lundi 31 juillet 2017

Il y a ennahdha* et Ennahdha ...

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Khaled Oueghlani, un poète pédagogue

Un poète tunisien fait le distinguo entre ennahdha * en tant que concept et le parti islamiste du même nom, dont les Frères musulmans se sont emparés pour mieux duper leur monde ! Puisque Hassan el Banna, le fondateur de cette confrérie, lui-même usait et  abusait déjà de ce vocable; persuadé qu'il va libérer les peuples du joug de leurs colonisateurs en restaurant la "chariâa ** ", en leur faisant miroiter l'âge d'or de l'islam, celui des siècles des premiers Califes "errachidoun" (les sages), qu'il considère comme siècles des lumières "arabes", en opposition au Siècle des Lumières d'Europe !

Ce que Bourguiba dénonçait déjà comme une supercherie, puisqu'il rappelait sans cesse que si les peuples ont été colonisés, c'est qu'ils étaient devenus colonisables à cause de leurs dirigeants religieux réfractaires à tout progrès !

Ce faisant, notre poète dénonce le populisme de Ghannouchi et celui de sa bande.

* Ennahdha : renaissance, renouveau, essor ...
** Chariâa : corpus des jurisprudences établies par les théologiens souvent cumulant la fonction de "cadi" (juge) et d'imam.

Ghannouchi et les Frères musulmans jouent sur le mot "ennahdha", pour faire croire à une avancée dans le progrès, alors que leur programme est tout le contraire ; puisqu'ils veulent restaurer la "chariâa" vieille de 14 siècles et ramener les peuples à des pratiques moyenâgeuses ! 
Ce qui faisait dire à Bourguiba en réponse à un journaliste qui lui demandait ce qui le différencie des islamistes : " 14 siècles nous séparent ! ". 

Accès à la vidéo pour écouter le poème : " J'adore ennahdha ! " 


Très beau texte dans la langue tunisienne, accessible et compréhensible par tous !

NB : En réponse à ceux qui le menacent de mort pour avoir dénoncé les marchands du temple, Khaled Oueghlani répond par un poème : " Ton terrorisme ne me terrorise pas " !

Rachid Barnat

mardi 25 juillet 2017

Le tourisme tunisien va mal

LE TOURISME TUNISIEN EST MALADE DE SES HÔTELIERS !
Curieux ces hôteliers qui cherchent leurs clients avec un fusil !

Depuis que les Frères musulmans détiennent le vrai pouvoir en Tunisie, le tourisme est en berne. Ils ont tout fait pour détruire l’industrie touristique, jugée dépravante pour la jeunesse tunisienne. Ils préfèrent un tourisme "halal"  et comptaient sur les arabes des pétromonarchies pour le développer ... ceux-là même qui préfèrent l'Occident tant décrié, pour leurs vacances; pour y jouir des libertés individuelles qu'ils n'ont pas chez eux ! D'autant que la Tunisie depuis le début, a opté pour un tourisme de masse bradant nos plus belles plages et défigurant nos plus beaux sites naturels par une politique sur le court terme; mais n'a pas su négocier le virage pour une politique sur le long terme d'un tourisme haut de gamme et de luxe. 
Le terrorisme, leur arme dissuasive, a fini par tuer ce qu’il en reste.

Et le plus curieux, ce sont les employés des hôtels qui votent massivement pour les islamistes, puis se plaignent du chômage ou du manque d’activité. Bêtement ils ont coupé la branche sur laquelle ils étaient assis. Et ils veulent le beurre et l’argent du beurre !

Pourtant les tunisiens, et depuis quelques années les algériens, veulent par solidarité, les aider. Mal leur en a pris : souvent ils sont mal reçus, voir mal traités !
R.B
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Requiem pour des vacances ratées

En rentrant de Sousse hier après un séjour écourté contre mon gré, je pensais avec tristesse à ce beau gâchis qu’est le tourisme Tunisien, un énorme potentiel massacré à coup d’incompétence et d’erreurs récurrentes, frisant la mauvaise foi.

La mésaventure vécue par mon mari et moi à l’hôtel Kantaoui bay Steingerberger aurait pu arriver à n’importe qui. Je vais vous la raconter car elle m’a laissée un goût amer et quelque chose en travers de la gorge que je ne peux ni occulter ni passer sous silence.

Ma quête était simple, et les choses auraient pu se passer autrement sauf qu’il n’en était rien. Je voulais prendre deux jours pour me reposer et me baigner, rien d’extravagant jusque-là. Mon mari a réservé dans l’hôtel Kantaoui bay Steigenberger. J’ai fait une petite recherche sur le net (chat échaudé craint l’eau froide) et j’ai compris que c’était l’ex Impérial rénové, j’avais quelques réserves car je ne voulais pas être dans un endroit où il y a eu un massacre. Mais mon mari m’a dit que c’était un acte de résistance contre le terrorisme et qu’il fallait tout faire pour encourager l’équipe de cet hôtel. Il m’a convaincue et nous voilà armés de livres, de beaucoup de musique et de crème solaire pour profiter d’une mer sublime.

Au moment de dîner, mon mari a été empêché d’entrer au restaurant de l’hôtel (le self-service) d’une manière assez grossière ; sous prétexte qu’il portait un short, lequel short est un Bermuda lui arrivant aux genoux. Je précise bien que c’est un short en toile et non un maillot de bain et sa tenue était plus que correcte. Dans le même restaurant, des touristes portaient des shorts aussi courts que des culottes et personne ne les a inquiétés.

