarques, lequel Daech semble leur échapper à tous. 
voilà si Daech atteint la Tunisie, il sera aux portes de l'Europe ! 
R.B

On ne peut pas parler de coup de semonce ni d’avertissement, et encore moins de surprise. L’assaut lancé, lundi 7 mars, par l’organisation Etat islamique (EI) contre la petite ville tunisienne de Ben Guerdane, à la frontière libyenne, était attendu. La leçon de cette tragédie n’en est pas moins claire : l’EI est aux marches orientales de l’Europe. Il n’est pas sûr que les gouvernants européens aient pris la mesure de ce danger stratégique, et encore moins qu’ils entendent mobiliser les moyens nécessaires pour l’éliminer.
Pour qui a connu la « Tunisie de papa » , celle d’Habib Bourguiba, père de l’indépendance et premier président du pays, la nouvelle reste saisissante, surréaliste : une opération de guérilla à Ben Guerdane, bourgade de 60 000 habitants au sud-est du pays ! Un raid qui voit un commando d’une soixantaine d’hommes « tenir » le centre-ville, aller assassiner à domicile deux responsables de la sécurité locale et, avant d’être défait, affronter l’armée des heures durant ! Les autorités ont annoncé 36 morts parmi les assaillants, 11 chez les forces de sécurité et 7 parmi les civils.
On sait toutes les explications contextuelles. En dépit du début de construction d’un mur de sable, la frontière avec la Libye est poreuse. Les jeunes Tunisiens forment une bonne partie des combattants de l’EI, notamment au sein du commando du 7 mars qui connaissait parfaitement Ben Guerdane. Les jihadistes sont aujourd’hui solidement installés en Libye, particulièrement dans la région de Syrte.

Une attaque de détournement

La Libye vit toujours dans le chaos. L’ONU a échoué à établir un gouvernement « d’union nationale », supposé se substituer aux deux gouvernements rivaux déjà existants. Pour autant, l’EI commence à ressentir la pression d’opérations de bombardement ponctuelles, appuyées au sol par des forces spéciales, menées par les Etats-Unis, avec le soutien de la France et de l’Italie, notamment. Comme à chaque fois qu’il est sur la défensive, l’EI s’efforce de mener une attaque de détournement, cette fois sur Ben Guerdane.
Tout cela est vrai. Restent d’autres vérités. Les services de renseignement tunisiens ont été pris de court, impuissants, alors qu’une opération de l’EI était attendue. Les Occidentaux tardent à aider les Tunisiens à boucler électroniquement cette frontière. Unique rescapée des « printemps arabes », l’expérience démocratique tunisienne se heurte à une situation économique catastrophique : inégalités croissantes, chômage massif des jeunes. Les Occidentaux n’ont pas compris que ce front-là, celui de l’assistance économique et financière à la Tunisie, était prioritaire dans la lutte contre l’EI.
Il y a bien des fonds structurels de l’Union européenne, accordés de façon quasi mécanique à ses membres d’Europe de l’Est, qui seraient mieux employés en Tunisie – dans l’intérêt de toute l’UE. Sans doute est-il dangereux d’imaginer une opération aérienne d’ampleur contre les jihadistes en Libye dans l’état de désunion politique de ce pays. Elle ajouterait du chaos au chaos. Mais c’est une raison supplémentaire pour ériger le « front » tunisien en priorité absolue de l’UE.
Où est la mobilisation exceptionnelle, publique et privée, en faveur des 11 millions de Tunisiens ? A quand un Conseil européen consacré à la Tunisie, suivi d’une conférence des investisseurs européens ? Faudra-t-il attendre d’autres Ben Guerdane ? L’aveuglement des Européens face à ce qui se joue en Tunisie est pathétique, désespérant.

mercredi 9 mars 2016

Quand les tunisiens découvrent le pouvoir de nuisance d'Aljazeera, voix de son maître !

Aljazeera surfant sur le mécontentement des peuples dits arabo-musulmans de leur médias nationaux, a cru pouvoir les manipuler au point de déclencher des "révolutions" pour chasser leurs tyrans; mais très vite le pot aux roses est découvert par ces peuples en "révolte" : que la chaîne n'est au fait que la voix de son maître l'émir du Qatar, au service de sa politique "arabe", qui n'a pour but que de chasser les présidents des Républiques qui ne lui conviennent pas pour les remplacer par ses protégés les Frères musulmans !
R.B
Résultat de recherche d'images pour "mezri haddad"
Mezri Haddad

Qu’avez-vous donc contre Al-Jazeera ?