Face à cette flagrante injustice raciste et discriminatoire, on nous a informés que c’était le règlement ! Or aucune communication n’a été faite sur ce point. Cette information est capitale et nous aurait conduit à choisir un autre hôtel, sachant qu’on voulait être décontractés et que le restaurant qui servait une nourriture des plus ordinaires et insipides dont seuls nos hôtels ont le secret, n’a aucune classe particulière et qu’il s’apparente plus à un réfectoire ou à une cantine.

Nous avons refusé de nous soumettre à cet ordre et nous avons quand même rejoint ledit restaurant, pas sans avoir demandé que tous ceux qui étaient habillés en shorts devaient sortir. On nous a dit que pour les femmes c’était différent !
Nous avons eu droit à un sous-directeur pas très charismatique, ainsi qu’à la police touristique qui n’a pas perdu de temps et s’est déplacée illico presto pour résoudre « l’affaire du short ». Bien sûr ayant affaire à deux avocats qui ont bien argumenté leur position, ils ont dû partir sans donner de suite.
Et bien sûr j’ai su que mes vacances étaient gâchées parce que nous n’avions pas prévu un smoking pour rejoindre leur fameux RITZ et son chef étoilé.

On s’est calmé et on a quitté l’hôtel pour dîner ailleurs, au restaurant Le Golf, nettement plus prestigieux que le self de l’hôtel Steigenberger. Et curieusement au Golf on a été accueillis et servis sans aucune remarque désobligeante sur la tenue « incriminée ».

Sauf que les choses ne se sont pas arrêtées là. Le lendemain, un ami français et sa femme ont été empêchés d'entrer à notre hôtel (on devait déjeuner ensemble), sous prétexte que le client en question, en l’occurrence mon mari, est « puni » suite à l’incident d’hier. Notre ami était étonné et leur a dit que cela ne le regardait pas et qu’on n’avait pas à lui raconter cette histoire.

Nos amis qui contrairement aux touristes all inclusive qui consomment et déjeunent sur place, ont dû partir ; puisque la maison préfère le tourisme bas de gamme où on fait la queue pour boire un verre d’eau …
Forcément et vu la tournure qu’ont pris les choses, on a dû quitter l’hôtel parce que les choses étaient devenues insupportables et qu’on avait l’impression d’être carrément indésirables.

C’est vrai qu’au Kantaoui bay Steigenberger le marbre côtoie l’ébène mais il ne suffit pas de remplir le cahier des charges d’un 5 étoiles pour mériter le classement !
Un 5 étoiles c’est avant tout un service de qualité pour assurer le bien-être et le repos du client, mais là où on devrait être aux petits soins pour vous, on vous transmet le message que vous n’êtes pas le bienvenu. Sans le dire, ils vous font comprendre qu’ils n’ont que faire des Tunisiens dans leur établissement ! 
La prétention d’un palace sans les moyens, c’est prétentieux et c’est petit. 

On a contacté la direction générale en Tunisie ainsi que la chaîne allemande Steigenberger. On n’a eu droit à aucun mot d’excuse, aucune réponse. On a compris qu’une mauvaise publicité auprès des Tunisiens ne les inquiétait pas plus que ça.

Forcément avec cette attitude, on ne se relèvera jamais. Tous les ans les Tunisiens sont victimes d'ostracisme et de « maltraitance » insidieuse de la part de bon nombre d’hôteliers ; où on nous fait payer le prix fort pour un service des plus médiocres.

L’état actuel du tourisme n’est pas seulement la conséquence du terrorisme que connaît le pays depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes ; il est aussi la résultante d’un autre terrorisme plus pernicieux celui-là : celui de l’incompétence, celui du manque de professionnalisme, celui de l’absence de formation. Car on ne s’improvise pas hôtelier : c’est un savoir-faire à part entière où on allie diplomatie et bienveillance.
Chez nous c’est l’alternance de l’arrogance et de l’amateurisme … et ça coûte très cher en plus au client tunisien, et pays qui mise beaucoup sur le tourisme !

lundi 24 juillet 2017

Hitler, un model pour Hassan El Banna, fondateur des "Frères musulmans" !

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Hamed Abdel-Samad

S’il était possible de réformer l’islam, on l’aurait fait il y a des siècles !

Après deux ans d’attente, "Le fascisme islamique" sort enfin en France. Le politologue germano-égyptien y revient sur les vraies origines de l’islam politique et dresse un parallèle entre le fascisme et l’islamisme.

Le fascisme islamique a failli ne pas être publié en France. Initialement achetés par Piranha, les droits d’auteur ont finalement été cédés à Grasset. Le premier en a reporté la publication après chacun des attentats survenus en France entre 2014 et 2016, jusqu’à se désister après celui de Nice. “Dans un email, il m’a expliqué qu’il était incapable de protéger ses employés, que mon livre allait attiser la haine contre les musulmans et être instrumentalisé par l’extrême droite. S’il s’était contenté de me dire qu’il avait peur, je l’aurais compris. Mais là, il a pris sa lâcheté pour une vertu”, raconte l’auteur. 