A l’exception de Borhane Bsaïes qui, pour avoir autrefois ferraillé contre Al-Jazeera, a toute la légitimité de la dénoncer aujourd’hui, et de quelques rares autres Tunisiens qui ont affronté la propagande de cette entité intégriste, j’entends des voix s’élever contre la chaîne qatarie et je lis des déclarations exigeant des autorités la fermeture de ses bureaux et l’expulsion de ses correspondants. Voilà une bien curieuse façon de remercier son libérateur, un drôle de renversement dans les relations de maître à esclave, pour rappeler la dialectique hégélienne.

Le journaliste Zied el-Héni, qui fut, comme beaucoup d’autres, l’un des acteurs vedettes de cette chaîne au moment du grand film de la révolution bouazizienne, que mes compatriotes appellent désormais la « révolution de la brouette », a écrit hier sur sa page facebook que « la fermeture de la chaîne Al-Jazeera est devenue une question de sécurité nationale, et le pire est à craindre ». Tiens donc !

Même le secrétaire général adjoint de la vénérable UGTT, Belgacem Ayari, s’est interrogé « Que fait Al-Jazeera à Ben Guerdane ? » Et de répondre : « Elle communique des informations sécuritaires aux terroristes et aux cellules dormantes. Il faut renvoyer Al-Jazeera immédiatement, car notre sécurité nationale et la vie de notre peuple sont plus précieuses que toutes les libertés ». Ah bon !

Que fait Al-Jazeera à Ben Guerdane ? Allons Monsieur le syndicaliste-révolutionnaire, vous savez très bien qu’elle fait son travail avec la même « objectivité » et le même « professionnalisme » qu’en décembre 2010-janvier 2011, lorsqu’elle ne savait plus compter le nombre de ses « analystes » prolixes, notamment les mercenaires de l’UGTT, et de ses « correspondants » volontaires, dont certains bloggeurs que j’ai appelé les cyber-collabos.

En janvier 2011, « analystes », « correspondants volontaires », « journalistes citoyens », « témoins oculaires », « facebookers engagés »  se relayaient entre Al-Jazeera et France 24 pour galvaniser les hordes et appeler au secours les pays ennemis. Objectif affiché et reconnu : la déstabilisation de la Tunisie.

Que fait Al-Jazeera à Ben Guerdane, s’interroge le nobélisé par procuration ? Elle fait, avec la même « conscience » déontologique ce qu’elle faisait le 17 décembre 2010, lorsque, « informée » par un syndicaliste de Sidi Bouzid et par une cyber-collabos « témoin oculaire », elle a transformé un nervi alcoolique en Bac+4, giflé par une policière parce qu’il voulait gagner sa vie à la sueur de son front. Pour les besoins de la cause islamo-atlantiste, le nervi en question ne s’appelait plus Tarek mais Mohamed Bouazizi ! De là à le sanctifier, le pas a été vite franchi par Hélé Béji, dans son article du Monde intitulé « Saint Bouazizi » !
  
Al-Jazeera fait, avec la même « objectivité » ce qu’elle faisait le 2 janvier 2011, lorsqu’elle a diffusé un « document » sur le sort des mosquées sous le régime de Ben Ali. Située entre Hammamet et Bouficha, la mosquée filmée par un « correspondant volontaire » était en fait un chantier inachevé. Parce que le message des profanations des mosquées devait marquer les esprits bigots, Al-Jazeera a passé un autre film de propagande islamiste sur une autre mosquée, celle du campus universitaire de Tunis. Fermée en juillet 2002 par le ministère de l’Enseignement supérieur, parce qu’elle était devenue un repère pour les étudiants intégristes, cette mosquée s’est transformée en lieu de beuverie pour les étudiants alcolo-gauchistes !

Al-Jazeera fait à Ben Guerdane ce qu’elle a fait le 14 janvier 2011 pour couvrir la manifestation « historique » d’une UGTT réactivée par l’ambassade des Etats-Unis à Tunis, après une hibernation de 23 ans. C’était quelques minutes avant le départ forcé de Ben Ali vers l’Arabie Saoudite, et quelques heures avant le message très émouvant et passé en boucle par Al-Jazeera, d’un certain Nasser Laouini, l’avocassier hyper-révolutionnaire et l’auteur du script américano-qatari, « Ben Ali Hrab » (بن علي هرب ). Ce soir là, le 14 janvier 2011, Al-Jazeera diffusait son premier direct à partir de l'hôtel L'Africa, à quelques mètres du ministère de l'Intérieur ! Un symbole naissait, un autre, celui de l'honneur et de la Souveraineté, disparaissait.

Al-Jazeera fait à Ben Guerdane ce qu’elle a fait à Alger dès 1998 pour déstabiliser l’Algérie, alors en butte à la barbarie du FIS et du GIA, et dès 2003 à Baghdâd pour anéantir Saddam Hussein ; elle fait ce qu’elle a fait dès 2009 pour la partition du Soudan,  ce qu’elle a fait en 2011 à Benghazi, à Tripoli, au Caire, à Deraa, à Homs, à Sanaa…Et des exemples de manipulations et d’intoxications, je pourrai vous en citer des centaines.

Al-Jazeera fait ce que son propriétaire, l’émir bédouin du Qatar, lui demande de faire et que ses maîtres américains et britanniques lui ordonnent d’exécuter selon un agenda conforme aux intérêts géopolitiques et économiques des Etats-Unis, et compatible avec les « valeurs » de l’islam, c’est-à-dire les ambitions « très nobles » des Frères musulmans.

Qu’avez-vous donc, mes chers compatriotes, à vous soulever contre vos libérateurs ? Ou bien vous avez la mémoire courte, ou bien vous êtes d’une ingratitude incommensurable et qui n’a d’égale que votre patriotisme oscillant. Qu’est-ce qui vous irrite chez Al-Jazeera ? Sa couverture des événements de Ben Guerdane hier, qualifiant, comme elle l’a toujours fait, les jihadistes de « ceux qu’on appelle terroristes » ( ما يسمى بالإرهاب ) ou des « individus armés » (  عناصر مسلحة) ? Ou le post sur sa page facebook d’une journaleuse « liftée » au Botox et gavée aux dollars, une certaine Fatima Triki, qui n’a pas supporté de voir les cadavres de ses frères en secte aux pieds de nos braves soldats ?

Les Mohamed Krichene, Habib Ghribi, Leila Chaïbi…, qu’ont-ils donc de si différent avec cette Fatima Triki ? Ont-ils été plus honnêtes, plus « patriotes » ou plus cléments à l’égard de leur pays ? Ont-ils suivi l’exemple courageux de leurs ex-collègues, Ghassan Ben Jeddou et Sami Kleib, qui ont quitté Al-Jazeera pour Al-Mayadine, sans parler de Louna al-Chabi, Eman Ayad…, tous ces journalistes qui ont préféré la vérité au mensonge et l’honneur à l’avilissement ?

Les sbires du Qatar qui s’accrochent plus à leur salaire qu’à leur honneur, et encore moins à leur patrie, ignorent-ils toujours qu’Al-Jazeera n‘est plus islamiste « modéré » comme elle l'a toujours été depuis sa naissance incestueuse en 1996, mais carrément daéchienne, et c’est une ex-collègue à eux qui l’affirme ? Virée comme une malpropre après vingt ans de bons et loyaux services, l’égyptienne Howaida Taha a publié le 14 septembre 2015 une longue lettre dans laquelle elle se disait « fière d’avoir travaillé pour cette première Al-Jazeera dans laquelle l’esprit daéchien était discret », ce qui n’est plus le cas - selon elle - depuis l’arrivée de son nouveau directeur !

Chers compatriotes, votre patriotisme de circonstance vous va si mal que la plupart d’entre vous sont abonnés chez « Ooredoo », l’opérateur téléphonique qatari dont certains sites d’information font la promotion. Commencez donc par vous désabonner, et « indignez-vous » par la suite, comme disait Stéphane Hessel. Vous êtes, il est vrai, de moins en moins à regarder Al-Jazeera, qui n’avait pas une influence médiatique sur vous mais un pouvoir hypnotique ; c’était votre seconde Kibla après la Mecque. Mais vous êtes encore suffisamment nombreux, comparés aux Égyptiens et aux Algériens qui ne regardent plus la chaîne de Hamad et Mozza.
   
Commencer par cet acte symbolique et citoyen, c’est ce que j’attends des patriotes sincères. Quant à mes attentes du gouvernement actuel, ce serait trop lui demander d’expulser l’ambassadeur du Qatar au pays du jasmin et de rappeler l’ambassadeur de Syrie en Tunisie. Pour ce faire, on attendra encore l’inexorable résurrection du nationalisme bourguibien, à l’instar du réveil nassérien en Egypte.

Tôt ou tard, cela arrivera car c’est écrit, pas par la main d’Allah qui ne s’occupe pas de politique, mais par le sang d’un peuple qui se souviendra un jour qu’il fut libre, digne et souverain. 


Paix et miséricorde pour tous les civils, Tunisiens et touristes étrangers qui ont été tué par les islamo-fascistes ; gloire à nos soldats et à nos policiers tombés au champ d’honneur… de janvier 2011 à ce jour.