Qu’est-ce qui rend ce livre potentiellement dangereux ? On connaissait les liens entre Amin Al Husseini et Adolf Hitler. L’ancien mufti de Jérusalem avait même recruté des musulmans bosniaques pour le compte des divisions SS. Ce que nous apprend Hamed Abdel-Samad, c’est que le fondateur des Frères musulmans, Hassan El Banna, entretenait des relations suivies avec Al Husseini au moins à partir de 1927, soit un an avant la création de la confrérie, qui n’aurait d’ailleurs pas existé sans la bénédiction du mufti. 

Le penseur germano-égyptien y trace également les similitudes entre l’islam politique — “ ou l'islam tout court ”, comme il aime à le rappeler — et l’idéologie fasciste, ainsi que les liens entre la confrérie et le nazisme. 

Fils d’imam et lui-même ancien membre des Frères musulmans dans sa jeunesse, Hamed Abdel-Samad est devenu, en Allemagne, une figure médiatique de la critique de l’islam, ce qui lui a valu plusieurs fatwas et menaces de mort, au point d’être contraint de vivre sous protection policière. 
Dans le monde arabe, il est surtout connu pour sa chaîne YouTube, Hamed TV, et sa série de vidéos “Box of Islam” dont la dernière en date est titrée “L’islam n’a pas besoin d’un Martin Luther, mais d’une Coco Chanel”.

Telquel : Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ?

Hamed Abdel-Samad : Puisque je vis en Allemagne depuis 20 ans, j’ai étudié l’histoire de l’Allemagne et celle du nazisme. Avant Le fascisme islamique, j’ai écrit des livres sur l’islam politique, et pendant mes recherches, j’ai noté que les auteurs occidentaux qui ont écrit sur la question s’accordent à dire qu’il s’agit là d’un phénomène nouveau qui est venu comme réaction au colonialisme. J’ai refusé cette simplification et décidé d’écrire un livre où je démontre les racines idéologiques de l’islam politique. J’étais parti avec cette idée-là, avant que d’autres repères commencent à se dessiner. J’ai remarqué alors des similitudes à la fois étranges et prononcées entre l’islam politique et le fascisme tel qu’il s’est développé en Allemagne et en Italie durant la première moitié du siècle dernier.

Telquel : Sur quels points a porté votre comparaison de l’islam politique avec le fascisme et le nazisme ?

Hamed Abdel-Samad : D’abord dans l’idéologie elle-même. Ils partagent une vision manichéenne du monde : le bien contre le mal, et les croyants contre les mécréants :
- L’islam place les musulmans au-dessus du reste de l’humanité, car ils sont “la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes” (Al Imran, 110) et le nazisme a fait de même avec la race aryenne. Dans le Coran, “Al Mouchrikoun (les associateurs) ne sont qu’impuretés” (Attawba, 28), “Ils ne sont en vérité comparables qu’à des bestiaux. Ou plutôt, ils sont plus égarés encore du sentier” (Al furqan, 44). 
- Les nazis appelaient les juifs “untermenschen”, ou sous-hommes, et les comparaient à des insectes et des vermines. 

Il y a en commun un mépris pour l’ennemi au point de le déshumaniser, et c’est la première étape de la justification de son extermination. Ces idéologies voient en la guerre une ordonnance sacrée. Pour les fascistes, la mort sur le champ de bataille est un honneur, et l’islam voit le jihad comme une fin en soi. Dans le Coran, “Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent et ils se font tuer” (Attawba 111), et dans un hadith authentifié, Mohammed a dit : “Quiconque meurt sans avoir combattu et sans en avoir jamais eu le désir, meurt en ayant l’un des traits caractéristiques de l’hypocrisie” (1341, Mouslim).

Ensuite, ils se ressemblent dans la structure. L’idée des milices comme moyen de protéger l’idéologie et effrayer les ennemis — “Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre”, (Al Anfal, 60) —, et le principe du guide suprême, un chef inspirant, infaillible, incritiquable et sacré, un Führer ou un Duce, que les musulmans ont en la personne du Prophète.

Enfin, ils partagent les mêmes buts : la domination mondiale et la rééducation de la société, car pour eux cette entité est perverse. L’islam et le fascisme ne font pas de différence entre l’individu et la société, ils se mêlent des détails les plus précis de la famille nucléaire et veulent la ramener à son état pré-moderne, avec l’homme comme chef de famille et une distribution traditionnelle des rôles entre les deux sexes.

Telquel : Dans votre livre, vous soutenez que Hassan El Banna s’est largement inspiré d’Adolf Hitler dans sa conception de la confrérie des Frères musulmans. En quoi se manifeste cette influence ?

Hamed Abdel-Samad : Par exemple, après la création de leur confrérie en 1928, les Frères musulmans ont constitué des milices calquées sur les modèles nazi et fasciste, et il y avait des similitudes non seulement dans l’idéologie, mais aussi dans l’organisation.

Les scouts de Hassan El Banna, — qu’il appelait les “Jawala”— ont été inspirés par les jeunesses hitlérienne et mussolinienne, si bien que ses membres portaient eux aussi des blouses brunes et noires. Hitler parlait de “Weltherrschaft”(domination du monde), et El Banna de “Oustadiyat al âalam” (le professorat du monde). Ali Âachmaoui, ex-chef des renseignements secrets des Frères, a écrit dans ses mémoires (L’histoire secrète des Frères musulmans, publié en 2006, ndlr) que cet organe a été inspiré à El Banna par la Gestapo.

Telquel : Est-il vrai que Hitler s’était converti à l’islam et a adopté le nom de Hadj Mohammad Hitler ?

Hamed Abdel-Samad : Les Frères musulmans jouaient sur tous les fronts. Tantôt ils le faisaient avec les Britanniques, tantôt avec les Allemands. Ils ont fait la propagande d’Hitler en Égypte en répandant la rumeur sur sa conversion à l’islam. Ils ont aussi dit qu’il a effectué son pèlerinage à La Mecque en secret, qu’il s’appelait désormais Hadj Mohammad Hitler et que, quand il prendra Le Caire, il épargnera les mosquées puisqu’il est un musulman, et donc un unificateur, et son but est de mettre fin à l’occupation britannique. 

Et mon livre comporte les références qui prouvent la coopération directe entre les Frères et les nazis.

Telquel : Vous dites aussi qu’il y avait un but commun entre les Frères musulmans et les nazis consistant à affaiblir la présence britannique en Afrique du Nord. Quel était leur vrai projet dans la région ?

Hamed Abdel-Samad : Les Frères musulmans voulaient s’étendre, et pour ce faire, ils étaient prêts à collaborer avec le diable lui-même. Et, malheureusement, ils ont réussi. Si le PJD existe au Maroc et Ennahda en Tunisie, c’est parce qu’ils sont les produits de ce vieux projet d’expansion.

Telquel : Aujourd’hui, comment les Frères musulmans voient-ils leur relation avec le nazisme ?

Hamed Abdel-Samad : Ils ont changé de couleur. À l’apogée du fascisme et du nazisme, Hassan El Banna couvrait d’éloges Hitler et Mussolini et admirait leur manière de mener leurs peuples vers la victoire et la grandeur. 

Mais à partir de 1948, il s’est mis à qualifier les deux mouvements d’échecs, et à répéter que la solution ultime était l’islam. 

Lors d’une conférence en Allemagne, une personne du public a demandé à Tariq Ramadan s’il était vrai que son grand-père était l’ami d’Amin Al Husseini et un grand admirateur d’Hitler, il a nié tout en bloc. Il se trouve qu’une photo datant de 1927 sur laquelle Hassan El Banna et Amin Al Husseini posaient ensemble figurait dans les archives du site des Frères ikhwanonline.info. Au lendemain de cette conférence, cette photo a été supprimée. Amin Al Husseini a une très mauvaise réputation en Europe, c’est un criminel de guerre qui a échappé à la punition en se réfugiant en Égypte.

Telquel : Que pensez-vous de Tariq Ramadan ?

Hamed Abdel-Samad : Tariq Ramadan essaie de moderniser l’idéologie de la confrérie en disant qu’elle n’est pas incompatible avec la démocratie. Mais ce système a été vivement critiqué par El Banna dans Rissalat Annour (La lettre de la lumière), où il a exhorté le roi Farouk à dissoudre tous les partis politiques de peur qu’ils n’attisent la fitna (dissension) dans la nation. Il lui a dit qu’il ne devait rester qu’un seul parti, celui de l’islam et d’Allah. 

L’idée du parti unique est un autre point commun avec le fascisme. Les Frères refusaient catégoriquement la démocratie, jusqu’à ce qu’ils découvrent que le seul moyen d’accéder au pouvoir était à travers les urnes.

Telquel : Comment jugez-vous la manière avec laquelle l’Occident gère le radicalisme islamique ?

Hamed Abdel-Samad : C’est un mélange d’intérêt, de peur et de naïveté :
- L’intérêt politique et économique entre l’Occident d’un côté, et les pays du Golfe, la Turquie et l’Afrique du Nord de l’autre. 
- La peur du terrorisme et la crainte que les musulmans qui vivent déjà dans ces sociétés occidentales ne servent de cheval de Troie à des dirigeants islamistes comme Recep Erdogan. 

À titre d’exemple, face au refus des Pays-Bas de permettre à l’AKP de mener sa campagne électorale sur son sol, un membre du parti islamiste turc avait déclaré que “les Pays-Bas ne comptent que 48 000 soldats, mais il y a 400 000 Turcs sur place. Nous pouvons facilement envahir le pays pour peu que nous le décidions”. 

La gauche occidentale est devenue extrêmement naïve, elle considère ces islamistes comme des opprimés, et croit en leur discours de victimisation. Ces gens-là attaquent mes écrits plus que les musulmans eux-mêmes, ils me traitent de raciste alors que je critique les idées, pas les groupes ethniques. D’ailleurs, les musulmans ne sont pas un groupe ethnique homogène.

Telquel : À chaque caricature ou critique, les musulmans dans le monde réagissent de manière violente. Quelle est l’origine de cette hypersensibilité ?

Hamed Abdel-Samad : Il y a un énorme décalage entre notre identité fantasmée et notre réalité objective, entre notre passé et notre présent. Nos livres d’histoire nous font croire que tous les musulmans sont des Saladin, des Qutuz et des Tariq Ibn Ziad. Des chevaliers vaillants — mashallah — capables de conquérir l’Andalousie et l’Afrique du Nord, et qui ne sont que virilité, jeunesse et fierté. 

La vérité actuelle c’est la pauvreté, le déni, l’ignorance et la frustration sexuelle. Nous n’arrivons pas à accepter notre nouveau rôle. Allah a dit que nous sommes “la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes”, alors comment osent-ils se comporter avec nous de la sorte ? D’autant que le Coran et le Hadith ont implanté dans nos têtes cette idée du mécréant sale qui veut éteindre la lumière de Dieu.

Telquel : Croyez-vous en la possibilité d’une réforme de l’islam ?

Hamed Abdel-Samad : S’il était possible de réformer l’islam, on l’aurait fait il y a des siècles. 

L’islam est une entité ultra-sacralisée, qui oserait réformer la parole d’Allah ? 

De plus, il n’y a pas d’autorité centrale responsable de l’islam, comme c’est le cas pour les Églises catholique et orthodoxe. La religion est devenue notre unique source identitaire, et il y a une forte volonté de la préserver. 

L’islam est fondamentalement incompatible avec la laïcité, car c’est un héritage qui mélange la religion avec l’économie, la politique et le militarisme, et il complique les relations avec quiconque n’est pas musulman. 

Et, personnellement, je ne crois pas en la salvation collective (action qui pour but le salut de l'âme). 

Ce que nous pouvons réformer en revanche, c’est la pensée individuelle. Si nous considérons l’islam comme un supermarché, nous ne pourrons pas améliorer l’endroit ou ses marchandises, mais nous pouvons améliorer le comportement du consommateur de sorte qu’il ne choisisse pas les produits périmés.


Ben Ali : Un vrai expert en matière d'islamisme !


Les Frères musulmans ont dupé même les journalistes ... mais jamais Ben Ali !
Il n'a jamais cru en leurs simagrés, ni en leurs bondieuseries et encore moins en leur honnêteté d'hommes craignant Allah !
R.B

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Ridha Kéfi

Béchir Ben Yahmed : " Ben Ali m'a ouvert les yeux "

C’est une confession faite par le fondateur et patron du groupe ‘‘Jeune Afrique’’, dans un grand entretien accordé à son propre magazine (N°2598-2599 du 24 octobre au 6 novembre). Elle vaut son pesant d’or. 

Les relations entre les hommes politiques et les journalistes ne sont jamais simples. Les premiers reprochent souvent aux seconds de ne pas prendre le temps de vérifier leurs informations ou de modérer leurs positions. Les seconds reprochent aux premiers de ne pas écouter assez leurs adversaires ou réfléchir aux conséquences de leurs actes. Mais les uns apprennent souvent des autres, mais si peu d’entre eux le reconnaissent publiquement. 

Le doyen des journalistes tunisiens, le plus célèbre d’entre nous, Béchir Ben Yahmed, fondateur et patron du groupe ‘‘Jeune Afrique’’, vient de faire une intéressante confession à ce propos dans le grand entretien (13 pages) qu’il a accordé à son propre magazine à l’occasion de son 50ème anniversaire (Jeune Afrique N°2598-2599 du 24 octobre au 6 novembre 2010). 

M. Ben Yahmed avoue s’être trompé au sujet des islamistes qu’il avait pris, un moment, pour des sortes de communistes, « intègres » et « détachés de l’argent ». Ce qui l’« a impressionné» et l’«impressionne toujours», a-t-il cru devoir ajouter, au risque de nous faire sourire. M. Ben Yahmed a donc estimé, dans une vie antérieure, que les islamistes étaient des gens fréquentables et qu’on pourrait éventuellement dialoguer avec eux. « Au début j’ai été sensible à leur combat », souligne-t-il. Ce qui, et il l’admet aujourd’hui, fut une grande erreur. 

L’« intégrité » et le «détachement de l’argent» – et M. Ben Yahmed l’admettra sans doute aussi – sont loin d’être des arguments susceptibles de justifier une telle erreur d’appréciation: les dogmatiques et les exaltés sont souvent des personnes « intègres » et «détachés de l’argent», car leurs motivations sont plus idéologiques que matérielles, ce qui les rend d’autant plus dangereux. 

En fait, l’erreur de M. Ben Yahmed vient du fait qu’à un moment donné de sa carrière – et je peux en témoigner pour l’avoir côtoyé en travaillant douze ans durant sous sa direction –, il s’est confiné – ou fourvoyé ? – dans une sorte d’occidentalo-centrisme qui l’a coupé peu à peu des réalités du monde arabo-islamique, y compris de la situation tunisienne.  
M. Ben Yahmed avoue aussi qu’en matière d’islamisme, il a un maître à penser : le Président Zine El Abidine Ben Ali, qui lui a « ouvert les yeux » sur la « duplicité » de ces derniers, dont la modération affichée n’est, en vérité, qu’une tactique (ou un leurre) au service d’une stratégie de prise de pouvoir.

Nous publions ici un extrait de l’entretien de M. Ben Yahmed relatif à cet épisode intéressant de l’histoire de la Tunisie et de ‘‘Jeune Afrique’’, le magazine panafricain qui avait prêté, dans les années 1980, une tribune aux islamistes d’Ennahdha.   

Jeune Afrique : 
N’avez-vous pas sous-estimé la force montante des extrémistes islamiste et d’Al-Qaïda ?

Béchir Ben Yahmed : 
Oui, et le seul qui m’a corrigé là-dessus, c’est le président Ben Ali. Au début j’ai été sensible à leur combat. Avec leur petite internationale, je les ai tout de suite comparés aux communistes. Quand ils venaient me voir à Tunis ou à Paris, ils se déplaçaient toujours par deux, comme les communistes : l’un surveillait l’autre, témoignerait le cas échéant pour ou contre lui. Ils m’ont paru intègres et détachés de l’argent. Cela m’a impressionné, cela m’impressionne toujours.

Jeune Afrique : 
Et les gens d’Ennahdha ?

Béchir Ben Yahmed : 
Oui, et en un beau jour, en 1990, leur chef, Rached El Ghannouchi, qui avait été interviewé par Hamid Barrada dans les locaux de Jeune Afrique, est venu me voir et m’a dit : « Je veux me réconcilier avec Ben Ali. Pouvez-vous m’aider à organiser ça ? » À l’époque il été déjà en l’exil à Paris et à Londres. Il m’a séduit et j’ai accepté de faire quelque chose. 

J’ai téléphoné de Paris à Ben Ali. Je lui ai dit : « Ghannouchi me dit être prêt au dialogue, est-ce que vous acceptez de le voir ? » Il m’a dit : « Je ne veux pas parler de ça au téléphone, venez me voir. » Ce que j’ai fait. Il m’a alors dit : « Si Béchir, vous-vous trompez complètement. Ghannouchi se présente comme un modéré, il veut vous faire croire qu’il est modéré. Mais, il n’y a pas d’islamiste modéré ! Cela n’existe pas. Ou ils font semblant d’être modérés, et c’est de la duplicité, ou bien ils le sont, et alors ils se font éliminer. » Et il m’a ouvert les yeux. 

J’ai constaté par la suite qu’il avait raison sur ce plan. Ben Ali est un connaisseur, un vrai expert en matière d’islamisme.

samedi 22 juillet 2017

Vers la fin du wahhabisme ?

Fatiha Dazi-Héni semble optimiste, quant à la fin du wahhabisme ! Prendrait-elle son rêve pour une réalité ? Elle oublie qu'une doctrine qui s'appuie sur la foi et le sacré est difficile à éradiquer, contrairement au communisme qui a pris fin dans les pays de l'est avec la chute  du mur de Berlin; parceque, justement il n'a rien de sacré, bien au contraire, il prône l'athéisme.
Je crains qu'elle ne se trompe : là où le wahhabisme se sera implanté, les peuples régresseront fatalement et subiront son totalitarisme. Malheureusement et grâce à la manne de l'or noir, les Ibn Saoud ont répandu dans le monde entier cette funeste doctrine, aussi bien dans les républiques "arabes" qu'en Occident !
L'optimisme de Fatiha Dazi-Héni se base sur le fait que le pèlerinage à la Mecque, joue pour l'ouverture des Ibn Saoud au monde et à sa modernité. Sauf qu'elle oublie que les Ibn Saoud répandent l'obscurantisme à travers le wahhabisme, car plus propice à leur main mise sur l'Arabie et ses ressources, jusqu'aux peuples qu'ils convertissent à cette doctrine. D'où la multiplications des "haram" (interdits); et plus particulièrement ceux touchant au savoir et à la culture ! Bien au contraire, les Ibn Saoud profitent du pèlerinage pour "rééduquer" les pèlerins aux bonnes pratiques de l'islam, en leur inculquant le wahhabisme en lieu et place des obédiences ancestrales qu'ils pratiquaient chez eux, et que les guides et les imams sur place ont vite fait de condamner et de dénoncer comme hérétiques ! 
Donc Pèlerinage (hajj) et Omra (petit pèlerinage) ne sont autres que des occasions pour les Ibn Saoud pour assurer des cours accélérés pour une conversion totale au wahhabisme. 
D'ailleurs les pèlerins ne semblent même s'offusquer que le nom des Ibn Saoud soit régulièrement associé à celui d'Allah et de son prophète lors des prêches et des prières animés par les imams saoudiens, ponctués par leurs "Amen !". Une sorte d’allégeance à leur insu aux Ibn Saoud autoproclamés commandeur des croyants !
Il suffit de voir et d'entendre les pèlerins à leur retour chez eux, contents enfin d'être enfin de "bons musulmans" avec leurs nouvelles pratiques de l'islam; important et diffusant à leur tour, chez eux et autour d'eux, ces pratiques religieuses certifiées orthodoxes par leur guides et imams wahhabites. Et pour beaucoup, et en toute bonne foi, se convertissent au wahhabisme, persuadés que c'est l'expression du vrai islam ! 
Pour s'en convaincre, il suffit de voir la vitesse à laquelle les peuples musulmans se convertissent au wahhabisme, délaissant leur ancestral malékisme, pour les uns, soufisme pour les autres, par manque de culture ou par ignorance : Indonésie, pays de l'Est de l'ex-URSS, Soudan, Somalie, Egypte, Syrie, Liban, Palestine, Libye, Algérie, Tunisie ... et la liste est malheureusement longue. 
PS : Bourguiba conscient de l'influence des Ibn Saoud lors des pèlerinages, restreignait le nombre de candidats aux pèlerinages, pour limiter la pénétration du wahhabisme en Tunisie !
R.B
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Le 22 juin dernier, Le Monde des Religions et Orient XXI ont organisé une conférence sur le wahhabisme et la situation actuelle en Arabie saoudite, avec la politologue Fatiha Dazi-Héni. Compte-rendu et extraits audio.

Pendant plus d'une heure et demie, Fatiha Dazi-Héni, politologue, spécialiste de la péninsule arabique et maîtresse de conférences à Sciences Po Paris, est revenue sur la formation du wahhabisme en Arabie saoudite, mais aussi sur la volonté de modernisation des pouvoirs publics saoudiens. Son dernier livre sur le sujet, L'Arabie saoudite en cent questions, est paru cette année chez Tallandier. « Va-t-on vers la fin du wahhabisme ? C'est un peu audacieux, j'imagine que [l’intitulé de la conférence] a dû en perturber plus d'un, mais c'est pour ça que je pose la question. Je me rends en Arabie saoudite tous les ans depuis vingt ans et, depuis les années 2000, j'y ai constaté une évolution en termes de volonté de sortir du pacte wahhabite. »

À l'origine, un contrat politico-religieux 
En vue d'expliciter cette notion de pacte, la politologue est revenue sur la création de la doctrine et du système wahhabites. Son père fondateur, Ibn Saoud, a entrepris une unification du territoire par la force entre 1902 et 1932. La centralisation, nécessaire, a été rendue plus facile grâce au message idéologique wahhabite. « Dès le départ, Ibn Saoud utilise la rhétorique religieuse pour unifier toutes les provinces qu'il va conquérir. Aidé de ses guerriers d'élite, les Ikhwân, il a conquis tous les territoires qui constituent l'actuelle Arabie saoudite », précise Fatiha Dazi-Héni.

Le wahhabisme, qui découle du salafisme, a servi aux descendants des fondateurs de cette doctrine, les Al ash-Sheikh, à se constituer en une dynastie tribalo-religieuse au service de la dynastie politique des Al Saoud, via un pacte politico-religieux à l'importance cruciale. Selon Fatiha Dazi-Héni, le wahhabisme est une forme poussée de fondamentalisme, un salafisme quiétiste, ultra-conservateur, dont l'objectif est la régulation et le contrôle total de la population. « C'est un outil très efficace pour museler la société, et c'est en cela que la cohabitation avec le pouvoir Al Saoud a été extrêmement utile et l'est toujours. Il en a résulté une division du travail : les oulémas, qui s'occupent des questions religieuses, juridiques, sociales et éducatives, et la famille royale, qui détient le monopole sur les domaines politique, économique, diplomatique et sécuritaire. »
Des modèles évolutifs
L'année 1979 va bouleverser le royaume. Fatiha Dazi-Héni cite notamment la prise de La Mecque de 1979, qui reste un traumatisme fort. 1979 est aussi l'année de la Révolution islamique d'Iran, et celle de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS. C'est également la période de la contre-offensive du roi Fayçal, qui fait du soft power religieux saoudien une arme importante d'exportation du wahhabisme en vue de contrer l'idéologie nassérienne. « 1979 va faire basculer l'application du religieux en Arabie saoudite. Jusqu'alors, il existait une certaine tolérance, sur le plan éducatif, des mœurs et des tenues vestimentaires. 1979, c'est la période de durcissement de l'application du wahhabisme, dans l'éducation, dans les pratiques, la période où la police religieuse a tous les pouvoirs », précise la spécialiste.

Pourtant, depuis le début des années 2000, on assiste à un processus d'ouverture, notamment à l'égard des musulmans soufis et des chiites, mais aussi des femmes.
Aujourd'hui, les conservateurs religieux sont « muselés », d'où une image plus ouverte du royaume. En outre, la grande majorité de la population (70 % des Saoudiens ont moins de 45 ans) sont excédés par le contrôle social des religieux, et la police religieuse n'a plus aucun pouvoir.

Fatiha Dazi-Héni l'explique : « De nouveaux clercs veulent adapter le religieux à quelque chose d'un peu plus ouvert. […] Les débats sont très denses dans les milieux intellectuels et dans les foyers littéraires, qui ont pris énormément d'ampleur ces dernières années. Néanmoins, en favorisant une élite religieuse plus en phase avec la société, le roi Salman et son fils ont à cœur de préserver leurs bonnes relations avec l’establishment religieux. Cet establishment est très pratique, car il est ultra légitimiste, et il s'adapte à tous les changements, même si certains religieux ont beaucoup de mal à accepter. »

Vers la fin du contrôle social ?

Mais alors, réformer le wahhabisme de la sorte, n'est-ce pas y mettre fin ? À cette question, Fatiha Dazi-Héni répond en précisant quelque chose de fondamental : « La doctrine wahhabite se basait sur un refus d'être pénétrée par les influences extérieures. Aujourd'hui, avec un royaume qui comprend 70 % de jeunes accros aux réseaux sociaux, c'est un peu raté. Parler de non-pénétration de l'Arabie saoudite est complètement idiot, puisque c'est l'un des pays les plus visités du monde, ne serait-ce que pour le pèlerinage de La Mecque. Dans le royaume, les gens sont en train de sortir du wahhabisme. Je vous ai parlé des réformes impulsées par le haut, mais il faut aussi parler des Saoudiens. Ils n'en peuvent plus de cet étouffement ! »

La diaspora tunisienne dans le monde

Selon le ministère des Affaires étrangères, le nombre global de Tunisiens à l’étranger s’élève à 1 350 000 personnes réparties sur plus de 120 pays, principalement européens.
La France reste le pays européen qui accueille la plus grande communauté tunisienne à l’étranger (730 000 personnes), suivie de l’Italie (200 000 personnes), et de l’Allemagne (95 000 personnes).
Le nombre des Tunisiens établis dans le monde arabe est estimé à 180 000 personnes. 
Celui des binationaux tunisiens s’élève à près de 340 000 personnes.
Par ailleurs, on compte environ 115 000 cadres tunisiens établis à l’étranger dont 3 798 sont des cadres supérieurs.
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vendredi 21 juillet 2017

M. Macron, ne confondez pas antisionisme et antisémitisme

LE VEL D'HIV : hommage aux victimes ... 

Une belle cérémonie, entachée cependant :
- Par le président du CRIF qui veut l'exploiter politiquement ; quand il dénonce le refus par l'UNESCO que le tombeau des patriarches à Jérusalem soit restitué à Israël, pour respecter un fait historique vieux de 1000 ans avant j.c !
Profitant d'une cérémonie qui dénonce l'antisémitisme, il dénonce celui qui sous-tend le refus onusien, le confondant avec l'antisionisme; et demande à Macron son soutien pour accomplir ce dessein sioniste ! On se demande si son rôle est de représenter les français de confession juive ou s'il représente l'Etat d’Israël. Déjà que l'Etat d’Israël doit son existence à l'activisme des sionistes, faut-il que le CRIF soutienne la politique expansionniste des sionistes qui le gouvernent ?
- Et par Nétanyahu représentant du sionisme le plus virulent ; puisqu'il poursuit sa stratégie pour la reconstitution du grand Israël, sujet de sa thèse quand il était étudiant aux EU, en poursuivant sa politique de colonisation de ce qui reste de l'Etat palestinien.

Dommage qu'une telle cérémonie nationale française, devienne une tribune pour le sionisme !
Le pire est que Macron tombe dans le panneau en assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme quand il affirme que : "l'antisionisme est la forme réinventée de l'antisémitisme".
Choquant !!

Macron semble suivre ses prédécesseurs en jouant le jeu des sionistes et des islamistes qui instrumentalisent l'antisémitisme pour le premier et l'islamophobie pour le second, pour empêcher toute critique et pour s'affirmer sur la scène politique internationale !
Encore un qui n'a pas compris ... à moins qu'il obéisse lui aussi à la realpolitik, puisque les deux extrémistes ont la bénédiction de l'oncle Sam et le soutien de leurs serviles alliés pétromonarques !!

Heureusement qu'il y a des juifs qui refusent que leur religion soit instrumentalisée par les sionistes, et qu'ils les prennent en otage ; tout comme il y a des musulmans qui refusent que les islamistes instrumentalisent leur religion à des fins politiques, et les prennent en otage; mais qui ne tombent pas dans leur piège quand ils invoquent l'antisémitisme pour les premiers et l'islamophobie pour les seconds pour faire taire leurs opposants !

R.B
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Monsieur le président, attention ! Attention !

Comme chef audacieux d'une nouvelle diplomatie réaliste et machiavélienne, vous avez invité Donald Trump et il vous a beaucoup embrassé. Soit.

Au nom d'une autre forme de diplomatie autocritique et compassionnelle, vous avez reçu Benjamin Netanyahou et vous l'avez beaucoup embrassé. Soit encore.

Mais voilà, vous avez cru devoir proclamer que toute forme d'antisionisme rejoignait l'antisémitisme.
Et là, vous avez commis une dangereuse erreur.

Pour notre part, nous sommes incurablement fidèles à la mémoire des victimes de la Shoah et d'autre part, nous sommes aussi déterminés dans notre combat contre toutes les formes de l'antisémitisme.

Mais voilà, il y a un sionisme qui consiste à refuser les positions comme celles de Pierre Mendès-France, qui affirmait : "Il n'est pas compréhensible que les Israéliens ne comprennent pas que les Palestiniens souhaitent pour eux la même chose qu'ils ont arrachée, c'est-à-dire un Etat."

Pierre Mendès-France était évidemment pro-israélien et il a lui-même souffert de l'antisémitisme. Simplement, il veillait à ne pas aggraver la haine par des divisions artificielles et coupables.

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Shlomo Sand. Photo DR
Shlomo Sand *


Lettre ouverte à M. le Président de la République française


L’historien israélien Shlomo Sand interpelle Emmanuel Macron sur son discours, tenu en présence de Benjamin Netanyahou, pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv : « L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? »

En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.
Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?
J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :
« L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapés de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin. Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !
Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également le gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, Etat juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !
Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).
Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.
Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.
Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un Etat juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700.000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60.000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).
En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700.000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’Etat d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’Etat d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?
Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans un « réserve de barbelés » à Gaza (70% de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés…. et cela n’est pas terminé !
Est-ce là le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit Etat palestinien étroit doit être constitué à côté de l’Etat d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un Etat où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’Etat juif.
Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un Etat juif. Le Ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre. Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Nétanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.
Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son auto-définition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?
* Historien israélien(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis)